‹ La vie privée et la vie publique des GrecsChapitre 41 sur 300 · lenfajst jusqua sept ans · texte numérisé non relu

lenfajst jusqua sept ans

Sur la manière d'élever les entants, il y avait en Grèce deux systèmes. « Les Spartiates pratiquaient l'éducation que nous appelons à Vanglaise. Ils ne serraient pas le corps du poupon dans un maillot; ils l'endurcissaient a supporter lés intempéries, ils le lavaient a l'eau froide, ils le couvraient peu, même l'hiver. Les Athéniens usaient de procédés plus doux; on leur reprochait d'élever leurs progénitures, comme nous dirions, dans du coton. Cependant, k Athènes même, il y avait des laconomaneSy comme nous avons en France des anglomanes. On avait l'habitude d'aller chercher des nourrices dans les pays de saines constitutions, en Thessalie, dans le Péloponnèse. Mais les esprits sévères blâmaient beaucoup cette mode égoïste qui détachait la mère de l'enfant et l'abandonnait k des mains mercenaires. Les philosophes prêchaient Tallaitement maternel et faisaient honte aux jeunes femmes de leur coquetterie inavouable, de leur

paresse. Il semble que la plupart faisaient la sourde oreille, comme nos Parisiennes. » (Pottier, dans le Temps du 2i dé- Xîembre 1889.)

Jusque vers l'âge de six ou sept ans, l'enfant était tout au jeu. Les peintures de yases nous offrent à cet égard des détails curieux. « Nous y voyons des bambins courir, traînant derrière eux des chariots minuscules à deux roues; un marmot de trois ans à peine et assis par terre paraît fort occupé à tasser de la terre autour d'un petit rameau qui lui représente sans doute un arbre luxuriant. Un autre, moins sage et abandonné k ses instincts gloutons, se traîne à quatre pattes vers une table chargée de mets et de friandises, prêt à faire main basse sur la dinette d'un camarade distrait. Des animaux sont sauvent mêlés à ces ébats. On attelle un toutou accommodant à une petite voiture, et l'on se donne par avance les émotions des courses du stade où quelque grand frère a remporté un prix. Faute d'un cheval, on s'empare d'un innocent canard, et on s'efforce de l'enfourcher pour le dresser à l'équitation. Un vase nous montre un gamin se sauvant a toutes jambes devant un chien qui le serre de près, les crocs en avant, et cherche k happer le gâteau que le fuyard tient k la main. La voiture aux chèvres, le classique divertissement de nos babys, existait a Athènes. » (Pottier, l'Artiste, 1890, t. I, p. 107.)

i. ABSENCE D UN ENSEIGNEMENT OFFICIEL A ATHENES

L'enseignement li'était donné k Athènes ni par l'État ni par des corporations semblables k nos congrégations religieuses. Il était absolument libre, et donné par de simples particuliers, dans des locaux privés. « Il y avait des dispositions législatives sur l'éducation. La loi par exemple obligeait les parents k faire instruire leurs enfants; mais de bonne heure les mœurs nationales, le goût naturel du peuple athénien pour les choses de l'esprit, rendirent cette prescription k peu près inutile ; elle ne servait plus qu'k préserver d'une complète ignorance les enfants à qui leur pauvreté interdisait de prolonger la vie scolaire ; car

il faut bien admettre que si, au v« et au iv« siècle, rAttic[ue compte peu d'illettrés, tous les citoyens sont loin d'y avoir la même culture. Point de programme, d'ailleurs, tracé parle législateur, qui se contente d'indiquer aux professeurs un cadre très général, leur laissant le soin de le remplir comme ils l'entendent. Point de décrets de l'Assemblée mêlant le peuple aux questions d'éducation; les lois pédagogiques que nous connaissons le mieux sont de vieux règlements de police destinés à faire régner dans les écoles la modération et la décence. Des magistrats appelés sophronistes sont chargés d'assurer dans toutes les réunions de la jeunesse le respect des convenances. Au-dessus d'eux, l'Aréopage, jusque vers le milieu du v« siècle, a sur les jeunes gens une action morale qui est la conséquence du pouvoir censorial dont il est armé. Éphialte la lui retire. Au iv® siècle, on la lui rend, puis il la perd de nouveau pour ne plus la recouvrer qu'à l'époque romaine. Vers la fin de ce même siècle, nous voyons les stratèges mêlés à l'éducation des enfants. » (D'après Girard, V Éducation athénienne y p. 59-60.)

La liberté de l'enseignement n'impliquait pas néanmoins la liberté des doctrines. Le maître ne devait jamais oublier qu'il avait entre ses mains de futurs citoyens, et il n'avait pas le droit de façonner leur esprit a sa guise. Il était tenu de développer en eux non seulement l'amour de la patrie, mais encore l'amour des institutions nationales. Un professeur qui, sous un régime démocratique, eût enseigné le mépris de la démocratie, se serait exposé à des poursuites. Socrate n'avait pas d'école, a proprement parler, et il ne répandait ses idées que par la conversation. Il fut pourtant accusé de corrompre la jeunesse, c'est-à-dire de la rendre hostile aux principes du gouvernement établi, et, pour ce fait, condamné à mort.

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