NOMBRE DES ESCLAVES
En 309 av. J.-C, un recensement officiel évalua le nombre des esclaves de l'Attique à 400000, sur une population totale de 550000 âmes. Dans ce pays, comme partout ailleurs, ces esclaves étaient affectés aux besognes les plus diverses : agriculture, commerce, industrie, exploitation des mines, service domestique, etc. Voici ce que dit M. Wallon du nombre des esclaves employés aux travaux de la maison :
« Platon pose en fait que dans les maisons riches on compte communément plus de cinquante esclaves. Avec cela on fournissait largement à toutes les branches du service domestique. Térence, qui souvent traduit Ménandre, montre, dans quelquesunes de ses comédies, les fonctions diverses de la domesticité réparties entre un assez grand nombre d'esclaves.
« Les Grecs, toutefois, pratiquaient volontiers ce précepte d'Aristote que la multitude des serviteurs est un embarras. Aristote lui-même avait treize esclaves; Théoplu'aste^ avait
neuf; Straton, plus de six, et Lycon, douze. On peut croire, pour l'honneur de la logique, que ce nombre ne dépassait pas les bornes de la modération prescrite par tous ces philosophes. Étaitce la mesure ordinaire? Non, sans doute; d'autres pouvaient se contenter de moins. Mais rarement, dans les fortunes moyennes, on descendait au-dessous de trois ou quatre. Dans toutes les scènes d'intérieur, la comédie fait à l'esclavage un rôle qui ne suppose pas moins de personnages pour le remplir; et ce qu'on voit au théâtre, dans ces peintures si fidèles de la société grecque, se retrouve dans les tableaux de la vie réelle que retracent les orateurs. Xénophane se plaignait d'être si pauvre, qu'il ne pouvait avoir deux esclaves.
« Ajoutez à cela qu'on prenait souvent des esclaves en location, outre ceux qu'on avait à demeure. Il y avait des citoyens qui, pour mettre de l'économie dans leur vanité, louaient les suivantes qui escortaient leurs femmes, ou les valets qui les accompagnaient eux-mêmes à la promenade. Cela se pratiquait surtout dans les circonstances extraordinaires, aux jours de noces ou de grandes réjouissances. On louait alors les cuisiniers qui préparaient les repas, les danseuses et les joueuses de flûte qui venaient les terminer. »
(WaUon, Histoirede l'esclavage, I,pp. i88-189, et 235-238, 2« édit.)