‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 165 sur 300 · ADMINISTRATION DES FINANCES D*APOLLON DÉLIEN · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION DES FINANCES D*APOLLON DÉLIEN

Les finances du dieu sont administrées par quatre hiéropes annuels. On ne sait comment ils étaient nommés, par élection ou par tirage au sort.

On les voit prêter à intérêt les sommes libres, mettre en location les biens-fonds, donner à bail les impôts, passer les marchés des travaux à exécuter et payer les entrepreneurs ; ils ont enfin la garde des offrandes consacrées au dieu et du matériel du culte.

Ils sont soumis à l'autorité de l'assemblée populaire, qui, en matière de finance comme en tout le reste, est souveraine. Le secrétaire de la ville assiste à toutes les opérations et valide par sa présence les actes des hiéropes; la remise du trésor se fait devant lui; entrées ou sorties, tous les mouvements de fonds sont constatés par lui ; ils n'ont lieu que conformément à la décision du peuple ; les travaux exécutés dans les édifices sacrés ou les propriétés du dieu ne sont mis en adjudication, les payements ne sont effectués que suivant les lois et en vertu d'un décret spécial ; les hiéropes sont nommés par le peuple, et sans doute révocables par lui; ils sont assujettis à rendre des comptes.

Un contrôle plus direct, incessant même, est exercé par le sénat tout entier, en particulier par la section permanente, c'està-dire par les prytanes en exercice. Ils assistent et surveillent les hiéropes dans tous les actes de leur administration; sans eux, on ne peut ni dresser les inventaires, ni opérer la remise du trésor, ni ouvrir la caisse sacrée.

Le trésor sacré est déposé dans le temple d'Apollon ; on l'appelle tepà xi&iûtéç. L'argent est conservé dans des jarres. Chacun porte une inscription qui donne une ou plusieurs des indications suivantes : provenance de la somme contenue dans le vase, année et mois du dépôt, nom et qualité des magistrats qui ont fait le dépôt, avec la date; nature de la recette, quotité de la somme.

Les revenus du dieu ne sont pas directement payés aux hi>-

ropes; il y a des intermédiaires. Ceux-ci sûrement ne sont pas des fermiers. Sont-ce des receveurs? Sont-ce des banquiers? On l'ignore. Ils encaissaient l'argent, notaient sur leurs registres le montant de chaque versement, et à la fin de l'exercice ils remettaient leurs recettes aux hiéropes, avec documents à l'appui.

Quand les hiéropes avaient un payement à faire, ils tiraient du temple une jarre. Tantôt on épuisait le contenu de la jarre; tantôt on en prélevait seulement une partie. On n'était pas obligé de puiser toujours dans la même, jusqu'à ce qu'elle fût vide. Plusieurs pouvaient être entamées successivement.

(Homolle, Bulletin decorresp. hellénique, t. VI (1882), pp. 58-61,71-72, 76-77.)

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