‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 247 sur 300 · LE COMMANDEMENT A ATHENES · texte numérisé non relu

LE COMMANDEMENT A ATHENES

Le chef de l'armée athénienne fut d'abord un des neuf archontes, le polémarque. A partir du \^ siècle, le commandement passe aux dix stratèges. Quand il y a plusieurs expéditions simultanées, ceux-ci sont placés, soit isolément, soit par groupes, à la tête des différents corps. Parfois une même armée est conduite par sept ou huit d'entre eux.

Les fantassins étaient répartis en dix bataillons (TaÇetç), correspondant aux dix tribus. Chacun d'eux était commandé par un taxiarque. Le bataillon se subdivisait à son tour en Xd/oi,

Les officiers de cavalerie étaient les deux hipparques, et audessous d'eux, les dix phylarques.

Ce qui caractérise l'armée atliénienne, c'est la douceur de la discipline. « N'est-il pas étrange, dit Xénophon, que les hoplites et les cavaliers, qui paraissent être l'élite des honnêtes gens, soient les plus indisciplinés de tous? » Us vivaient avec leurs chefs sur un pied de familiarité toute démocratique, et ne se gênaient pas pour critiquer leurs actes.

Plutarque, parlant d'une campagne de Phocion, raconte ce qui suit : « Tous s'empressent autour de lui, veulent lui donner des

L'ARMÉE ET LA MARINE. 4'i5

conseils et trancher du ge'ne'ral. L'un déclare qu'il faut occuper telle hauteur ; un autre prétend que la cavalerie doit être envoyée en tel endroit; un troisième fixe le lieu où il serait bon de camper. « Grands dieux! s'écria Phocion, que de capitaines je vois ici, et combien peu de soldais! »

L'officier athénien emploie rarement les moyens de rigueur. C'est surtout par l'exemple et par la parole qu'il agit sur ses hommes. Xcnophon, qui était pourtant un bon militaire, fournit à cet égard de singuliers aveux. Veut-il engager les cavaliers à bien s'exercer? « Il convient, dit-il, de leur rappeler que si l'État s'impose une dépense annuelle d'environ 40 talents pour avoir une cavalerie en cas de guerre, ce n'est pas afin d'en manquer, mais pour la trouver prête au besoin. Cette pensée stimulera sans doute leur zèle ; ils ne voudront pas, s'il survient une guerre, être pris au dépourvu, quand il s'agira de combattre pour la patrie, pour l'honneur et pour la vie. » Plus loin il ajoute : « Pour rendre les soldats obéissants, il est essentiel de leur représenter quels avantages résultent de la soumission, de leur montrer par la pratique combien d'avantages la discipline assure à ceux qui l'observent, et combien de maux à ceux qui la violent. » (Xénophon, le Commandant de la cavalerie^ 1 .) Les Athéniens, en un mot, comptaient autant sur l'ascendant moral des officiers que sur la rigueur des règlements. Le procédé n'était pas toujours bien efficace ; mais il était impossible d'en adopter un autre avec des hommes qui n'étaient soldats que par occasion, et qui, même à l'armée, restaient citoyens ; d'autant plus que les chefs étaient élus, responsables de leurs actes devant le peuple, et qu'au retour de l'expédition chaque soldat avait le droit de se faire leur accusateur.

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