CERCLES
Les Athéniens lormaient entre eux des associations purement privées, où il était de règle de vivre sur un pied de bonne camaraderie, et de se prêter un mutuel appui. Un discours de Lysias nous fournit sur elles quelques renseignements. On y voit que les membres de ces sociétés avaient l'habitude de se soutenir les uns les autres devant les tribunaux ; chacun d'eux se plaisait à témoigner en faveur de ses confrères et à parler pour eux. Si l'on avait besoin d'argent, on s'adressait à eux de préférence; mais il semble qu'on ne se fît pas scrupule, à l'occasion, de les duper. « Vous m'aviez engagé, dit l'un deux, à prêter 12 mines (H78fr.) à Polyclès, sous condition qu'il me remettrait un cheval pour gage. Polyclès m'amena un cheval qui avait été fourbu à la guerre. Je voulais absolument qu'il le remmenât; mais Diodore me détermina à le prendre, en m'assurant que, si le cheval venait à mourir, Polyclès ne ferait aucune difficulté de me rendre les 12 mines. Ce même Diodore pourtant, dès que le cheval fut mort, se rangea du côté de mes adversaires; il prétendit que je ne pouvais exiger l'argent.» (Lysias, viii® discours, 10).
Quand on avait quelque grief contre des membres de l'association, on pouvait se plaindre d'eux dans une réunion générale, et précisément le discours de Lysias a été prononcé dans une circonstance semblable. D'ailleurs on était toujours libre de donner sa démission.