‹ La vie rurale; journal de campagneChapitre 71 sur 140 · A APOLLON · texte numérisé non relu

A APOLLON

Sitôt que vient le soir, aux étables, aux ferme?, On a peur ; on frémit si l'on entend leur voix. Dans ton solide enclos, voisin, tu te renfermes, Et tu fais, mécréant, de vrais signes de croix.

Plus de calme sommeil, de joie extérieure;

Vers le bois, au bétail les prés sont interdits;

La nuit, les coqs prudents n'osent plus chanter l'heure.

Qui nous délivrera de ces pillards maudits?

Il faut exterminer l'engeance meurtrière, Il faut que tout chasseur soit brave devant eux : Ainsi l'a déclaré Perrine la fermière, Ainsi l'a dit Jasmin, petit berger boiteux.

Fiers chasseurs, allez donc;" courez, ô troupe alerte! Tandis que des halliers vous battrez l'épaisseur, Poëte oisif, du seuil de la maison déserte, J'adresserai pour vous des vœux au dieu chasseur.

(( Tire du carquois d'or ta meilleure sagette. Montre-toi, lui dirai-je, et seconde leurs coups, Toi qui battais jadis les fourrés du Taygète, Apollon, que les Grecs nommaient Tueur de loups! »

Page 1