II
liG l.A VIE RURALH.
Il est petit, mais fort. En vi^'oureux sillons. Soixante ans sont inscrits sur sa mâle figure; Sur chacun do ses bras il montre une blessure, b'il n'y montre plus de galons.
Il a pour adjudant un chien de bonne race, A veiller, à combattre habilement dressé, Et qui, vienne le loup de faim tout hérissé. Tient tête à l'ennemi voraco.
Au premier grognement de cet aimable chien : « Je te comprends, dit l'homme; oui, c'est le loup qui rôde ! d Et le voilà courant à la bête en maraude. Comme jadis à rAutrichicn.
Pourtant cet homme est doux. A la mère empressée 11 amène l'agneau qui pleure de la voix. Comme le bon Pasteur, on l'a vu mainte fois Rapporter la brebis blessée.
Lui qui fut raide et brusque alors qu'il le fallait, 11 parle sans rudesse au troupeau qu'il fait paître; Ses doigts forts et noueux, jadis noirs de salpêtre, Maintenant sont blanchis de lait.