‹ La vie publique de Michel Montaigne; étude biographiqueChapitre 42 sur 64 · recNetI de lettres d^ Henri IV, par M. Berger de XIvrey · texte numérisé non relu

recNetI de lettres d^ Henri IV, par M. Berger de XIvrey

338 MOUTAIGNE NtGOGUTEUR POLITIQUE.

'de France, lui ofErit de grands ayantages s*il y consentait, et le pria de venir à la cour. D'Épemon ne put rien obtenir*. Non-fieulement Henri faisait des arances à son beau-Mre, mais pour donner quelque satisfaction aux calvinistes, il prolongea le délai de la remise des places de sûreté , et il accorda aux Églises réformées la permission de se réunir pour délibérer sur les affaires communes; l'assemblée eut lieu à Montauban au mois de septembre.

La province étant tranquille, Montaigne, quoique maire •/ jG /^2 de Bordeaux, avait passé une partie de l'hiver dans son château. Les mouvements de la Ijgue, plus ardents en Guyenne que partout ailleurs, l'avaient ensuite rappelé à son poste.

Les Gtdse ne cachaient plus leurs projets. Ils faisaient des levées de troupes, des réunions de noblesse; ils prenaient des villes et agitaient les populations. Dès le mois de mars 1685, le roi de Navarre avait averti Henri III des intrigues de la Ligue en Guyenne, et protesté de son affection et fidélité. En même temps , il avait pris des précautions contre ceux qui avaient fait révoquer l'édit de pacification, et qui troublaient l'État sous prétexte de religion : « Ce qui est cause, écrivait-il à M. de Sëgur, en mars, que mon dit cousin (Montmorency) et moy avons pris ensemble une resolution de nous opposer à eux et de leur courir sus et exterminer, ou les réduire par la voie des armes. » Henri lU voyait sans peine le roi de Navarre se préparer à fiaîrc la guerre contre les Guise , mais il ne voulait ni le laisser de-

' 1 . Jouroil d'Henri III, mal 1&S4 t Diicoan sur U conférence du roi de Mt- ▼arre avec M. d'Ëpernoo (Collection Golbert, VC, tome XVI, fol. 171). D« Thou, livre LXXX, raconte une délibération qui aurait eu lieu, à ce sujeti devant le roi de Nararre, et où auraient été entendus le ministre Hermet et le savant du Perler. DuplessIioMomay dément ce rédt, et affirme qa'aucun conseil ne se tint k Toecaslon de la mission de d'Ëpemon. H. du Ferler, dont 11 est question Ici, était un homme éminent par sa science et par sa sagesse, que le chancelier L'Hôpital aurait désiré pour successeur, et que le roi charges de plusieurs ambassades, au oondle de Trente, à Venise. Duplesais rappelle que l'ayant rencontré sur sa route à Artenay, près Orléans, 11 le pressa de se faire calviniste, ce à quoi il consentit plus tard, et qu'il devint chancelier du roi de Navarre; pals il ^oute s « Monsieur de Montagne me dlsoit souvent que nous leur avions gagné une bataille, par avoir retiré ce personnage : honorant la vertu quMls avolent méprisée. « {ViviMft^v^uwir de Thou.)

HOHTAIGNB NtGOCUTBUR POUTIQUB. 339

Tenir trop fort, ni épouser sa cause. Se conformant à ses inr slnictions, le maréchal de Matignon levait des compagnies de sa propre autorité en Guyenne, sans seulement en parler au roi gouverneur; celui-ci s'en plaignait à son député en cour» et lui écrivait (fin de mars) : « Hons' le mareschal de Ma« tignon m*a (àict dire par quelques uns de mes serviteurs» et diverses fois, que tous ces remuemens pourroyent bien enfin retomber sur moy, et que favois à y penser. »

Henn Ili lui-même donnait, au mois de mars, à son beaufrère, un avis semblable M le roi de Navarre répondait, le 13 avril, en se plaignant qu'on ne lui parlât que d'un intérêt personnel , et qu'on le considér&t comme inutile pour le service du roi et celui de l'État.

Le roi de Navarre, avant d'avoir reçu la lettre du roi, avait écrit au maréchal de Matignon, et l'avait prié de faire entendre à Sa Majesté sa droite intention et l'ofire très-humble de ses services. Le 6 avril il demandait au maréchal une entrevue ; le 8 , il lui signalait les menées de la Ligue , lui proposait de s'opposer à ces commencements, et désirait avoir son avis pour se conduire et gouverner. Vers le même temps, nouvelle lettre, où il lui dit : « C'est à nous de regarder ensemble à ce qui est besoing pour le service du roy, et, d^une commune mahi, y apporter le remède, le vous prie donc, mon cousin, que nous prenions en ces af * faires une bonne et mutuelle intelligence pour laquelle i'avois désiré vous entrevoir» et me mandés ce qu'estes d'advis que ie fasse par mon cousin le vicomte de Meille. •

A toutes ces avances le maréchal ne répondait rien. Lieutenant général du roi, il ne voulait pas. en unissant son ao tion à celle du roi de Navarre, paraître confondre sa cause avec celle des huguenots. Il avait toujours combattu Talliance

1. « MoD fnre, le tous t4vlfl« que le D*ay p« empeicher, quelque resliUiice que l'aye falete, lei naural» deMelm du doc de Gulae. U cil wi»é\ teoéi roue eor Toe gardée ei n'attendée rien. Tay entendu que roue eeHea à Gestrei pour pariementer avec mon couain le duc de MonUaorenqr» dont le auto bien ayse, aOn que roua pourroyea à rua alblrea. le voua enverrai un fentlUioninie à Montaiiban, qui voua a? ertira de ma Tolontë. Voatre IH» firaret Bmf • a

avec les calvinistes contre les ligueurs; d'ailleurs, il était trop fin pour s'engager; il savait que la cour avait tenté, par M. de Bellièvre, de négocier avec M. de Guise, et il pressentait que ces négociations reprises pourraient avoir plus de succès : il connaissait trop bien la reine Catherine pour se compromettre avec le chef de ces Bourbons qu'elle déteslait*. Ces raisons expliquent le silence que Matignon gardait avant d'avoir reçu de nouveaux ordres de la cour. Mais comme il ne fallait pas rompre avec le roi de Navarre, et qu'il était » impossible de ne pas lui rendre compte de la prise du château Trompette, Montaigne se rendit auprès du prince à Bergerac. Il en rapporta la lettre suivante qui atteste toute la confiance qu'avait en lui Henri :

« À MON COUSIN , MONS^ LB MARBSCHàL DB HATIGNON.

« Mon cousin ; i*ay esté bien ayse d'avoir entendu si particulièrement de voz nouvelles par M. de Montaigne. Je lui ay donné charge de vous dire des miennes et vous asseurer de plus en plus de mon entière amitié, m'en remettant donques sur luy, ie vous prieray de le croire comme moy mesme qui prie aussy le Créateur vous tenir,

« Mon cousin, en sa très saiucte protection. De Bragerac, le xxiij*» jour d'avril 1685, »

1. Le Tait de cette aversion est constant; on ne diffère que sur les motifs. Inutile de s*arréler à la fable du projet qu'Henri, dans sa Jeunesse, aurait eu d'assassiner de ses propres mains Catherine. « On prétend, dit Sully {Mémoires, livre I) que la haine qu'elle commença à montrer contre les princes de Bourbon vint de ce que Catherine s'étant mis dans la tête, sur la fol d'un astroiogue , qu'aucun des princes ses enfants n'aurait de lignée, sur cette supposition, la couronne devant passer dans la branche de Bourbon, elle ne put se résoudre à la voir sortir de sa famille, et ia destina à la postérité qui viendrait du mariage de sa fille avec le duc de Lorraine. > Pierre de L'Esioile parie dans le même sens : « La roine meretenoit leur party (desguisards), comme elle aroit fait paroltre dans l'accord fait entre elle et eux pour le roy, au preiudice du roy de Navarre qu'elle n'aimolt pas. De fait, estoit le bruit commun que, p^ l'intelligence qu'elle avoit avec les guisards, ils avolent commencé ces derniers troubles* et qu'elle leur soutenolt le menton de toute sa force, en intention de priver de la couronne ceux de Bourbon, et la faire tomber en la maison de lx>rrainc, sur la teste des enfants de feue madame Claude de France, sa fille; et y a apparence que c'estoit pure vérité. »

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Et plas bas, de la propre main d*Henri IV:

« Mon cousin» ie tous prie croyre» mons' de Montagne (mt), et byre estât que ie suis et veux demeurer,

«Yostre plus affectionné cousin et parfaict amy.

« Henbt^ »

Montaigne, dans les circonstances de plus en plus compUquées qui précédèrent la malheureuse alliance d'Henri III avec les ligueurs*, en juillet, continua de remplir le rôle d'intermédiaire entre Matignon et le roi de Navarre; il était auprès de ce dernier dans les premiers jours de juin , et il avait reçu, entre autres missions, celle de s'entendre avec le maréchal pour la répression des désordres commis par les soldats : « le vous prie, portait une lettre du roi , en date du 6 juin , surtout de mettre quelque règlement entre les soldats qui vivent à discrétion. Fen ay parlé plus particulièrement au sieur de Montaigne; qui me gardera de faire la présente plus longue. »

C'est à la même époque que je rapporte un document publié par M. Payen {Nouveaux documents^ p. 49). Il s'agit d'une lettre sans date, signée Turenne , et transcrite dans la préface, restée inédite, du voyage de Montaigne, par le chanoine Prunis (voy. p, 169). Cette lettre mérite la môme confiance que les autres pièces trouvées dans les archives du ch&teau de Montaigne, et parmi lesquelles elle figurait sans doute.

1. JleeiMti des UUra â^ Henri IV. par M. Beiger de XlTray » tome II , page 46.

2. f:ile était déplorée par Tbomme d*ËUt même qui avait été chargé de la conclure : c le pan dMd demain ou mercredy, écrivait Villeroy au maréchal de Matignon, pour retourner à Paris, pour conclure le traité qui m'a esté commis, duquel je pense que tomberons bientost d'accord ; mais II nous eoastera bien cher. De quoy Je crere de dépit et de douleur; encore ne perdrois ie courage si ie pensois que ce coup d'etriYieres nous pust faire devenir sages, et nous ouvrir les yeux. Nous disons que cela sera, et le prie Dieu qu'ainsi loit. > (xlix* lettre du Recueil des kHree de ViUeroy à Jacquet de Jfolt^ofi.)

34Î MOIITAIOIIE KfifiOCUTSUH POUTIQUV.

En voici d'abord le texte i

« Monsieur, je rons dirai comme nous partons ponr aller Yoir M. le prince. An retooTi le roi de Navarre se résout de voir le marédial de Matignon; je vous prie y tenir la main, car on sait bien ici qa*à votre persuasion et selon que vous penserez que cela se pourra faire pour le bien du service du roi, pour le bien du service , pour le roi , pour le repos du gouvernement et au contentement de tous les gens de bien. Nous avons vu l'autre maréchal ; mais que je vous voye , je vous en dirai des particularités. Je vous prie de croire que j'affectionne infiniment votre amitié , aussi vous pouvez vous servir de moi comme de totre humble et assuré ami à vous obéir. « TtmnvNB. •

G*est Prunis qui , en présence de Toriginal , déclare qu^eOe est adressée à Montaigne. Le signataire est évidenmient le vicomte de Turenne, rallié au roi de Navarre depuis 1576, un de ses plus vaillants capitaines et fidèles serviteurs.

M. Payen fixe la date à 1587. M. le prince, dit-il, c'est sans doute le prince de Coudé , résidant à Saint-Jean d*Angély, où il mourut. Henri de Navarre a pu l'y visiter; du milieu de 1586 à octobre 1587 , 11 stationna dans les environs de la Rochelle, et alla souvent à Saint- Jean d'Angély; ensuite il retourna vers le midi, puisqu'il gagna une bataille à Coutras; dans le trajet , il a pu passer par Bordeaux, où il aurait vu Montaigne, et s'aboucher avec M. de Matignon, dont Henri UI employait l'entremise pour communiquer avec le roi de Navarre. Les mots Vautre maréchal peuvent désigner Anne de Joyeuse , venu , en 1587 , à l'armée de Guyenne, et tué à la bataille de Coutras» le 20 octobre. C'est donc en 1587, et avant cette bataille, que la lettre du vicomte de Turenne aurait été écrite.

Cette explication me parait inadmissible. Le roi de Na* varre n'aurait point passé par Bordeaux pour se rendre de la Rochelle à Coutras; ce n'était pas sa route : et» quand c'eût été son chemin , il ne se serait point hasardé dafiS une

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ville de ligneurs, où , selon un écrit du temps» il était haï plus qu'en aucune ville de France* Rien ne prouve qu'il y eût rencontré M ontaigne, qui en était sorti depuis 1&85 ; quant à Matignon , il ne servait plus d'intermédiaire à Henri III, auprès du roi de Navarre, depuis la guerre de la Ligue : la correspondance entre ces deux personnages avait cessé, et elle ne reprit qu'après la bataille de Goutras. Les mots Yantre mafichal ne peuvent désigner M. de Joyeuse ; on sait les forfanteries de ce jeune seigneur et la présomption avec laqueUe lui et sa briikmite noblesse se vantaient de détruire l'armée des huguenots. Rien de moins vraisemblable qu'une entrevue entre lui et le roi de Navarre. On ne comprend pas non plus quel intérêt Henri et ses officiers avaient à conférer alors avSc le maréchal de Matignon, qui se rapprochait lentement de Joyeuse : apparemment on ne voulait pas lui demander d'opérer avec ses forces dans l'intérêt du roi de Navarre. Montaigne était-*il dans l'armée auprès du maréchal? Enfin 9 quelle circonstance urgente poussait M. de Tu* renne à solliciter un entretien qu'il parait regarder comme décisif peut-être ?

Rien de cela ne s'accorde avec les faits de 1587 : tout s'accommode avec les bits de 1585; et des documents certains donnent le jour de la lettre du vicomte de Turenne. Le 30 mai, le roi de Navarre écrit au maréchal de Matignon : « le vous envoyé le sieur de Merle pour vous dire comme ie pars ce iourd'hui pour aller voir monsieur le prince, qui s'advance à MontguyonS avec lequel ie ne demeurerai qu'un jour. Si vostre commodité vous pouvoit permettre de venir à Liboume , ie vous verrois à mon retour, et croy qu'il en reussiroit beaucoup d'utilité au service du roy. » Le début de la lettre de M. de Turenne annonce le même départ dans les mêmes termes, comme si le vicomte avait lu celle du roi ou s'il l'avait écrite sous sa dictée ou par son ordre : « Je vous dirai comme nous partons pour aller voir monsieur le prince. » Les deux missives , écrites très-vraisemblablement le même

I . Sur la route de SaInt-Jean-d'Angély où résidait le prince de Gondé.

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jour, ont exclusivement et identiquement le même objet « la demande d'une entrevue, dans le même but, l'utilité du service du roi , toutes deux indiquent également ce rendezvous au retour de la visite de M. le prince; elles ne diffèrent que par le ton de la rédaction : l'une conserve la dignité d'un roi et le sang-froid d'un politique, qui n'était jamais plus calme que dans les moments les plus périUeux : l'autre a toute la fougue irréfléchie , tout le désordre de style d'un jeune militaire.

Les circonstances étaient fort critiques en efiet, et comportaient l'intervention de toutes les personnes qui pouvaient avoir de l'influence à la cour. Le roi de Navarre et les siens sentaient qu'ils auraient à supporter l'effort des armées catholiques si le roi s'unissait définitivement aux ligueurs et déclarait la guerre aux calvinistes; cette fatale décision n'était pas encore prise , et il fallait , à tout prix , la prévenir ; cela importait au roi lui-même qui allait subir le despotisme de la Ligue et l'ambition des Guise ; cela importait au pays que la guerre religieuse allait couvrir de sang et de ruines.

Il était naturel que le vicomte de Turenne s'adressftt avec instance à Montaigne; c'était le maire de Bordeaux : il était bien en cour, et avait la confiance du maréchal; U connaissait le roi de Navarre, savait ses intentions, aimait sa personne, et tenait au maintien de la paix. On devait donc penser qu'il s'emploierait à obtenir l'entrevue si vivement demandée.

Montaigne est-U intervenu auprès de H. de Matignon, et a-t-il réussi? Je crois que oui. En effet, le maréchal n'avait pas refusé l'entrevue, mais Un'y était pas allé, sous prétexte de maladie, tandis que le roi de Navarre, après avoir passé trois ou quatre jours avec le prince de Gondé , l'avait attendu à Libourne, d'où il avait regagné Bergerac. U écrivait de cette ville, le 10, à H. de Ségur, son conseiUer et surintendant: « Nous avons esté, monsieur le prince et moy, trois ou quatre iours ensemble avec mons' de Rohan , mons' le comte de La Rochefoucault et bonne compagnie à Mont-

gayon et à Goutnis , en espérance de yoir le marescbal de Matignon, qui aYoit promis de se trouver à Liboume, dont fl s*est excusé sur la cholique; de sorte que nous n'avons peu conférer avec luy des choses qui concernent le service du roy, comme il estoit bien nécessaire. Ce sera pour une aultre fois. » Montaigne avait vu le roi de Navarre quelques jours auparavant, comme le prouve la lettre de ce prince, du 6 juin, et Tentrevue remise eut lieu dès le 12 juin. Cela résulte du passage suivant d*une lettre écrite le 13 , de Qeirac, à M. Meslon, gouverneur de Montségur : « Mons' Meslon , hyer monsieur de Matignon m'accorda , à nostre enirevue^ le payement d'uiig moys pour les garnisons des places de seureté. »

L'autre maréchal ^ dont M. de Turenne disait nous F avons vu , c'est le maréchal de Biron. Il était en Guyenne. Dans le courant de mai, le roi de Navarre lui avait écrit ces lignes que j'ai déjà citées, mais qui doivent être reproduites ici : « Mon cousin, ie suis marry que les remuements m'ostent le plaisir que i'avois espéré de vous voir. Cela mesme nous eust esté un moyen de nous esclaircir l'un l'autre de plusieurs choses qui importent au service du roy et bien de cest Estât, le vous prie d'adviser si en quelque façon , sans interest de vostre santé , il se pourra recouvrer. » II est probable que le maréchal n'aura pas résisté à celte invitation réitérée. Dans le post-scriptum de sa lettre du 22 mai (voy. p. 280), Montaigne dit : « le n'ay veu personne du roy de Navarre; on dit que mons' de Biron l'a veu. »

Les documents s'interprètent les uns par les autres; la correspondance d'Henri IV, recueillie par M. Berger de Xivrey, confirme l'aulhenticité et précise la date de la lettre de Turenne , conservée par le chanoine Prunis.

Avant la fin de juin 1585, Montaigne avait quitté Bordeaux, à cause de la terrible contagion qui désolait la ville. Retiré à Liboume , il s'y est rencontré avec le maréchal de Matignon, comme le prouve sa lettre recueillie p. 291. Depuis sa sortie de la mairie, on ne trouve plus trace de sa participation aux affaires publiques dans cette année 1585.

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Montaigne semble avoir résumé lui-même les services politiques qu'il avait rendus à Charles IX et à Henri m , lorsqu'il écrit à Henri IV, le 2 septembre 1590 : « N*ay receu nul paiement des pas que i'ay employés à leur service (celui des rois) desquels Vostre Maiesté a heu en partie cognoissance; ce que f ay fiiict pour ses prédécesseurs , ie le feray encores beaucoup plus volontiers pour elle. »

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