LA CHANSON D'OCTOBRE
J'ai reparu sur la colline Dans un nuage aux franges d'or.
Je suis la beauté qui décline ; Mais, sous mon voile, je devine Que les cœurs me suivent encor!
Ce n'est plus la fraîclio auréole, Ce n'est plus l'éclat des grands jours C'est la pâleur, déjà [)Ius molle, D'un front qui se penche et s'isole, Au souvenir de ses amours.
186 LA VIE nURALE.
Adieu les grâces qu'on déploie, Les beaux romans faits à loisir; Adieu l'extase, adieu la joie D'un cœur qui s'arrête ou se noie Au bord des coupes du plaisir
Ah! cet adieu, quand je le chante, L'n feu nouveau brûle mon sein.
La voix du passé, provoquante, M'irrite, et je suis la bacchante Qui part pour le coteau voisin.
Évohé! les défis sans nombre Se mêlent au chant des buveurs.
Dérobons-nous dans le bois sombre :
Les fruits tardifs, cueillis dans Tombre, Ont encor d'étranges saveurs !
L'aurore écartera l'ivresse :
Écuyer, selle mon cheval !
Que la meute à ma voix se presse; Je suis l'Automne chasseresse Qui parcourt la plaine et le val.