‹ La Vie privée des anciens v. 4 1883Chapitre 25 sur 30 · BUSES · texte numérisé non relu

BUSES

INSTITUTIOKS RELIGI

Ccriis, La procession des Anibarvales, qui se faisait de mai, parcourait les lerres ensemencées, pour di la forlilHè des campagnes. La fête des ciiréales, a divinité, ressemblait davantage aux cérémonies d liraient leur origine. Aa mois d'avril, les dames i blanc et portant dus llambeaux, figuraient par h^

voyages d<' Cérès à la recherche de Proserpine, i jour en commémoration du jeune que s'imposa Cér eût retrouvé sa fille. Plusieurs statues qu'on désigi nom de Cérès sont aujourd'hui regardées comme i ment des prêtresses de cette divinité (fig. 715). des personnes d'un rang élevé qui se faissîentji attributs de la déesse des moissons. C'est ainsi ^ musée du Louvre nous monlre Julie en Cérés.

lient j nsidé

NouB avons décrit page 555 les cérémonies et les grandes processions que les Grecs accomplissaient en l'honneur de Bacchus. Les bacchanales romaines étaient à l'origine peu différentes de celles des Grecs. Les femmes seules y étaient admises et elles élisaient entre elles les prêtresses qui devaient présider à la cérémonie, qui avait lien tous les mois. Quand plus tard les hommes furent admis à célé-

brer ces fêtes conjointement avec les femmes il s y introduisit des désordres tellement graves quon défendit aux personnes âgées de moins de vingt ans de s y mêler en aucune façon Néanmoins les sujets de plainte étant devenus de plus en plus nombreux, le sénat Unit par les interdire tout à fait.

La fête des Panathénées, dédiée à Athènè, avait une très-grande importance dans l'antiquité. On'y recevait tous les peuples de l'Atiique

afin de les habituer à considérer Athènes comme la patrie commune. On conduisait en grande pompe le voile de la déesse, brodé par les jeunes ûHes d'Athènes, et chaque colonie amenait un bœuf sous forme de tribut à Pallas Athènè. Les bœufs servaient ensuite au repas qui suivait la procession. Il y avait des jeux en Thonneur de la déesse. Ils 4||étaient de trois espèces : course équestre et aux flambeaux, combats gymniques entre les athlètes et lutte pour la poésie et la musique. Les poètes faisaient représenter leurs pièces et les meilleurs musiciens de toute la Grèce accouraient pour ces luttes. Le prix éiait une couronne d'olivier et un vase d'huile, car on n'oubliait pas que la déesse avait fait germer le premier olivier qui ait poussé dans l'Aitique et la culture de cet arbre était devenue une source inépuisable de richesses pour le pays. Ces vases donnés en prix portaient le nom de vases panathénaïques (fig. 716). Plusieurs ont été conservés et on peut en voir un fort beau au musée du Louvre. Pallas Athènè est toujours figurée sur Tun des côtés et le revers représente ordinairement l'exercice pour lequel le prix a étù décerné. On y voit aussi quelquefois le nom des archontes en fonctions. Pendant la procession, tous les assistants, hommes et femmes, tenaient en main un rameau d'olivier.

Les bas-reliefs sculptés sur la cella du Parthénon représentent les rites sacrés de la fête des Panathénées. On y voit la scène qui se passait dans le sanctuaire de l'Érechthéion, où le peuple n'entrait pas. Le but religieux de la fête était de couvrir la déesse d'un voile nouveau en remplacement de celui qui avait fait son temps. Mais le but politique était tout autre : il s'agissait de montrer que Minerve était Athénienne par le cœur, et qu'on ne pouvait invoquer sa protection si Ton n'était l'ami d'Athènes. On voit la prêtresse qui reçoit de deux jeunes vierges les objets mystérieux qu'elles lui apportent. Ces jeunes filles sont des enfants, car, d'après les rites, elles ne pouvaient avoir moins de sept ans ni plus de onze. « Pendant la nuit qui précède la fête, dit Pausanias, elles prennent sur leur tête ce que la prétresse leur donne à porter. Elles ignorent ce qu'on leur remet; celle qui le leur donne l'ignore aussi. 11 y a dans la ville, près de la Vénus des jardins, une enceinte où se trouve un chemin souterrain creusé par la nature. Les jeunes filles descendent par là, déposent leur fardeau, et en reçoivent un nouveau soigneusement couvert. » Ce fardeau précieux contenait le vieux vêtement, et celui qu'elles rapportaient renfermait le nouveau. Comme la scène se passait la nuit, Tune d elles tient un flambeau allumé. Pendant que la prêtresse reçoit la nouvelle parure de la déesse, le

IBS pnATIQDES DC CULTE.

grand prêlre, assisté d'un jeune garçon, est occupé à plier l'ancien péplum.

Le public n'assiste pas k la scène mystérieuse do sanctuaire, mais les dieux, spectateurs invisibles, sont figurés assis et disposés en groupes s\niélriques, Parmi ou\, on voit Pandrose, recouverte du voile

symbolique qui caractérise le sacerdoce ; elle montre au jeune Krechthée, accoudé sur ses genoux, la lélc de la procession qui s'avance vers le sanctuaire. C'est d'abord un groupe de vieillards à l'allure grave, qui sont enveloppés dans leurs maiiieaux el s'appuient presque tous sur leurs bâtons. Ils sont les gardiens des lois et des rites sacrés, car on en voit qui semblent donner des instructions aux jeunes vierges allièniennes qui iléfilent après eux. Celles-ci portent avec gravité le chandelier, ta corbeille, les vases, les paléres et luus les objets destinés an lu S(

I>^T1TUT10SS HELiGIËCSËS.

culte. Elles délileiit leiKement et d'un pas rhythmé dont les grands plis tombants de leur draperie accentuent encore la calme tranquillité {Qg. 717).

Après lei Athéniennes viennent les QUes des élrar.gers ilomiciliés

le Briluniqn*.)

àAlhëDcs. Elles n'ont pas le droit de porter des objets aussi saiuta, mais elles tieunenl eu main les pliants qui serviront auï cauéphores. Vieaueut ensuite les hérauts et les ordonnateurs de la fête, qui pré-

cùdent les bœufs destinés au sacrifice, puis des enfants qui conduisent un bélier. Des hommes les suivent, tenant des bassins et des outres pleines d'huile. Derrière ceux-ci, les musiciens jouent de la flûte ou de la lyre, et une suite de vieillards, qui tiennent tous en main un rameau d'olivier, terminent le cortège sacré. C'est alors que commencent à défiler les chars à quatre chevaux et la longue suite des cavaliers. On se rappelait que Minerve avait appris aux hommes l'art de dompter les chevaux et de les atteler au joug, et des jeux équestres accompagnaient toujours sa fôie. Une suite de jeunes hommes, dontlachlamyde flotte au vent derrière leurs épaules, domptent leurs chevaux ihessaliens qui se cabrent en leur résistant.

Cette grande cavalcade du Parthénon (fig. 718, 719), si célèbre comme ouvrage de sculpture, montre l'épisode la plus caractéristique de la fête des Panathénées. Toute la jeunesse athénienne était là, faisant parade de son adresse en équitation devant une population fière de la regarder.

Les Lacédémoniens avaient aussi une grande fête en l'honneur de Diane, mais elle a toujours conservé un caractère extrêmement barbare. Elle consistait surtout en flagellations d'enfants qui s'exécutaient devant Tautel de la déesse.

Les Adonies, fêtes enfhonneur du dieu Syrien Adonis, avaient lieu dans la plupart des villes grecques. Les femmes en grand deuil venaient pleurer devant l'image d'un jeune homme mort à la fleur de l'âge, comme avait péri Adonis, et après plusieurs jours passés à donner tous les signes de la plus profonde aflliction, on faisait une grande procession en portant des rameaux et des fleurs printanières. Cette fête, qui répond pour l'époque à la Pâques des chrétiens, était un symbole de la nature, qui, après avoir vu mourir en hiver sa parure de végétation, assiste à sa résurrection dès que viennent les premiers jours du printemps.

Les Hécatérics étaient des fêtes en l'honneur d'Hécate, qui se célébraient aux nouvelles lunes : les gens riches faisaient dresser dans les carrefours des tables pleines de mets qu'ils oiTraient au peuple.

Les Saturnales, fêtes romaines en l'honneur de Saturne, se célébraient le dix-sept du mois de décembre et duraient trois jours, qui se passaient en réjouissances et en festins. Elles étaient destinées à rappeler l'égalité qui régnait au temps de Saturne, lorsque les hommes vivaient selon les lois de la nature et sans diversité de conditions. La statue de Saturne, qui était liée de bandelettes de laine pendant toute

l'année, en était dégagée pendant sa fôtc, et dés que cette cérémonie était accomplie, les enfants se mettaient à courir par toute la ville en poussant les cris des saturnales. Alors la puissance des maîtres sur leurs esclaves était momentanément suspendue, les écoles étaient fermées, les tribunaux vaquaient, et on se faisait mutuellement des présents. Mais c*est surtout l'interruption des rapports habituels des esclaves avec leurs maîtres qui caractérisait ces fêtes. Ils changeaient entre eux de vêtements, et les esclaves étaient en quelque sorte maîtres de la maison pendant les trois jours que durait la fête. Nonseulement ils avaient la liberté de dire et de faire impunément tout ce qui leur plaisait, mais ils mangeaient à la môme table que leurs patrons à qui ils n'épargnaient pas les quolibets. La plupart des riches Romains quittaient leur domicile pendant ces jours-là et se rendaient à la campagne pour éviter le tapage et la familiarité gênante que ces fêtes entraînaient avec elles.

Les Terminales étaient des fêtes romaines en l'honneur du dieu Terme, qui avait son temple sur le mont Tarpéien. Le roi Numa avait établi celte fête pour éviter les discussions entre les propriétaires des biens : il avait fait placer des bornes sur la limite des propriétés de chacun et décidé que celui qui enlèverait ces bornes pourrait être tué impunément et que sa tête serait vouée aux dieux infernaux. Aussi les fêtes du dieu Terme se célébraient dans les champs» On ne pouvait y sacrifier rien qui eût vie, parce que Ton aurait regardé comme un sacrilège d'ensanglanter ces bornes. Ces fêtes étaient accompagnées de danses et de festins où les gens de la campagne se rendaient en foule.

Les Lupercales, ou fêtes en l'honneur du dieu qui protège les bergers en chassant les loups, avaient un caractère tout particulier. On attribuait à ce dieu le pouvoir d'empêcher la stérilité et c'est à cette croyance qu'il faut attribuer les singulières cérémonies par lesquelles on l'honorait à Rome. Les jeunes gens qui, au mois de février, célébraient cette fête immolaient d'abord une chèvre à la divinité qu'ils voulaient honorer. Pendant le sacrifice ils se teignaient le front du sang de la victime, et s'essuyaient ensuite avec de la laine trempée dans du lait. Pendant la cérémonie ils n'avaient d'auires vêtements qu'une peau de bouc autour des reins, puis ils couraient à travers les rues dans cet état de nudité, frappant avec une sangle faite aussi avec la peau de Tanimal toutes les femmes qu'ils rencontraient sur leur chemin. Les femmes romaines, surtout celles qui n'avaient pas eu

(Venfants, s'approchaient avec empressement pour recevoir ces coups, que l'on croyait propres à préserver de la stérilité.

Les Fébruales» fêtes romaines en l'honneur des morts, avaient été établies par Numa et se célébraient au mois de février, d'où elles ont pris leurs noms. Le culte des autres divinités cessait et leurs temples étaient fermés pendant ces fêtes qui consistaient à offrir des sacrifices sur les tombeaux à la lueur des torches, et pendant lesquelles on ne contractait pas de mariages, parce que ces jours étaient réputés malheureux. Les Lémuries, autre fête en l'honneur des morts, qui se célébrait dans le mois de mai« avaient' surtout pour but d'empêcher les ombres des décédés, ou les revenants, de quitter les enfers pour venir hanter la terre des vivants. Cette fête, très curieuse par les cérémonies superstitieuses qui s'y rattachaient, consistait surtout en petits présents que l'on faisait aux ombres pour les empêcher de gêner les vivants par leur présence. A minuit, chaque père de famille allait faire ses ablu* sions dans une fontaine voisine pour se purifier, et en s'en allant, il jetait par-dessus sa tête et sans se retourner des fèves qu'il avait dans la bouche et que l'ombre était censée ramasser. Ensuite, il frappait un coup sonore sur un vase d'airain en disant : « ombre d'un tel, retirezvous », parole qu'il devait répéter neuf fois de suite.

La transformation chrétienne. — Le christianisme, malgré les persécutions qu'il a endurées, n'a été, vu le point où étaient arrivés les cultes antiques, qu'une transformation à peine sensible. Le monothéisme était établi partout et les philosophes païens le proclamaient aussi bien que les chrétiens. Les cultes mystiques de l'Orient avaient complètement altéré le vieux paganisme grec et romain, qui vers la fin de l'empire n'existait plus que dans quelques cérémonies surannées.

La doctrine chrétienne, qui, à l'origine, était empreinte d'un caractère asiatique très prononcé, s'enrichit promptementdcs idées platoniciennes de la philosophie grecque, et le sacerdoce, dès qu'il put se constituer, chercha à adopter la savante organisation romaine, mais il ne parvint jamais à s'assimiler complètement à son modèle.

En effet, le souverain pontife des Romains était le premier des magistrats civils en même temps que le chef de la religion. C'est pour cela que les empereurs adoptèrent ce titre qu'ils auraient sans doute gardé, si les barbares n'avaient envahi l'Italie. L'évêque de Rome se constitua forcément chef de la catholicité, parce qu'il ne pouvait être ni le subordonné de l'empereur d'Orient qui était incapable de le dé-

m ISSTITOTÎONS RBLIGlErSES.

fendre, ni le sujet d'un chef barbare, qui, en lui imposant sa volonté, aurait pu altérer le caractère de la doctrine. Le pape, ne pouvant être civilement au-dessus des autres souverains, le fut religieusement. C'est à cette circonstance spéciale que la doctrine catholique doit de s'î&tre conservée intacte jusqu'A nos jours, mais c'est aussi à la même cause

— Chiiaii do uiBt Pi ir s i BniDl Piem de Rom* )

qu'il faut attribuer I antagonisme qui depuis que la papauté est constituée, n*a cessé d exister entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux.

TABLE DES MATIÈRES

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