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VERS LA SAINT-JEA.X

Et, n'eîU-on pour sa part que le pain du glaneur, De respirer un peu comme un maître et seigneur!

Ainsi fait à cette tieure, assis devant sa porte,

Le fermier de chez nous, liomme de race forte,

Laboureur jeune encore, au front sévère et doux.

Immobile et pensif, les mains sur ses genoux,

11 aspire, dans l'air égayé de murmures.

Le meilleur des parfums, celui des gerbes mûres!

L'épouse auprès de lui, cœur d'espérance plein,

File, d'un doigt léger, sa quenouille de lin.

A ses pieds, un garçon, l'aîné de la famille.

Apprête en se jouant sa petite faucille.

« Père, voyez! dit-il en relevant le front.

Et, de son bras courbé, faisant un geste prompt,

Père, est-ce pas ainsi que l'on fauche une gerbe?... »

La mère, à ce propos, rit du bambin superbe.

Le père le regarde avec un tendre orgueil.

Ces trésors de son cœur, réunis près du seuil,

Ces étoiles au ciel dont l;i fête commence.

Ces bruits errants du soir dans la campagne immense,

Cette nappe d'épis dont les (lots onduleux

Roulent, roulent sans fin jusqu'aux horizons bleus

Avec le frôlement d'un loin'd manteau de soie.

\±l LA \ii-: liir. M.i;.

Tout C"la clans son cœur met une sainte joie. J'ignore alors, ô rois! s'il se souvient de vous; S'il songe à votre gloire, il n'en est point jaloux. En paix avec son âme et la nature entière, 11 murmure à son Dieu quelques mots de prière, Et, rêvant aux moissons qui commencent demain, Sur le front de son fils il repose sa main!

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