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LE BRAHMANISME

Il prit origine dans le Védisme, l'ancien culte des Aryens à leur arrivée aux Indes, successivement étendu et modifié. D'après ses dogmes, un Être omnipotent.

Brahma, âme universelle, essence de ce qui existe, a donné naissance à un autre Brahma. le démiurge, et de celui-ci procèdent les Dévas ou dieux ; les Assouras, ou démons ; les hommes et tous les êtres vivants.

Cette création n'est pas éternelle. Sa durée équivaut à un jour du gran(J Brahma, c'est-à-dire à 2.160 millions d'années, pour retomber ensuite dans le chaos, où ses éléments demeurent en confusion pendant une nuit égale, en longueur, à celle du jour précédemment écoulé. Alors Brahma, sortant d'un long repos, reconstitue un nouvel univers par l'intermédiaire du démiurge, pour une même période. Ces notions métaphysiques subirent des changements vers le ni* ou le ii" siècle de notre ère. On associa au démiurge créateur, le dieu destructeur Siva, et la divinité bienfaisante qui sauve et conserve, Vichnou.

Ces trois pouvoirs symbolisant entre eux la création, la destruction et la renaissance, forment la Trimourti ou Trinité indienne. Faire acte de culte à l'égard de l'une, c'est s'adresser aussi aux deux autres, c'est-àdire à la Trimourti.

Le peuple Indou, en raison même, de ses croyances religieuses, s'est subdivisé en castes, comprenant le Brahmane, ou prêtre ; le Kchatriya ou guerrier ; le Vaicya ou marchand ; le Coudra, ou artisan. A l'origine, les Aryens étaient égaux entre eux, et il est probable que le régime des castes, toutes très fermées, ne s'implanta qu'après la conquête du pays, comme démarcation et barrière entre les vainqueurs et les populations indigènes.

Le Brahmanisme, ainsi défini dans ses grandes lignes, indique déjà des tendances assez élevées. Ses prêtres, en réalité, ont dirigé leurs études vers les problèmes les plus ardus, et les ont traités avec une profondeur rarement dépassée. Toutes les doctrines philosophiques successivement émises en Europe, se retrouvent, plus ou moins élaborées, dans leurs travaux.

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Les Brahmanes partagent la vie intellectuelle en époques distinctes ou « Açramas ». Durant les premiers, de ces açramas, le croyant invoque les dieux, leur offre des sacrifices, et leur adresse des prières.

Beaucoup d'hommes ne vont pas au delà. Quelquesuns dont la raison s'est mûrie, ne s'en contentent pas. Ils atteignent un degré supérieur, renoncent aux divinités secondaires, aux vaines cérémonies, et n'ont d'autre culte que celui du Savoir suprême, leVédanta, entièrement spiritualiste.

Ce mouvement dissident est devenu très sensible durant les dernières années. Il a donné naissance à une secte particulière, celle des Brahma'istes. Ram Mohum Roy avait fondé, au commencement du xix* siècle, une foi très symbolique et très large; ses successeurs en sont arrivés, avec Debendra-Nath-Tagore, à nier l'authenticité des textes védiques. Ils proclament une religion Théiste, ne s'appuyant sur aucune révélation.

§ 2. — LE BOUDDHISWE

La doctrine des castes, rigoureusement appliquée, devait finir par soulever des protestations. Le fils d'un roi de l'Inde centrale, Siddhartha. dit Çakya-Mouni. proclama, 600 ans avant J.-C. l'égalité au point de vue religieux de tous les hommes, et sa propagande servit de base au Bouddhisme.

Les dogmes de cette religion, qui s'est répandue dans une grande partie de l'Asie, n'ont guère de rapports, cependant avec les prédications de Çakya- Mouni. qui mettait en doute l'existence des dieux, la réalité de leur puissance, l'utilité et l'efficacité de la prière.

La matière d'après lui. est éternelle et indestructible. Soumise à une loi mécahique fatale, elle se transforme sans cesse. L'homme, né dans un monde voué

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à la douleur, n'a qu'un moyen de s'en défendre, celui de se concentrer en lui-même, évitant tout désir, toute passion. Ses efforts doivent consister à ne pas se laisser entraîner dans le renouvellement incessant qui s'opère autour de lui, et à obtenir, à force de renoncements, la paix absolue, la béatitude du « Nirvana » de l'éternel repos.

Çakya-Mouni, après avoir vécu six ans dans la solitude, prit le titre de « Bouddha » ou de Sage, et commença ses prédications.

11 fut bientôt suivi de nombreux disciples, désirant profiter de son enseignement. A sa mort, survenue après qu'il eut voyagé en différentes parties de l'Inde, il ne laissait aucun écrit. Ses adhérents, pour y suppléer, s'appliquèrent à recueillir et à commenter les paroles du Maître. Des Assemblées eurent lieu, pour en fixer la tradition. On y travailla si diligemment que Bouddha fut déifié, et qu'on mêla des légendes, des miracles et des pratiques d'idolâtrie à sa doctrine primitive.

Ce fait n'a rien qui doivent surprendre. Les modifications subies par les idées religieuses, en suite de leur transmission d'un milieu à l'autre, sont souvent assez importantes pour ne garder qu'un nom comme trace de leur origine. Le Bouddhisme transporté en Chine y est devenu méconnaissable. Différend de celui de l'Inde, il ne ressemble pas au Bouddhisme du Népal, qui lui-même est très éloigné de celui de Ceylan.

Le Bouddhisme atteignit son apogée au in® siècle avant J.-C. Depuis lors, après de longues controverses, ses adeptes se sont groupés en deux sectes, dontl'une, « l'Hinayana », s'en tient à la lettre des écritures, tandis que l'autre, la « Mayayana » cherche et prétend découvrir un sens ésotérique aux paroles de Bouddha. La première est particulière au Nord, l'autre au Sud de l'Asie. Celle-ci, très mystique, professe un polythéisme panthéiste.

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En général, dans tout l'Orient, les conceptions religieuses concluent à l'absorption de Ihomme, comme individu, dans le principe divin, et à Tanéantissement du fini dans l'infini. Pour beaucoup d'entre elles, le fini n'est même qu'une illusion temporaire, sans véritable réalité.

§ 3, — LE judaïsme

Le Judaïsme ou Mosaïsme, procède de notions entièrement opposées à celles des Aryens.

Tandis que ces derniers inclinent vers le panthéisme unissant intelligence et matière en un seul et même être omnipotent, les Hébreux, de race sémite, considèrent le monde comme entièrement distinct de son principe : la Puissance suprême.

D'après eux lahveh, le créateur de tout ce qui existe, domine son œuvre, en souverain Maître et Seigneur.

Celte œuvre est-elle sortie du néant ou d'une'masse chaotique préexistante, comme lahveh, à toute création? La question, souvent soulevée, reste sans solution. Il s'en présente une autre non moins embarrassante. Si le dieu des Hébreux est parfait, c'est-à-dire au-dessus de tout désir, comment a-t-il eu celui de créer un monde? Ces problèmes insolubles pour la raison humaine, sont renvoyés aux articles de foi. La Bible juive est considérée comme un livre sacré, émanant d'une révélation divine, et la Bible affirme la création. Ici, surgit un doute, résultant de patientes recherches. Le Pentateuque a-t-il réellement été écrit par Mo'ise, sous l'inspiration de Dieu ? Il ne peut être entièrement attribué à Moïse, puisqu'on y mentionne sa mort, ainsi que des faits qui ne se sont produits qu'après l'établissement du gouvernement monarchique parmi les Juifs. De plus les contradictions y sont fré-

quentes et de nature à indiquer de nombreuses interpolations, et des errements qui n'ont rien de divin.

Les événements rapportés dans la Genèse du premier au deuxième chapitre, ont été évidemment empruntés à de courtes légendes, de sources diverses, mais surtout assyriennes.

« Dieu, y est-il dit, a créé le monde en six jours et il a fait naître le premier homme, dont il a tiré la première femme, plaçant ce couple dans un lieu de délices, le Paradis terrestre. Chassés de ce Paradis pour avoir, malgré une défense formelle, goûté du fruit de l'Arbre du bien et du mal, ce qui aurait induit le premier homme, Adam et la première femme Eve à s'unir sexuellement, ceux-ci auraient été exilés suî terre, condamnés à cause de leur péché, eux et tous leurs descendants, au travail, à la douleur et à la mort.

Dieu les ayant formés, physiquement, pour multiplier leur espèce, en quoi ont-ils pu avoir démérité en cédant à une attraction nécessairement prévue, et conforme à leur nature ? S'il les a punis pour leur désobéissance, leur châtiment est-il plus mérité ? Adam et Eve, d'après la Bible, n'avaient conscience, avant leur transgression, ni du bien ni du mal. Ne devaient-ils pas ignorer par conséquent, qu'une désobéissance les mettrait en faute?

Cette idée d'une sorte de dégradation, suivie d'une chute, est inconciliable avec les faits constatés par la science. Ceux-ci démontrent en effet, que la vie terrestre, sous tous ses aspects, s'est accrue avec une extrême lenteur, pendant des siècles, passant du simple au composé, et progressant par de constantes métamorphoses. Les plantes les plus anciennes sont d'une structure absolument élémentaire. Les premiers animaux, monères, infusoires, rhisopodes, s'en distinguaient à peine. Puis au cours des âges, se forment

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des organisations nouvelles, dont l'étude des couches terrestres nous a dévoilé la nature. A chaque transformation correspond une adaptation, de plus en plus complète, au milieu ambiant, une supériorité acquise.

11 est très difficile de fixer exactement l'époque, très éloignée de nous, où commence la période préhistorique humaine. Il est reconnu, toutefois, que l'homme est le dernier chaînon d'une longue suite d'êtres vivants, dont les origines remontent à la plus haute antiquité.

Supérieur par ses aptitudes générales aux autres types zoologiques, il nous est révélé, vers la fin de l'époque tertiaire, ou au commencement de l'époque quaternaire, dans un état profond d'abjection. Il en sort péniblement, conformément à la loi indiquée cidessus, améliore sa situation, progresse, et finit de nos jours par détourner à son usage des forces naturelles qu'il a jadis divinisées.

Tels sont les faits que de consciencieuses études, poursuivies avec intelligence, ont mis en lumière. Ils impliquent en toutes choses un perfectionnement continu, une spiritualisation de plus en plus généralisée de la matière. Peut-on opposer à leur enseignement l'affirmation d'une chute, d'un état de dégénérescence, affirmation n'ayant d'autre sanction qu'une tradition religieuse, sans preuve d'authenticité?

Est-il établi, de plus, que l'humanité descend d'un seul couple ? Ne semble-t-il pas infiniment plus probable que ses types primordiaux ont paru sur différents points, partout où se trouvaient réunies les conditions favorables à leur existence ?

Moïse, affilié aux prêtres d'Egypte, bien que de descendance hébraïque, est le fondateur de la nationalité juive ; c'est de lui que les fils d'Israël reçurent leur législation.

Toute adoration devait être résenée, sous peine de terribles châtiments, à lahveh, Dieu unique, créateur

du ciel et de la terre. Le pays de Ghanaan était promis aux Hébreux, ainsi que des bénédictions spéciales, j)Ourvu qu'ils demeurassent fidèles à leur culte monothéiste.

Dans le désert, où les Israélites séjournèrent pendant quarante ans, le tabernacle, contenant l'Arche du Seigneur, constituait le centre de leur campement. Plus tard, ce fut le Temple, confié exclusivement aux Lévites. Des sacrifices y étaient accomplis, les uns avec immolation de victimes, les autres consistant en offrandes de fleur de farine mélangée d'huile, d'épis et de gâteaux.

Toute alliance avec les étrangers idolâtres était interdite. Il était ordonné de les combattre sans rémission, n'épargnant ni l'homme, ni la femme, ni même le bétail. Le Dieu d'Israël était jaloux, et implacable dans ses vengeances. La crainte de celles-ci est inséparable du Judaïsme.

Cette conception deladivinité estgénérale, d'ailleurs, parmi lespeuples sémites. L'homme, fange etpoussière doit au Très-Haut une obéissance passive, et s'y soumettre avec une patiente résignation.

Un espoir restait aux Juifs, la rédemption du péché originel. Un personnage céleste, un Messie était attendu.

A sa naissance, l'époque des épreuves, pour les Juifs, devait prendre fin. Toutes les nations seraient contraintes de reconnaitre son autorité, sous l'hégémonie du peuple Israélite. Celui-ci cependant, depuis son établissement en Judée, avait eu de sérieux revers. Placé sous la tutelle romaine, son indépendance n'était que nominale. Une vive effervescence régnait dans le pays, entretenue par d'ardents sectaires, morigénant avec véhémence le relâchement des mœurs, et l'impiété générale.

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