LA LIGUE ACHÉENNE
La ligue achéenne, arrivée à sa plus grande extension vers 190 av. J.-C., embrassa tout le Péloponnèse. On a dit d'elle qu'elle fut « la plus parfaite, la plus homogène des confédérations helléniques, celle qui sut le mieux coqcilier la souveraineté que gardaient les différentes cités avec l'existence d'un pouvoir central investi d'une autorité effective ».
Sans entrer dans le détail de son organisation^ il suffira de rappeler qu'elle avait à sa tête un congrès, et que dans ce congrès chaque allié avait une voix. L'Assemblée « avait la haute
main dans la direction des affaires extérieures de la ligue. Ses décrets décidaient seuls de lu paix et de la guerre, consacraient les alliances, nommaient les ambassadeurs envoyés au dehors )> ; c'était elle enfin qui recevait les représentants des puissances étrangères et qui leur donnait réponse. Elle réglait les contingents militaires qui seraient demandés aux cités confédérées, et en déterminait l'emploi. Elle administrait le trésor fédéral alimenté par les contributions des villes, votait les crédits nécessaires, et vérifiait les comptes des magistrats. Elle avait aussi des attributions judiciaires ; mais sa compétence se bornait aux crimes et délits commis au détriment de TUnion. Il faut d'ailleurs ajouter que le congrès n'était convoqué « qu'à de longs intervalles et pour une très courte durée », et qu'il ne pouvait trancher toutes ces questions qu'après des études préparatoires faites par les magistrats fédéraux. (Dubois, les Ligues étolienne et achéenne, p. 141 et suiv.)
Chaque cité, dans le sein de la ligue, « conservait une part notable d'autonomie. Chacune avait, sauf les exceptions que la sécurité de l'association rendait nécessaires, ses lois, ses magistrats, ses finances, ses tribunaux. Le pouvoir central n'intervenait activement, dans les affaires locales, qu'à la dernière extrémité. Même les relations des membres de l'Union avec les États étrangers restèrent très libres. (Ibid.y p. 183.) « La monnaie était uniforme de poids, de titre, de valeur et de types; mais chaque ville en frappait chez elle une certaine quantité, en prenant pour elle les dépenses et les profits, sous la responsabilité de ses propres magistrats, et comme signe de cette responsabilité, ainsi que comme moyen de contrôle pour les autorités fédérales, elle y plaçait, à côté des types communs de la ligue, sa marque particulière et la signature de son magistrat. » (Lenormant, la Monnaie dans l'antiquité, W, p. 101.)
En somme, c'est dans la ligue achéenne que les Grecs réussirent le mieux à constituer une forte autorite* centrale, sans assujettir les cités qui la composaient à la prépondérance exclusive de lune d'entre elles. ...