L'ENSEIGNEMENT
jour dans l'école, c'est pour réternité. Les travaux qu'on y fait sont durables comme les montagnes. C'est ceux-là que je te fais connaître. » Nous ne possédons malheureusement pas de documents suffisants pour connaître les méthodes d'enseignement en usage dans les écoles des Égyptiens.
Les gymnases grecs. — Le gymnase, chez les Grecs, était un édifice consacré à l'éducation de la jeunesse. L'institution des gymnases a eu sur le développement de la civilisation grecque la plus grande influence; ils comprenaient dans leur emplacement un stade pour la course, des espaces où la jeunesse s'exen^ait à la lutte et à divers jeux, des bains chauds et froids, une école pour les premières études, et des salles oii les philosophes donnaient des leçons publiques. On y voyait aussi des autels pour honorer les dieux, divers monuments en souvenir des héros, des peintures et des statues pour décorer Tédifice. On donnait spécialement le nom de palestre à Tendrait destiné aux exercices de la lutte.
L'abbé Barthélémy, dans le Voyage du jeune Ànacharsis, donne une description très-exacte des gymnases chez les Grecs et de leur organisation : « Ce sont de vastes édifices entourés de jardins et d'un bois sacré. On entré d* abord dans une cour carrée et dont le pourtour est de deux stades. Elle est environnée de portiques et de bâtiments. Sur trois de ses côtés sont des salles spacieuses et garnies de sièges, où les philosophes, les rhéteurs et les sophistes rassemblent leurs disciples. Sur le quatrième on trouve des pièces pour les bains et autres usages du gymnase. Le portique exposé au midi est double afin qu'en hiver la pluie agitée par le vent ne puisse pénétrer dans sa partie intérieure. De cette cour on passe dans une enceinte également carrée. Quelques platanes en ombragent le milieu. Sur trois des côtés régnent des portiques. Celui qui regarde le nord est à double rang de colonnes pour garantir du soleil ceux qui s'y promènent en été. Le portique opposé s'appelle xyste. Dans la longueur du terrain qu'il occupe, on a ménagé au milieu une espèce de chemin creux d'environ douze pieds de largeur. Cest là qu'à l'abri des injures du temps, séparés des spectateurs qui se tiennent sur les plates-formes latérales, les jeunes élèves s'exercent à la lutte. Au delà du xyste est un stade pour la course. »
A cette description nous ajouterons seulement que les cours étaient rectangulaires plutôt que complètement carrées. L'institution des gymnases a été, pour les artistes grecs, une véritable école des formes. Les
études constantes, les observations réitérées que faisaient non-seulement les sculpteurs, mais encore les instituteurs, les directeurs de palestres, les philosophes, et on peut dire toute la nation, étaient suflisantés pour fixer dans l'idée de tout le monde ce qu'est la beauté humaine, et quelles sont les lois qui, dans la pensée des Grecs, la constituent. Aussi les Grecs avaient-ils à ce sujet des principes arrêtés et des classifications rigoureuses, qui ne sont connus aujourd'hui que par les artistes et les érudits, mais qui, étant universellement répandus, donnaient à Popiuion publique un jugement sûr et toujours sain sur les œuvres des statuaires.
Le xyste était un lieu couvert qui servait aux exercices des athlètes pendant Thiver. Le stade était un espace de terrain oblong et arrondi à son extrémité. Il était circonscrit par des gradins en pierre, posés en retrait les uns au-dessus des autres et quelquefois entourés d'une colonnade. Les gradins situés sur la partie demi-circulaire du stade étaient réservés aux magistrats et aux juges des jeux; les barrières étaient disposées de façon que les concurrents eussent tous le même espace à parcourir, car originairement le stade servait à la course à pied; mais on y admit plus tard les autres exercices. Ordinairement les prix destinés aux vainqueurs étaient placés au milieu du stade. Trois bornes servaient à indiquer la distance parcourue et portaient des inscriptions destinées aux lutteurs. Sur la première on lisait : courage ; sur une autre il y avait : hâte-toi; et celle placée au tournant portait : tourne vite.
Un stade était une annexe indispensable du gymnase, mais il y avait aussi des stades qui formaient des édifices spéciaux d'une grande richesse. Sur l'isthme de Gorinthe il y avait, selon Pausanias, un stade construit en marbre blanc. A Delphes, dans la partie supérieure de la ville, on voyait un stade bâti d'abord en pierres du Parnasse, et qui fut ensuite revêtu de marbre par Hérode Atticus. Le stade d'Athènes élevé par Hérode Atticus était en marbre pentélique et d'une grandeur extraordinaire. Celui de Messène, dont il reste encore des débris, était extrêmement renommé.
Les Lacédémoniens passent pour avoir les premiers établi des palestres ou lieux d'exercices pour les athlètes. Mais à la grande époque de la sculpture, cet usage était universellement répandu en Grèce, et dans tous les gymnases il y avait une' palestre où les jeunes gens se fortifiaient par la gymnastique. Le chef d'un gymnase était un homme fort considéré, et il avait bous ses ordres plusieurs personnages excr-