CHANGEMENTS DE NIVEAU EXPÉRIMENTÉS QUAND ILS VENAIENT III
IR DIFFERENTES ESPÈCES ET RACES D'ANIMAUX PARFAITEMENT ACCLIMATÉS DANS LES LOCALITES ELEVEES S BASSES. ET DANS LES LOCALITÉS BASSES QUAND ILS VENAIENT DES ÉLEVÉES.
Tableau ji°
Corocoro.
( Taureaux )
*- Animaux qui se sont acclimatés en Hollande. * * Animaux qui viennent de V Hollande.
Chut Souris
d'Angola. noire.
Souris. Chiens: Cochon d'Inde.
Lévriers. Dogues.
Danois.
Mâtins. D'eau.
Bouledogue.
Bâtonniers.
Mouton.
O métré,
Taureaux
hollandais.
Porc.
Canari.
Pigeon:
Coq :
Pintade.
Cigne noir.
Grosse-qor
je.
Espagnol.
Dindon.
Oie commune.
A capuchor
De combat.
Queue de p Chinois.
ion.
Anglais de combat.
Cairina moschata.
Majorquin
Dorking.
Messager.
Cochinchine.
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■nètre, Cllèvre
Lama ge Cachemire,
et Alpaca.
Yack.
lophophore. Ceriornis.
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dont la température ne soit point trop élevée et l’acclimatation se fera, tôt ou tard, complètement et parfaitement. Mais si ces races des montagnes sont conduites au Sénégal ou à Yeracruz, l’acclimatation sera difficile ou peut-être même impossible.
Nous rappellerons pour mettre fin à cette partie, que les vaclies suisses, si appréciées pour la qualité de leur lait, commencent déjà à être transportées de leurs montagnes aux Etats Unis et à d’autres pays peu élevés, et que partout elles prospèrent et s’acclimatent en peu de temps.
(b) Les espèces et les races des bas niveaux acclimatées sur les hauteurs.
474. Le Renne s’acclimate naturellement en Norvège, à une altitude de 800 à 2000 mètres.
Aucune espèce de Chiens importés à Mexico n’a dégénéré, dit Mr. Dugès, et nous pouvons ajouter que les Danois, et en général les Anglais j sont devenus très communs.
Les Chats pullulent dans les villes du Plateau Central, et nous ignorons qu’ils soient incapables de s’acclimater sur les hauteurs, comme quelques auteurs l’on prétendu. S’il en était ainsi nous nous verrions encore plus assiégés par les rats et les souris, qui malheureusement ne se sont que trop parfaitement acclimatés. Nous avons dit déjà que le Dr. Soriano a obtenu beaucoup de générations de Chats albinos importés.
475. En outre, nous avons vu chez Mr. Serrano, avocat, directeur de l’Ecole Normale, un Chat d’ Angora extraordinairement sain et robuste. La longévité de ces Félins est extrême à Mexico; enfin, ils abondent tellement que bon nombre d’entre eux vivent à l’état demi-sauvage et parcourent, pendant la nuit, les terrasses des maisons, en quête de nourriture. Leur fécondité n’a pas diminué.
Nous ne pouvons présenter ici le témoignage d’aucun auteur, car personne ne s’est occupé à écrire sur des sujets si insignifiants; mais si quelqu’un doutait de nos affirmations, il pourrait s’informer auprès du plus ignorant, comme du plus instruit des mexicains. Tous répondront unanimement que l’on a souvent recours au poison, pour se défaire de ces hôtes si importuns et si nombreux, et qu’ils vendront le millier de Chats au prix qu’on leur offrira. (Yoir la note sur l’adaptation du Chat, §445.)
Quant aux Chiens qui, à Mexico, n’ont d’autre habitation que la rue, ils abondent assez pour que chaque année, à la saison chaude, le Gouvernement se trouve obligé de dépenser une grosse somme, dans le but d’ob-
tenir leur extermination. On les tue chaque année par centaines, sans que pour cela, douze mois après, on les rencontre en moindre abondance.
Les Chevaux et les Anes, les Taureaux, les Cochons et les Moutons, vivent très bien en dépit de la diète d’oxygène. Nous avons donné déjà quelques détails sur les premiers, et dans le paragraphe suivant, on verra comment les races de Chevaux et de Taureaux s’acclimatent parfaitement à Mexico, quand bien même ils procèdent de sites d’élevage peu élevés.
476. Mr. Peüúñuri, vétérinaire de l’Armée, nous dit que le climat de Mexico est admirable: aussi propice pour les chevaux importés des terres froides comme des terres chaudes ou des lointaines régions tempérées. Mr. le Colonel Yillaseñor qui plus d’une fois s’est chargé de fournir des chevaux pour les besoins de l’Armée Fédérale, a bien voulu nous communiquer quelques notes du plus grand intérêt: il assure, appuyé sur le témoignage d’une longue expérience, qu’après avoir importé à Mexico des centaines de chevaux du Texas, il n’hésite pas à affirmer que ces animaux s’acclimatent parfaitement sur le plateau central, en dépit d’un changement radical dans l’alimentation. D’après lui, il importe de faire l’importation de préférence en été, pour éviter un changement trop brusque dans les conditions thermologiques.
477. Passons maintenant à extraire un article précieux de Mr. Louis Yillaseñor, au sujet de l’acclimatation des races bovines, sur le Plateau Central de Mexique. 1
D’abord il commence par réfuter la théorie de Jourdauet, pour ce qui regarde les animaux, par des arguments que nous avons copiés ailleurs. Il combat aussi les théories de Mr. Sansón, fondées sur la supposition de Jourdanet, et que l’on peut résumer en ces mots: “sons l’influence de la diminution de pression, les races européennes succombent après avoir dégénéré progressivement, dans les endroits mêmes où la race autochthone reste vigoureuse et prospère.” Pour nous, nous répondrons que, sous l’influence de la diminution de pression, les vaches et les taureaux d’une race formée en Hollande, prospèrent à Mexico, à plus de 2200 mètres, et dans des conditions assez favorables pour qu’on puisse les présenter aux concours de bétail, et qu’ils y méritent les premiers prix. Mais ce qu’il y a de plus et de vraiment curieux c’est que Mr. Sansón, doute que ce soient les conquérants espagnols qui aient importé nos animaux domestiques, et il fonde son assertion sur l’existence de restes fossiles des susdits animaux. (!) Il nous semble tout naturel qu’un auteur dont nous sommes d’ailleurs les premiers à reconnaître la science et l’autorité, mais si peu au courant de ce qui concerne les altitudes, tombe dans des erreurs aussi graves, au sujet de l'acclimatation.
478. Après avoir présenté un assez grand nombre de preuves, Mr. Yillaseñor conclut que l’insuffisance de l’oxygène n’est pas un obstacle à
1 Gaceta Agrícolo-Yetennaria. Yol. III, N0*- 6 à 10. México, 1881.
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Planche 7.
Race Holstein Friessian. — Second prix. — Taureau “El Duque;” propriété de M. Genaro Raigosa, Ferme de “Roque,” Celaya (État de Guanajuato).
Planche S.
Race Schweiz. — Second prix. — “ Duc;” propriété de MM. Manuel Pére2 Fernández Succrs., de l’étable de Necatitlán (District Fé* déral).
l'acclimatation des espèces domestiques. Quant à la température de la Yallée de Mexico, il la considère presque stable, si on l’apprécie sous le rapport de la variation annuelle, et instable au contraire si on a égard anx changements quotidiens. “Si les changements de saisons se produisaient, comme dans certaines parties de l’Europe, oii il est nécessaire de garder le bétail, pendant tont l’hiver, dans des étables presque sans ventilation, pour les préserver du refroidissement, on aurait peut-être quelques raisons de craindre. Et cependant, là même où les changements sont si brusques, l’acclimatation est encore possible; elle le sera donc à plus forte raison à Mexico, où les changements de saisons sont à peine sensibles; quant aux variations diurnes, il ne faut pas de bien vastes connaissances pour en éviter les effets, puisqu’elles se produisent avec beaucoup de régularité: les premières heures du matin et les dernières du soir sont les seules froides .... Ainsi donc la température n’est pas un obstacle à l’acclimatation.”1 A notre avis cependant elle peut influer, au moins dans les commencements.
479. Quant à l’humidité, elle influe, d’après Yillaseñor. Quand les altitudes sont très sèches, quelques races n’y peuvent prospérer; mais elles sont excellentes pour les animaux que l’on engraisse et pour les vaches do lait.
Yient ensuite l’histoire des principales importations de bétail. Mr. Yargas importa plusieurs animaux de race Durham et Ayr, comme aussi un taureau et une vache carlins (chatos): “Quatre ou cinq ans plus tard, plusieurs marchands de vaches encouragés par les bons résultats de l’entreprise Yargas, firent de nouvelles importations, contribuant ainsi à améliorer le bétail de la Yallée de Mexico. Ces taureaux croisés avec des vaches du pays, principalement avec celles des environs de Zamora (Etat de Miclioacan) ont produit d’excellentes vaches laitières . Nous avons vu, à l’Exposition Nationale de 1875 de magnifiques taureaux Durham; ils appelaient l’attention non moins par leur finesse que par les caractères nettement prononcés de leur race. Ces animaux appartenaient à Y Hacienda de St. Antoine (un peu plus élevée que Mexico), et l’on était certain qu ’ aucun de leurs ascendants n’avait été tuberculeux. Eu 1878, nous eûmes l’ocassion de voir les animaux pur sang. C’étaient quatre taureaux en très bon état , deux vaches avec leurs veaux, etc. Presque tous ont été victimes de la tuberculose.”
480. Nous devons faire remarquer qu’une cause postérieure produisit cet état pathologique. En effet, d’après des documents officiels quine sont pas arrivés à la connaissance de Mr. Yillaseñor, nous pouvons affirmer que la tuberculose est rare chez les taureaux de Mexico.
“Il n’y a pas de doute que la diathèse tuberculeuse chez nos vaches croisées de Durham a pour cause le legs héréditaire des premiers tau-
1 Loc. c. 7, page 207.
reaux . . . Cela en effet paraît très possible, puisqu’il n’y a plus lieu de douter aujourd’hui que le climat des altitudes puisse ne pas être infallible contre le développement de la tuberculose héréditaire.
“A Y Hacienda de Mextitla, située dans la Yallée de Mexico comme celle de St. Antoine, il y a des animaux de race Ayr; ils ONT 13 ANS d’implantation, et jusqu’à ce jour on n’a encore observé aucun cas de tuberculose. Il s’est produit bon nombre d’individus de race pure, tous en très bonne santé , et que l’on a payés bon prix à leurs maîtres. La même chose est arrivée avec la race suisse implantée ici il y a 11 ou 12 ans: il ne s’est présenté qu’un seul cas de tuberculose. Les petits ne peuvent se trouver en un état plus prospère, et les hauts prix qui s’offrent pour les individus pur sang, en sont la preuve .... Au milieu de l’année 1874 on a importé des Etats-Unis à l’Ecole d’Agriculture (tout près de Mexico) plusieurs animaux de races différentes: deux tam*eaux et une vache Avrshire, deux taureaux et deux vaches Durham, un taureau et une vache Jersey. Tous se sont reproduits, mais aucuns d’eux n’ont donné des produits aussi remarquables que les individus de la race Ayr, pour leur nombre, comme pour leur finesse; les caractères ne laissent rien à désirer. A la dernière exposition de Puebla , ils ont mérité le premier prix.
481. “Il est très probable, dit plus loin Mr. Yillaseûor, que la sécheresse de l’atmosphère (?) soit la cause principale de la dégénération de quelques races européennes; l’altitude et la température n’influeraient qu’indirectemeut, en tant que la sécheresse de l’atmosphère serait leur conséquence.”
482. Ce qu’il y a de sûr c’est que Yillaseflor ne donne nulle part la preuve de la dégénération de certaines races: il ne veut pas dire qu’elles dégénèrent, pour être victimes de la tuberculose, puisqu’il arrive absolument la même chose dans leur pays d’origine, et que les animaux importés sont atteints déjà de la diathèse. Quant à l’influence de la sécheresse nous verrons qu’elle n’a pas été un obstacle à l’acclimatation, dans la Yallée de Mexico, de la race Holstein Fressiau, race qui s’était développée cependant dans la nuageuse et humide Hollande.
Notre auteur conclut que les taureaux Ayr et Suisses satisfont parfaitement aux besoins du pays, même sous le point de vue climatérique. “Surtout, dit-il, ceux de la première race, car les faits que nous avons à l’appui de cette assertion sont assez nombreux pour ne laisser aucun doute”. . . . “Une autre race qui convient certainement beaucoup au pays est la Bretonne, surtout dans les endroits semblables aux plaines d’Apam (Llanos de Apam), à plus de 2200 mètres.” Mr. Yillasefior confirme la vérité de son assertion, citant le cas d’une vache Bretonne qui donnait une quantité considérable de lait; nous avons déjà copié ce document. (Yoir §440).
483. Entre toutes les conclusions de l’auteur, il en est une qui nous intéresse plus particulièrement:
“La quantité d’oxygène est suffisante pour que ces races ne dégénèrent pas, et que leurs aptitudes n’arrivent pas à s’altérer.”1
Yoici une liste des animaux que nous avons vus s’acclimater à Mexico; nous ne comptons que ceux qui se sont reproduits:
Chat ordinaire. Importé d’Europe.
Chat albinos.
Chiens. Quelques uns importés d’Europe.
Lévriers. — Matins.— Danois. — Dogues grands et petits. — Bouledogues. Chiens d’eau. — Terreneuves? — Canis genuinus.
Rat noir et gris. — Souris.
Cochons d’Inde. (Cobayes). Nous avons observé qu’ils se reproduisent, même quand ils subissent l’influence de l’air raréfié, sous les cloches pneumatiques. Nous eu avons utilisés pour faire nos expériences; ils n’abondent pas à Mexico, où on ne les garde que par curiosité, mais à St. Louis Potosí, presque à la même hauteur, on les trouve en abondance.
484. Lapin. Il y a, h Mexico, un grand nombre de Lapins dont on se sert pour l’alimentation de l’homme. Ceux que l’on garde captifs proviennent de l’Ancien Continent; les albinos et les mélaniques sont très communs. On a importé dernièrement des Lapins d’ Angora qui se sont bien acclimatés; il y en a quelques uns à Y Instituto Médico de México, où ils servent aux expériences de physiologie; nous en citons plusieurs dans nos études et nos tableaux d’observations.
Le physiologiste Miiutz a porté à l’observatoire du Pic du Midi un certain nombre de Lapins qui se sont acclimatés parfaitement. Quelque temps après on analysa leur sang, dans le but d’étudier l’influence de l’altitude; rien n’indiquait l’anémie.
Chevaux. Les plus communs à Mexico sont métis de race andalouse et arabe. Nous avons dit déjà qu’ils possèdent de précieuses qualités. Des chevaux de course et de Texas se sont aussi acclimatés; ils se trouvent à la caserne du Corps de Gendarmerie où on les compte par centaines. Quelques uns se sont reproduits.
Anes. Ils servent de bêtes de somme, et ils parcourent continuellement et en grand nombre les chemins de Mexico. Les mules nées dans le pays sont très vigoureuses.
Dromadaires. Il semble qu’eux aussi se sont acclimatés, mais ils sont rares. Les individus qui existaient à l’Ecole Préparatoire, un seul mâle et une femelle, ont donné naissance à une ¡descendance d’animaux tuberculeux.
Chèvres. Communes sur les montagnes. Dernièrement on a importé à une hacienda de l’intérieur de la République, et à Mexico même, les fameuses Chèvres d' Angora qui se sont très bien acclimatées déjà. Il y a
1 Loc. c., N° 10, page 303.
maintenant an Musée de Mexico un mâle avec tous les caractères de sa race.
Moutons. Ceux qui existent aujourd’hui sont de la dernière rusticité; il est vrai que l’on n’a eu aucun soin d’améliorer leur race, ni même de la conserver dans sa pureté. Le Docteur Dugès dit qu’ils se reproduisent aussi bien que partout ailleurs.
Taureaux de races diverses.
Buffles Kerabao. Il y en avait à Chapultepec, au temps de l’Empire. Cochon. Les deux races communes semblent venir d’Espagne; nous ne les avons pas étudiées, mais assurément elles ne sont pas originaires du pays.
Oiseaux.
485. Psittacidés. On en trouve plusieurs à Mexico, que l’on a importés des terres basses et chaudes de la République. Nous citerons entre autres les suivants: Ara macao, Bolborliynchus lineolatus, Conurus canicularis, Chrysotis: ces derniers arrivent à une' longévité assez grande. Nous ignorons qu’ils se soient reproduits, mais il est certain qu’ils n’ont eu à souffrir aucun effet pernicieux du climat. On ne tient que très rarement le mâle et la femelle captifs ensemble. Mr. Icaza, avocat, a obtenu la reproduction d’un petit perroquet de l’Océanie.
Canari. Très commun à Mexico. Il se reproduit parfaitement, et les croisements avec les Fringillidés du pays ont très bien réussi. Les races Belge, Yorkshire et d’autres ue sont pas connues au Mexique où on ne les a jamais importées.
Amadina oryziborci. Assez ordinaires; il y a eu reproduction. La variété albine ne manque pas.
Spermestes bicolor. Mr. Albert Icaza possède quelques individus nés à Mexico; le Musée National en possède un.
Pigeons. Grosse gorge. — Capucin. — Queue de paon (très commun). — Chinois (aux plumes frisées). — Majorquins. — Yoyageurs.
Coqs. Espagnols en grande partie. — De combat. — Houdan. — Dorking. — Cochinckine. — Anglais de combat.
Poule de Guinée. (Pintade).
Dindon. Il vient presque certainement des espèces des régions les pliïs basses du Mexique.
Cygne noir.
Oie commune. Très abondante: s’il est vrai qu’à Bogota on ne pouvait l’acclimater au commencement, par contre on y est arrivé vite et parfaitement à Mexico.
Planche 9.
Race Holstein Friessian. Premier prix. Taureau “Columbus,” propriété de M. Germán Laue, de l’étable de “Nápoles” (District Fédéral).
Premier prix. Taureau “El Niño,” propriété de M M del Cerro et C?, de l’étable de Valdés (District Fédéral). Race Holstein Friessian, crée en Hollande, à moins de 0 mètres d’altitude, acclimatée dans la Vallée de Mexico, à 2200 mètres.
Planche 10.
. • 'Sffí! *
Canard, domestique. Commun partout.
Cairina moschata. Entièrement acclimatée.1
486. On a importé dernièrement d’Espagne plusieurs taureaux de courses. On les a croisés avec ceux d’Atenco, Hacienda située dans l’Etat de Mexico, où en dépit de la grande altitude, s’est formée la race de taureaux la plus vaillante de la République; croisés avec des Espagnols ils n’out pas donné des produits dégénérés, timides, incapables du moindre effort, comme les dépeint Jourdanet, mais an contraire, d’un grand courage, qui ajouté à leur force les a rendus redoutables pour les toreadores eux -memes. Les courses où ils prennent part sont des plus sanglantes; celle par exemple qui se célébra à Mixcoac, Vallée de Mexico, le 20 Mai 1894, fut fatale pour cinq toreadores qui reçurent de graves blessures et pour neuf chevaux qui moururent dans l’arène du cirque.2 (Voir le § 417).
(c). Taureaux et chevaux nés ou importés sur les hauteurs du Mexique
et qui ont obtenu
des récompenses au Concours spécial de Bétail.
487. Ces données sont d’un grand intérêt et d’nne grande valeur, parce qu’au concours de 1893 on présenta une multitude d’animaux appartenant à des races formées dans des endroits bas, et qui se sont acclimatés parfaitement sur les hauteurs mexicaines, sans donner le moindre signe d’avoir dégénéré.
Le Gouvernement ouvrit le concours et nomma un jury non moins compétent qu’impartial. On y trouvait des personnes des plus recommandables, comme Mr. José J. Arriaga, ingénieur, ex-directeur de l’Ecole Nationale d’ Agriculture, Directeur du Bulletin d’Agriculture, bien connu pour ses écrits sur le bétail.
488. Les bases du concours furent très sévères; le jury lui même les détermina et s’y conforma dans toutes ses résolutions. Il nous paraît absolument nécessaire de les transcrire du Compte-Rendu officiel. (“Informe quo presenta al señor Ministro de Fomento, el Jurado de calificación.”) 3
1 Acclimatation du ver à soie et du mûrier sur les hauteurs. Voir l’Histoire de l’Industrie séricicole au Mexique, par H. Chambón. El Progreso de México, Nov. 30, 1895, pág. 118.
2 Voir les Journaux du 22 Mai: “Gil Blas”, “Universal,” etc.
3 Reseña del primer Concurso de Ganadería en Coyoacán. México, 1894. — Les Jurés furent J. J. Arriaga, ancien directeur de l’Ecole Nationale d’Agriculture; E. Pimentely Fagoaga, E. Alfaro, M. García, J. Berriozábal, J. R. Portillo y E. Cuevas. — Leur rapport se trouve de la page 18 à la page 28 de la “Reseña.”
“l.° Dans des circonstances identiques, quand il n’y a pas de différence dans les qualités des reproducteurs de sang pur, on doit préférer aux types importés leurs descendants qui, nés clans le pays , exercent leurs fonctions et donnent des produits qui loin d’être dégénérés ou viciés , conservent stables et permanents les caractères de leur race et réunissent, plus accentuées, les qualités de leurs pères.”
“2.° Nous jugeons aussi plus dignes d’attention et d’estime les jeunes qui, tout en conservant leurs caractères indélébiles de race et les aptitudes qui s’eu suivent, sont de pur sang, forment déjà des familles parfaitement habituées au milieu où elles vivent , véritables souches, pour ainsi dire, de nouvelles races indigènes régénérées: on doit donc les préférer «aux races obtenues par des croisements où l’on a suivi des systèmes erronés ou défectueux.”
“3.° Parmi les types de croisement on doit préférer à tous égards ceux qui par leurs caractères bien définis constituent une variété fixe sans danger d’atavisme et qui se rapprochent davantage par leurs formes et leurs aptitudes à la race pure primitive, laissant au second rang les produits de croisements faits à la légère et qui, en se multipliant, conduisent moins au perfectionnement qu’à la prompte décadence et rapide dégénération de la race mère, par le manque des qualités et la désapparition des caractères.”
“4.° Il ue peut exister aucun point de comparaison, et la concurrence est d’ailleurs impossible, entre des animaux obtenus par des croisements intelligents qui forment une variété fixe avec ses qualités déterminées et ceux qui proviennent de croisements faits à la légère, au moyen de reproducteurs de races mal définies et qui réunissent plutôt des défauts que des caractères de beauté et des aptitudes. On doit dóneles rejeter comme membres nuisibles et dégénérés, quelle que soit la noblesse et la rareté de la race dont ils sont issus.”
489. “Après avoir déterminé ces règles, nous les avons mises en pratique pour qualifier les représentants de chaque race. La méthode suivie a été celle de comparaison et d’élimination pour n’admettre à la concurrence que les individus qui réunissent les caractères suivants propres aux races pures: l.°, couleur et forme extérieure; 2.°, harmonieux ensemble des formes et parfaite distribution des membres; 3.°, organisme sain et robuste, avec aptitudes spécicdes pour remplir le double objet de la procréation et de la production.”
On ne pouvait rien exiger de plus sévère, de plus juste et de plus scientifique dans les bases du concours et ses décisions. Il ne s’agissait pas de juger à la légère; dans chaque cas on avait à déterminer en résumé si la race était acclimatée puisque l’on devait faire attention aux caractères de l’acclimatation parfaite qni sont:
Planche 11
Race Schweiz. — Premier prix. — Taureau “Montañez,” propriété des flls Toriello Guerra, de la ferme de Coapa (District Fédéral).
Planche 12.
Race Schweiz. — Troisième prix. — Vache "Zurich,” propriété de Messieurs Manuel Pérez Fernández Succrs., de l’étable de Necatitlán (District Fédéral).
La même vigueur que dans la première patrie.
Les mêmes facultés de reproduction.
Les mêmes caractères chez les descendants nés dans la nouvelle patrie.
“Les types de croisement qui, après mur examen, obtinrent le premier rang dans la concurrence furent les Veaux croisés de Holstein Fressian et de vaches de Zamora. Il faut noter qne dans ces produits de croisement on remarque tout de suite une perfection spéciale de la nouvelle race; beauté dos formes, fixité des taches qui caractérisent la famille hollandaise, enfin, ce qui est encore pins digne d’éloge, le maintien des qualités et des caractères des progéniteurs où l’on est arrivé par d’ingénieux procédés et de consciencieux essais, en soumettant les descendants à la rusticité la plus complète, et eu obtenant qn ’ils arrivent à s’accommoder à un climat et à un milieu très différents de ceux où vivent leurs progéniteurs mâles dans les prairies de la Hollande, et les femelles dans les fertiles campagnes de Zamora.”
490. “Mr. Pimontel et sou frère présentèrent- au concours un groupe de six génisses hollandaises chez lesquelles on put reconnaître aussitôt le 'perfectionnement de la race obtenue par des croisements faits avec le plus grand soin. Cette famille, d 'origine hollandaise , parfaitement constituée a encore le grand mérite d’avoir atteint le plus haut degré possible de rusticité, et d’arriver à vivre, à progresser, à se développer et à se perfectionner, après s’être accommodée et un climat et et un milieu réellement tout différents de ceux qui produisent les excellentes qualités des races pures, dans les humides et nuageuses régions de la Hollande .”
C’est un fait remarquable que les Lamas originaires des plus liantes montagnes de l’Amérique du Sud aient pu s’acclimater dans un pays très bas, au pied des digues de la Hollande; mais nous 11e devons pas être moins étonnés de voir que le bétail élevé avec les plus grands soins en Hollande, dans des étables que l’on peut qualifier presque d’élégantes, au sein d’un climat humide, quelques mètres au-dessous du niveau de la mer, prospère'et se perfectionne sur les hauteurs du Mexique, où il vit dans la plus grande rusticité, sans que l’homme intervienne en rien, pour modifier le prétendu funeste effet des conditions atmosphériques. Si tout cela no constitue pas une preuve suffisante de la parfaite acclimatation sur les hauteurs, et de la fausseté des théories non moins usées que rétrogrades de l’anoxyhémie, nous renonçons à présenter de meilleurs documents: nous n’aurions plus qu’à nous résoudre à voir l’ignorance triompher de la vérité, et les préjugés des touristes l’emporter sur les raisonnements nés de l’expérience et de l’observation.
491. Mrs. Pimontel obtinrent une médaille d’or, récompense bien méritée pour les six génisses hollandaises nées dans leur “ Hacienda de la Lechería” dont les terrains sont secs, stériles et très élevés au-dessus du
niveau de la mer. Ces animaux sont de race pure bien reconnue, et vivent dans des conditions entièrement opposées à celles de la Hollande.
492. Le résultat du Concours est représenté dans le tableau suivant- Les planches, à notre avis, ne manquent pas d’intérêt. MM. Pefiafiel ont eu l’obligeance de les mettre à notre disposition pour cet ouvrage, avant même qu’elles eussent paru dans le Bulletin correspondant. Chacun pourra comparer au moins les caractères extérieurs et juger par soi-même si ces animaux ont oui ou non dégénéré et si les appréciations du jury furent justes, sérieuses et fondées.
Race Schweiz. Second prix. Vache núm. 5 seconde, propriété de M M Martínez del Cerro et C?., de l’étable de Valdés (District Fédéral).
Planche 14.
Race Holstein Friessian. Premier prix. Vache “Aggie,” propriété de M. GermáLn Châvez, de la ferme de "La Natividad” (District Fédéral).
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Planche 15.
Race Schweiz. — Premier prix. — Jeune taureau núm. 5, second; propriété de Messieurs Martínez del Cerro et Cie., de l’étable de Valdés (District Fédéral). *
Planche 16.
Race Schweiz. — Premier prix. — Vache nûm. 5, seconde; propriété de l’Ecole d’ Agriculture et de Vétérinaire (District Fédéral).
CO
494. Les données qui précèdent n’ont pas besoin de commentaire. Nous ajouterons seulement que la plupart des animaux récompensés étaient en âge d’éprouver les effets et de présenter les caractères de la dégénération, si elle eût eu lieu. Cela s’applique plus particulièrement aux individus nés au Mexique, puisque les progéniteurs, quelque fût le temps passé dans ces altitudes, pouvaient avoir éprouvé l’action funeste du climat, dont les conséquences se seraient fait sentir chez leurs produits.
A notre avis, et d’ailleurs sans aucun genre de prétention, le rapport que nous venons de donner, a un peu plus de valeur scientifique que les vagues indications de Jourdanet. Tout ce qu’il dit des difficultés de l’acclimatation des animaux est fruit de son imagination échauffée et ne repose sur aucune base solide. Son dire seul ne peut suffire. Qui veut nous persuader que Y indigène Juárez était métis, qu’on 11e peut à Mexico prendre un bain de pieds ou souffrir une saignée, peut bien descendre au terrain de la fraude et de la supercherie et surprendre la bonne foi des savants d’Europe, racontant, comme Cherezada, que les chiens de rAnahuac ont perdu l’odorat et l’instinct de la reproduction, que les chevaux n’endurent pas une course de 300 mètres, que les courses de taureaux sont impraticables, enfin que les bœufs ne peuvent pas voler ! ! . . .
(d). Résumé. (Yoir le tableau numéro 5).
495. Nous 11e connaissons pas une seule espèce de Mammifères ou d’oiseaux qui n’ait pu s’acclimater dans les altitudes, à cause du manque de pression de l’air.
Le nombre des espèces acclimatées surpasse de beaucoup celui des espèces non acclimatées, dans le cas où l’on en trouverait. Qu’il suffise de rappeler que les espèces domestiques du Mexique viennent de l’Espagne ou des autres pays d’Europe, exception faite de deux Chiens ( Canis americanas et Canis caribœus) et du Dindon, originaire, paraît-il des régions peu élevées du Mexique. La même chose s’observe dans les endroits élevés de l’Amérique du Sud: les voyageurs parlent de chevaux parfaitement acclimatés et très aptes à la chasse du Lama; 011 rencontre même à 4000 mètres, des chevaux assez forts et vigoureux pour affronter la lutte dans les cirques, etc. Il y a cependant dans l’Amérique du Sud quelques espèces domestiques indigènes, connues de tout le monde, et qui font exception â la règle précédente, sur l’origine des animaux domestiques. Les espèces d’oiseaux et de Mammifères peuvent changer de patrie et s’acclimater complètement dans des endroits très élevés s’ils viennent de régions
basses, ou clans des régions très basses, s’ils Tiennent d’endroits très élevés. En jugeant d’après le petit nombre d’éléments* d’investigation dont nous disposons et d’après nos connaissances, bien qu’imparfaites dans la matière, le changement d’altitude serait, dans le premier cas, de 0 à 4200 mètres. (Taureaux et chevaux de l’Amérique du Sud).
496. Il y a des espèces cpii descendent d’une élévation de 6000 mètres, iusqu’au niveau de la mer, et même plus bas. (Yack, Lamas acclimatés en Hollande).
Quelques races formées en Hollande, dans un pays bas et humide, s’acclimatent ù, Mexico, h 2200 mètres d’altitude.
Les races d’animaux ue dégénèrent pas à la hauteur de 2200 mètres, quelque bas que soit leur lieu d’origine. Elles peuvent se reproduire, et les nouvelles générations conservent les qualités des premières, donnant un produit égal ou plus grand que dans leur patrie. (Cette conclusion n’a rapport qu’aux effets du climat. On comprend qu’une race peut dégénérer partout, par manque de soins, ou par des croisements défectueux).
II y a do grandes différences entre les facultés d’adaptation des variétés d’une même espèce; dans un même climat, à la même hauteur et à la même latitude, une race s’acclimatera et une autre non, on pourra observer les mêmes différences si la hauteur est différente ou si elle est la même. On n’arrivera pas toujours à l’acclimatation d’un animal dans des lieux plus bas ou plus élevés que le sien; mais on doit toujours la procurer en ayant soiu que les immigrants ne ressentent pas un changement trop brusque dans les conditions de température et d’alimentation. Nous ajouterons avec les éleveurs que les résultats seront plus certains, si le voyage s’opère en suivant les ligues isothermes et si les croisements s’effectuent avec les races aborigènes. Nous admettons avec Geoffroy St. Hilaire que le changement effectué lentement est utile, sans que nous le jugions indispensable. Il faut s’entendre pour le sens de la phrase: “ lenteur dans les changements Quand on transporte un animal d’un pays lointain le changement pourra être lent, et il est certain que l’on ne monte pas eu un jour de la côte au Corocoro; mais le déplacement effectué par un cheval anglais qui, en 10 heures, monte de Yeracruz à Mexico, h 2200 mètres, pourra-t-il s’appeler rapide? Probablement.
497. Les éleveurs de bétail ne fout aucun cas de telles exigences, et ils n’en doivent jamais faire. En premier lieu, ce n’est guère économique et assez imprudent d’arrêter des animaux coûteux, à chaque 100 mètres, leur faisant faire en deux ans un voyage qui pouvait s’effectuer en un jour; d’ailleurs on no rencontre pas toujours des stations où l’on puisse les établir sans danger; enfin et surtout, cette ascension par échelons n’est point du tout nécessaire quand les changements de niveau sont de 0 à 2200 mètres. C’est au moins ce que nous enseigne l’expérience. Les vaches Jersey, Ayr, Suisses, Hollandaises, Durham, Bretonnes; les chevaux de courses
anglais, les chevaux d’Europe eu général, les races d'oiseaux importées, tous ces êtres acclimatés au Mexique montent sur le Plateau eu quelques heures, s’ils arrivent par Yera Cruz, et eu moins d’une semaine si l’on suit la voie de terre, par les Etats-Unis.
498. Si les changements de niveau étaient plus considérables, nous ne saurions affirmer si l’ascension par échelons est ou non utile: aussi gardons-nous quelque réserve sur ce point. Cependant, il est certain que le physiologiste Müntz a fait faire eu peu de temps, l’asceusion à des Lapins sur qui il allait expérimenter, et nous savons en outre que les Yacks et les Lamas menés à Paris sont descendus rapidement et personne ne s’est préoccupé de les garder, de longs mois durant, dans des étables formées ad hoc de 500 en 500 mètres!
Planche 16 bis.
L'once ou Panthère des neiges (Felis iabis).