SCHERZO
J'ai cueilli le lis, J'ai cueilli la rose ; Je les ai cueillis, El je les dépose A vos pieds de rose, A vos pieds de lis !
Des Heurs de la lande J'ai fait mon bulin; J'ai fait ma guirlande Des lleurs du malin.
J'offre mon huiin ; Que Tamoui' le rende!
76 LA ME r.LIlALE.
L'aurore aux yeux d'or Égayait la plaine :
A ma souveraine, Moi, rêvant encor, J'adniii-ais à peine L'aurore aux yeux d'or!
J'ai vu sous la pluie Renaître les fleurs.
Les yeux sous les pleurs, Les yeux qu'on essuie Sont, comme les fleurs, Plus beaux sous la pluie.
J'ai revu l'azur Après le nuage ; Ainsi d'un orage L'amour sort plus pur; L'amour en dégage Son plus vif azur.
Un peu de fumée Sort du plus beau feu.
0 ma bien-aimée,
sciiHnzo.
Ecoute ce vœu :
Soufllons sur le feu.
Et sur la fumée !
J'ai cueilli le lis, J'ai cueilli la rose; Je les ai cueillis, Et je les dépose A les pieds de rose, A tes pieds de lis!
sous LES TROËNES
Arbustes penchés sur les claires eaux Du ruisseau d'argent qui dans l'iierbe glisse! De rameaux en fleurs mobiles réseaux, Où Tav'ide abeille erre avec délice !
Vous vUes uu jour, — ô cher souvenir Dont lem- âme encore est tout embaumée! — ■ Vous vîtes un jour lentement venir L'hôte souriant et la bien-aimée.
A son frais corsage un œillet vermeil, Dans ses blonds cheveux une héniérocale; Qu'elle était charmante, et que le .'•oleil Illuminait bien sa beauté royale!
sous Li:S TKOKXES,
Au pencliant du mont ils vinrent s'asseoir; Et, sous les rameaux dont l'odeur enivre, Inclinant leurs fronts dorés par le soir. Ils lurent tous deux dans le même livre.
C'était un beau livre, un livre divin,
De vie et d'extase immortel poëme.
Tant que le cœur dort on l'épelle en vain.
On ne le comprend que du jour qu'on aime.
Les feuilles tournaient sans fin sous leurs doigts, Riches d'harmonie et riches d'images.
Et le tiède vent qui soufflait des bois En semait les fleurs sur (nutos les pages!