CONSOMMATION DE LA HOUILLE EN EUROPE PAR HABITANT EN
Nom den pays.
Royaume* Uni.
Belgique . . .
Prusse . . . .
France ....
Quantité toute consommée. a'hulnL paK.ÏÏ.t.
93 millions de tonnesde 1000 kil. 30 millions 3100 kilog 10 — — 5 — 2000 —
1. Dans tout ce chapitre, il est toujours question de la Prusse avant les annexions.
Il csl intéressant de calculer quel nombre d’ouvriers est directement employé à produire lu quantité de bouille extraite annuellement. Ce nombre atteint, dans la Grande- Bretagne, le chiffre de 323 000. La France, la Belgique, la Prusse arrivent ensemble au chiffre de 200 000, dont 100000 pour la Belgique et la France, 100000 pour la Prusse. Ce dernier chiffre donne en moyenne un ouvrier pour une production annuelle de 200 tonnes. Si l’on suppose que la même proportion se vérifie pour le nombre de bras occupés par le reste des houillères, on arrive à un total de près de 800000 hommes, qui représente très-approximativement le chiffre de l’armée des houilleurs. C’est juste le chiffre des combattants que mettent en campagne les plus grands pays dans les moments suprêmes ; mais combien l’armée qui se sert du pic vaut mieux que celle qui porte le mousquet. Celle-ci sème la ruine, le feu, le sang sur son passage ; celle-là concourt activement au progrès. La première tient ses hommes presque inoccupés ; la seconde renferme les plus énergiques travailleurs. L’une et l'autre emploient la poudre ; mais l’une détruit, tandis que l'autre crée. Toutes deux sont vaillantes, sans doute ; mais l’une ne vit que pour la guerre, l’autre est une urmée de paix.
Si la production de la houille est sensiblement proportionnelle au nombre d’hommes qu’on emploie, elle n’est pas en raison de la surface qu’occupe le terrain exploité. On conçoit qu’une très-grande partie des bassins peut être stérile, c’est-à-dire ne renfermer que des grès, des schistes, des calcaires et pas de charbon, comme cela se voit en Irlande, eu Russie et dans quelques districts de l'Amérique anglaise. Par contre, sous une très-petite surface peut être concentrée une très-grande quantité de bouille, quand les couches carbonifères sont très-nombreuses, comme en
LES MINES DE CHARBON
Belgique, très-épaisses et voisines du sol, comme en Angleterre. La qualité d’un combustible intervient aussi dans le chiffre de l’extraction. 11 est des houilles de composition médiocre, et qu’on n’exploite guère. Euiiu, certains gîtes peuvent ne pas être utilement attaquables, à cause de circonstances particulières, comme l’éloignement des centres de consommation, le prix élevé des transports, etc. Il n’y a donc jamais de proportion exacte à établir entre la production des divers bassins houillers et la superficie qu’ils recouvrent. Il serait, dans tous les cas, plus rationnel de comparer le chitlre de l'extraction au cube de houille existant, que l’on obtient en multipliant la surface houillère par l’épaisseur de toutes les couches réunies. Quoi qu’il en soit, voici quels étaient les nombres généralement admis, eu 1860, pour la superficie reconnue des divers bassins houillers les plus producteurs. Nous avons réduit les superficies en lieues carrées de seize kilomètres (quatre kilomètres au côté) valant seize cents hectares.
SUPERITCIE RECONNUE DES PRINCIPAUX BASSINS HOUILLERS PRODUCTEURS EN 1866.
Situation des basons houillers.
Superficie eu lieues carrées.
Amérique du Nord (États-Unis et Provinces
anglaises) 20 000
Royauine-Uni 1 000
France 200
Prusse 200 j
Autres États de l'Allemagne 200 800
Belgique 10û\
Espagne 100/
Autres pays (approximativement) 3 200
Proportion de la superficie houillère totale.
Total de la superficie reconnue de tous les bassins houillers du globe en 1866 25 UOO
Que nous dit ce tableau ? Que la superficie houillère de
l’Amérique du Nord est quatre fois plus grande à elle seule que celle de toutes les autres contrées du globe. Comme cette immense étendue recouvre dans la plupart des cas des bassins très-riches et presque encore vierges, c’est là, ainsi que nous l’avons dit, qu’est la grande réserve de l’avenir. Si l’extraction n’y atteint pas aujourd’hui un chiffre plus élevé, c’est que les Américains ont encore le combustible de leurs forêts. Il convient cependant de faire observer que, sur le chiffre de vingt mille lieues carrées, porté au tableau des superficies houillères des ces régions, le quart ou cinq mille lieues carrées, appartiennent aux bassins des Provinces anglaises, qui bordent entre autres la partie sud du golfe Saint-Laurent, et sont moins productifs que ceux des États-Unis.
La superficie houillère des Iles Britanniques n’est que le vingtième de celle de l’Amérique du Nord ; mais elle en serait le dixième, si nous avions pris le chiffre de deux mille lieues carrées que donnent quelques auteurs. Trèsprobablement ceux-ci comprennent dans leurs calculs toute la superficie des bassins houillcrs de l’Irlande, fort étendus, mais très-pauvres ou tout à fait improductifs; et peut-être font-ils entrer aussi dans la surface en charbon de l’Angleterre non-seulement les bassins utilement exploitables, mais encore l’extension probable de tous les terrains houillcrs.
Pris à son minimum, le chiffre du Royaume-Uni est encore supérieur à celui de toutes les autres contrées de l'Europe ensemble. La France, la Prusse, tous les autres États d’Allemagne, ont séparément la même superficie houillère, muis celle-ci n’est à sou tour que le cinquième de celle généralement admise pour l’Angleterre.
Enfin le chiffre représentant la surface en charbon de
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la Belgique est moitié de celui de la France; il en est de même pour la surface des bassins espagnols. Ceux-ci, on l’a dit ailleurs, sont en ce moment peu exploités; ils fournissent à peine quatre cent mille tonnes par an. C’est le grenier où d’abord ira frapper l’Europe, quand la disette sera venue.
Pour compléter les tableaux donnés page 200, il convient de comparer l’extraction des quatre grands pays producteurs de l'Europe, en 1800, à la surface houillère correspondante :