ROUE
Arcs db Triouphe. — L'Arc de Titus, situé à l'entrée du Forum, au point culminant de la voie Sacrée, a été élevé par le Sénat et le peuple romain en l'honneur de Titus, après la conquête de Jérusalem, Il est en marbre pentélique, et ne présente qu'une seule arcade, nïais il est décoré de bas-reliefs intéressants que nous avons déjà eu occasion de reproduire (fig. 172),
VArc de Septime Sévère a été élevé en l'honneur de l'empereur Septimè Sévère, de Julie sa femme et de leurs (ils Garacalla et Géta. Il est en marbre blanc et percé d'une seule ouverture. Outre ses colonnes cannelées d'ordre composite, l'Arc de Septime Sévère est décoré de bas-reliefs très-endommagés et qui se ressentent de la décadencede la sculpture à cette époque, mais qui offrent de précieux renseignements pour l'archéologie. Ils représentent, suivant l'inscription, les expéditions contre les Parthes et d'autres peuples barbares.
L'Arc de Constantin, qui est en dehors du Forum et très-près du
tig. est. — Plan da rtic il<
Colisée, est à trois arcades : son emplacement marque l'endroit oJi la voie Triomphale rencontrait la voie Sacrée (flg. Crj? et 658). Les basreliefs et tes sculptures de la partie inférieure sont contemporains de Constantin, mais ceux de la partie supérieure, dont la valeur artistique est beaucoup plus grande, sont contemporains deTrajan et représentent des faits qui le concernent : la destination en a été changée plus tard en l'honneur de Constantin.
Outre ces monuments, il faut citer l'Arc des Orfèvres et VArc de Janus Owidrifrons, petits édiGces qui servaient de rendez-vous aux marchands.
On peut ranger dans la même catégorie de monuments la Colonne Trajane et la Colonne Antonine. La première de ces colonnes a été élevée en souvenir des victoires que Trajan remporta sur les Daces: le fût est
composé <1e vingt-trois blocs de maibre blanc de Carrare, unis par des crampons de bronze. L'extérieur est décoré d'un imnieose bas-relid qui De compte pas moins de 2,500 figures, et l'iatérieur est percé d'oo escalier dans lequel on monte. La colonne Antonine, construite dans un
mode analogue, est également décorée de bas-reliefs qui représenteoi ta campagne de Marc Aurèle contre les Marcomans.
Les Thëbues. — Agrippa est le premier qui ait élevé des bains publics avec une grande magniûcence; car, sous la République, le peuple se baignait dans le Tibre, ou dans de simples piscines dépourvues de luxe et souvent même de confortable. Néron, Titus, Trajan, Commode, Caracalla, Alexandre Sévère, Philippe, Dioclétien et Constantin onl élevé pour cet usage des édifices somptueux, qui étaient en même temps de vérilables musées. Il n'est rien resté des Thermes d'Agrippa, et presque rien do ceux de Titus, où l'on a trouvé pourtant des fresques d'un goijt exquis, qui ont élu le point de départ du système ornemental adopté par Baphaël et Jean dX'dine pour la décoration du Vatican. Mais
les Thermes de Caracalla sont une des plus grandes ruines de Rome. Les anciens eux-mêmes ont vanté la richesse de cet édifice, où on comptait 1,600 sièges en marbre poh, et dans lequel on a retrouvé plusieurs statues fameuses, entre autres, l'Hercule Famèse, le Torse du Belvédère, la Flore, la Vénus Callipyge, le Taureau Famèse, etc. Les ruines, dépourvues aujourd'hui de toute décoration, consistent en arcades grandioses qui donnent une imposante idée de ce gigantesque édifice.
Les Thermes de Dioclètien qui renfermaient une riche bibliothèque et une collection de tableaux, étaient également très-vastes. « Ces thermes, dit le Guide en Italie, étaient construits sur un plan carré; aux deux extrémités, il y avait deux rotondes, dont l'une est détruite, et dont l'autre a été transformée en l'église San Bernardo; entre les deux était un petit théâtre dont l'hémicycle est encore visible. »
11 reste aussi quelques débris, mais beaucoup moins importants, des Thermes de. Constantin.
L£s Aqueducs. — La plupart des aqueducs dont les ruines se voient dans la campagne de Rome appartiennent à l'époque impériale, mais c'est sous la République qu'on a commencé à en élever pour amener de l'eau potable dans Rome. Le plus ancien est l'aqueduc d'Appius, ou comme on disait, Vaqua Appia; cet aqueduc était en grande partie composé de conduits souterrains.
Les aqueducs étaient des canaux destinés à conduire une certaine quantité d'eau à travers des terrains inégaux. Ils étaient apparents ou souterrains, perçaient les montagnes et s'élevaient au-dessus des vallées soit sur des murs bâtis en maçonnerie, soit sur des séries d'arcades. Les aqueducs présentaient des sinuosités multipliées et aboutissaient à un immense réservoir, où l'eau se divisait en trois parties, Tune pour les fontaines publiques, la seconde pour les thermes, la troisième ppur le service des particuliers. Elle était répandue dans la ville au moyen de tuyaux en plomb ou en terre cuite. La charge de directeur des eaux était considérée comme une ,des premières de l'Etat; toute une légion de travailleurs était chargée de l'entretien de ces importantes constructions qu'on range avec raison parmi les plus admirables des Romains. A la fin de l'Empire, Rome recevait ses eaux de quatorze aqueducs.
LMTALIE SEPTENTRIONALE
L'ËTRLRIE. — L OmBRIE — La GaOLB CISALPIlfB. — La LICDBII
La Gaule cispada?ie. — La Gaule transpadanb
La VéNÉTiE.
L'Étrdrie. — L*Étrurie proprement dite comprenait douze villes principales indépendantes les unes des autres, mais unies par un lieo fédéral. Comme ces villes ne sont énumérées nulle part, etquelescités étrusques qui ont de l'importance par leur histoire ou par les mines qu'elles ont laissées dépassent le chiffre de douze, les savants ne sont pas d'accord sur la composition exacte de cette confédération. Néan-
Viii. (x)9. — Italio cenlrala.
moins Tite-Live désigne sous le nom de tôles de la nation, Véies, Tarquinies, Cœre, Vulsinies, Pérouse, Arrctlum, Cortone, Volterra, Clusium, et on peut encore ajouter les cités de Vétulonium, Rusellae, Paieries, Capène, Populonium, etc. (fig. 650). Ce groupe de villes était le centre principal de la civilisation étrusque; mais les colonies qu'elles avaient établies formaient sur d'autres points de l'Italie d'autres groupes assez importants et reproduisant toujours l'organisation de la mère patrie- Ainsi, du côté du nord, Felsina, qui fut plus tard Bologne, et Mantoue sont des villes étrusques. Au sud du Tibre, Fidône et Tusculum avaient la même
origine. Enfin la Campanie a possédé aussi une confédération étrusque, composée de douze villes, parmi lesquelles on compte Noie et Capoue. Toutes les cités étrusques avaient entre elles des rapports assez fréquents pour expliquer la similitude de leur industrie, mais elles n'eurent jamais assez de cohésion pour constituer un peuple organisé politiquement et capable de résister en masse à une agression du dehors.
Veies était la cité la plus riche et la plus puissante de TÉtrurie. Cette ville, qui lutta cent ans contre Rome et ne fut prise par Camille qu'après un siège de dix ans, était si belle que les Romains se demandèrent un moment s'ils ne quitteraient pas leur pays natal pour venir s'y établir. Cette cité fameuse a pourtant été si complètement détruite que, pendant longtemps, on a perdu jusqu'au souvenir de remplacement qu'elle occupait. On a cependant fini par découvrir non seulement le tracé de ses murailles, mais encore un des plus anciens tombeaux étrusques, avec des peintures d'un style extrêmement primitif. Deux squelettes, dont un était celui d'un guerrier avec son casque, se trouvaient dans le tombeau avec des vases funèbres : ils sont tombés en poussière dès qu'ils ont été exposés à l'air.
Tarquinies (Corneto), ville très-importante de la confédération étrusque, lutta longtemps contre les Romains et finit par passer sous leur domination au ur» siècle avant notre ère. La nécropole de Tarquinies, où plus de 2,000 tombeaux ont été ouverts et visités, est une des plus importantes de l'Italie.
Cœrè fut une fidèle alliée des Romains, et c'est dans ses murs que les Vestales se réfugièrent à l'époque de l'invasion de Rome par les Gaulois. Les traces de la ville antique ont disparu, mais ses tombeaux présentent le plus grand intérêt. Il y en a de deux sortes : les uns sont taillés dans le rocher, les autres sont des tertres isolés de forme conique. C'est un des points de l'Italie gui a fourni les plus abondantes moissons aux antiquaires.
Arreliwm (aujourd'hui Arezzo) était une des villes les plus puissantes de rÉtruiie et s'est transformée plus tard en coloniejromaine. Ses vases en terre cuite rouge étaient extrêmement célèbres dans l'antiquité. Mais cette ville n'a laissé d'autres ruines que les restes très-dégradés d'un amphithéâtre de l'époque romaine. Arretium est la patrie de Mécène.
Cortone a conservé quelques antiquités, entre autres ses murailles, dont quelques archéologues regardent la construction comme antérieure il la domination étrusque : elles sont formées de grosses pierres rectan- '• 73
gulaires oblongues posées par assises sans mortier. Cortooe pos8èè> aussi quelques tombeaux étrusques et des ruines de thermes romains.
P^ru9ia(Pérouse), qui, aprèsavoîrété une cité étrusque, est deveDDe une ville romaine, a conservé quelques antiquités, entre autres nw belle porte, dite l'arc d'Auguste, qui passe pour être de coDstmcâm étrusque, mais qui présente des inscriptioos latines d'une date postérieure. La nécropole contient des tombeaux qui ne sont pas d'une utiquité très-reculée, mais quisont d'une conservation remarquable.
C'est près de Civita Castellana qu'on trouve les restes de t'ai
Paieries, célèbre par ta ]utw de Camille contre les Falisques. C'est en assiégeant celle ville que ce général renvoya à leurs parents les earaot^ des principaux personnages de la cité que le maître d'école lui avait livrés. Les murs de la ville subsistent encore: ils ont environ 8 mètres de hauteur et montrent les traces des tours qui les accompagnaient autre-
fois. Une des anciennes portes de !a ville est resiée : elle est de forme cintrée et décorée d'une tête à sa partie supérieure (Gg. 660). L'enceinte de Paieries est aujourd'hui absolument déserte et ne contient pas d'autre habitation qu'un vieux couvent ruiné.
L'ancienne Sutri, qui fut prise par Camille, a laissé peu de ruines importantes.
Clusium (Chiusi) était une ville extrêmement forte et la résidence de Porscnna, qui vint mettre le siège devant Rome. « Jamais, dit Tite- Live, une si grande terreur ne s'était encore emparée du Sénat, tant était redoutable à cette époque la puissance de Clusium. » Les objets extrémemeni nombreux découverts dans les nécropoles paraissent d'une haute antiquité. « Il n'y en a pas, dit Noël des Vergers {l'Étmrie et Us fUrusques), qui portent plus complètement l'empreinte de l'art étrusque sans mélange d'hellénisme que les vaseS noirs connus dans le pays sous le nomdeCrew Ifera... Plus tard, il est vrai, les mythes de la Grèce pénétrèrent au sein de l'Étrurie, et Clusium a produit le plus beau vase italogrecqui soit dans la collection céramographique du musée de Florence, m
Les ruines de RuselUe, ancienne ville étrusque, qui cessa d'avoir des habitants à partir do xii' siècle de notre ère, se voient aux environs de GroRsetto. Elles consistent en fragments de murs d'une construction massive et à blocs irréguliers couronnant une colline abrupte, qu'on ne peut gravir qu'à travers des ronces et des épines.
Yulsinies (Bolsena) était une ville très-importante par son industrie, et où l'on a retrouvé une énorme quantité d'objets d'art detoutessortes. On peut juger de ce qu'elle devait en posséder autrefois par la tradition d'après laquelle les Romains auraient rapporté 2,000 statues, comprises dans le butin qu*ils avaient fait dans cette ville. De nos jours, on y a découvert encore un grand nombre d'antiquités, entre autres la statue d'un orateur inconnu, qui est extrêmement célèbre. La ville a aussi conservé les restes d'un amphithéâtre qui, selon quelques archéologues, serait antérieur à la domination ro- „ „, „ .^
Fig. COI. Fig. Ouï.
maine. yoiuiaia a Populuainm.
Volaurrx (Volterra), une At$ plus anciennes villes de l'Étrurie, était tellement forte qu'elle subit pendant la guerre civile un siège de deux ans de la part des troupes de Sylla. Lemur d'enceinte remonte à la plus haute antiquité : il a en certains endroits
une hauteur de 13 mètres, et sod épaisseur est de Zi à 5 mètres. Cette muraille, formée de blocs de grès en coucIks horizontales, a conservé une de ses vit-illes portes, qui est décorée de têtes de lions ei dont la forme est cintrée. La nécropole se trouve sur le versant de la montagne, à peu près à la moitié de sa hauteur.
Populonium (Piombiuo) est située aa
haut d'un promonioirc élevé qui avance assez loin dans la mer. Les moiinaios de cette ville sont remarquables par leur caracière
archaïque (fig, 661-602 et 663-664).
Uoanis de Populon
L'OuBRiE. — Cette contrée, situéeà l'est de l'Étrurîe, dont l'Apennin et le Tibre la épsaraieiit, était bornée au sud par la Sabine et le Samnium, à l'est par la mer Adriatique et au nord par la Gaule Cisalpine, où elle était limitée par le Rubicon. Sa population, d'origine gauloise, se composait surtout do laboureurs, et l'on y voyait peu de villes importantes. Nous citerons seulement ^rtmtntum (Rimini), Sentinum (Sasso- Ferrato), Asculum (Ascoli) etÂncône, qui a conservé son nom et dont on attribuait la fondation a une colonie de Syracuse.
LaGauleGisalpixe. — La partie septentrionale de l'Italie, à laquelle
Rig Cdô. — Itilio du Noid.
se rattache la presqu'île d'Islrie, avait reçu le nom de Gaule Cisalpine,
OU en deçà des Alpea, par opposiiion avec la Gaule Transalpine, dont le lerritoite beaucoup plus étendu comprend la France actuelle. Cetie grande et riche province, qui s'étendait dans toute la vallée du P6, était divisée sous Auguste en quatre parties, la Ligurie à l'ouest, la Gaule Transpadane et la Gaule Cispadane, séparées Tune de l'autre par le Pô, enfin la Vénétie, du cAté de l'est (lîg. 665). Nous ne parlerons pas de ristrie, dont il a été question plus haut.
La Ligurie. — La Ligurie, qui répond à la partie méridionale du Piémont actuel, était considérée comme la partie la plus pauvre de la Gaule Cisalpine. La seule ville importante que nous y devions signaler était Genua {Gènes}, qui était le port où se concentrait tout le commerce de la contrée.
L* Gaule Cispadane. — La Gaule Cispadane, c'est-à-dire en deçà du Pô, était un pays beaucoup plus riche et plus civilisé. Plaisance, Parme, Modène, Bologne et Ravenne étaient au temps d'Auguste des cités exlrëmemeni florissantes. Ravenne, malgré sa situation voisine de marais, passattpourunesilletellemeatsalubre que les empereurs en firent leur résidence habituelle, profitant en même temps de sa situation inexpugnable.
L'écoulement des eaux, qui assainissait autrefois le pays, n'existe plus aujourd'hui, et toute la contrée est devenue malsaine. La grande période de Ravenne est la fin de l'empire d'Occident et le commencement de l'empire d'Orient. Les édifices qui décorent cette ville appartiennent au style byzantin primitif. L'église de Saint-Vital, élevée par lustinico {fig. 666), est de
forme octogone et couronnée d'une coupole que portent huit gros piliers disposés circulairement. Entre ces piliers se développent sept hexaèdres, et le huitième intervalle reste ouvert pour dooner accès au sanctuaire, qui est pris sur la galerie circulaire. Une galerie établie au premier étage forme une tribune pour les femmes, qui, dans la primitive Église, n'étaient pas mêlées avec les hommes.
Flg. W». — S»iBl-V
LAGAULElitANSPADAKE. — La Gaule Transpadaue comprenailaunj nombre de villes Horissantes. parmi lesquellc!! il faui ciler: Tauratia (Turin), Mediolanum (Milan), Comum (Côme), Benjomum (Bergame), Brixia (Brescîa), Crémone el cnCn Manioue, dont on vantait la haute antiquité, car cetle ville passait pour avoir été TondOe anic-rieurementi Rome,
La VÉsÉriE. — La capitale de la Véoélie ^lait Vérone, qui d'imponanls vestiges de sa grandeur p
La porte Borsari (fig. 667), malgré l'inscription en l'honneur 3 Gallien, paraît avoir été construite sous les Antonins. Le moQua le plus imporlaiil de Vérone est le grand amphiihéntre, qui pouv
contenir 50,000 spectateurs. L'enceinte extérieure est en partie détruite, mais l'intérieur a conservé quarante-cinq rangs de gradins. Vicence, Padoue et Aquilée étaient après Vérone les principales villes de la contrée.
Les Races primitives. — La Co:<iqdétb romaine — La Narbonnaisb.
L*Aquitaiiib. — La Celtique.
La Belgique. — La Rhétib et leNobiqub. — Ilbs Britanniques.
Les races qui peuplèrent primitivement la Gaule n'ont pas laissé d'inscriptions qui puissent jeter du jour sur leur histoire, mais elles ont couvert le sol de monuments dont l'étude constitue un problème qui n*est pas encore résolu. Ces monuments, généralement désignés sous le nom de Monuments druidiques ou celtiques, mais appartenant à une civilisation beaucoup plus ancienne, se rencontrent surtout du côté de la Bretagne. Ils se composent d'énormes pierres, qu'on peut diviser en plusieurs séries, suivant leur forme ou leur disposition. Les Menhirs ou Peu/vans sont de gigantesques blocs d'un seul morceau, ayant la forme allongée d'un obélisque, et s'élevant parfois à plus de 15 mètres hors de terre. Les Dolmens, beaucoup plus nombreux, se composent de deux grosses pierres en forme de table ou d'autel. Les dolmens étaient probablement des* tombeaux, qui sont aujourd'hui dépouillés de la masse de terre qui les recouvrait autrefois. Lorsque ce monticule existe encore, on lui donne le nom de Tumulus.
La construction des dolmens prend quelquefois un très-grand développement. Quelques-uns en effet se composent, non plus seulement de trois pierres, mais d'une véritable galerie.
Les environs de Saumur présentent plusieurs dolmens intéressants, qui s'élèvent tous sur la rive gauche de la Loire. Parmi les monuments de ce genre, un des plus importants est celui qui a reçu le nom d'Allée Couverte ou Roche aux Fées (fig. 668). Son plan présente un carré long d'environ 9 mètres 32 centimètres de longueur sur 7 de largeur, et sa hauteur est de 3 mètres. « Il est composé, dit le Guide dans la France monumentale,' de quinze pierres de grès, dont neuf posées de champ.
lire de chaque cûlé, et une pour le fond. Deux autres sont <
rétrécir l'ouverture et à formerli p. sert de support à la plus ^ode
l'une, à l'entrée du dolmen, sert porte; l'autre, placée dans l'intéi
Plg. eos. — Roche iBi
pierre du loit. qui est rendue. Quatre pierres de différentes lareeon composent ce loit; la plus grande a 7 mètres et demi de longueur sur 7 mètres de largeur.»
Dans une vaste lande, à 2 kilomètres du bonrg de Garnac, se
trouvent les (étranges monuments connus sous le nom d'AUgnemenuà Camac (fig. GM).
La'plupart des pierres qui les composent scot des meahirs, dont quelques-uns atteignaient une hauteur de 6 ou 7 mètres, taudis que d'autres avaient seulement 1 mètre ou 2. Ces pierres étaient souvent plus minces à la base qu'au sommet et semblaient plantées la pointe on bas ; mais aujourd'hui la plupart d'entre elles sont tombées et demeurent gisantes sur le sol.
Une catégorie bien curieuse de monuments comprend ceux qu'on désigne sous le nom de Pierres branlantes ou tournantes. Ces pierres, souvent de très grande dimension, se composent d'une roche ma&< ^ve, mais mobile, posée en équilibre sur une base ûxe et solide. L'usage de ces singuliers monuments est jusqu'ici demeuré énigmatique, bien qu'on ait avancé, sans avoir d'ailleurs aucune preuve à l'appui, qu'ils servaient aux épreuves judiciaires.
l'accusé étant déclaré
coupable s'il ne parvenait pas i faire remuer la pierre. La figure 670 nous montre une de ces pierres, qui se trouve aux environs d'Autun, où elle est connue sous le nom de piem qui croule. C'est un bloc de granit
ng. 070.
Pig. mi. — Win. Wg. «7». — Coapfc
Tnmnloi d« Foiitmaj-l»-)bniiJoiL
arrondi aux extrémités supérieures et inférieures et mesurant environ 8 mètres'de circonférence. Cette pierre repose sur un banc de la m&ne
rocbe, et il parait qu'on peut, sans de ^aades difficultés, lui imprimer UD léger mouvemeut d'oscillation.
Le tumulus de FonteDay-le-Harmion (fig. 671-672), prèsdeCaen, est formé de pierres sècbes tassées les nues sur les autres. Bieo qu'il ait été exposé à de Tréqueutes dégradations par suite de l'exiraction des matériaux, il a eocore environ 150 pieds de diamètre sur 25 de hauteur. It paraît qu'il était autrefois entouré de gros blocs de grès. L'intérieur se compose de plusieurs caveaux dont les murs sont construits eu pierres plates et superposées, sans ciment ni mortier, qui se rétrécissent en s'élevant. On n'y a trouvé aucun instrument en métal, mais seulement deux vases de terre qui paraissent faits à la main sans l'aide du tour et une petite hache en pierre verte.
La CONQUÊTE ROMAINE, — Avant l'arrivée des Bomalns, la Gaule était inégalement partagée entre trois peuples : les Gaulois au nord de la Garonne jusqu'au Rhin, les Ibères au Midi et les Grecs Marseillais sur les bords de la Méditerranée. La race gauloise proprement dite comprenait la branche gallique et la branche kymrique. La premièreétait formée de plusieurs groupes de populations dont les principaux étaient les Arvernes, les Eduens, les Séquanes, les Helvéïiens, les Allobroges, etc. La branche kymrique occupait I»
contrée située entre le Rhin ei la Marne, en y comprenant la Belgique actuelle. La race ibéricnne .>;e composait des Aquitains, entre la Garonne et les Pjrénéûs, et des Ligures, qui s'étendaient de laGaronne aux Alpes. Enfin les villes de la côte Fi». 07S. — cA«u. méditerranéenne étaient presque
toutes des colonies de Marseille.
Les Romains entrèrent en Gaule, appelés au secours de Marseille, qui était leur alliée, et ils s'établirent bientôt dans toute la partie méridionale de la contrée. A l'arrivée de César (Dg. 673), la province romaine
s'étendait de la Garoone au lac Léman. En huit ans, César conquit la Belgique, la Celtique ou Gaule centrale el l'Aquitaine. 1^9 peuples de la Gaule avaient formé une sorte de confédération, et avaient pris pour chef Vercîngétorix, qui organisa la défense contre César el le battit à Gergovie; mais il succomba devant Atesia. Ces deui hommes, Vercingétorix
et César (fig. 67/i-675 et 676-677) se trouvent placés, au début de notre histoire, l'un en affirmant une nationalité, l'autre en apportant une civilisation. La Gaule devint au bout de peu de temps la plus riche et la plus florissante province de l'empire romain.
Auguste divisa la Gaule en quatre provinces : la Narbonnaise, comprenant l'ancienne province romaine, avec Narbonne pour capitale; l'Aquitaine, qui s'étendit des Pyrénées à la Loire; la Celtique, ou Lyonnayse, comprenant tout le centre entre la Loire, le Rhûne depuis Lyon, le Rhin, la Marne, la Seine et la mer; enfin la Belgique qui embrassait tout le Nord.
La Narbonnaise. — La Narbonnaise comprenait le Languedoc, la Provence et la partie sud-ouest du Dauphiné. Narbonne qui, dans l'antiquité, était une ville très-populeuse, était particulièrement renommée pour la richesse de ses édifices, et pouvait rivaliser sous ce rapport avec les villes les plus opulentes de l'empire romain. « L'importante cité de Narbonne, dit M, de Caumont dans le BxiUetin monumental, ne possède plus aucun de ses grands édifices antiques. On sait seulement où se trouvaient des temples, des thermes, des arènes. La ville est d'ailleurs extrêmement riche en débris de frises et de bas-reliefs, en pierres tumulaires, en inscriptions, etcetc.Une quantité énorme de pareils fragments ont été incrustés dans les murs d'enceinte, rebâtis sous François I", et en partie disposés de manière à former une sorte de frise au-dessous de la corniche. » Ce fut à Narbonne qu'Auguste tint l'assemblée générale dans laquelle il fit une nouvelle division de
. la Gaule. Les habiUDts reconnaissants lui élevèrent ua autel de maïke blanc qui existe encore, où ils célébraient tous les ans des fâtes en son honneur. .
Nîmes est la ville de France la plus ridie en rnoonments romains,
ei quelques-uns d'entre eux remonient au commencement de l'empire, c'esi-à-dire à la plus belle époque de l'art romain.
L'édifice connu sous le nom de Maison carrée de Nîmes (ûg. 678) est le temple romain le mieux conservé qui exisie non-seule raenl dans les Gaules, mais encore dans tout l'empire. D'après une inscription du fronton, ce temple aurait été dédié aux Fis, t-ri. - M.„™ «trie d« Ntœc tPi«,). petits-fils d'Auguste et re-
monterait à l'an 754 de Rome, c'est-à-dire à l'an 1" de l'ère chrétienne. Ce temple est dans le genre de ceux que Vitruve appelle pseudoperiplères; il a six colonnes de face et onze sur les cotés, en y comprenant celles des coins. Ces
m ffl^
gaa
colonnes soct engagées dans le mur, à rexception de celles qui conslitueDt le porche (fig. 679). La MaisoD carrée, conùdérée comme un des plus élégants chefa-d'œuvre de l'architecture antique, sert aujourd'hui de musée à la ville de Nîmes.
o Le plan des Arènes de Nîmes, dit le Guide dans la France monumentale, est uo ovaledontlegraudaxe a 133-, 38 de largeur, sur lOU", 0 pour le petit axe. La circonférence de l'édifice enier est de 358 mètres et sa hauteur à l'extérieur est de 21", 31 Fig. SSO. - AmphiUiéit™ de Nlmo. (PIm).
(fig. C80).
« La Taçade de ce bâtimeot est composée du rez-de-chaussée, d'un éuge au-dessus et d'un attique qui en forme le couronuemeut. Le rezde-chaussée présente 60 arcades semblables, dont les proportions sont toutes les mêmes, à l'exception de quatre portes plus grandes et plus saillantes, qui répondent aux qiiairepointscardiaaux(r]g. 681), Ces arcades s'ouvrent sur une galerie qui régne sur tout le pourtour de l'édiQce. Elles sont ornées de pilastres qui ont près fig twi - Amptaiiheius da hizoai. de 66 Centimètres de face. Cette
partie inférieure ne paraît pas avoir été achevée complètement dans toutes ses parties et les moulures ne sont terminées que du coté de l'ouest.
II L'étage supérieur présente un portique pareil, avec le même nombre d'arcades, mais fermées en bas par un mur à hauteur d'appui, formant parapet ou garde-fou. Ces arcades sont ornées de colonnes dont les proportions appartienuent à l'ordre toscan, mais qui présentent quelques-uns des attributs du dorique, o
Le gigantesque édifice appelé la Tour Magne, dont les antiquaires
ne 90Ql pas encore parvenus à Axer la destination. les restes d'ooe toataine extrêmement élégante, mais dont une grande partie est moderae, lei ruines d'un temple de Diane, des murailles dont la constmciioa parai:
remonter au temps d'Aupusfe. deux portes monumentales, dites U ' porte d'Auguste et la poite de France; enlin une gracieuse fontaine, qui a consei^'é plusieurs parties antiques, donnent k la ville de i Ntmes un aspect loul | h fait particulier. Cest J aux environs de cettol ville qu'on trouve le 1 magnifique aqueduc connu sous le nom de Pont du Gard (ûg.
Arles, qui le dispute à Niines pour"] l'imporlance de ses monoraenls antiques, était une des villes les |plus commerçantes de la Narbonnaise. Son amphithéâtre (flg.683J, dont la fondation remonte au siècle d'Auguste, n'a été complètement terminé que vers les derniers temps de Tcmpire, en soi " a un certain désaccord dans l'exécu-
tion. Cet amphithéâtre, tenir environ 25,000 nersotmes. La
nionun " "«i formé p; de portiques e^ . cintrées.
Le ihéaire d'Auguste ei de Livie, qui a été en pailie refait sous Conslantin, a laissé des restes intéressants (fig. 68fi). Cet édifice qui, par sa disposition, se rapproche plus des théâtres grecs que des théâtres romains, était jadis revêtu de marbre et orné de statues. On en voit assez bien la disposition înlérieure et les gradins où se plaraienl les spectateurs, mais on n'y trouve plus, comme au théâtre d'Orange, le grand mur de scène se prolongeant avec toutes ses dépendances jusqu'à la rencontre des portiques extérieurs.
La petite ville de Saint-Rémi, près d'Arles, renferme aussi de belles antiquités. L'arc de triomphe est fort endommagé; sa partie inférieure est ornée de huit colonnes et de quatre bas-reliefs mutilés, représentant des captifs enchaînés. Deux Renommées décoraient les grandes faces des voussures de l'archivolte, et dans les entrecolonnements on voit les restes de consoles qui devaient supporter des statues dont il ne reste aucune trace.
Aix, dit le Guide en Provence, est le plus ancien établissement des
tau L-ITALIE.
Romains dans les Gaules. Jules César lui dotma le titre de colonie; plus lard elle devint la métropole de la seconde Narboonaise. Elle possédai! alors un palais des Thermes, digne de la magniGcence romaine. EJIe jouissait d'une grande prospérité lorsque les Sarrasins la saecagèreot
en 732 ; il ne resta de la ville romaine que trois tours en marbre adossées à Tancien Capitule; tous les édifices, les remparts, les portiques, les statues, l'amphithéâire et les temples furent détruits.
Le pont de Saint-Chamas, près d'Aix, en Provence, produit un trèsbel efTet par l'IiarmonJe de l'ensemble, car les détails ne sont pas toujours d'une extrême Cnesse. On l'appelle Pont Flavien, du nom de son fondateur, gravé sur le front de l'édifice. Il n'a qu'une seule arche , appuyée contre les rochers, mais chacune de ses Fig. (580. Fig. 687. extrémités est décorée d"un arc corin-
M..Doaio de ManoiUe. (bien Supportant un lion des deux cô-
tés de son entablement (fig. 685).
Marseille (Cg. 686-687). si riche en souvenirs hbtoriques, n'a malheureusement conservé aucun des monuments qui la décoraient dans l'antiquité. Voici la description que Strabon fait de cette cité célèbre : n La ville de Jf<Kïa/!a, d'origine phocéenne, estsituée sur un terrain pier-
reux; son port s'étend au-dessous d'un rocher creusé en forme d'amphithéâtre, qui regarde le midi et qui se trouve, ainsi que la ville elle-même dans toutes les parties de sa vaste enceinte, défendu par de magnifiques remparts. L'acropole contient deux temples, l'Ephesium et le temple d'Apollon delphinien : ce dernier rappelle le culte commun à tous les Ioniens; quant à l'autre, il est spécialement consacré à Diane d'Éphëse. Les Massaliotes occupent un territoire dont le sol, favorable à la culture de l'olivier et de la vigne, est en revanche, par sa nature âpre, beaucoup trop pauvre en blé; aussi les vit-on dès le principe, plus confiants dans les ressources que pouvait leur offrir la mer que dans celles de l'agriculture, chercher à utiliser de préférence les conditions heureuses où ils se trouvaient placés pour la navigation et le commerce maritime. Massalia possède des cales ou abris pour les vaisseaux et tout un arsenal; mais ses habitants n'ont plus ce grand nombre de vaisseaux qu'ils possédaient naguère, ni cette quantité d'engins et de machines pour l'armement des navires et les sièges de villes, qui leur avaient servi à repousser les agressions des barbares et à se ménager, qui plus est, l'amitié des Romains. Beaucoup de trophées et de dépouilles, encore exposés dans la ville, rappellent maintes victoires navales, remportées jadis par les Massaliotes sur les différents ennemis dont l'ambition jalouse leur contestait le libre usage de la mer. Gomme par le bienfait de la domination romaine, les barbares qui les entourent se civilisent chaque jour davantage et renoncent à leurs habitudes guerrières pour se tourner vers la vie publique et l'agriculture ; les Massaliotes ont donné un autre cours à leur activité. En conséquence, tout ce qu'ils comptent aujourd'hui de beaux esprits se porte avec ardeur vers l' étude de la rhétorique et de la philosophie ; et non contents d^avoir fait dès longtemps de leur ville la grande école des barbares, et d'avoir su rendre leurs voisins philhellènes, au point que ceux-ci ne rédigeaient plus leurs contrats autrement qu'en grec, ils ont réussi à persuader aux jeunes patriciens romains de renoncer désormais au voyage d'Athènes pour venir au milieu d'eux perfectionner leurs études. Puis, l'exemple des Romains ayant gagné de proche en proche, les populations de la Gaule entière, obligées d'ailleurs maintenant à une vie toute pacifique, se sont vouées à leur tour à ce genre d'occupations, et notez que ce goût chez elles n'est pas seulement individuel, mais qu'il a passé en quelque sorte dans l'esprit public, puisque nous voyons que partout on appelle à l'envi et on entretient richement nos sophistes et nos médecins. Malgré ce changement, les mœurs des Massaliotes sont restées simples et leurs
habitudes modestes; rien ne l'aitcsic mieux que l'usage suivaal : la doi la plus forte chez eux est de cent pièces d'or, à quoi l'on peut ajouter cinq pièces pour tes habits et cinq pour les bijoux d'oi^èvrerie, mais la loi ne permet pas davantage, n (Sthibo^n.)
Frijui (ForojuUum) passe pour presque aussi ancienne que Mar-
seille; considérablement agrandie sous Auguste, elle a conservé h restes d'un aqueduc, d'un amphilhiîàtre, et d'un arc de triomphe. Ce dernier, qu'on désigne sous le nom de Porte-Dorée, formait autrefois une des quatre portes de la ville- La petite ville de liiez, dont les habitants avaient une dévotion particulière pour Apollon, garde encore quelques colonnes d'un temple qui était autrefois consacré à ce dieu.
Orange (Arausio) renferme de superbes ruines romaines, eai autres son arc de triomphe, remarquable par ses proportions et par sculptures qui le décorent (fig, 688).
Le théâtre d'Orange (fig. 689) est, dans cet ordre de monaments, un des plus complets et des plus singuliers que l'antiquité nous ait lais-
ses. H Par un hasard singulier, dit M. Vitei, dans la Gazelle des BeaMX-
^r(s (octobre 1861), b partie qui, dans cette sorte d'édifice, a ie plus
Fi(j, flou, — l'USiUe d'Orange. (i'^isJo.)
constamment souffert, qui n'apparaît en général qu'à fleur de sol, qui
souvent même a complètement disparu, soit qu'elle fût sujette à plus de remaniements, soit que, dans certains cas, on ne la construisit qu'en
bois, la scène, remplacement occupé par les acteurs, le théâtre lui-même, à vrai dire, s'est ici conservée dans toute sa hauteur, depuis la base jusqu'au sommet (fig. 690). On peut trouver ailleurs des gradins eo meilleur état : la partie semi-circulaire destinée au public ; ce que nous appelons la salle de spectacle proprement dite, n'est plus qu'un amas de ruines, rien ne subsiste des étages supérieurs, et si les premiers rangs n'ont pas été détruits, c'est qu'ils sont assis sur le roc. La muraille au contraire, contre laquelle la scène était adossée, et les constructious latérales qui la flanquaient de droite à gauche, ce que les anciens appelaient le postscenium, le proscetnwn et le parascenium sont restés debout comme par miracle. La masse tout entière en subsiste, il n*y manque que les revôtements décoratifs. »
Cavaillon (Cabellio), ville peu importante aujourd'hui, mais autrefois décorée d'édifices somptueux, n'a conservé de sa splendeur passée que les débris d'un arc de triomphe. Cest une grande arcade avec un pilastre orné de feuillages, couronné par un chapiteau corinthien. De chaque côté est une victoire ailée tenant dans la main droite une palme et dans l'autre une couronne.
Le temple d'Auguste, à Vienne, est, après la Maison carrée de Nîmes, le monument religieux le mieux conservé qu'il y ait en France. Ce temple, qui est d'ordre corinthien, sert aujourd'hui de musée d'antiquités.
On voit dans la même ville les restes d'un amphithéâtre et de plusieurs aqueducs.
L'Aquitaine. — L'Aquitaine, qui au temps d'Auguste comprenaii tout le pays situé entre la Loire, les Cévennes, les Pyrénées et TOcéan, n'a pas gardé beaucoup de traces de la domination romaine. Nous nous contenterons de citer les restes du palais Gallien, à Burdigaia (Bordeaux), amphithéâtre dont les débris ont formé longtemps une ruine imposante.
Mediolanum Santonum (Saintes) a laissé des traces importantes de roccupation romaine. Le monument le mieux conservé est l'arc de triomphe élevé au bord de la Charente, à l'entrée de la voie militaire qui conduisait h Limonum jPoitiers) (fig. 691). D'après les inscriptions
Fig. GOl. — Arc do triomphe de Saintes.
qu'il porte, cet arc a été élevé par Germanicus, fils de Drusus. On voit dans la même ville les restes d'un amphithéâtre romain.
Pig. 692. — Atttel de Home et d'Àugatte (Médaille).
La Celtique. — La Celtique a formé à peu près le Lyonnais, la Bourgogne, le Nivernais, l*ile de France, l'Orléanais, la Normandie, la Bretagne, le Maine et TAnjou.
Lugdwmm (Lyon) était la capitale de cette vaste province. Elle n'a pas laissé de ruines importantes, mais une médaille conserve le souvenir d'un monument érigé en l'honneur d'Auguste, comme hommage collectif de tous les peuples de la Gaule (fig. 692).
Bibracte, la capitale des Éduens, était une des plus anciennes et des plus célèbres villes des Gaules ; elle était le centre d*un collège de druides où toute la noblesse du pays venait étudier. L'un de ses chefs, Divitiac (fig. 695-694), vint à Rome, où il fut l'ami de Cicéron, qui a témoigné de son savoir, et plus tard il se déclara* l'allié des Romains, ce qui n'a pas empêché
Bibracte d'être détruite par Jules César et de recevoir ensuite une colonie romaine; elle prit alors le nom d'Augmtodunum (Autun), et redevint très-florissante sous l'empire. C'est au règne d'Auguste qu'oa fait remonter les murailles de cette ville, qui avaient 5 kilomètres de circuit et étaient défendues par 220 tours rondes.
Deux portes monumentales subsistent encore ; la porte d'Arroux et la porte Saint-André.
La porte Saint-André (fig. 695) était percée de deux grandes arcades : deux pavillons d'un mètre environ de saillie sont adjacents à deux portelles du côté de la ville. Au-dessus, est un autre étage composé de pilastres d'ordre ionique avec de petites arcades au nombre de dix. Mais ces constructions sont regardées comme ne remontant pas plus haut que Constantin I*'. La porte Saint-André a 1& mètres de largeur sur 20 de hauteur.
La porte d'Arroux , également percée de'deux grandes arcades, était surmontée d'un étage de pilastres d'ordre corinthien, composé de dix colonnettes dont il ne reste que sept aujourd'hui. Ces deux portes com-
Pig. 693. Ffg. 604.
Divitiac (Médaille).
muniquaiectavec les remparts et on y voit encore des traces de gtmds et de rainures pour les herses.
Andomaïunum (Langres), capitale des Lingoos, ville qui fut antre*
fois beaucoup plus importante qu'aujourd'hui, n'a conservé de sa splendeur passée qu'un arc de triomphe enclavé dans l'andeone muraille de la ville et dont on fait remonter la construction à l'époque de Gordien. Mais tout le sol est" couvert de débris, et on y a trouvé de nombreuï fragments de sculpture et d'architecture.
La Normandie, si riche en monuments du moyen Sge, est assez pauvre en souvenirs (lu monde romain, et la Bretagne en possède encore moins, mais nous pouvons nous arréu™dj,ed8 LuiÈce. Icf UQ monieiit sur Luléce (fig. 696-697), la
ville qui est aujourd'hui Paris.
Lutèce, chef-lieu des Parisii, peuple de la Gaule dont elle prit le nom dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, était à l'origine enfermée dans la petite île île la Seine, que nous appelons la Cité. Un pont reliait de chaque côté la ville aux deux rives du fleuve et la mettait en communication avec deux voies principales, l'une se dirigeant vers les provinces du nord et l'autre vers les provinces du sud. L'aristocratie pallo-romaine habitait en dehors de la ville et affectionnait particulièrement le rive gauche; un camp romain était établi sur remplacement actuel du Luxembourg.
Cest dans le palais des rhcniics, à Paris, que l'empereur Julien fut proclamé empereur en 361. Une belle statue en marbre grec représeotani cet empereur se voit dans la salle m<!me des Thermes (fig. 698).
Cette statue, de graodeur naturelle et d'une parfaite conservaiion, montre l'empereur debout, avec la tÊte ceinte de la couronne. La barbe est longue et les ctieveux, plaqués sur le front, tombent au-dessous du bandeau. La main droite soutient sur la poitrine les plis du manteau, et dans la main gauche l'empereur tient un rouleau; ses pieds sont chaussés de sandales.
Le palais qu'on croit avoir été élevé par Constance, et qui fut habité par Julien, était au pied d'une colline, en regard de la Cité. Une voie romaine, aujourd'hui la rue Saint- Jacques, le bordait d'un côté, et de l'autre s'étendaient des jardins. Les ruines qu'on désigne aujourd'hui sous le nom de Thermes de Julien, sont un débris de ce palais (Gg. 699) . « Derrière la grille qui donne sur le boulevard Saint-Michel, dit le Guide dans la France monumentale, est contient un aqueduc et des subsiruolions parmi lesquelles doui petits escaliers de service conduisaient au sol d'un fourneau destiné à chaufTer les v,g. ses. — L'tunpoiaai jdIho.
bains (fig, 700). On arrive ensuite à
un vaste emplacement découvert que des niches, alternativement carrées et rondes, font reconnaître pour une salle de bains chauds ou lépidarium, dont la voûte écroulée a disparu. De là on entre dans une pièce qui sert de vestibule à une vaste salle (grande salle du musée des Thermes); elle recevait directement les eaux d'Arcueil par un aqueduc dont les ruines se suivent jusqu'à 16 kilomètres de Paris, aux belles sources de Rungis. Distribuée dans des baignoires et dans le grand
bassin qui occupe le nord, celte eau, dont on retrouve tous les conduiii, était dirigée aussi dans les vases qui surmontaient l'bypocauste ou toatneau. La position culminante qu'occupe la grande salle, relativemeoi i
Fig 0» — Tbannti de Julioi (Coupe }
toutes les ruines qui reniourent, démontre que, recevant directement les eaux froides de l'aqueduc, elle ne devait offrir que des bains froids; c'était donc la cella frigidaria de Vilruve. De plus, elle est trop ouverte de toutes pans pour faire admettre qu'on y ait jamais pris de bains chauds.
Il Vairon qualifie de balneum un bain privé, et de thermœ les bains consacrés au public. La dénomination de thermes, conservée à cette ruine par tradition, est donc une raison de croire que le bain fui livréaux Parisiens; sa grande étendue peut faire supposer qu'il était plus que suffisant aux besoins du palais, et un motif encore plus déierminant pour y reconnaître un bain public est la présence, dans la grande salle, de huit proues de navire placées à la retombée des voiilos, où elles font l'offlce de chapiteaux. Elles étaient l'emblème du commerce de la ville, et par cel attribut de Paris, qui s'est conservé jusqu'à nos jours, peutélre on voulut consacrer un lieu livré aux commerçants par eau... Ces ruines sont au-dessus du sol; des souterrains non moins curieux com-
Therain de JuIibo. (PIu^
meDcent au vestibule; ils offrent, sous la grande salle, quatre pièces, uo aqueduc qui, après le service des bains, conduisait les eaux à la Seine, puis une large galerie d'occident en orient. Ces souterrains se prolongent jusque sous Phôtel de Cluny, qui est bâti aux dépens du palais ». L'empereur Julien nous a laissé de Lutèce la description suivante : « J'étais alors en quartier d'hiver (l'an 358 ap. J. -G.) auprès de ma chère Lutèce. Les Celtes appellent ainsi la petite ville des Parisii; c'est un îlot jeté sur le fleuve qui l'enveloppe de toutes parts : des ponts de bois y conduisent de deux côtés. Le fleuve diminue ou grossit rarement : il est presque toujours au même niveau en été comme en hiver. L'eau qu'il fournit est très-agréable et très-limpide à voir et à qui veut boire. Comme c'est une île, les habitants sont forcés de puiser leur eau dans le fleuve. L'hiver y est très-doux à cause, dit-on, de la chaleur de rOcéan, dont on n'est pas à plus de 900 stades, et qui peut-être répand jusque-là de douces vapeurs; car il paraît que l'eau de la mer est plus chaude que l'eau douce. Que ce soit cette cause, ou quelque autre qui m'est inconnue, le fait n'en est pas moins réel : les habitants de ce pays ont de plus tièdes hivers. 11 y pousse de bonnes vignes, et quelques-uns se sont imaginé d'avoir des figuiers, en les entourant, pendant l'hiver, comme d'un manteau de paille ou de tout autre objet qui sert à préserver les arbres des injures de l'air. «^(Julien, Misopogon.)
La Gaule Belgique. — La Gaule Belgique comprenait à l'époque où Jules César en fit la conquête (57-51 av. J.-C), toute la contrée «'étendant entre le Rhin d'un côté, la Seine et la Marne de l'autre. Les Bataves faisaient partie de cette vaste province, qui possédait ainsi une partie de la Hollande actuelle, entre autres les villes de Leyde (Lugdunum Batavorum)^ et Nimègue {Noviomagm) ^ la ville de Cologne {Colonia Agrippina), qui devint très-importante sous la domination romaine; Tongres, Tournay {Tumacum), Trêves {Treveri)^ Reims {Duro Cortorum)^ Metz {Divodu- 3iim)^ Strasbourg (Argentoratum), sont les villes historiques les plus importantes de cette contrée.
Reims (fig.701-702), a conservé de nom- ^'^' ^^^^^^.^ ^^ ^^^' '^ breuses antiquités : la plus considérable
est un arc de triomphe qu'on désigne quelquefois sous le nom de Porte de Mars. Il se compose de trois arcades, de huit colonnes corinthienoef
et de bas-reliefs représentant d'un côté la louve allaitant Romulus et Rémus, de l'autre Léda avec le cygne, et au centre les douze mois de l'année.
Parmi les restes d'édifices romains qu'on doit signaler dans la Gaule Belgique, il faut indiquer les arches de Jouy, près de Metz. Bien que cet aqueduc n'ait pas le caractère grandiose et monumental du pont du Gard, on peut le considérer comme un des édifices les plus importants qui soient restes de la domination romaine dans les Gaulos.
L'antique ville de Trêves, dont la fondation remonterait, suivant la légende locale, jusqu'à un fils de la fabuleuse Sémiramis, a des ruines romaines d'une basse époque, mais très importantes par leur étendue. La Porle Romaine ou Porte Noire, paraît avoir été élevée sous Constantin. C'est le reste le plus intéressant qui nous ait été conservé de l'antiquité de cette ville, où l'on trouve aussi quelques débris d'aqueducs et d'amphithéâtres.
La Rhétie et le Norique. — L'empire romain était limité par le Rhin et le Danube, au delà desquels on trouvait la Germanie, contrée couverte de forêts et habitée par des peuples barbares. Le pays qui s'étend entre le versant septentrional des Alpes et le Danube formaient la Rhétie et le Norique, dont la population est regardée comme appartenant à la race celtique. Augusta Yindelicorum (Augsbourg), ville fondée par Auguste, était la cité la plus puissante delà Rhétie; elle n'a gardé aucun monument antique. Lauriacum (Lorsch^l, où était établie une grande manufacture d'armes, était la ville la plus opulente du Norique; on y exploitait des mines de fer, d'argent et même d'or. Néanmoins l'importance des deux provinces venait surtout de leur situation militaire, qui en faisait comme un poste avancé contre les invasions venant du nord.
Iles Britanniques. — Les îles Britanniques se composaient de deux grandes îles, la Bretagne à Test et l'Hibernie (Irlande) à Touest. La Bretagne méridionale (Angleterre) qui fut conquise par les Romains, était séparée de la Calédonie (Ecosse) par une muraille que ceux-ci élevèrent pour se préserver des incursions des Pietés. Londinum (Londres), Durovemum (Cantorbéry) et Dubris (Douvres) avaient acquis dès l'époque romaine une assez grande importance commerciale. Néanmoins les Romains n'ont pas laissé dans ce pays des monuments grandioses comme on en trouve en Gaule. En revanche, on y voit des
constructions primitives assez analogues à celles qu'on désigne chez
nous sous le nom de monuments celtiques.
Les ruinfes d'Avebury ou Abury, dans le Wiltshire (Grande-Bretagne),
oiïrent une disposition extrêmement curieuse. Les pierres, situées sur I ta partie la plus élevée d'une plaine (lig. 703], sont rangées dans la I forme d'un vaste cercle auquel on arrive par deux sortes d'avenues de ' forme serpentine. Au milieu de ce cercle, on en voyait deux autres, I qu'on a désignés sous le nom de Temple du Nord et Temple du Sud, car L on a voulu donner une signiiîcaiion religieuse à cette étrange con-
struction, qui demeure, malgré tout, énigmatique. Au reste, il n'en reste presque plus de traces aujourd'hui. Les pierres qui entouraient le grand cercle d'Abury, ont dû être aulrefois au nombre de cent. Les deux petits cercles se composaient de trente pierres dans la rangée extérieure et de douze pierres dans la rangée intérieure : au centre de celui du midi, on voyait une pierre debout, circulaire à sa base, avec 8 pieds <le diamètre et 2 pieds de hauteur; un groupe de pierres, occupait le centre de celui du Nord. Toutes ces pierres paraissent n'avoir été taillées par aucun instrument; on a trouvé dans les décombres des ossements brilles, et une quantité de cornes de daim.
Les pierres celtiques de Slono-Henge (fig. 70îi), sont groupées
milieu d'un champ entoura circulairement d'un fossé et d*uD petit rempart de terre. Le cercle extérieur est composé d'énormes pierres
levées, qui eu supportaient d'autres formant une espèce d'ardutrave; un second cercle, placé intérieurement, se compose de pierres plus petites que les premières. Enfin le centre môme du cercle était occupé par une autre construction de forme ovale. Ce monument paraît être d'une antiquité beaucoup moins reculée que ceux de Carnac.