‹ La vie publique de Michel MontaigneChapitre 44 sur 60 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Montaigne n'a pas été député aux états de 4576. Preuves. — Sa présence à Blois pendant les étals de 1 588 ; n'y était pas comme député. — Ne s'y mêla à aucune intrigue. — N'y était pas comme négociateur près du duc de Guise. — Y était ou comme gentilhomme de la chambre, ou comme spectateur.

Henri III convoqua deux fois les états généraux du royaume à Blois, en 1576 et en 1588. Montaigne y fut-il député?

En 1576, il vivait retiré dans son château, et y écrivait peu ki^eu]es Essais. L'auteur de l'article Montaigne, de YEnajclopédie des gens du inonde , le fait figurer aux états de cette année ; je ne sais sur quelle autorité il se fonde. Les députés de la sénéchaussée de Bordeaux sont connus , et Montaigne n'est pas du nombre : « Le roy escrivit aux seneschaux pour l'assemblée des estais de Bloys au 16 novembre 1577 ; et messieurs les iurats escrivirent aux villes filleules de la sénéchaussée de s'en venir en la maison de ville de Bourdeaux avec mémoires et instructions pour députer auxdicts estais deux personnages, et l'assemblée faite, monsieur d'Eymar, maire, fut député, et avec luy monsieur La Rivière, procureur de la ville. » (Darnal.) La noblesse envoya le seigneur de Marville. Montaigne n'est pas non plus sur la liste des députés de la sénéchaussée de Périgord, telle que la donne , d'après les écrits contemporains, Mayer {des États généraux et autres assemblées nationales, {. XIII). Ce sont, pour la noblesse, le seigneur de Limeul , et, pour le tiers état, maître Élie de Jean.

Aucun écrivain du temps ne signale d'ailleurs la présence de Montaigne aux premiers étals de Blois. L'erreur vient peul-ôlre d'un passage des Essais ; on lit dans le xl" cha-

36i MONTAIGNE AUX ÉTATS DE BLOIS.

pitre du I" livre : « Quand ie veins de ces fameux estais de Blois, j'avois veu peu auparavant une fille , en Picardie.... » Or, les Essais , même le III'' livre , ayant paru avant l'ouverture des états de 1588, il ne peut être question là, dirait-on, que de l'assemblée de 1576.

Cette interprétation ne résisterait pas au plus léger examen. Les fameux états de Blois sont évidemment ceux de 1588, où s'accomplit le meurtre du duc de Guise, événement qui alluma les fureurs de la Ligue et eut une bien autre importance que tout ce qui s'était passé aux états précédents. D'un autre côté , on ne sait rien d'un voyage qui, en 1576, aurait conduit Montaigne en Picardie. Il n'en est pas de même de 1588; au commencement de cette année, Montaigne se rendit à Paris pour faire imprimer une nouvelle édition des Essais; 3111e de Gournay ayant appris son arrivée, vint avec sa mère exprimer de vive voix au pbilosopbe l'enthousiasme que lui avait inspiré la lecture de son livre ; là se contracta, entre la tendre admiration de la jeune fdle et la reconnaissance quelque peu vaniteuse de 3Iontaigne, cette célèbre filiation d'alliance^ qui a plus fait pour la gloire de Mlle de Gournay que son érudition et ses écrits. Mmes de Gournay emmenèrent Montaigne, durant son séjour à Paris, dans leur maison*. Gournay, oi^i elles s'étaient retirées pour échapper au piUage des bandes indisciplinées des deux parlis qui entretenaient la guerre civile, était une petite ville de la Picardie , située à peu de distance de Gompiègne\

1. Montaigne a fixé lui-même la date de sa première entrevue avec Mlle de Gournay, en parlant des 65 ans auxquels elle l'a rencontré ; né en 1533, c'est en 1588 qu'il accomplissait ses cinquante-cinq ans.

2. ce Lequel (.Montaigne) faisant en l'an 1588 un long seiour en la ville de Paris, elle (Mlle de Gournay) le vint exprès visiter pour le cognoistre de face, mesme que la damoiselle de Gournay, sa niere et elle, le menèrent en leur maison de Gournay, où il seiourna trois mois en deux ou trois voyages, avec tous les lionnestos accueils que l'on pourroit souhaiter. » (Estienne Pasquier, lettre I, li\re XVIil. Voy. aussi la Copie de la vie de la damoiselle de Gournay, insérée à la suite de ses Advis et presens , in-4", Paris, 1G41.)

3. U y a plusieurs lieux qui portent le nom de Gournay; la ville de Picardie dont il s'agit ici est Gournay-sur-Aronde, dont le père de Mlle de Gournay avait la seigneurie; elle le rappelle dans le titre de la pièce de vers qu'elle a com-

Quant à la date de la publication du chapitre où se trouve la mention des fameux états, elle est insig-nifiante. Montaigne lui-même nous apprend que s'il ne corrigeait pas, il ajoutait toujours, au risque même des transpositions chronologiques * ; il augmenta si bien son livre qu'entre la dernière et la première édition faites de son vivant on a compté six cents additions.

Sa présence à Blois pendant la tenue des états de 1588 est certaine : « II alla à Blois , dit de Thou , dans le temps que les états y étaient assemblés. » {Mém., livre II, année 1588.) « Fusmes ensembicment en la ville de Blois, dit Etienne Pasquier, lors de cette fameuse assemblée des trois estais, de 1588, dont la tenue a causé tant de malheurs à la France. » (Lettre I", livre XVIII.} Avec de Thou, qui étudiait profondément ce qui se passait sous ses yeux , la conversation était surtout politique, et l'illustre historien rapporte, sur l'origine des troubles de cette époque , l'opinion remarquable de Montaigne, dont j'ai parlé ailleurs. Malgré les graves préoccupations du moment, Pasquier et le philosophe périgourdin devisaient ensemble des choses littéraires, et, en se promenant dans les cours du château, discutaient sur le style des Essais.

On vient de le voir, ni l'historien ni le savant magistrat ne disent en quelle qualité Montaigne se trouvait à Blois. Plusieurs écrivains ont cru et affirmé qu'il siégeait comme membre des états. L'auteur (M. Albert Deville) de l'article Montaigne, dans le Dictionnaire de la conversation^ n'hésite

posée pour « les lombpaux île ses perc et mère Guillaume de lay, sieur de Gouruay sur Ayroiulc, et Jeanne de Har([uevillc. y> C'est aussi de Gournay-sur- Aronde qu'elle date la dédicace du Tourmenoir de Montaigne (1589).

1. « l'adiouste , mais ic ne corrif;e pas.... mon livre est tousiours un, sauf qu'à mesure ([u'on se met à le rononvellrr, h fin que l'aclieleur ne s'en aille les mains du tout vuides, je nie donne loy d'y attacher, comme ce n'est qu'une marquelteric mal ioinrtc , quelciue emblème sui)ernumeraire : ce ne sont que surpoids (|ui ne condannioni |)oint la première forme, mais donnent quckpie prix particulier à rliascuiie des suivantes, par une |)etile subtilité ambitieuse : de là toutes fois il advi(Mi<lra facilement (|u'il s'y meslc queUpie transposition de chronologie, mes contes |)renants place selon leur oiiportunité, non tousiours selon leur aagc. « [L\\ïc III, chap. i.\.)

pas à déclarer qu'il figura avec éclat dans cette assemblée.

Paul-Louis Courier , cherchant à expliquer un mécompte électoral , se justifiait de n'avoir pas voulu solliciter les suffrages : « J'ai pour moi, écrivait-il au Courrier français (23 mai 1822), des exemples, à défaut de raisons. Montaigne et Bodin furent tous deux députés aux états de Blois, sans l'avoir demandé. » Il pouvait être piquant de rappeler ces faits dans la Touraine ; mais l'esprit de Paul-Louis et son érudition d'helléniste ne nous paraissent pas d'assez sûrs garants d'un fait historique avancé légèrement. Bodin fut député du bailliage de Vermandois aux états de 1576. Je ne sais s'il l'avait demandé; Montaigne, qu'il l'ait sollicité ou non, ne le fut pas avec lui : j'en donnerai tout à l'heure la preuve.

M. Viteî a introduit Montaigne comme acteur dans ses belles scènes historiques des États de Blois; en cela il a usé du droit qui appartient au drame , de mêler la fiction à la vérité; il a rencontre Montaigne à Blois, au miheu des hommes politiques ; cela suffisait pour l'autoriser à faire jouer au moraliste gentilhomme un rôle que ne lui aurait pas accordé l'histoire traduite avec une fidélité rigoureuse ; il a profilé d'un avantage et n'a point prétendu établir l'exactitude d'un fait. C'est de M. Vitet lui-même que je tiens cette loyale explication.

Dans un ouvrage important et spécial , VHistoire des états généraux, p. 226, M. Rathery compte Montaigne « parmi le petit nombre d'hommes éclairés et indépendants » des états de Blois. L'honorable écrivain me pardonnera de dire qu'en présence des autorités que je lui ai rappelées, il a reconnu son erreur.

En se demandant quel fut le rôle de Montaigne dans cette assemblée célèbre , M. Charles Louandre semble croire qu'il en fit partie.

Montaigne aurait pu être député pour la Guyenne aux états généraux , soit par la sénéchaussée de Bordeaux (il était propriétaire à Bordeaux et avait été deux fois de suite

élu maire de cette ville), soit par le Périgord (il y était né et y possédait la plus grande partie de ses domaines) ; comme noble et homme d'épée, il pouvait être nommé par l'ordre de la noblesse, et par le tiers état comme ancien magistrat. Les listes de toutes ces élections pour 1588 existent: son nom ne figure sur aucune d'elles.

Dans la sénéchaussée de Bordeaux , la noblesse élut messire Jacques d'Escars, chevalier de l'ordre du roi, capitaine de cinquante hommes d'armes, conseiller du roi en son conseil privé , gouverneur du château du Ha en la ville de Bordeaux, et grand sénéchal de Guyenne, seigneur de Marville {des États généraux et autres assemblées nationales, t. XIV).

Pour le tiers état, « Monsieur de Vergier iurat est esleu dans la maison de ville pour aller aux estats généraux en la ville de Blois. Autre eslection laicte par les hheules, et autres, de la personne de messieurs de Ponlac, sieur de Casscfort, greffier civil et criminel du parlement, et de monsieur de Mestivier, avocat. » (Darnal.)

Dans la sénéchaussée de Périgord , la noblesse élut Gantonnet de Saint-Aulaire, sieur de Celles, et le tiers état M. Élie de Jean, avocat, M. Remond de La Brosse, lieutenant criminel au siège de Sarlat et syndic dudit pays [des États généraux et autres assemblées nationales, t. XIV).

Si Montaigne n'assistait pas aux états comme député, il ne remplissait non plus à Blois aucune autre fonction ni mission. Le président Bouhier dit qu'en retournant chez lui, il voulut voir les états qui se tenaient à Blois, et que, quoiqu'il n'y fût pas dé|)uté, // ne laissa ims de s'y mêler dans quelques intrigues. M. Villemain {Galerie française, article Montaigne) répète cette assertion dans les mêmes termes, et M. Ledcrc {Notes et preuves , p. 126, 127) la reproduit en adoucissant l'expression : « S'il ne fut point député , il prit du moins quelque part aux négociations. »

Aucun témoignage contemporain ne justifie l'allégation du savant président. L(; caraclèie bien connu de Montaigne aurait dû retenir, sous la plume du biographe, le mot d'/zi-

irîgues ; on ne parle pas ainsi d'un homme qui a toujours voulu rester étranger à toute cabale , selon le dire de son ami de Thou , confirmé par l'histoire de sa vie et par la nature de son esprit, telle qu'elle est manifestée par les Essais. Il n'y avait d'ailleurs rien à négocier avec une assemblée dont la très-grande majorité, animée de passions intolérantes et séditieuses, était, de parti pris, hostile au roi Henri III, adversaire à outrance de l'héritier présomptif, le roi de Navarre ; dans une telle mêlée, la raison et la modération de Montaigne n'étaient pas de mise, et il le savait bien. Quelques personnes ont supposé' que Montaigne, ayant eu en Guyenne de fréquents rapports avec le roi de Navarre , avait pu être cliargé par lui d'essayer un rapprochement auprès du duc de Guise, chef du parti le plus puissant et maître des résolutions des états. Rien de moins vraisemblable que cette conjecture, qui ne s'appuie sur aucun document. Henri de Navarre connaissait toute l'ambition des Guise ; entre eux et lui, depuis trois ans, il y avait guerre ouverte : l'épée était tirée de manière à ne plus pouvoir rentrer dans le fourreau ; c'était le trône de France que la mort de Monsieur livrait à leur compétition armée; le duc de Guise , après avoir vaincu , humilié le Valois , se croyait trop près de mettre la main sur la couronne pour qu'on osât lui faire des propositions au nom du Béarnais, repoussé par la France catholique, affaibli par la lutte, tenu en échec dans ses États et dans son gouvernement de Guyenne, malgré son inutile victoire de Centras. Entre ces deux hommes, Montaigne n'aurait pas risqué une intervention sans issue ; il était trop tard pour un rapprochement, et certes celui-là ne se serait pas chargé de l'essayer , qui disait à de Thou qu'il avait prévu que la querelle entre le duc de Guise et le roi de Navarre ne pouvait se terminer que par la mort de l'un ou de l'autre '.

1. M. Charles Louandre est plus affirmnlif: « Nous savons, dil-il, qu'il avait été chargé par le roi de Navarre de négocier avec le duc de Guise. »

2. Des propositions de réconciliation, si elles ont eu lieu, ne pouvaient, à cette époque, émaner que du duc, qui aurait lait ses conditions a\ec plus ou

Montaigne a pu être, à Blois, l'objet, mais non l'instrument de quelque intrigue. Le duc de Guise le connaissait d'ancienne date ; il appréciait toute sa valeur et savait son dévouement, sinon au roi, du moins à la royauté; il a pu tenter de le rattacher à sa cause; car il s'appliquait sans cesse à recruter des partisans aux dépens du roi. Peut-être fit-il alors auprès de Montaigne les mômes démarches qu'auprès de de Thou : « Le duc lui offrit, aussi bien qu'à son beau-frère , ses services et son crédit. De Thou , qui fuyoit toutes sortes d'engagements, ne répondit à ce prince qu'en l)eu de paroles; malgré les compliments et les caresses du duc , il le quitta le plus tôt qu'il put. Le duc s'en plaignit à Schomberg , et quand celui-ci en parla à de Thou , ce dernier lui répondit que les bonnes grâces d'un si grand prince ne lui seroient pas seulement honorables, mais encore trèsutiles et très-nécessaires dans la conjoncture présente ; mais qu'il lui avouoit naturellement qu'il ne pouvoit approuver les différends continuels que le duc avoit avec Sa Majesté ; qu'au reste , on ne voyoit autour du duc de Guise que tout ce qu'il y avoit de gens ruinés et de plus corrompus dans le royaume, et presque pas un honnête homme ; que cette raison l'avoit obligé d'en user comme il avoit fait; que de l'humeur dont il éloit, il aimoit mieux vieillir dans une retraite honorable, que d'acheter un peu d'éclat par d'aussi indignes liaisons. Quand le duc de Guise apprit celte réponse, il dit qu'il avoit toujours fait son possible par ses soins et par ses bons offices pour gagner l'amilié des homièles gens; que toutes ses démarches ayant été inutiles, puisque, plus il leur faisoit d'avances, plus ils sembloient s'éloigner de lui, il avoit été obligé, dans un temps où il avoit besoin d'amis, de recevoir ceux qui venoient s'ofh'ir à lui de si bonne grâce. » (lUém., h l'année 1588.)

Je m'imagine que si le duc fil les mêmes ouvertures à Montaigne, qui partageait les vues cl les sentiments de do

moins de siiicérilé. En tous cas , MonlaÎKne aurait élé coinplétcnicnt t'IrangiT aux lU'gociaiion.s (voy. ce ([uu j'ai dit tic Monlaiijnc iiéyociaiciir polititiiu!).

Thou, voliintatum consensione conjunctissimns , la réponse ne fut ni moins habile ni moins honnête.

Reste toujours celte question : Montaigne n'étant à Blois ni comme membre des états , ni comme négociateur , qu'y faisait-il donc ? Ses amis avaient des titres pour demeurer : Etienne Pasquier était député ; de Thou avait été , depuis quelque temps, nommé conseiller d'État, et avait prêté serment en cette qualité le 26 août. Montaigne ne possédait d'autre titre ofticiel que celui de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi ; c'était assez pour autoriser sa présence , non pour la rendre nécessaire , à moins qu'il n'eût pris un quartier de service, ce qui n'est pas impossible. Peut-être regardait-il comme un devoir, dans des moments si critiques, où la royauté était sérieusement menacée , de se montrer auprès du roi, comme il avait fait à Chartres et à Rouen, quelques mois auparavant, et de donner ses avis si on lui en demandait. L'avouerai-je? je m'explique encore autrement la prolongation du séjour de Montaigne à Blois, en supposant que son service de gentilhomme de la chambre ne l'ait pas retenu pendant trois mois. Je ne mets pas en doute son dévouement au roi , comme représentant des lois du pays ; mais ce dévouement était moins volontiers offert que requis; rien n'engageait un bonmie ami de son repos et ennemi des cabales à s'immiscer, même d'un peu loin , dans des affaires très-embrouillées et qui pouvaient compromettre. Il y avait un autre motif qui devait retenir Montaigne, l'attrait du spectacle. Pour un observateur comme lui, pour un homme également au courant des choses et des personnes, il était curieux de voir de près une partie si fortement liée, dont les destinées de la France formaient l'enjeu. Quelle pâture pour le regard scrutateur du moraliste et du politique, que le mouvement de toutes les passions qui agitaient la cour et la Ligue ! Avec quel intérêt Montaigne a dû suivre de l'œil l'audace du duc de Guise aux barricades, sa faiblesse au lendemain de la victoire , le ressentiment du roi dans sa uite, les efforts de son gouvernement pour regagner le terrain perdu , la dissimulation employée à mieux assurer la

vengeance, enfin le théâtre solennel élevé à Blois pour frapper les coups décisifs! Montaigne savait que des offenses comme celles des Guise ne se pardonnent pas , et que les Guise ne pardonnaient pas à Henri de Valois son tort d'être encore roi ; il voyait s'approcher d'heure en heure le dénoûment du drame ; est-il étonnant qu'il ait désiré y assister ?

Je n'affirmerais pas aussi résolument que M. Gence, dans la Biographie universelle , que Montaigne soit resté à Blois jusqu'après l'assassinat du duc de Guise ; mais je serais porté à le croire. La catastrophe accomplie, la curiosité ne retenait plus Montaigne ; la prévision des troubles qui allaient éclater lui' conseillait de partir promptement ; le roi, d'ailleurs, lui donna l'ordre d'aller le servir en Guyenne. Il se rendit dans sa province, méditant sur les événements qu'il avait vus, et se bornant, quand il prépara une nouvelle édition des Essais, à mentionner qu'il était revenu de ces fameux estais de Blois; sa réserve était d'accord avec le rôle effacé qu'il avait joué dans celte circonstance.

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