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PENDANT LA MOISSON

En juillet, par le plein soleil, Cherchant un peu d'ombre, un lit d'herbes. Des moissonneurs au front vermeil S'étaient assis près de leurs gerbes.

Sous un vieux frêne hospitalier, Oubliant le poids des faucilles, Ils mangeaient, cercle familier De joyeux gars, de brunes fdles.

C'était un charme de les voir Échanger entre eux les rasades, Et rompre gaîment leur pain noir, Et croquer les vertes salades.

l-ii LA VIE nir.ALK.

Le taillis, les eaux, les grands blés, La terre même qui poudroie, Autour des groupes attablés Tout respirait amour et joie.

Deux musiciens passant par là, Vagabonds d'aspect germanique, A grands cris on les appela :

« Faites-nous donc votre musique ! »

Eux d'obéir. L'un, svelle et blond, Figure étrange, mais bonnêle, Fit résonner le violon, L'autre chanter la clarinette.

Sonores échos d'outre-Rhin, Chansons de l'errante Bohême :

La cigale au bruyant refrain Se tut, — quoique artiste elle-même.

Que de voluptés à la fois Pour la friande compagnie !

On eût dit un festin de rois.

Accompagné de symphonie.

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