‹ La vie publique de Michel Montaigne; étude biographiqueChapitre 21 sur 64 · I. De Thou, Hist. , IItto LXVl · texte numérisé non relu

I. De Thou, Hist. , IItto LXVl

pendant ce temps , la reine mère avec sa cour visita làboume, Coutras, Honpont, le Flcix, Bergerac , Sainte-Foix, Aach, Nérac*. Elle s'était fait accompagner de plusieurs esprits habiles, et surtout de Pibrac*, ami de Montaigne.

Henri conduisit les deux reines à Nérac, résidence ordinaire de la cour de Navarre. Leur arrivée fut célébrée par de grandes fêtes ; le sieur du Bartas avait composé exprès de belles poésies, qui furent récitées par trois demoiselles du pays, représentant la muse gasconne, la muse française et la muse latine*. On ne cessa dès lors de faire marcher de front les plaisirs et les affaires : « Le mélange de deux cours qui ne cédoient en rien l'une à l'autre du côté de la galante^ rie produisit l'effet qu*on devoit en attendre. On se livra aux plaisirs, aux festms, ballets et fêtes galantes; mais pendant que l'amour étoit devenu l'afTaire la plus sérieuse de tous les courtisans, Catherine ne s'occupoit que de sa politique. Pour cette fois, elle ne réussit point. » (Sully, Mém.^ livre L) Ces perpétuelles réjouissances des deux cours avaient besoin de sécurité; on aurait pu, en attendant la paix, convenir d'une trêve qui aurait eu lieu par tout le royaume, jusqu'au départ de la reine mère. Mais cette princesse « n'étoit pas fichée qu^n oubliât de part et d'autre qu'on étoit en paix, et qu'on traitât ensemble sur le pied de guerre. On étoit seulement demeuré d'accord qu'il y auroit ti*êve partout où seroit la cour, et les limites ne s'étendoient pas plus loin ordinairement qu'à une lieue et demie ou deux lieues de l'endroit où la reine et les princes faisoient leur résidence; ce qui causoit un contraste tout à fait nouveau. Ici on se combloit de politesses, et on se parloit avec la dernière familiarité ; se rencontroit-on hors de là, on se battoit à outrance.» (Sully, eod.) Cette étrange convention donnait lieu à des surprises, à des trahisons, à des brouilleries, à des sépara-

1. Sooff^in, Essais et variét. historiq. sur la ville de Lihoume, t I, p. 231.

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