‹ La vie publique en AngleterreChapitre 1 sur 19 · La vie publique en Angleterre · texte numérisé non relu

La vie publique en Angleterre

Les études dont se compose ce livre ont paru pour la première fois dans les colonnes du journal le Temps, avec un succès des plus marqués. Nous croyons que le public nous saura gré de les avoir réunies en volume.

Ce ne sont point là, en effet, de ces notes éphémères qu'un écrivain cueille au passage en pays étranger et que ses lecteurs prennent seulement — et non pas sans motif — pour des impressions plus ou moins justes. Ce sont les jugements éclairés, motivés, concluants, d'un homme qui connaît à fond les choses dont il parle, qui les a longuement étudiées, dans un esprit de justice supérieure, qui les décrit en toute sincérité, d'une plume alerte et bien française.

M. Philippe Daryl a habité dix ans la Grande-Bretagne. Il s'est pénétré intimement de sa langue, de sa littérature, de ses institutions et de ses mœurs. Il les a observées en en cherchant à la fois Torigine et le sens, les aspects pittoresques et la raison philosophique. Il les décrit en artiste, en historien, mais surtout en patriote. C'est ce qui donne à son œuvre un intérêt si profond et si nouveau.

L'Angleterre n'est en quelque sorte pour lui qu'un sujet anatomique sur lequel il cherche à mieux saisir la loi de la physiologie de la France, fût-ce au prix d'une

vivisection. Et pourtant, il sait rester impartial, admirer ce qui est admirable, faire ressortir ce que nous pourrions emprunter avec avantage.

Ses lecteurs ne s'y sont pas mépris. Le public français n'en est plus, grâce à Dieu, à se désintéresser de ce qui se passe à l'étranger. Il tomberait plutôt dans l'excès contraire, en prenant pour argent comptant tous les éloges qu'on se décerne au delà de la frontière. Au rebours de ce qui se passe ailleurs, la Franco est souvent plus sévère pour elle-même que pour le prochain. Et pourtant, si le spectacle de ce qui se fait ailleurs peut à l'occasion nous servir dexemple, que de fois il peut aussi nous servir de consolation !

Les nations qui nous entourent ont leurs points noirs tout comme nous; et, somme toute, notre sort vaut au moins le leur.

Telle est une des conclusions qu'on peut tirer de ces études si vives, si attachantes sur la Vie publique en Angleterre.

Elles touchent atout, ces études, sans épuiser un sujet presque inépuisable. Le livre, le journal, le théâtre, la poésie, la science, les institutions politiques, les mœurs parlementaires, l'armée, la marine, les tribunaux, la police : M. PhiUppe Daryl a tout voulu voir, pour tout nous dire.

S'il n'a pu faire tout entrer dans ua volume, c'est sans doute qu'il nous en réserve un autre, où nous aurons un jour son dernier mot.

J. Hetzel et G'*

LA

Page 1