‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883Chapitre 23 sur 30 · SIS · texte numérisé non relu

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INSTITDTIONS RELIGIEUSES.

tambour bachique en usage dans les fi5tes de Bacchus {Qg, 5I|i). La figure 562 qui représente la muse Euterpe nous montre une ample et longue lumque à manches, avec une large ceinture plate Un grand manteau jeté sur elle comme une chlamjde mais fixé aux deux épaules par une agrafe, complète ce costume qu on >oit également à 1 Apollon citharède et qui passe pour avoir été porté par des musi ciens Euterpe muse qui préside à la musique tient en main une flAte

Fig. 530. — Clia.

(Mo» de rtuitoin )

Fig. cai. — Cïlliope.

|Mu)e ie la poéiit (piqua.

et Terpsichore, la musc de la danse, porte une lyre, parce que la poésie lyrique fait également partie de ses attributions (fig. 543). Enfin Uranie, la muse de l'astronomie, tient d'une main une baguette touchant un globe, pour indiquer les signes qu'elle voit dans le ciel. Les anciens croyaient que les astres se mouvaient au son de la lyre d'Apollon, dont les accords réglaient la musique céleste, en sorte que pour eux l'astronomie était moins une science qu'un art émané de l'inspiration divine (fig. 5ltk). Le sculpteur, pour mieux exprimer la rêverie céleste, représente cette muse accoudée sur un petit piédestal, auquel adhère également le pan de sa draperie.

LE CULTE BN GRÈCB. M3

Les figures dont nous avons donné la gravure passent pour éire des imitations antiques d'ouvrages qui avaient une grande célébrité- Peutêtre les originaux étaient-ils placés dans le vallon des Muses, situé au pied de l'Hélicon. D'après la description de Pausanias, ce vallon était rempli d'autels et de statues. Un des derniers écrivains païens, contemporain des invasions barbares, l'historien Zozime, parle de la deslruciion

des images df^s Muses de 1 Hélicon, qui avaient été conservées jusqu'au temps de Constantin Alors dil-il, on lit la guerre aux choses saintes; mais la de<;truc(ion des Muses par le feu fut un présage de l'ignorance où le peuple albit tomber. »

Les Muses étaient irès-respccléos, et la mythologie, si prodigue d'aventures galantes a l'égard de quelques diîesscs, n'en prête à aucune des neuf sœurs. Si le poële Orphée est quelqnerois appelé fils 'de Caltiope, c'est parce que le litre d'enfant des Muses était donné aux hommes que leur talent semblait metlre au-dessus des simples moriels. En elTet, le talent des artistes était regardé comme un dou spécial des Muses.

51i INSTITUTIONS RELIGIEUSES.

Sur leurs statues, on lisait des inscriptions dans le genre de celle-ci : Il 0 déesses ! le musicien Xénoclès vous a élevé cette statue de marbre, monument de la reconnaissance. Chacun dira : Dans la gloire que lui ont acquise ses talents, Xénoclès n'a pas oublié celles qui l'inspirèrent. » (Tliéocrite.)

Les Muses sont quelquefois représentées avec des plumes sur la

tête. Ce sont des trophées, qui rappellent la victoire des Muses sur les Sirènes, Temmes à moitié oiseaux, qui étaient célèbres parleur cruauté autant que par la douceur de leurs chaots. Les Sirènes, ayant osé se mesurer avec les Muscs, celles-ci leur arrachèrent leurs plumes et s'en parèrent en signe de victoire.

Artémis (Diane) répond à la lune, comme Apollon répond au soleil. La ressemblance du croissant de la lune avec un arc d'or a fait donner à cette déesse les attributs d'une chasseresse. Une pierre sacrée, surmontée de cornes de cerf, parait avoir été le plus antique symbjlc de la déesse des chasseurs arcadiens (Gg. &l|!>). Dans la figure 5fiG, Artè-

LE CDLTE BN GRÈCE. 515

mis porliî un tlacnbcnu, allribut i]ui m mire sou caractère nocturne. Néanmoins, elle porte également l'arc, qui a élé dans tojs les temps son attribut distinciif.

Le type même de la déesse a subi dans le costume quelques modifications importantes. Dans les monuments do l'époque archaïque, Artémis porte une longue robe qui descend jusqu'aux pieds, comme on le voit sur les figures 5^7 et 5ù8 ; on peut présumer que c'est ici la

véritable Artémis arcadienne, que l'art a transformée plus tard sous l'influence des idées doriennes. Kn effet, dans les monuments d'une époque postérieure, Artémis est toujours représentée avec la tunique court!) en usage parmi les Lacédéinoniennes.

Ordinairement Artémis a l'attitude d'une personne qui court, tenant de la mail] gauche un :irc et portant la droite au carquois qu'elle a sur l'épaule, comme pour en tirer une flèche. Ses cheveux sont relevés et noués sur le front, ou bien forment une seule touffe placée derrière la tête ou sur le sommet. Sa robe ne descend pas tout à fait jusqu'aux genoux et laisse une partie d-; la cuisse i\ découvert, On voit que c'est

INSTITUTIONS HELIGIISOSES.

un costume fait pour ne gêner ea rien la rapidité de la course. Souvent la déesse est accoiapagoée d'un chien ou d'un cerf; mais alors le cerf, aussi bien que le chien, semble lui-même poursuivre d'autres animaux; il figure là comme compagnon d'Artorais, dont il symbolise l'agilité. Telle est par c:icmplc la fameuse statue du Louvre connue sous le nom de Diane à la bicite (fig. 5E|9).

Artémia a été identiQée avec Sélèné, déesse lunaire de l'Asie

Mineure, à laquelle se rattache l'aventure d'Endymion, personnification du sommeil, et avec la Diane des Latins; elle se confond avec celle-ci dans les monuments. Mais elle n'a absolument rien de commun avec la déesse asiatique désignée sous le nom de Diane d'Éphèse; cette dernière, bien loin d'être une divinité chasseresse, est au contraire enfermée dacis une gaine. Nous en avons donné la représentation plus haut (t. 1", fig. 269).

L'hymne antique de Calltmaque décrit exactement les goûts et les attributions d'Artémis : u Chantons Artémis... (malheur aux poëtes qui l'oublient!] Chantons la déesse qui se plaît à lancer dcâ traits, à pour-

Fig. 5«.

tiiboti d'Arttaiii (Diua).

suivre les daims, à former des danses et des jeux sur la cime des

moQtagnes. Rappelons ce jour où Artémis, encore enfant, était assise

sur les genoux de Zeus, ec lui adressait sa prière, u Accorde, 6 mon

0 père! accorde à la fille de rester toujours

s vierge. Donne-moi, comme à Phébus (Apol-

« Ion), un arc et des flèches... Non. mon père,

tt ce n'est point à toi d'armer ta fille ; les C.y-

n dopes s'empresseront bientôt de me fabri-

II quer des traits, de me faire un carquois.

« Mais donne-moi l'attribut distinctif de por-

« ter des Hambeaui et de revêtir une tunique

u à franges qui me descendra jusqu'aux ge-

« noux, pour ne me point embarrasser à la

« chasse. Altache à ma suite soixante filles de

« l'Océan! que vingt autres nymphes destinées

« à me servir aux heures où je cesserai deper-

« cer les lynx et les cerfs prennent soin de

H mes brodequins et de mes chiens fidèles. Càdc-moi les montagnes.

a Je ne demande qu'une ville b ton choix; Artémis descendra rareu meut dans les villes. J'habiterai les monts <( et n'approcherai des cités qu'au moment où n les femmes, travaillées des douleurs de H reofanteraenl, m'appelleront à leur aide. Tu n sais qu'au jour de ma naissance, les Parti ques mont imposé la loi de les secourir, u parce que le soin qui m'a porté n'a point ir connu la douleur et sans travail a déposé (1 son fardeau, o

Lorsqu'elle prend le rùle secourable de déesse qui vient en aide aux femmes dans les douleurs de l'enfantement, Artémis est invoquée sous le nom dlliihye.

Iliihye, divinité toujours vierge cl qui ne voulut jamais recevoir aucun hommage, consacre tous ses moments à venir en aide auxfemmes ' dans le travail pénible de l'accouchement. Son

nom est de bon augure, et quand on l'appelle trois fois, il est rare

qu'on n'obtienne pas son assistance. La manière dont on invoquait

la déesse nous a été conservée dans diverses pièces de l'anthologie

Fig. 548. - AiWn ( Ba-rellef d« riutet du Optioli.)

518 INSTITUTIONS RBLIGIEDSES.

grecque : n De nouveau, Uithye, à la voii de Lycenia qu i t'appelle, viens ici prompte et secourable, procure-lui encore une couche beu reuse. Elle l'oiïre aujourd'hui cet hommage pour une ûlle mais pour un Ois, ce temple parfumé recevra un jour une bien autre offrande » L'anthologie nous présente encore cet autre exemple de remerciement « Après sa couche, Ambrosie, qui a échappé à d amëres douleurs

it^ f^

ATlémis (Diane d'HeieulaDiim).

dépose à tes pieds glorieux, Ilithye, les bandelettes de ses cheveux et le voile dans lequel, après dix mois de grossesse, elle est accouchée de deu;: jumeaux. »

Artémis était honorée sur plusieurs points de la Grèce, mais principalement dans le Péloponnèse. A Sparte, les jeunes Tilles exécutaient des danses en son honneur, et on fouettait les enfants devant son image pour les habituer à supportée les souffrances avec courage. Son culte

était aussi très-répandu sur les côtes du Pont-Euxin et notamment dans la Tauride, où avait été transportée Iphtgénie. C'est peut-être par le voisinage des Scythes que le culte d'Artémis a pria dans l'origine un caractère farouche et sanguinaire, qu'il a d'ailleurs complètement perdu dans la grande époque de la Grèce.

Pallas-Athénè (Minerve), la fille de Zeus, sortie tout armée du front du roi des dieux, représente l'intelligence divine; elle est à la

mis (Diiog à li bictag).

fois la déesse guerrière qui protège la cité, et la déesse réfléchie qui instruit les hommes et les civilise. Aucune divinité ne peint mieux l'esprit grec, héroïque et industrieux tout à la fois, estimant au-dessus de tout le courage et l'intelligence.

Comme déesse de la guerre, Athénë est plus souvent invoquée sous le nom de Pallas; comme déesse du travail elle prend le nom d'Erganô (l'ouvrière).

Un passage d'Artémidore nous montre les fonctions multiples d'Athénè : Il Athénè est favorable aux artisans, à cause de son surnom

de l'ouvrière i à ceux qui veulent prendre femme, car elle présage que cette femme sera chaste et attachée à son ménage; aux philosophes, car elle est la sagesse née du cerveau de Zens. Elle est encore favorable aux laboureurs, parce qu'elle a une idée commune avec la terre; et à ceux qui vont à la guerre, parce qu'elle a une idée commune avec Ares.» Toutefois cette déesse ne fait pas double emploi avec Ares (Mars), car celui-ci représente surtout la fureur sanglante des mêlées, tandis que Pallas personnifie plut6t la tactique, ou, si l'on veut, la méthode dans l'art de la guerre.

L'olivier est consacré à Albènë, qui prend par ce fait un caractère

(D-ipri.

agricole. La chouette, l'oiseau qui voit clair la nuit, est aussi un attribut do la déesse qui représente rintelligence divine. Nous en avons vu déjà la représentation sur des monnaies d'Athènes (t. 111, fig. ù/|6 et 443) ■ La quenouille et le fuseau sont dans ses attributs, parce qu'elle est la protectrice des ouvrières, comme on le voit dans cette invocation tirée de l'anthologie : u 0 Athènè, les tilles de Xuthus et de Melilè, Satyre, Héraclée, Euphio, toutes trois de Samos, te consacrent ; l'une, sa longue quenouille avec le fuseau qui obéissait à ses doij^ls pour se charger des fils les plus déliés; l'autre, sa navette harmonieuse qui fabrique les toiles au tissu serré; la troisième, sa corbeille avec ses belles pelotes de laine, instruments de travail qui, jusqu'à la vieillesse, ont soutenu leur laborieuse vie. Voilà, auguste déesse, les offrandes de tes pieuses ouvrières. »

NéanmoiQS ce sont tes attributs guerriers, c'est-à-dire le casque, l'égide, la lance et le bouclier, qui apparaissent le plus souvent dans les monuments qui représentent la déesse. Un vase d'ancien stjle nous montre Cassandre qui, pour échapper aux poursuites d'Ajax, s'est réfugiée près d'une idole de Pallas (flg. 550). Cette Pallas troyenne n'a pas de casque, mais une espèce de bonnet d'une forme particulière. En Grèce, le casque de la déesse a des formes très-variées : l'égide est une peau de chèvre, dont on se servait comme de bouclier dans les temps primitifs. L'égide de Pallas est presque toujours décorée d'une tête de Gorgone, qui exprime la terreur dont elle frappe ses ennemis.

B L'art, dit Ottfried Muller,quieul, dans les temps primitifs, constamment devant les yeux l'image de Pallas, préférablement à celle de toutes les autres divinités, représenta dans les antiques palladiums, figurés avec le bouclier élevé et la lance brandissante, surtout la divinité combattante. Cependant il existait à la même époque des statues de cette déesse dans une attitude paciDque et assise ; on ne se contenta pas de lui mettre des armes aux mains, elle reçut, comme symbole de l'activité pacifique, la quenouille et le fuseau ; la lampe parait avoir été également un ancien attribut de cette divinité. Dans les statues qui appartiennent à la période de l'art dont les progrès sont déjà sensibles, Pallas est constamment figurée dans l'attitude d'une femme qui se prépare au combat, marchant avec plus ou moins de vitesse, vêtue d'un péplos à plis raides et empesés, qui recouvre le chiton, et d'une immense égide, qui, placée quelquefois sur le bras gauche en guise de bouclier, couvrait aussi, outre la poitrine, le dos entier de la déesse; dans les monuments de l'art moins anciens, cette égide est de plus en plus repliée sur elle-même. Les contours du corps, dans la partie des hanches et de la poitrine, n'ont presque rien de la rondeur des formes féminines; les formp

'^^ÛT^^

cuisses, du bras, du dos, semblent au contraire avoir été modelées sur lin corps (lu sexe mâle.

« A partir du jour où Phidias eut achevé de dessiner le caractère idéal de la déesse, UD seneux plein de calme, une force qui a conscience d'elle-même, un esprit clair et lucide devinrent à tout jamais les principaux traits du caractère de Pallas. Sa virginité la place au-dessus de toutes les faibles'ies humaines, elle est trop homme pour pouvoir s'abandonner à un homme. Le front '" pur, le nez long et fin, la ligne un peu dure

de la bouche et des joues, le menton large

et presque carré, les jeux peu ouverts et presque constamment dirigés

vers la terre, la chevelure rejctée sans

art de chaque côté du front et ondulante

sur la ligne du cou, traits dans lesquels

percent la rudesse et la grossièreté primitives, répondent parfaitement bien à

cette merveilleuse création idéale. »

Nous avons montré (t. III, lig. 632]

la figure connue sous le nom de^mert»

d'Eudœos, qui passe pour une des plus

anciennes représentations do Pallas. Toutefois cette figure est assise, et la Minerve

tfHerculaTmm (t. III, fig, 633), qui est

debout et dans l'attitude du combat,

présente une allure plus conforme au

type employé dans l'époque archaïque.

La fameuse statue qui décorait le fronton

du temple d'%inc (fig. 551) nous montre comment la déesse était représentée

dans la période qui précède immédiate^

ment tes guerres médiques. Elle est de

style archaïque, porte l'égide sur les

deux épaules, et tient sa lance dans la

main droite, tandis que la gaucho est

passée dans un grand bouclier rond. Elle

est préparée au combat, mais elle no brandit plus sa lance selon la

pose traditionnello de la période primitive. Sur une médaille de la nouvelle Ilion, on voit Aihénô ponant sa lance sur l'épaule, conformément à un type qui parait avoir existé fort anciennement dans la Troade {Dg. 552).

Môme lorsqu'elle n'a pas son attitude guerrière, Pallas conserve toujours ses armes. Ainsi la déesse apparaît au repos sur la figure 553, qui est tirée d'un vase peint. Mais lorsqu'elle tient en main son casque, au lieu de lavoir sur la tête, la déesse est considérée comme présidant à la paix.

On en voit un exemple sur la figure 55I|, mais les monuments de ce genre sont d'une grande rareté. Dans les statues de la grande époque de l'art, Pallas tient le plus souvent on main une victoire, comme le montre la figure 555.

Dans tous les monuments antiques, Athénë est figurée avec des attributs guerriers, conformes à son rôle dans l'Olympe grec. Mais pour les Athéniens, la déesse protectrice est la grande divinité, qui pourrait en quelque sorte suppléer à toutes les autres, et on l'invoque dans toutes les circonstances de la vie. En effet, on peut croire qu'elle a une inHuence sur la navigation, puisqu'on lui doit la construction du premier vaisseau à voiles, le navire Argo. Enfin on l'invoque dans les maladies, sous le nom de Minerve Hygie, et elle est alors accompagnée d'un grand serpent qui boit dans une coupe, attribut ordinaire d'Esculape et d'Hygie ; un bas-relief qui décore un candélabre du musée Pio Clémcntin la montre sous cet aspect.

La fameuse Minerve de Phidias, dans le Parthénon, était en ivoire et en or. La déesse était debout^ couverte de l'égide, et sa tunique descendait jusqu'aux talons. Elle tenait une lance dans une main et dans l'autre une victoire. Son casque était surmonté d'un sphinx, dans les parties latérales étaient deux griffons, et au-dessus de la visiôre, huit chevaux de front s'élançaient au galop, image de la rapidité avec laquelle s'élance la pensée divine. La ttSte de Méduse figurait sur sa poitrine. Les bras et la tête de la déesse étaient en ivoire, à l'exception des yeux formés par deux pierres précieuses ; les draperies

Pig. K>4. — Albénè pucifiqiis.

(D'iptèt nn hM-rtUel dD mus«s da Cipitols.}

524 INSTITUTIONS RELIGIEDSES.

ûtaient en or et pouvaient s'enlever facilement, car il fallait, si la république se trouvait dans la détresse, qu'elle pût avoir recours au trésor public dont la déesse était dépositaire. Sur la face extérieure du bouclier, posé aux pieds de Ja déesse, était représenté le combat des

Pig 55S — Pil u V e onaDK

Amazones; sur la face inférieure, celui des géants et des dieux; la naissance de Pandore était sculptée sur le piédestal. Une pièce de l'Anlhotogie grecque co.-npare la Minerve de Pliidias, à Athènes, à la Vénus que Prasitèlc avait faite à Gnide ; « En voyant la divine image de Vénus, fille des mers, lu diras : Je souscris au jugement du Phrj'gien Paris. Si tu regardes ensuite la Minerve d'Athènes, tu t'écrieras : Celui qui ne lui a pas adjugé le prix était un bouvier ! »

Toute la légende mythologique d'Athénè se rapporte à la ville à laquelle elle a donné son nom, et son culte, comme déesse protectrice d'Athènes, s'est développée avec la prospérité de cette ville et n'a disparu que quand Athènes déchue a embrassé le christianisme. L'histoire fabuleuse de la fondation d'Athènes se relie absolument à celle de la déesse.

Quand Athénè fut sur le point de venir au monde, Zeus (Jupiter) sentit un violent mal de tête et pria Héphaistos (Vulcain) de lui donner un grand coup de hache, pour faciliter la naissance de la déesse qui représenie Tintelligence divine. Pour récompenser Héphaistos de ce service, le roi des dieux lui jura par le Styx de lui accorder la première demande qu'il lui ferait. On sait qu'après le coup de hache, Athénè sortit tout armée du front de Zeus. Dès qu'elle vit le jour, elle demanda à son père la permission de ne pas se marier, parce qu'elle voulait rester toujours vierge. Zeus céda aux vœux de sa fille et jura par le Styx qu'il n'y mettrait aucun obstacle. Athénè, satisfaite de ce que lui avait dit son père, s'en alla aussitôt; mais Héphaistos arriva et, rappelant à Zeus la promesse qu'il en avait reçue, il lui demanda delà mettre à exécution en lui donnant sa fille en mariage. Le roi des dieux fut dans un cruel embarras. Il s'en tira en disant à Héphaistos d'arranger cela avec sa fille, parce que lui ne voulait pas s'en mêler.

Héphaistos n'en demandait pas davantage ; du moment que Zeus n'y mettait pas d'opposition, il se crut assuré de la victoire et se mit à. courir après Athénè, qu'il atteignit bientôt. Mais la fière déesse, offensée de la manière dont il fit sa proposition, le reçut avec une telle rudesse que le dieu forgeron se vit forcé d'abandonner la place. Athénè. étant partie de son côté entendit des petits cris d'enfant, et, se retournant, elle aperçut un nouveau-né à l'endroit où Héphaistos lui avait parlé.

Émue de compassion, elle ramassa l'enfant, et le plaçant dans une corbeille, elle l'emporta dans son sanctuaire. Mais Athénè, qui ne pouvait se défendre de ses préoccupations ordinaires, s'aperçut en montant l'Acropole que sa ville n'était pas assez fortifiée du côté du couchant. Elle entra dans la maison de Cécrops, qui avait trois filles, Pandrose, Aglaure et Hersé, et leur ayant confié le panier qui était très-bien fermé, elle leur défendit de l'ouvrir pour voir ce qu'il contenait ei partit aussitôt pour chercher une montagne qu'elle jugeait nécessaire pour fortifier sa ville. Quand elle fut partie, Aglaure et Hersé, piquées par la curiosité, voulurent ouvrir le panier, malgré les remontrances

de Pandrose. Mais une corneille qui avait vu la chose vint la raconter à Athénè, qui tenait déjà la montagne dans ses bras, et, dans sa surprise, la laissa tomber à l'endroit où elle se trouvait; ce fut là Torigiae du mont Lycabette.

Alhénè punit cruellement Aglaure et Hersé, qui, prises d'une folie furieuse, se précipitèrent du haut de l'Acropole ; mais elle conçut une telle affection pour Pandrose, qu'elle voulut qu'après sa mort on lui rendit les honneurs divins. Érechthée, devenu roi d'Athènes, s'empressa d'obtempérer à ce vœu, et il éleva un temple en deux parties, dont Tune fut dédiée à Athénè et l'autre à Pandrose. Tous les édifices ayant été brûlés pendant la guerre médique, le temple d*Athënè et de Pandrose fut reconstruit après la retraite des Perses, et c'est celui qu'on appelle Érechtheion, du nom d'Érechthée, son fondateur, qui avait là son tombeau.

Les légendes athéniennes sur la naissance d'Athènè, sortant tout armée du cerveau de Zeus, et d'Athénè se disputant avec Poséidon (Neptune) pour la possession de la ville, ont été reproduites sur plusieurs monuments (voir t. 1", fig. 411 et 412).

Ares. (Mars), dieu sanguinaire ^et détesté des immortels, n'a jamais eu une grande importance parmi les populations helléniques. Dans beaucoup de localités, ce dieu semble même avoir été à peu près inconnu, et si son culte a gardé en Laconie une importance plus grande qu'ailleurs, cela tient à la rudesse des habitants de cette contrée : Ares est la personnification du tumulte et de la mêlée. Pausanias, en décrivant une statue d'Ares qui était à Sparte, dit qu'elle était liée et garrottée afin qu'il n'abandonnât pas les Spartiates. Une belle statue du Louvre, qu'on désignait autrefois sous le nom d^ Achille Borghhse, paraît être une représentation d'Ares, et l'anneau qui serre la jambe du dieu, tout près de sa cheville, se rapporte peut-être à l'usage dont parle Pausanias. Ce dieu, du reste, ne présente pas d'attributs particuliers qui puissent le faire distinguer d'un simple héros comme Achille, auquel un anneau au-dessus du pied conviendrait également puisqu'il n'était vulnérable qu'au talon. Dans le bas-relief qui décore le putéal du Capitole, Ares' est vêtu en guerrier; il tient son casque d'une main, tandis que de l'autre il porte à la fois sa lance et son bouclier ((ig. 556).

La divinité que les Grecs ont honorée sous le nom d'Aphrodite et les Latins sous le nom de Vénus paraît avoir eu son origine dans

LE CDLTE Eîi GRÈCE.

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