‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 148 sur 300 · LES DIEUX SEMBLABLES AUX HOMMES · texte numérisé non relu

LES DIEUX SEMBLABLES AUX HOMMES

Les Grecs firent les dieux à leur propre image ; c'est là ce qu'on appelle V anthropomorphisme.

D'après Homère, « les dieux forment au ciel, ou, pour mieux dire, sur la cime des montagnes où ils résident, au sommet de l'Olympe, une véritable république, une cité céleste conçue sur le modèle de la cité hellénique, mais une république, une cité dont tous les citoyens sont en quelque sorte des rois. Les dieux liabitent sous des lambris dorés, et passent leur vie dans de joyeux festins. Us ont les passions et les idées des honiraes.

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Bien plus, le poète leur suppose une apparence corporelle; mais il surpassent en force, en grandeur, en beauté, les humains. « Tu es d'une beauté si parfaite, dit Ulysse à Euryale, qu'un « dieu même ne serait pas autrement. » Ares et Athèna, sur le bouclier d'Achille, font admirer leurs proportions colossales et leur beauté merveilleuse. Lorsque ce dieu tombe sous les coups d'une déesse, son corps immense occupe sur le sol une étendue de sept plèthres. Dans les bas-reliefs des âges postérieurs, les dieux sont généralement représentés avec une taille plus haute que leurs adorateurs ; à côté d'eux, ceux-ci ressemblent parfois à des enfants.

Les dieux, ayant des corps comme les nôtres, sont soumis aux mêmes besoins que nous. Ils mangent, dorment, boivent, et peuvent être dominés par la faim ou la nécessité du repos. Le sang chez eux est remplacé par une sorte de liquide divin, dont l'ambroisie, nourriture céleste, fait le principe et le fond. Le corps des immortels est impérissable; il demeure toujours jeune, et leurs organes ont im degré de puissance que les nôtres n'atteignent pas. Parmi les facultés qu'ils possèdent, une des plus remarquables est celle de se métamorphoser, de prendre la forme d'un animal ou même d'un objet inanimé. Athèna, par exemple, se change tantôt en une flamme qui s'échappe du ciel comme une étoile filante, tantôt en un oiseau qui plane dans les airs. Ils ont des passions plus fortes, des projets mieux ordonnés, des vues plus étendues que ceux des hommes. Homère leur attribue des sentiments de haine et d'amour, de colère (ît d'envie. Ils sont jaloux, et persécutent quiconque a encouru leur inimitié. Ils ne se piquent ni d'impartialité ni de justice. Hèra et Atfièna rendent les Troyens responsables de l'affront que leur a fait Paris, et Poséidon poursuit d'une rage incessante l'infortuné Ulysse. Tous réclament les hommages des mortels, et s'irritent de leur oubli, qu'ils punissent par des fléaux. Pour châtier un individu de sa négligence à lui offrir un sacrifice, Artémis fait ravager ses champs par un sanglier. Aussi les hommes s'efforcent-ils de les gagner parleurs présents et leurs promesses. Les dieux ne sont pas étrangers aux chagrins, aux peines morales. Leur cœur souffre a l'occasion, cl

Thétis verse des larmes. Ils ont toutes les joies de rtiumanité, accrues par la supériorité de leur nature, et ils en connaissent également toutes les tristesses, sauf la mort.

(D'après Maury, Histoire des religions de la Grèce antiqm, t. I, pp. 251-259.)

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