‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 246 sur 300 · LE COMMANDEMENT A SPARTE · texte numérisé non relu

LE COMMANDEMENT A SPARTE

L'armée Spartiate était, au iv^ siècle, divisée en 6 mores, la more en 2 Xo^^oi, le lôyoç en 2 cinquantaines, la cinquantaine en 2 énomoties. L'effectif de ces différents corps était variable. On trouve, dans les auteurs, des mores de 500 hommes, de 600, 700, 800, 900, et même de d 000. Les officiers tiraient leurs noms des corps qu'ils commandaient : c'étaient l'énomotarque, le pentécostère (ou cinquantenier) , le lochage, et, pour la more, le polémarque. En campagne, le chef de l'armée était généralement un des deux rois. Il y eut pourtant des cas où l'on plaça un simple particulier à la tête des troupes; tel fut Lysandre, vers la fin de la guerre du Péloponnèse.

Les anciens étaient très frappés de la forte cohésion de l'armée Spartiate. Isocrate attribue ces paroles au roi Archidamos : « Si nous l'emportons sur les autres peuples de la Grèce, cela vient de ce que la république est organisée comme un camp, où régnent la discipline et l'obéissance. » Platon s'exprime à- peu près de même lorsqu'il dit que les Spartiates ressemblent à une

armée campée sous la tente. Le Spartiate ne pouvait pas s'absenter de la Laconie, sans la permission des magistrats ; TËtat voulait avoir constamment tous ses soldats à sa disposition. L'habitude qu'avaient les citoyens de prendre leurs repas en commun développait en eux l'esprit de corps, comme fait, chez nous, la vie de caserne. Par une exception rare en Grèce, il y avait même en temps de paix des exercices militaires. Dans une société de mœurs si aristocratiques, où les rangs étaient nettement marqués, chacun était naturellement discipliné, et cette tendance était encore fortifiée par la puissante organisation du gouvernement et par la sévérité de la loi. Enfin toutes les institutions de Sparte, à commencer par le système d'éducation, avaient pour effet d'inspirer au citoyen une espèce de patriotisme surchauffé, qui augmentait sa valeur guerrière.

Page 1