‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 136 sur 268 · RÉSUMÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ GÉNÉRAL

621. Les animaux se distribuent en altitude sans s’arrêter par suite du manque d’oxygène.

Ceux qui s’élèvent le plus sont: les Oiseaux, les Insectes, les Mammifères, les Reptiles, les Poissons et les Batraciens.

Les Oiseaux s’élèvent plus haut que les Mammifères; les Lépidoptères et les Chéiroptères peuvent s’élever aussi à de très grandes altitudes.

1 La proportion d’hémoglobine est plus grande chez les nouveaux-nés que chez les adultes: si elle est de 64 chez un individu de 25 ans, elle sera de 100 chez le nouveau-né. (Leichtenstern). Yiault et Jolyet. Physiologie humaine, page 82.

Les animaux marins à locomotion aquatique ne se trouvent point sur les hauteurs.

Plusieurs espèces des tropiques ne s’y trouvent pas non plus.

Généralement les ordres de plus vaste distribution ont des représentants sur les hauteurs.

Sur les altitudes on trouve la faune des régions froides et celle des régions tempérées.

Les animaux d’uue organisation supérieure ne sont pas toujours ceux qui s’élèvent le plus, ceux d’une organisation inférieure ne sont pas non plus ceux qui s’élèvent le moins.

Les différences de température, à une latitude égale mais à des altitudes diverses, peuvent provoquer des divergences dans les faunes.

622. Les espèces s’élèvent davantage à mesure qu’elles s’approchent de l’Equateur. La distribution verticale, comme chez les végétaux, a les mêmes lois que la distribution horizontale, de manière que les aires se rétrécissent à mesure que l’on s’approche de la limite des neiges dans chaque pays.

Un graud nombre d’animaux domestiques ou parasites ont suivi l’homme daus ses émigrations en altitude. D’autres sont conduits sur les hauteurs par le vent et divers autres moyens passifs de dissémination.

Aux époques géologiques probablement, certaines espèces adaptées aux conditions climatologiques de l’époque glaciale émigrèrent aux altitudes.

Les immigrants qui se réunirent sur le Plateau Mexicain arrivaient de l’Amérique du Sud comme de l’Amérique du Uord. Les animaux se sout répandus eu altitude obéissant à des nécessités impérieuses; ils se sout soumis il des changements de niveau cousidérables mais en évitant les trop grands changements de température.

La population animale des plateaux élevés augmente à cause des émigrations périodiques d’un grand nombre d’espèces, qui se déplacent en altitude et en latitude en se soumettant ù, de grands changements de pression mais eu évitant les changements de température. Les émigrations lentes contribuent aux mêmes résultats que les périodiques. Quelques espèces se retirent peu à peu sur les hauteurs pour échapper h la persécution de l’homme.

623. La faune alpine se trouve étroitement liée aArec la flore alpine et les limites de distribution verticale d’un grand nombre d’animaux coïncident avec les limites de végétation de quelques unes ou de toutes les plantes d’une contrée.

L’Asie Centrale est considérée comme le centre de création ou de distribution d’une multitude d’espèces domestiques qui aujourd’hui sont presque cosmopolites.

La limitation des espèces n’est pas relatiounée avec le manque relatif d’oxygène.

Les espèces animales 11e sont pas incapables de supporter des changements de liantenr. Dans les régions mêmes où, selon Jonrdanet, l’air constitue un élément insuffisant pour le progrès et le bien-être des organismes, on rencontre une faune riche, variée, vigoureuse, abondante en ordres supérieurs de chaque classe zoologique.

Un grand nombre de types vivent à la fois dans les régions élevées et dans les régions basses, d’autres seulement dans les régions basses, d’autres enfin ne vivent que sur les hauteurs; ceux de la première catégorie sont peut-être les pins nombreux. Au Mexique, les plus grandes affinités avec la faune septentrionale se trouvent dans la fanne des hauteurs; avec la méridionale dans la faune des bas niveaux.

La limite de l’habitation verticale des animanx est variable; pour chaque pays elle coïncide à peu près avec la limite de la végétation.

L’adaptation aux conditions des altitudes est nécessaire.

624. Les Mammifères ont à souffrir du mal des montagnes lorsqu’il s’élèvent trop rapidement, mais ceux qui se trouvent déjà acclimatés sont exempts de ces accidents. Le mal des montagnes a été observé chez des chevanx et chez d’autres bêtes de somme, taureaux, yacks, chiens, chèvres, moutons, chameaux. Il se manifeste par une faiblesse des membres, tremblement du corps, respiration fatiguée, très accélérée, irrégulière, profonde on très superficielle, hémorrhagies nasales, sommeil, etc. Il se présente à des hauteurs bien différentes pour chaque espèce et dans chaque espèce il varie assez; il y a même des différences individuelles très notables.

Chez les oiseaux emportés par les aéronautes on dit avoir observé quelques accidents mais les faits rapportés sont peu nombreux et difficiles à croire.

Il n’est pas vrai que la pousse s’observe seulement chez les chevaux mexicains et qn’elle soit dne an manque de pression de l’air: c’est une maladie qui attaque les animaux de tons les pays et à tons les niveaux.

L’adaptation existe.

625. Tout d’abord selon la théorie, la taille des animaux des hauteurs devrait avoir diminué à cause du climat. Les causes qui agissent sur la taille sont très nombreuses; les pygmées et les géants se trouvent ensemble à des niveaux bien divers. S’il est vrai que sur les hauteurs extrêmes on

trouve des espèces quelquefois aussi petites que les espèces boréales, il u’est pas moins vrai qu’on y trouve aussi des types de grande taille et il n’est pas rare que les géants d’un groupe taxinomique habitent précisément les hauts niveaux. D’ailleurs un grand nombre d’espèces conservent leurs dimensions et d’autres comme l’Eléphant, le Masimon argali , etc., habitent à 3000' mètres d’élévation et même davantage.

La taille des espèces fossiles 11e manifeste aucune corrélation avec l’altitude.

626. Les jeunes cochons d’Inde nés presque dans l’air raréfié ne sont pas plus petits, ni au moment de leur naissance ni après.

Le fréquent pilosisme des animaux alpestres n’annonce point un habitus faible et décadent.

La brillante coloration d’un grand nombre d’espèces des montagnes, la fréquence chez elles de l’hyperchromisme sont une preuve d’une certaine vigueur ou d’un catabolisme intense incompatible avec l’anoxyhémie barométrique, sans exclure pour cela le plus grand éclairement des régions élevées.

Il n’est pas vrai que les animaux de l’Anahuac soient incapables de déployer la vigueur habituelle: il n’est pas vrai que les chevaux de course ne peuvent courir plus de 100 mètres comme le disait Jourdanet; à Mexico, à 2268 mètres ils font des courses de plus de 2 kilomètres.

Il n’est pas vrai que les combats de taureaux soient impossibles dans l’Anahuac à cause de l’état anoxyhémique des animaux: ces combats ont lieu et les plus sanglants sont précisément ceux dans lesquels prennent part les taureaux d’ Ateneo, nés et élevés à une très grande altitude. A Corocoro, 1 à 4430 mètres, de pareils combats ont lieu et ils sont des plus terribles.

Les oiseaux, les Coqs font ostentation d’une vigueur exceptionnelle dans les “peleas” qui ont lieu si souvent dans l’Anahuac.

Il existe un grand nombre de Mammifères des altitudes célèbres pour leur force, leur agilité, leur résistance à la fatigue, aux blessures, etc., etc. Tels sont les Hylobates, les Cynocephcdus , les chiens du Tliibet et du Saint- Bernard, Cerfs, Taureaux, Chevaux, ceux du Mexique en particulier, Lamas, Yigogne, Condor, etc.

La fécondité des espèces domestiques ou sauvages des hauteurs n’est point diminuée. Les dernières se reproduisent normalement et les individus d’un grand nombre doivent être comptés par millions ( Molo thrus, Coryza, etc.) La fécondité est normale: c’est une des meilleures preuves do la parfaite acclimatation. Les sécrétions et les principes toxiques sont remarquables parleur abondance et leur activité, ce qui 11’aurait pas lieu s’ils provenaient d’organismes anoxyhémiques. La cantharidine se trouve en plus grande proportion dans la Cantharide du pla-

1 Amérique du Sud.

teau mexicain que dans celle d’Europe; le yenin des scorpions de Durango, celui des serpents et du Latrodectus sont d’une activité extraordinaire; le musc provenant du Thibet est d’une qualité supérieure; la production du lait est augmentée chez les vaches des hauteurs.

627. La longévité 11e se trouve poiut diminuée, ce qui est un signe inéquivoque de racclimatation parfaite.

Il est faux que le Chat soit incapable de s’adapter aux altitudes; il est faux qu’il soit exposé à la mort subite; il est faux qu’il souffre d’albuminurie (011 a dit qu’il souffre mais jamais on en a donné la preuve); il est faux que, à cause du manque de pression, les chats albinos qui ont un œil ou les deux yeux bleus soient sourds et cela seulement dans l’Anahuac: ils le sont aussi dans les bas niveaux et en tout pays.

628. Les expériences ont démontré que les cobayes peuvent vivre dans l’air raréfié sans avoir à souffrir de l’anoxyhémie (Regnard) et qu’ils peuvent être soumis pendant plusieurs mois à des bains d’air raréfié. Ils résistent à des décompressions considérables (même à celle qui correspond à une altitude de 7400 mètres) sans que leur poids se trouve diminué et conservant parfaitement l’appétit; aucun accident 11e se présente pendant la gestation, les produits n’ont rien à ressentir, les globules rouges du sang et roxyliémoglobine ne diminuent point, bien au contraire, ils augmentent dans une proportion notable. Les expériences ont prouvé que les animaux conduits sur les hauteurs s’adaptent très vite et d’une manière complète. (Miintz, Yiault). L’acclimatation est possible pour les espèces ou races domestiques qui s’élèvent jusqu’à 4000 mètres. Nous ne croyons pas qu’il y en ait une seule qui 11e se soit acclimatée. Celles des lieux élevés peuvent descendre sans danger. Les qualités 11e se perdent point, les descendants 11e dégénèrent pas. Le résultat est plus sûr si le voyage a lieu sur la même ligue isotherme. Les changements lents de niveau sont utiles mais ils ne sont pas indispensables (Acclimatation parfaite des principales races européennes dans rAuahuac, Chiens, Chats, Oiseaux, Chevaux anglais, Vaches et Taureaux d’une race formée en Hollande, au-dessus du niveau de la mer; Lamas et Yack provenant des altitudes, acclimatés en Hollande; types de races importées ayant obtenu des prix dans les Concours de bétail, etc., etc.)

629. Les mécanismes de l’adaptation sont nombreux. Tout d’abord l’altitude fait, pour ainsi dire, augmenter les nécessités respiratoires et il est prouvé que les organismes possèdent la faculté de satisfaire ces nécessités lorsqu’elles augmentent pour une raison quelconque ou à cause de l’altitude. Il y a certains mécanismes vitaux dont l’objet est de maintenir l’unité des conditions respiratoires dans le milieu intérieur.

Sur les altitudes, le nombre de respirations augmente chez les Mammifères et, au moment donné, leurs poumons reçoivent la quantité en poids,

d’oxygène, qui est normale dans les bas niveaux. Une augmentation a été observée chez un grand nombre d’espèces.

Il est faux que cette augmentation soit nuisible aux animaux; il est faux qu’elle soit cause d’une moindre absorption d’oxygène.

Le plus grand éclairement des altitudes active de son côté les échanges respiratoires.

Les globules, l’oxyhémoglobine, etc., augmentent et par conséquent la capacité respiratoire du sang devient plus grande.

630. La résistance relative des oiseaux aux changements brusques de pression dépend de plusieurs causes:

Il est faux que la tension élastique des gaz contenus dans les poches influe dans cette résistance.

Il est faux que le volume d’air qui pénètre dans le poumon augmente lorsque le travail des ailes augmente, à mesure que l’air se raréfie.

Il est faux que l’oiseau fasse provision d’air avant de s’élever et qu’il respire, dans les hauteurs, de l’air de réserve comprimé et renfermé dans les sacs pneumatiques.

Les causes qui semblent influer dans cette résistance sont: l’augmentation du nombre de respirations, la graude capacité respiratoire, la constitution du sang, qui se trouve saturé d’oxygène, l’amplitude et l’abondance de voies aériennes qui transmettent les changements de pression de tous côtés, sans qu’un manque d’équilibre soit à redouter. Chez les Poissons il y a souvent un canal aérien ou un canal de sûreté qui met la vessie natatoire en communication avec l’extérieur. Chez quelques uns, l’oxygène logé dans la vessie se réabsorbe au moment de l’ascension et il se produit au moment de la descente: ces mécanismes empêchent que les gaz dilatés par la décompression compriment les viscères et les parties extensibles voisines de la vessie.

Chez les insectes il existe un système trachéen qui, à la manière des sacs aériens des oiseaux, contribue à faire établir très vite l’équilibre parfait entre la pression extérieure et la pression intérieure.

631. Il est probable que certains mécanismes d’adaptation sont héréditaires.

L’étude des animaux des altitudes conduit à admettre qu’ils s’adaptent très vite et parfaitement.

Le lemme final, résultat de cette investigation ne sera donc pas: Sem- PER DESCENDENT.

Los animaux nous ont devancés dans la conquête des altitudes et il est prouvé qu’ils obéissent, dans toute la rigueur du terme au lemme: Sem- PER ASCENDENS.

Tableau n? ç.

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