LA CRIS F
loeluctabilo tempus.
Qu'est-ce à dire? ta prose, ô mon joyeux artiste, Exhale un son nouveau qui m'étonne et ni'attrislc! — Tu vois devant les pas s'accourcir l'horizon ; Tu ne sais quelle brume alourdit ta raison;... Tu ne recherches plus le bruit, l'éclat, les fêtes;... Soldat, tu fuis la guerre, et marin, les tempêtes;.. Le repos, désormais, soit faiblesse ou vertu. Te séduit; en un mot, tu vieillis, nrécris-tu. Vieillir! ah! le voilà ce grand mut redoutable! Voilà ce mal cruel, terrible, inévitable,
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Qui jadis faisait dire à nos sages aïeux :
« Heuroux les jeunes morts, ceux-là sont chers aux dieux !
llem'eux les affranchis du joug et de la peine
Qui laissent en partant la coupe encore pleine! »
— Que faire? reprends-tu, quel remède puissant Opposer aux assauts de cet ennui croissant? IN'est-ce pas au plus vieux, c'est-à-dire au plus sage, De prêter sa science à l'autre, en ce passage?
— Oui, frère, et sans retard à ton aide j'accours. Je ne te ferai pas un bien savant discours;
Je dirai seulement, moins pédant qu'un Ariste : Le remède est aux champs, si le remède existe. L'ennui que tu ressens, tu sais s'il fut le mien! A qm'conque en est pris la ville ne vaut rien : Pour l'âme qui, pliis mûre, à la fin se replie, Elle a trop de fracas, de rumeurs, de folie. Il est triste d'y voir arriver tout un flux De passants, de voisins que l'on ne connaît plus. Les premiers sont partis, laissant leurs places vides A ces nouveaux venus qui se pressent avides. « Rangez-vous, s'il vous plaît, arrière, bons parents, Place à vos héritiers! » disent ces conquérants Superbes, qui, du droit de leurs blondes moustaches. S'estiment bons à tout, même aux plus rudes tâches.
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Il faut, bon gré, mal gré, devant eux se ranger.
D'ailleurs, à tout ce monde on se sent étranger :
D'où sort cet avocat verbeux, que la fortune
D'un scrutin enverra bientôt à la tribune?
Le drôle a déjà fait du bruit dans le quartier.
Ne le connais-tu pas ? Son père est ton portier.
Quelle est-elle, en sa fleur opulente et vermeille,
Cette reine des bals dont chacun s'émerveille?
Est-ce un oiseau du Nord, de passage entre nous?
Non, tu la fis sauter, enfant, sur tes genoux :
C'est la petite Annette, à ce point grande et belle!
Et ton fils aujourd'hui fait des sonnets pour elle.
Quel est ce cavalier si droit sur les arçons?
Tu l'as connu pleurant pour dire ses leçons.
Plus haut que toi du front, quel est ce beau jeune homme?
C'est ton propre neveu qu'il faut que l'on te nomme...
On sourit, et l'on passe, et, le long du chemin. Rencontrant un ami qui vous serre la main. Un pâle compagnon de vos gaîtés anciennes. Aux rides de sa joue on soupçonne les siennes !...
Puis, il faut y songer, de ses soins indulgents La ville ne soutient que les seuls jeunes gens.
:m LA VI H RURALK.
Pour eux seuls épuisant ses tendresses complices,
Elle encourage tout en eux, jusqu'à leurs vices.
Le printemps, à ses yeux, ne fait rien de travers ;
Mais malheur à l'automne et surtout aux hivers!
On aime, on souffre encor, mieux que cette jeunesse;
Si peu suflit au cœur, hélas! pour qu'il renaisse!
M'importe, on est tenu de garder son cœur froid;
Et de la douleur même on a perdu le droit !
Ah! la campagne, ami, dans sa bonté royale.
Envers qui la réclame est plus impartiale.
Elle n'exclut personne, et, d'un regard clément,
Douce mère, elle rit à tous également :
Qu'un vieillard au jardin, pensif, marche ou s'arrête,
La fleur le voit venir sans détourner la tête ;
Le rayon de soleil, qu'il cherche pas à pas.
En se posant sur lui, ne se refroidit pas;
Et l'oiseau, quand paraît cette tête chenue,
S'il chantait sa chanson d'amour, la continue.
Que dis-je ! si les champs de plus d'égards pieux
Entourent un passant, ce sera le plus vieux.
Les chênes toujours verts, témoins de bon présage,
Semblent le saluer de leurs bras chargés d'âge;
Un vieux mur, un vieux toit, couvert de brins fleuris.
Lui parle de printemps, même dans ses débris.