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APRES LES SEMAILLES

L'air est doux, le ciel pommelé

Est aujourd'hui blond comme l'ambre ;

Soleil paisible, azur voilé,

C'est un des beaux jours de novembre.

Les travaux des champs sont finis ; Partout s'est faite la semaille :

Déjà, dans les sillons unis, Le blé silencieux travaille.

Sur la campagne et sur les bois Je ne sais quel sommeil s'épanche, Que berce au loin la douce voix, Cloche qui sonnes le dimanche!

APRÈS LES SEMAILLRS. 203

C'est le jour du loisir sacré :

Aucun laboureur dans les plaines ; Pas de faucheurs tondant le pré, Pas de laveuses aux fontaines.

Le vent lui-même parle peu, L'arbre n'agite aucune feuille.

On dirait que sous l'œil de Dieu La terre prie et se recueille !

0 Dieu, puisque c'est aujourd'hui Que ta bonté sourit au monde.

Bénis ce cher vallon, sur lui Ouvre ta main toujours féconde !

Sous le soleil et sous le vent, Nos laboureurs toute une année Ont repassé le sol mouvant :

Bénis cette œuvre terminée!

Tu les as vus dans les sillons Au poids des jours pencher la tète.

Tu les as vus, sous les haillons, Aller, venir dans la tempête.

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En allcndanl que du labour L'âpre fatigue recommence, Souris h ce repos d'un jour, l''ais prospérer cette semence.

Ils ne demandent pas, Seigneur, De recueillir l'or à mains pleines-, Non, mais le pain du moissonneur, Serait-ce trop pour tant de peines?

Serait-ce trop, lorsque les blés Seront tombés sous la faucille.

De voir les enfants attablés Autour du père de famille?

Ah! quand juillet brûlant et doux Viendra faucher le champ superbe, Du blé qu'ils ont semé pour tous Donne-leur du moins une gerbe!

L'EPHEUVE

Kncore un qui s'en va; le glas tinte au clocher. Tenons-nous, mes ami?, gardons-nous de broncher, Car je ne sais quel vent funeste se déchaîne Qui n'épargne personne; il frappe sur le chêne Coir.me sur le roseau. — Pouvions-nous le prévoir? Le mari de Margot rendit l'âme hier soir. Quoi! cet homme si dur au travail, si robuste? Il est mort : après tout, il m serait pas juste Que la mort ne frappât que sur les souffreteux : Les plus forts quelquefois sont brisés avant eux, Pour la bonne Margot c'est une rude épreuve. Pauvre femme! à trente ans, la voilà déjà vouv\

Veuve avec cinq enfants. Mais le ciel Taidera,

Et, quel que soit le faix, elle le portera.

Quand jadis, blonde enfant, front sur qui rien ne pèse,.

Elle cherchait au bois la noisette et la fraise,

Qui de nous eût prédit que la maternité

Lui donnerait sitôt cet air de gravité?

D'un esprit plus ouvert et d'une main plus ferme,

Nulle femme aujourd'hui ne dirige une ferme.

Elle ne songe plus aux roses de son teint.

Les coqs, comme dit l'autre, ont beau chanter matin,

Elle est à son travail plus matineuse encore.

C'est elle, dirait-on, qui réveille l'Aurore.

L'été comme l'hiver, avant le jour naissant,

Par l'escalier de bois, c'est elle qui descend,

Et, dans l'àtre où survit un tison de la veille.

Faisant vite flamber la brouss aille vermeille,

Prépare le café qu'elle sert tour à tour

Aux gens qui vont partir pour les travaux du jour

Après ce premier soin, toutes les autres tâches

Se succèdent; jamais d'inutiles relâches;

Et, quand rien, par hasard, ne vient la rappeler,

Elle prend la quenouille et se met à filer.

Le temps fuit cependant; au clocher l'heure sonne

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