LE SYSTÈME DES IMPÔTS EN GRÈCE
Le système des impôts n'était pas conçu en Grèce comme chez nous.
A lorigine, il semble bien que la principale ressource des États fût la dîme, c'est-à-dire une taxe égale au dixième des récoltes de chaque individu. C'était là un impôt sur le revenu, mais supporté seulement par les propriétaires du sol, et on conçoit qu'il en fût ainsi à une époque où la richesse venait presque tout entière de la terre.
Cet impôt cessa d'être perçu à Athènes vers Tannée 500 av. J.-C. Comme le commerce commençait déjà à se développer, on le remplaça par des droits de douane, par des taxes sur les ventes,^ sans compter les redevances assez élevées que l'on retirait des mines d'argent du Laurion. De plus, un autre usage s'introduisit. L'État prit l'habitude de rejeter sur les riches certaines dépenses qui lui incombaient. Falhut-il, par exemple,
armer un navire, ou ce'lébrer une fête, c'était un citoyen qui en faisait les frais ; c est là ce quon appelait les liturgies.
Pendant la guerre du Péloponnèse, tout cela fut insuffisant. Alors on songea de nouveau à taxer directement les propriétaires ; mais on ne se contenta pas de frapper les possesseurs du sol ; on atteignit aussi le capital sous toutes ses formes, et cet impôt fut désigné sous le nom d'eisphora. Toutefois il n*eut pas un caractère permanent ; ce fut essentiellement un impôt de guerre, et il n'y a point d'exemple qu'il ait été levé en temps de paix.
Tels sont les changements que subit le système fiscal des Athéniens et de la plupart des États grecs. Entre eux, on ne remarque à cet égard que des différences de détail.