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LE VOL DES AMES

Au coin d'une ferme en ruines Où flotte un lierre, vert linceul, Je suis venu me blotlir seul, A l'abri du vent des collines.

De là, vers l'immense horizon, J'aperçois mieux courir la nue.

Et j'entends mieux la voix connue, La voix de la triste saison !

Que tu me plais, rude harmonie, Sauvage et terrible concert!

Que tu me plais dans mon désert, Plainte des bois, sourde, infinie!

LA VIK ULRALIi.

Derrière moi inullipliés, Les arbres des cimes prochaines, Ormes, foyards, érables, chênes.

Versent leurs feuilles à mes pieds.

Ce sont les trésors de novembre Par le précoce hiver flétris, Les derniers ombrages meurtris Et nuancés de rouille et d'ambre.

Tribut de l'année au déclin, Parure morte et desséchée :

La terre en est au loin jonchée, Le creux des vallons en est plein.

L'ouragan qui passe les roule, Les fait tournoyer en monceaux, Et, le long d'un torrent sans eaux.

Précipite leur pâle foule.

Le jour s'éteint au firmament, Et cependant depuis l'aurore Je vois le tourbillon sonore Croître et rouler incessamment.

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