‹ La vie publique de Michel MontaigneChapitre 3 sur 60 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

ses dignités et de ses emplois, on ne semble pas pins s'en préoccuper que s'il s'agissait du plus obscur des citoyens perdus dans la foule.

Au xYi" siècle, les personnages qui avaient figuré sur la scène politique ou militaire écrivaient leurs mémoires , ou recueillaient leurs correspondances ; mais la biographie détaillée et critique, comme nous la comprenons aujourd'hui , n'était point pratiquée à l'égard des contemporains : Brantôme raconte ce qu'il a yu ou ce qu'on lui a dit, avec peu de souci de la sévérité historique, et sans s'arrêter à la précision des dates. Ce que les écrivains du siècle de Montaigne nous apprennent de sa carrière publique se réduit à peu de chose. Ses deux amis, de Thou dans son histoire et dans ses mémoires, Etienne Pasquier dans ses lettres, mentionnent, avec éloges, mais sans développement, ses fonctions et ses titres. Même laconisme dans les notices de Scévole de Sainte-Marthe et de Lacroix du Maine.

A l'exception de Mlle de Gournay, qui a noté quelques faits de la vie de son père d'adoption, et de Balzac qui s'est permis quelques épigrammes contre le conseiller au parlement et contre le maire de Bordeaux, le xvii^ siècle ne s'est arrêté à Montaigne que pour discuter son mérite littéraire et ses idées philosophiques.

Au xvin^ siècle, un savant magistrat, le président Bouhier, a publié un mémoire qui embrasse la vie privée

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