CHAPITRE I Les sentiments religieux et leurs manifestations
L'attention de l'iiomme s'est portée de bonne heure sur la variété des ptiénomènes naturels s'opérant sous ses yeux. II voyait agir autour de lui des vies étrangères à la sienne, non moins actives et parfois hostiles. Tout l'impressionnait, même des objets inertes, qui lui causaient de fréquentes illusions. Entrevus en certames circonstances, ils semblaient avoir une influence, tantôt heureuse, tantôt néfaste, sur ses destinées. II en fît des fétiches, révérés superstitieusement. Sa première croyance encore persistante parmi de nombreuses peuplades — fut une foi naïve dans le surhumain, le sentiment vague de quelque miraculeux pouvoir.
Il ne fallut qu'un travail de généralisation, correspondant à une compréhension intellectuelle plus étendue, pour remplacer le fétichisme par une autre conception, celle d'esprits incarnés en toutes choses, puis par le polythéisme, personnifiant les forces mondiales en divers types déifiés, et en rapport de forme avec la puissance spéciale qui leur était attribuée.
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L'idée première de tous ces modes d'adoration restait la même, celle d'agir sur des volontés supérieures au moyen d'offrandes, d'actions de grâce et de prières.
Le culte des dieux ainsi honorés était des plus simple. On leur présentait des victuailles, d'après certaines rites ; parfois des victimes humaines; des animaux égorgés en leur honneur ; des libations d'hydromel et de soma. 11 n'était pas question d'échange symbolique ou d'hommage moral, mais d'offrandes véritables, ayant pour objet d'obtenir les bons offices du dieu invoqué.
On comprit bientôt cependant que les divinités, ainsi reconnues ne pouvaient être toutes d'égal pouvoir. On commença par les subordonner les unes aux autres, et enfin on supposa au-dessus d'elles une autorité suprême, invisible et souveraine.
Cette pensée, qui précéda l'apparition des doctrines monothéistes et panthéistes, se fait pressentir déjà dans le polythéisme grec et romain, dont les dieux étaient soumis aux arrêts du Destin, supérieur à eux, inflexible et redoutable.
Cinq grandes religions ont émergé, à différentes époques, de la variété des croyances : le Brahmanisme, le Bouddhisme, le Judaïsme, le Christianisme et rislamisme. Pratiquées, par des millions d'hommes, leur action sur la vie sociale à été'considérable. Toutes résultent dune même impulsion, le désir de pénétrer les secrets de l'au delà, d'en éclaircir le mystère, et d'en dégager la Vérité absolue, source de toutes les obligations et de tous les devoirs.