‹ La vie rurale; journal de campagneChapitre 86 sur 140 · AU DETOUR D'UNE ALLEE · texte numérisé non relu

AU DETOUR D'UNE ALLEE

c( Riez, ô belle enfant ! — comme au jour la lumière, Gomme l'active abeille à la fleur printanière, Comme au rameau pliant l'oiseau mélodieux, Comme au festin des rois la chanson d'une lyre, Le sourire vous sied ; le rayonnant sourire Sied à vos belles dents, il sied à vos grands yeux!

)) Riez, chantez, courez siu' les pentes fleuries, Frôlez nos gravités de vos espiègleries, Faites au grand soleil briller vos dix-sept ans. Si les feuilles dos bois au vent d'automne pleuvent, Si le ciel s'assombrit, que d'autres s'en émeuvent : Qu'importe cette brume à ce ciel de printemps?

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» (jGS meilleurs de vos jours no sont pas nés encore. Vous avez devant vous encor toule l'aurore ; Vous ne touchez qu'à peine à cet âge d'amour. Où la femme apparaît, jeune triomphatrice, Et, vers chaque horizon promenant son caprice, Va cueillir à souhait son miel de chaque jour.

» Allez, partez, courez où le sort vous invite; Mais ressouvenez-vous du cher et premier gîtc; Parfois au vieux château rendez un doux rayon. Revenez : rajeunis par votre fraîche haleine, Nous nous lùverons, nous, comme devant Hélène Se levaient autrefois les vieillards d'Ilion! »

Ainsi je lui chantais un avenir de fêtes. Les poètes, hélas! ne sont plus des prophètes! Quand à la vierge en fleur je répondais du sort, Qui m'eût dit que, l'automne à peine revenue, Un soir, dans les gazons d'une somhre avenue, Je lirais en passant : « C'est ici qu'elle dort! »

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