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La Vie privée des anciens v. 4 1883

Les lettbes ex Egypte. — Nous avons pea de renseignements sur rédocation des jennes Égyptiens et nous ignorons complètement comment leurs écoles étaient constituées; cependant comme les lettrés étaient extrêmement considérés, et qu'ils remplissaient seuls les fonctions un peu élevées, il n'y a pas de doute sur la nécessité où Ton était d'instruire les enfants qui devaient occuper une position sociale un peu considérable. Dans un papyrus traduit par M. Maspero, un vieux scribe, infatué de sa profession, veut dégoûter son fils du métier d artisan, et rengage à suivre la carrière des lettres qui, en Ég}'pte, mène seule à la richesse et aux honneurs.

« J'ai vu le forgeron à ses travaux, à la gueule du four ; ses doigts sont rugueux, comme des objets en peau de crocodile, il est puant plus qu'un œuf de poisson. — Le tailleur de pierres cherche du travail en toute espèce de pierres dures. Lorsqu'il a fini les travaux de son métier, et que ses bras sont usés, il se repose. Comme il reste accroupi dès le lever du soleil, ses genoux et son échine sont rompus. — Le barbier rase jusqu*à la nuit ; lorsqu'il se met à manger (alors seulement) il se met sur son coude (pour se reposer). 11 va de pâtés de maisons en pâtés de maisons pour chercher les pratiques. 11 se rompt les bras pour emplir son ventre, comme les abeilles qui cherchent les produits de leur labeur. — Le batelier descend jusqu'à Natho pour gagner son salaire. Quand il a accumulé travail sur travail, qu'il a tué des oies et des flamants, qu'il a achevé péniblement sa tâche, à peine arrive-t-il à son verger, arrive-t4l à sa maison qu'il lui faut s'en aller...

« Le maçon, la maladie le goûte, car il est exposé aux rafales, construisant péniblement, attaché aux (chapiteaux en forme de) lotus des maisons. Ses deux bras s'usent au travail, ses vêtements sont en désordre; il se ronge lui-môme/ ses doigts lui sont des pains; il ne se lave qu'une fois par jour, il se fait humble pour plaire, c*est un pion qui passe de case en case, c'est un pion qui passe de mois en mois sur les poutres (d'un échafaudage, accroché) aux (chapiteaux en forme de) lotus des maisons, y faisant tous les travaux nécessaires. Quand il a son pain, il rentre à la maison, et bat ses enfants... — Le tisserand, dans l'intérieur des maisons, est plus malheureux qu'une femme. Ses genoux sont à la hauteur de son cœur; il ne goûte pas l'air libre. Si un seul jour il manque à fabriquer la quantité d'étoffes [réglementaire, il est lié comme le lotus des marais. C'est seulement en gagnant par des dons de pain les gardiens des portes qu'il parvient à voir la lumière (du jour)... — Le fabricant d'armes peine extrêmement; en partant pour les pays étrangers, c*est une grande somme qu'il donne pour ses ânes ; c'est une grande somme qu'il donne pour les parquer, lorsqu'il se met en chemin. A peine arrive-t-il à son verger, arrive-t-il à sa maison, le soir, il lui faut s'en aller...

« Le teinturier, ses doigts puent l'odeur des poissons pourris, ses deux yeux sont battus de fatigue, sa main ne s'arrête pas. Il passe son temps à couper des haillons; c'est son horreur que les vêtements... — Le cordonnier est très malheureux, il mendie éternellement, il ronge le cuir pour se nourrir.

« J*ai contemplé les travaux manuels, et en vérité, il n'y a rien au delà des lettres. Ck)mme on fait dans l'eau, plonge-toi au sein du livre Ouemi, tu y trouveras ce précepte en propres termes : «Si le scribe « va étudier à Siisilis, son inactivité (corporelle) ne sera point sur lui. (( Lui, c'est un autre qui le rassasie, il ne remue pas, il se repose. » J'ai vu les métiers figurés, y est-il dit en propres termes, (aussi) te fais-je aimer la littérature, ta mère ; je fais entrer ses beautés en ta face. Elle est plus importante que tous les métiers, elle n'est pas un vain mot sur cette terre; celui qui s'est mis à en tirer profit, dès son enfance, il est honoré; on l'envoie remplir des missions. Celui qui n'y va point reste dans la misère. Celui qui connaît les lettres est meilleur que toi, par cela seul. Il n'en est pas do même des métiers; le compagnon y méprise son compagnon. On n'a jamais dit (au scribe) : travaille pour un tel ; ne transgresse pas tes ordres. Certes en te conduisant à

Kheunou, certes j'agis par amour pour toi; (car) si tu as profité un seul

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