A MON COUSIN, MONS' LE MARESCHAL DE MATIGNON
• 10 mai 1584.
« Mon cousin, ie vous remercie bien fort des passeports que m'avez envoyés par mon laquais, ie pense que ie n'en auray point de besoin, parce que, grâces à Dieu, ma sœur se porte mieux. le reconnois fort vostre bonne volonté au repos de ce royaume et mesmes en mon endroit, et créez, mon cousin , que l'en ay de la satisfaction et vous en sçay beaucoup de gré. En somme, iamais nuls accidents, bons ny mauvais, ne changeront mes bonnes inclinations; mais mons* de Montaigne vous dira le surplus. Mon cousin, faites estât de mon amitié, et que ie demeureray,
«Vostre bien affectionné cousin et meilleur amy.
« HSNAY. »
La mort de Monsieur, en juin 1584, n'eut point, d'abord, de conséquences défavorables à la tranquillité de la Guyenne. Henri lU , soit qu'il redoutât une prise d'armes des protestants, soit qu'il voulût se ménager un appui contre les Guise, envoya le duc d*Épernon au roi de Navarre, pour l'engager à se faire catholique afin de s'assurer la succession au trône