LA JOURNEE DE L HOMME A SON AISE
Varron lui-même, malgré sa robuste santé, déclare que, dans sa vieillesse, il ne pouvait pas se passer de faire son somme au milieu du jour en été ^9. D'autre part, dans la lettre célèbre où Cicéron décrit la réception qu'il fit à César pendant l'hiver de 45, il n'est pas question de sieste ; le dictateur travailla jusqu'à l'après-midi, puis il alla faire une promenade au bord de la mer et rentra, non pas pour dormir, mais pour se baigner ^.
César étant l'hôte de Cicéron dut prendre ce bain à la villa de celui-ci. probablement celle de Cumes. Xa plupart des maisons bien ordonnées avaient alors une ou même plusieurs salles de bain, munies de toutes les commodités nécessaires, suivant la saison et les goûts du baigneur. C'était là un luxe récent ; autrefois les Romains ne se lavaient que les bras et lesjambes chaque jour et ne prenaient un bain que les jours ^marché, soit tous les neuf jours. Du moins, c'est ce que Sénèque nous apprend dans une amusante lettre où il décrit la salle de bain de Scipion l'Ancien à sa villa de Literne. Ce local était sans fenêtre ; l'eau du bain se troublait après la pluie ^^. « Il ne sut jamais vivre », ajoute Sénèque par allusion ironique au luxe de ses contemporains. Au temps de Cicéron, toute villa avait ses bains de trois chambres au moins, Y apodyterium, le caldarium et le tepidarium, parfois aussi une piscine pour la nage, comme celle que l'on voit à Pompéi, dans la maison des Noces d'argent ^. Cicéron, dans sa lettre à son frère à propos de la villa d'Arcanum, mentionne le vestiaire (apodyterium), l'étuve (caldarium) et il y avait sans doute d'autres pièces. Même dans la villa rurale de Boscoreale, près de Pompéi, simple ferme, on retrouve les trois salles de bain au complet, soit le vestiaire, la chambre tiède (tepidarium) et l'étuve ^. U ■est probable que César, comme on était en hiver, n'utilisa que la troisième, prit ce que nous appelons un baiiL-tujc, puis passa dans le tepidarium où, nous dit Cicéron, il reçut un courrier. Il s'y fit oindre (ungere), c'est-à-dire frotter, pour sécher la transpiration, avec un strigile
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(étrille) mouillé d'huile, afin d'adoucir le frottement ^^. Cette opération terminée vers la neuvième heure, ce qui correspondrait à peu près, puisqu'on était en hiver, à une heure et demie de l'après-midi, il était prêt pour le dîner qui suivit immédiatement ^^.
Telle était donc apparemment l'heure ordinaire du dîner du moins à la campagne ; en hiver, il aurait été retardé d'une heure environ. Pour expliquer une question de rhétorique l'auteur de l'ouvrage connu sous le nom de « Rhétorique à Herennius », conte une amusante histoire de convives qui, invités pour la dixième heure, finirent par aller dîner à l'auberge faute de mieux. A la ville, il dut arriver souvent que l'on dinât plus tard encore en cas d'affaires urgentes. Par exemple, Cicéron dîna un jour avec Pompée, après une séance du Sénat j)rolongée jusqu'à la nuit {ad Fam., i, 2, 3). Une autre fois, c'est après son dîner qu'il se couche, et ce n'est certainement pas pour faire la sieste, ses nombreuses occupations ne lui en laissant pas le temps. Il est vrai que cela ne se passait pas à Rome, mais à sa villa de Formies où il habitait alors et où il était exposé à se voir sans cesse dérangé par des visites [ad AU., 11, 16). Il se peut qu'à l'exemple d'un grand nombre de Romains à cette époque, il fût resté longtemps à table à causer avec ses convives, s'il en avait, ou à lire et à réfléchir s'il se trouvait seul ou en famille.
I,e dîner (cena) était l'évéïiement principal de la vie privée ; il avait lieu après le travail de la journée quand on pouvait jouir de sa vie de famille ou recevoir ses amis et se délasser en leur compagnie. Rien ne nous dit qu'on invitât personne aux autres repas, sauf en voyage, comme à ce déjeuner d'Arcanum où Pomponia se montra de si mauvaise humeur. lycs dîners privés semblent n'être devenus de mode qu'à partir des guerres puniques, à des heures plus tardives, préparés et servis par des esclaves nombreux. A l'époque où le train de maison était plus simple, on prenait les repas dans l'atrium^^, le père étendu sur un lit (lectus) la mère assise à ses côtés et les enfants
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sur des tabourets en face d'eux. A cette époque reculée, les esclaves eux aussi prenaient leurs repas avec leurs maîtres, assis sur des bancs ; toute la maisonnée se trouvait ainsi réunie. Donc en ce temps-là le dîner n'était qu'une interruption nécessaire au milieu des heures de travail et les esclaves gardaient la posture assise parce qu'eux étaient tenus de retourner à leur ouvrage immédiatement après la fin du repas. Columelle, qui écrit au début de l'Empire, insiste pour que le gérant de la ferme (villicus) reste assis en prenant son repas, sauf les jours de fête. Caton le Jeune se refusa jusqu'à la fin de sa vie, après la bataille de Pharsale, à manger étendu sur un lit, voulant montrer par là qu'il entendait renoncer désormais à jouir de la vie ^'^.
Après la seconde guerre punique qui modifia de tant de manières les mœurs romaines, l'atrium cessa de servir de salle à niangercommune ; on en créa de spéciales, soit dans l'intérieur de la maison vers le péristyle, soit même au premier étage ; elles servaient aux réceptions et l'on pouvait changer de salle suivant la saison ou l'état du temps ^^. Ces triclinia étaient disposés de manière à assurer aux invités le plus de confort possible et à faciliter la conversation ; on voit qu'alors le dîner n'est plus seulement une interruption dans le travail journalier, mais un temps de repos et d'agréable liberté après les occupations de la journée. Plutarque a décrit un triclinium dans ses « Quaesfiones convivales ^^ » (voir aussi Thédenat, Pompéi, i^^ partie, p. yy). Le plan ci-joint, d'après Plutarque, dispensera d'une description compliquée ; mais il faut noter que l'hôte occupait toujours, ou presque toujours, la place marquée H sur le plan, tandis que le lit immédiatement supérieur, soit le n^ 3 du lecius jncdius était réservé à l'invité le plus considéré et se nommait lectus^onsiilaris. On verra que l'hôte était bien placé pour surveiller le repas et pour causer avec son invité qui occupait un coin libre : cela lui permettait de recevoir quiconque avait affaire à lui, sans déranger personne.
Neuf convives pouvaient aisément trouver place à table; cela facilitait la conversation et le service et ce nombre neuf était regardé comme sacré et de bon augure. On recevait parfois, semble-t-il, un plus grand nombre de convives à la fois, même au temps de la République et Vitruve nous apprend qu'on construisit des salles à manger assez vastes pour contenir trois triclinia ou même plus ; mais placer plus de trois convives par lit passa toujours pour contraire
Lectus médius
IVlensa
PI,AN D UN XRICI,INIUM
à l'usage et pour discourtois. Parmi les preuves de l'impolitesse que Cicéron attribue à son adversaire Calpurnius Piso, le consul de l'an 58, il lui reproche d'avoir placé cinq convives par lit pendant que lui-même en occupait un à lui tout seul. De même Horace : Saepe tribus lectis videas cenare quaternos ^.
Les convives traités avec tant de sollicitude ne devaient pas être pressés de quitter la place ; le simple fait de rester étendus et non assis devait les engager à demeurer plus longtemps. Les triclinia étaient ouverts d'un côté et non clos comme nos salles à manger ; l'air y circulait et n'y
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prenait pas des odeurs de renfermé et de cuisine. Cicéron nous rapporte ^i, (sans doute d'après les écrits de Caton l'Ancien lui-même) que celui-ci restait à causer après dîner jusqu'à une heure avancée de la nuit. Les convives arrivaient accompagnés de leurs esclaves, qui leur étaient leurs souliers s'ils étaient venus à pied et leur mettaient des sandales (soleae) ; chacun avait revêtu ses habits de cérémonie (synthesis) à la mode grecque comme toute l'ordonnance de ces grands dîners et il n'était pas question d'en changer à la hâte. Rien n'est plus propre à faire sentir la différence entre les anciennes et les nouvelles mœurs romaines que le caractère de ces réceptions ; ce sont les rendez-vous d'une société opulente et bien élevée qui a des loisirs et qui apprécie le confort ; l'on pouvait y causer, à la satisfaction générale, de politique, de littérature ou de philosopliie. Si les causeurs n'approfondissaient pas trop les questions ardues, cela tenait peut-être à tout le confort qui les entourait.
Il y a bien entendu une ombre à ce tableau d'une soirée €hez un gentleman romain. On trouve au fond du caractère romain une certaine grossièreté native et, à cette époque où la richesse et le désœuvrement portaient au laisser-aller, les repas risquaient de devenir un but en euxmêmes au lieu de rester des adjuvants nécessaires à une vie saine. Les trois services (mensae) d'un repas ordinaire : les ho rs-d' œuvre (gustatio), puis le dîner proprement dit (cena) avec ses plats substantiels, le dessert avec ses fruits, s'amplifièrent et se prolongèrent indéfiniment grâce à l'art des esclaves-cuisiniers venus de la Grèce et de l'Orient. Il y eut des gourmands longtemps avant l'époque de Cicéron ; Lucilius et Varron s'étaient déjà chargés de les satiriser ^^. Une magnifique vaisselle avait remplacé l'humble poterie du vieux temps ; au lieu de dépouilles d'animaux comme autrefois, c'étaient de luxueux tapis et des draperies qui couvraient les couches ^. La vulgarité et l'ostentation dont Horace s'est moqué se rencontraient trop souvent. Les gens qui passaient leur vie à festoyer et
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à se divertir invitaient la compagnie de bonne heure et prolongeaient l'orgie jusqu'au milieu de la nuit ^. Enfin l'usage de prendre du vin après le dîner (comissatio) pour le seul plaisir de boire suivant des règles strictes à la mode grecque, cet usage que nous connaissons tous par les odes d'Horace, avait, sans aucun doute, commencé quelque temps avant la fin de la République. Dans la première partie de ses Verrines, Cicéron a décrit avec pittoresque un de ces festins où l'on proposa et convint de boire à la grecque (more graeco *^).
Ce serait une fâcheuse erreur de croire que ce genre d'intempérance ait caractérisé la vie ordinaire du Romain à cette époque. L'étudiant est susceptible de s'y laisser prendre car, s'il lit son Horace et son Juvénal, en revanche il ne fait guère qu'effleurer la correspondance de Cicéron ; il n'est donc pas hors de propos de lui rappeler que les satiriques ne tournent pas en ridicule la vie ordinaire de leurs contemporains en général, pas plus que ne le font les artistes qui s'égayent, dans leurs caricatures, aux dépens de certains ridicules. C'est à peine s'il arrive à Cicéron de m.entionner ses repas, sa cuisine ou ses vins, même dans les lettres où il cause avec le plus d'abandon ; autant que nous pouvons en juger par leur correspondance, cela n'avait aucun intérêt ni pour lui ni pour ses amis. Dans une lettre amusante à Paetus il lui raconte, il est vrai, le menu d'un dîner chez un de ses amis, mais c'est que des champignons, apprêtés suivant les prescriptions d'une loi somptuaire récente, lui avaient donné une indigestion *^. La correspondance renseigne mieux sur ce qu'étaient en réalité les dîners en ce temps-là que les invectives contre un Pison ou un Antoine ou que les traits d'esprit des satiriques.
Nous reviendrons, pour conclure, à la lettre déjà citée où Cicéron décrit la réception qu'il fit à César en décembre 45. Elle contient une expression qui a causé bien des méprises à propos des habitudes de César et de sescontemporains. Cicéron dit à Atticus que son hôte se mit à
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table après le bain et il ajoute : « il prit un émétique ; il but et mangea avec autant d'appétit que de gaîté ; service magnifique et somptueux ; propos de bon goût et d'un sel exquis ; enfin, si vous voulez tout savoir, la plus aimable humeur. » Des savants même s'y sont trompés souvent ; ils ont cru que César, ordinairement frugal, ou du moins sobre, était résolu à manger ce jour-là avec excès, quitte à prendre un émétique. Il peut donc être utile, encore maintenant, de noter que le traitement par les émétiques était, à cette époque, une méthode connue et appréciée *' ; que César, dont la santé toujours délicate était fort éprouvée à ce moment-là, suivait le traitement en question pour pouvoir dîner tranquillement sans s'inquiéter de ce qu'il mangeait ou buvait ; en outre la conversation littéraire qui suivit le dîner prouve sans réplique qu'il ne saurait être question de gloutonnerie, qu'il s'agit d'un repas sans rien d'excessif oti le calme et le charme de la bonne compagnie furent plus appréciés que les plaisirs de la table.
Il est probable qu'on ne travailla pas après ce dîner et le départ des autres convives. Nous avons vu, dans une autre circonstance, Cicéron se retirer immédiatement après le repas. Or comme il était debout et au travail de très bonne heure, nous pouvons supposer qu'il se coucha plus tôt que nous ne le faisons. Mais il a négligé de nous parler de ce dernier fait de la journée.
NOTES
1 Censorinus, De die natali, 23, 6 ; Punë, N. H., vil, 213. Sur tout le sujet de la division de la journée voir MarquardT, Privatleben, p. 253 sqq.
* Les xn Tables ne mentionnaient que le lever et le coucher du soleil (Pline, loc. cit., 212). Voir Schcëll, ad. I, 9, p. 119 (Leg. duod. tabul. reliq.). Plus tard un des appariteurs du préteiur fut chargé d'annoncer midi ainsi que la fin du jour légal. — Varron, L. L., vi, 5 et 89. — Voir MarquardT, Privatleben, p. 255 sqq.
^ Cicéron, pro Quinctio, 18, 59.
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* Voir l'article « Horologiutn » dans le Dict. des Antiquités de Darkm- BERG et Saglio.
' Nos heures modernes se nomment éqninoxiales parce que la durée en a été fixée d'après l'heure naturelle aux équinoxes. Ce système paraît n'avoir été adopté que tardivement, dans la période impériale.
* Sur l'Horloge à eau, voir Marquapdt, Privatleben, p. 792 sqq.
' Les vers sont si johs que je me hasarde à les citer en entier d'après Aulu-Geue, III, 3. — Comp. RiBBECK, Fragm. comicorum, y éd., p. 38 — parasitus esuriens dicit :
« Ut illum di perdant qui horas repperit,
» Quique adeo primus statuit hic solarium.
» Qui mihi comminuit misero articulatim diem,
» Nam unum me puero venter erat solarium,
» Multo omnium istorum optumum et verissumum ;
» Ubivis te monebat esse, nisi quom nil erat.
» Nunc etiam quom est, non estur, nisi soU lubet.
» Itaque adeo iam oppletum oppidum est solariis,
» Major pars popuh iam aridi reptant famé. »
* Pi,iNE, N. H., XVI, I sqq. fait l'histoi?^ de l'industrie de l'huile. Quant aux chandelles, voir MarquardT, Privatleben, p. 711.
* Voir ci-dessus, p. 92.
1" Marquardt, Privatleben, p. 271 ; Thédenat, Pompéi (Vie publique), p. 112.
" Cic, ad Q. Fratr., 11, 3, 7. Pour la lippitudo, ad Att., vu, 14.
"Horace, Epist., n, i, 112 ; Punë, Epist., m, 5, 8, 9.
" HoR., Epist., II, I, 103. « Romae dulce diu fuit et solenne reclusa Mane domo vigilare, clienti promere iura, » etc. Il est curieux que tous nos renseignements sur ces occupations matinales nous viennent de la httérature de l'Empire. Le seul passage de Cicéron que Marquardt ait trouvé pour en prouver l'existence se rapporte malheureusement à son activité comme gouverneur de la Cilicie {ad Att., vi, 2, 5).
^* p. ex., ad Q. Fratr., 1, 2, 16; et QuiNTUS CicÉRON, Commentariolwn petitionis, 17.
1* Voir ce qu'il dit de M'Maniwus in De orat, m, 133.
*• Le mot semble se rattacher à ieiunium (Plaute, Curculio, v. 72 et 73 ; Festus, p. 346 M.) et répond ainsi à notre déjeuner. Le verbe est ieientare ; Afranius, v. 43 : « Haec ieixina ieientavit. » (Ribbeck, 3» éd.). Cp. NoNius, p. 126.
'' Gai,ien, vol. VI, p. 332. J'emprimte cette citation à MarquardT p. 264. D'autres se trouveront à cette page, en note.
1* Voir l'intéressante énumération de ces gens (salutatores, deductores, assectatores) dans le Commentariolum petitionis de Q. CicÉRON, 9, 34 sqq.
** Voir ci-dessus, p. 90. ^
*" Q. CicÉRON, Comment, pet., 9, 37.
"1 Voir Roman Festivals, p. 125 sqq.
" PtuTARQUE, C. Gracchus, 6.
" Cic, ad Fam., 11, 12.
" Voir 1228 Ma. Cp. GauEN, vol. x, p. 3 (Kuhn).
^^ TiTÉ-LivE, XLV, 36 ; Cic, ad. Fam., i, 2 ; pour un cas célèbre « d'obstruction » par des discours interminables, Aui<u-Gei,i,E, iv, 10.
*' Festus, p. 54 M.
*' ad Fam., vil, 30.
** de Divinatione, 11, 142, de 44 A. C.
*» Varron, R. R., 1, 2 ; c'est un des interlocuteurs du dialogue qui le dit. Voir aussi Marquardt, op. cit., p. 268.
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'<> ad. AU., XIII, 52. Cette habitude peut fort bien avoir pris fin en hiver.
31 SÉNÈQUE, Epist., 86. Tout le passage est très intéressant, comme prouvant le changement des habitudes au cours de deux siècles.
« Mau, Pompeji, 2» éd., p. 321 sqq. Thédenat, op. cit. (Vir privée), p. 161 sqq.
3' Mau, op. cit., p. 382 sqq.
3* Voyez Prof. PURSER : Explanations and Illustrations. Dict. Ant., I, 278.
'" Le sujet des bains pubUcs à Rome appartient à la période de l'Empire ; il est, du reste, trop étendu pour se traiter dans un chapitre sur la vie journalière d'im Romain au temps de Cicéron. Il y avait déjà à Rome des bains publics, mais on en parle peu, ce qui prouve qu'ils n'étaient pas un élément indispensable de la vie sociale ; mais le fait que, dans la lettre ci-dessus, Sénèque nous montre les édiles tâtant la température de l'eau prouve: 1° que les bains étaient pubUcs; 2» qu'ils étaient d'eau chaude et non pas, comme plus tard, d'air chaud (thermes). Ceuxci semblent être antérieurs, dit-on, à la Guerre Sociale (Val. Max., ix, i.i). Quelques-uns paraissent avoir été exploités par des particuUers et portaient le nom de leur propriétaire (par ex., balneae Seniae, Cic, pro Caelio, 25, 61). Pompéi en offre plusieurs exemples ; voir ThédenaT, op. cit. (Vie privée), p. 116. En été les jeunes gens se baignaient encore dans le Tibre {pro Caelio 15, 36). A Pompéi les bains pubUcs les plus anciens datent du second siècle A. C.
3* La tradition était que le paterfamiUas avait primitivement un siège et ne s'étendait pas sur un lit. Voir Marquardt, Privatleben, p. 300.
3' Coi.UMELi<E, II, I, 19, chapitre très intéressant ; Pi,utarquE, Cato minor, 56.
3* Pi^UTARQUE, Lucullus, 40.
^» PtuT., Quaest. Conviv., i, 3 sqq. et MarquardT, op. cit., p. 305.
*^ Horace, Sat., i, 4, 86. Cp. Cic, in Pisonem, 27, 67.
*i Cic, de Senectute, 14, 46.
" Luciwus, V, 49, 1235 sqq., 75, 440 Ma, etc. Varron avait composé une ménippée contre la gloutonnerie ; Atii,u-GEi<i,E, vi, 16 en a conservé quelques restes (Buecheler, fr. 403).
*^ Voir l'intéressant passage de Cic, pro Murena, 36, 75 sur la fête funéraire de Scipion EmiUen.
** Catulle, 47, 5. « Vos convivia lauta sumptuose De die facitis ? »
** 26, 65 sqq. HoR., od., m, 19 et les commentateurs.
** ad Fam., vu, 26 de l'an 57 A. C. La loi somptuaire doit avoir été une certaine lex Aemilia postérieure à Sj-lla (voir Aulu-Gelle, ii, 24 : « qua lege non sumptus cenarum, sed ciborum genus et modus praefinitus est »). Ce chapitre d'Aulu-Gelle avec Macrobe, m, 17 est le passage le plus sûr à consulter sur cette gourmandise croissante.
*' Voir MuNRO, Criticisms and Elucidations of Catullus, p. 92 sqq.