‹ La vie rurale; journal de campagneChapitre 72 sur 140 · LA MAISON DU PATRE · texte numérisé non relu

LA MAISON DU PATRE

Ce soir-là, par un ciel brumeux à l'horizon, Par un vent qui sans doute apportait du poison. Au coin du bois, au bord de la mare verdâtre, Elle était triste à voir, l'iiuriible maison du pâtre! La grande épidémie, effroi de tout vivant, Avait emporté l'homme, atteint deux jours avant. Sa jeune veuve, hélas! Jeanne la chevrière, A son tour maintenant reposait dans la bière. Sous ce toit vieux et sombre, au retour de la nuit. Elle gisait encor : les voisins avaient fui; Seuls, deux petits enfants sur le seuil de la porte Restaient avec un chien, les enfants de la morte.

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Ces innocents riaient, ils prenaient leurs ébats, Us provoquaient le chien, (pii, lui, ne jouait pas. Sur la cLille accroupi, d'une voix de déiresse, 11 pleurait à la fois son maître et sa maîtresse; L'un qui, depuis deux jours, manquait à la maison; L'autre, immoiîilc et froide à côté d'un tison. Et n'ayant plus un trait de cette femme accortc Qui jaiis, l'emmenant comme une bonne escorte. Au milieu des taillis où tout germe à la fois. Allait cueillir la mûre et la fraise des bois.

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