‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 11 sur 300 · DIVISIONS DU TEMPS · texte numérisé non relu

DIVISIONS DU TEMPS

1<» Ère, — Pendant longtemps, les États grecs n'eurent pas d'ère commune. Chacun datait ses documents publics par le nom d'un magistrat local, dit éponyme. Tels furent les éjih ores à Sparte, les cosmes en Crète, l'archonte à Athènes, le prylane à Chio. Au IV* siècle, sans rompre avec cet usage, on commença à compter par olympiades. Cette ère commence dans l'été de 776 av. J.-C. Comme une olympiade comprend une période de quatre années, une date grecque se désigne ainsi : Olympiade 100, 1*^, 2% 3<^ ou 4<' année. Pour convertir en années de l'ère chrétienne une date donnée en olympiades, par exemple 01. 75, 1 (date de la bataille de Salamine), on multiplie 75 — 1 par 4, et on retranche le produit (296) de 776; on obtient de la sorte 480 av. J.-C.

2<> Mois. — L'année grecque se composait de 12 mois lunaires, comptant 30 et 29 jours alternativement. L'année lunaire avait donc 554 jours, ou 11 jours de moins que l'année solaire. Pour racheter la différence, les Athéniens imaginèrent d'intercaler tous les huit ans trois mois de 30 jours qui se plaçaient dans la S*', la 5^ et la 8^ année. Comme cela ne suffisait pas encore, on ajoutait tous les seize ans 5 jours supplémentaires.

L'année ne commençait pas partout au même moment. Celle d'Athènes commençait au solstice d'été (21 juin), celle de Délos au solstice d'hiver (21 décembre), celle de Béotie en octobre.

Les mois portaient des noms différents suivant les pays. Voici le calendrier athénien :

Hécalombéon (vers juillet).

Métagitnion (août).

Boédroraion (septembre).

Pyanepsion (octobre).

Mœraactérion (novembre).

Posidéon (décembre).

Gamélion (janvier).

Anthestérion (février).

Élaphébolion (mars).

Munychion (avril). Thargélion (mai).

Skirophorion (juin).

Le mois intercalaire venait après Posidéon, et s'appelait le second Posidéon,

3<* Jours. — Chaque mois se divisait en trois décades. On désignait les jours comme il suit :

1" Nou(xy)via (nouvelle lune).

*E68(5(jLr) Itû U'acl,

2 AeuT^pa îaTa}jiévou (2* jour

'0^8(^7) lia Uy.oL.

du mois commençant).

'EvdtTTj iTÙ 8exa.

3 Tp^TTJ —

EMç.

4 Texpiç —

AexdfTy) <p9(vovTOî (dixième du

5 Il6(X7îTrj —

mois finissant, en comp-

6 "EXTTI —

tant depuis le dernier jour

7 *E68d{xyi —

du mois).

8 'O^Uri —

TvdTii —

9 'Ev(£t7) —

'OyBdTi —

10 AexàTT) —

'EgaduLT)

11 TvSexdbîf), ou jîpcuTTj I;ci8lxa,

"EXTTJ ~

ou «poSTTj jieaouvTOî (du

llifJlTUTr) —

milieu).

TEtpdEç

12 AwBexdtTT).

Tp(T71 —

13 TpiTT) hzi ZUOL,

AsuT^pa —

U .TÊTpàç l7c\ 8éxa.

"EvTj xa\ vix (ancienne et

15 nijiTCTTj l7r\ 8lxa.

nouvelle lune).

16 •'ExTrj M U%oL.

il LECTURES HISTORIQUES SUR LA GRÈGE.

Dans les mois de 29 jours, on supprimait Seurépa cpÔtvovToç, et le 29* s'appelait 6^7^ xal véa.

11 est probable que les Grecs ne distinguèrent, à l'origine, que le jour et la nuit. Avec le temps et la diversité croissante des occupations de la vie civile, le nombre des divisions se multiplia. En général, le jour de 24 heures comprend six parties, 5 pour le jour proprement dit (irpoof, [xedeaêpt'a, 8eA7|), et 3 pour la nuit (e(T:répa, jACdiq vu?, ïio;). On trouve encore des désignations assez vagues comme opôpoç (le lever), Tztpï 7rXr^Ôou<yav àyopav (quand l'agora est pleine de monde, entre le matin et midi), Tcspt Xu;^v(i)v àcpàç (quand on allume les lampes), irepl TcpwTov u:tvov (au premier sommeil). Dans les camps, la nuit est divisée en trois veilles (cpuXaxai).

Ce n'est qu'après Alexandre qu'on fit commencer le jour au lever du soleil ; auparavant il commençait à son coucher.

Les anciens ont divisé le jour et la nuit en 12 heures, comptées à partir du lever du soleil, de sorte que midi coïncidait avec le commencement de la 7® heure du jour, et minuit avec la 7® heure de la nuit. L'emploi du mot lopat dans le sens d'heures est postérieur au milieu du iv« siècle. La longueur des. heures était variable suivant les saisons, puisqu'elle dépendait de celle du jour et de la nuit ; les astronomes seuls comptaient par heures égales comme nous. A l'époque de Démosthène, on avait des horloges k eau ou clepsydres, où le temps se mesurait par le volume d'eau qui s'écoulait régulièrement d'un réservoir .

(Reinach, Traité d'épigraphie grecque, pp. 473 et suiv.; Gow, Minerva, pp. 77 et suiv.)

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