‹ La vie rurale; journal de campagneChapitre 28 sur 140 · LE LONG DES FUTAIES · texte numérisé non relu

LE LONG DES FUTAIES

Baignés d'un air tiède, attentifs au cliant Qui sortait des nids pleins de rouges baies, Vous en souvient-il? au soleil couchant, Nous allions tous deux le long des futaies.

L'air, les eaux, les bois, vous en souvient-il? Rayonnaient au loin de lumière blonde.

Je ne sais quel souille, ardent et subtil, Courait ce soir-là sur la terre et Tonde.

Dans l'étroit chemin vous me précédiez, Foulant violette, iris et pervenche; Et parfois le vent, caressant vos pieds, Soulevait un pou votre jupe blaiiclu".

i.A vu: n i l'.Ai.E.

Vous alliez, j'alkiis. OKil siii)erbc el doux, Candeur soiiveraîiio, innocentes grâces, Vous alliez, j'allais; ployant les genoux, Le divin Corrégc eût baisé vos traces.

A vos blonds cheveux, noués en bandeau, Un lierre enlaçait sa brindille noire.

Et, de son feuillage encor mouillé d'eau. Frôlait par instants votre cou d'ivoire.

Au bord du sentier, le pas suspendu.

Je fus pris soudain de trop forte ivresse ; Jamais un chasseur, dans les bois perdu. Ne crut de plus près voir une déesse.

(! Eh bien, dites-vous, ne marchez-vous pas? » Le vertige au front, tremblant de poursuivre. Je vous répondis : « De tous les combats Le plus redoutable en mon cœur se livre ! »

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