I.A POPUI^ATION SKRVII^E
C'est au dernier siècle de la République que l'usage de la main-d'œuvre servile fut le plus fréquent et le plus constant i. Nous en avons déjà trouvé des preuves en étudiant la vie des hautes classes de la société romaine ; nous essaierons d'esquisser maintenant, en premier lieu les conditions qui permirent à un vaste système esclavagiste de s'établir et de prospérer ; en second lieu, quelles en furent les conséquences morales et économiques à la ville et à la campagne. Le sujet est certainement trop vaste et trop compliqué pour qu'ini seul chapitre suffise à le traiter. Mais nous ne nous proposons ici que de donner à l'étudiant une idée générale de la société, qui puisse l'engager à en poursuivre et à en approfondir l'étude plus précise.
Nous avons vu que les deux classes supérieures de la société romaine s'occupaient d'affaires de tout genre, mais plus particulièrement de banque, d'entreprises de travaux publics, du gouvernement et de l'agriculture en Italie. Toutes ces affaires publiques ou privées exigeaient une main-d'œuvre nombreuse et, en partie une maind'œuvre professionnelle ; les gros capitalistes fournissaient le capital, mais le détail des affaires elles-mêmes avait beaucoup augmenté depuis les guerres d'Annibal et le besoin d'ouvriers et d'employés de toute espèce se fit sentir plus que jamais dans le monde gréco-romain. Il fallut, au gouvernement comme aux capitalistes, des commis, des comptables, des courriers, aussi bien que des ouvriers proprement dits. Dans les maisons riches.