‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 151 sur 268 · STATIONS · texte numérisé non relu

STATIONS

delà mer.

Callao, station principale. .

Tambo de Viso

Chantiers du chemin de fer

Chaupichaca, Pont

La Legua Desvío

Tamboraque

LIMA, Monserrate

Arui i

,. La Palma

San Mateo

Desamparados

Puente del Infiernillo

,, Yiterbo

Cacray

Santa Clara, Gare

Anchi

Chosica... ,,

Ocopa, Pont

Purguay, Pont

CHICLA

Core, on a

,, Upper V

Cocachacra

Casa palca

San Bartolomé

Tunnel de Paso de Galera..

Agua ele Verrugas, Pont. .

Point le plus élevé delà ligne:

Cuesla Blanca, Tunnel

Mont Meiggs

Surco

San Antonio de Viso

Challapa, Pont

Rumichaca

Matucana

Yauli

Quebrada Negra

Oroya

661. Une multitude d’autres causes déterminent l’homme à séjourner sur les hauteurs, et parmi elles il en est qui produisent des résultats plus importants que d’autres: culture de l'Agave, exploitation du Quinquina, élevage de troupeaux, qui peut-être avantageux sur les hauteurs soit à cause de la bonne qualité de l’herbe soit à cause du développement de la laine (Cachemire); établissement de forts, etc. Mais nous croyons que les causes que nous avons indiquées avec quelques détails sont suffisantes pour démontrer que le séjour de l’homme à une grande altitude peut avoir lieu, eu dépit du manque relatif d’oxvgèue et alors même que ce séjour n’indiqnerait pas l’exercice actif des facultés physiques et intellectuelles.

Nous ne voulons pas nous éloigner du programme que nous nous som-

1 Quatre lignes de chemin de fer aboutissent à Pachuca, à 2481 mètres.

2 Entre Srinagar et Grilgit, Cachemire, une ligne télégraphique a été installée à 4200 et à 4500 mètres. Rev. Sci. 20 Janvier 1894, page 91.

mes tracé, aussi ne nous attarderons-nous pas «à écrire daus ce chapitre une volumineuse dissertation an sujet des civilisations des altitudes. A notre avis, l’énonciation de quelques faits, très éloquents d’ailleurs, est bien suffisante.

662. L’histoire et la tradition sont d’accord pour nous montrer que le berceau de notre race était placé sur les hauteurs du centre et du Sud de l’Asie, qui s’étendent depuis la base de la grande chaîne du Caucase ou Ararat et embrassent une aire de plus de 1700 milles carrées. L’altitude de cette région varie entre 4000 et 7000 pieds au-dessus du niveau de la mer et les sommets des montagnes s’élèvent à une grande hauteur oudessus de la plaine. Les ancêtres do la race arienne en descendirent et peuplèrent les terres basses et les vallées; on doit remarquer en effet que c’est presque toujours dans les terres basses et non sur les hauteurs que l’on a trouvé les centres de la population et du pouvoir. (Toner).1

“A en juger par ce que l’on voit aujourd’hui, dit Quatrefages2 ce grand massif central (de l’Asie) pourrait être regardé comme le berceau de l’espèce humaine

Si nous ne regardons que l’époque actuelle, tout nous conduit à ce plateau central ou plutôt à cette vaste enceinte. C’est là que les premiers hommes sont apparus et se sont multipliés jusqu’au moment où les populations se sont débordées comme d’un vase trop plein et se sont répandues par flots dans toutes les directions.”

663. Comment se fait-il que l’espèce humaine ait pu prospérer dans une région où actuellement, à cause du manque d’oxygène, selon Jourdauet, on ne trouve plus que des populations décadentes? On ne devait pas s’attendre, eu effet, à ce que tous les hommes nous descendions d’individus débilités, décadents, incapables de se reproduire dans la proportion nécessaire, en un mot à ce que le genre humain ait eu pour berceau le pays le plus élevé, résistant aux influences anémiantes que rien n’est capable d’arrêter, selon le Dr. Jourdanet.

664. La liberté, le courage, la simplicité et la vertu ont trouvé leurs plus nobles illustrations sur les montagnes et dans les vallées d’Andorre, de San Marino, de la Suisse, du pays de Galles et de l’Escosse. (La petite république de San Marino, fondée en 441, est le plus petit et le plus ancien des états d’Europe. Elle se trouve située sur une montagne escarpée, entre 2000 et 3000 pieds au-dessus de la mer. Son territoire comprend environ cinq milles carrées et sa population atteint presque 10000 habitants. Elle est intéressante dans l’histoire surtout à cause de son antiquité et de la forme républicaine de son gouvernement et aussi de son industrie, de l’intelligence et de l’admirable condition physique de ses habitants). (Toner).3

1 L. c., page I.

2 L’espèce humaine, page 130.

3 L. c., page VII.

665. En Amérique, sur toute la longueur des plateaux élevés et fertiles qui s’étendent depuis l’Amérique du Sud jusqu’au Nouveau Mexique on trouve encore, sur un grand nombre de points, les vestiges d’un peuple ancien et de civilisation avancée. On peut voir encore les restes de cette civilisation, en plusieurs endroits du plateau, dans tous les états limitrophes de la vallée du Mississippi. (Toner).

Avant la découverte du Nouveau Monde trois peuples se distinguèrent surtout:

666. Les Péruviens établis à une hauteur moyenne de 3000 métrés.

Les Mexicains ,, ,, ,, ,, ,, 2000 ,,

Les Toltèques' ,, ,, ,, 2000

Il est prouvé et il est intéressant de constater, qne l’établissement des villes à haute altitude où florissaient ces civilisations, remonte à la plus haute antiquité. En Europe aussi l’homme a vécu bien souvent sur les hauteurs pendant plusieurs siècles: l’hospice du grand Saint-Bernard fut fondé vers la fin du Xe siècle.2

667. Dans l’ouvrage de Nadaillac3 on trouvera un jugement bien documenté au sujet des Péruviens et des Mexicains: nous jugerions bien faible la critique qui nous attaquerait sans s’appuyer sur ce travail: mais pour ce qui regarde les opinions que nous avons avancées, sur la possibilité que les peuples peuvent atteindre un haut degré de civilisation, aucun ouvrage ne nous est plus favorable: M. Nadaillac nous fait voir que l’homme des hauteurs compte par centaines les victoires qu’il a remportées sur la nature et que ses efforts dans la lutte contre l’ignorance ont été couronnés de succès. Les Mexicains et les Péruviens ne sont pas les deux seuls peuples des altitudes qui se soient distingués pour leurs excellentes institutions civiles et pour leurs qualités physiques et morales peu ordinaires: sur le plateau de Bogota florissait le puissant empire des Zipas qui, au poiut de vue de leur civilisation, occupent un rang respectable après les Péruviens et les Aztèques. (Dr. Destrepo). En outre, à l’époque de la conquête, c’est-à-dire au milieu du XVIe siècle, les Chibclias comptaient, d’après leurs traditions, au moins 14 siècles d’existence sur les hauteurs de Colombie. (Voir Acosta. Historia del descubrimiento, etc. de la Nueva Granada. Paris, 1848, in 8.°) (Dr. Restrepo).

1 Selon Clavigero, leur Capitale était Tula, ville située à 2030 métrés au-dessus de la mer.

2 P. Bert. Pression barométrique, page 84.

3 L’Amérique Préhistorique. 1 vol. Paris.

Théories et faits relatifs à la population des hauteurs.

Principes fondamentaux.

668. “Ainsi donc de quelque manière que nous appliquions à ce sujet les calculs de la statistique, même en prenant pour base les chiffres que nous fournissent les documents officiels (du Mexique) et les corporations scientifiques, nous voyons qu’il n’y a pas de raison qui appuie les idées généralement admises au sujet de la supériorité des niveaux plus élevés, au point de vue des progrès do la population. Sans blâmer (?!) ces croyances j’ai le droit de dire qu’elles ne s’appuient sur aucune preuve et que les statistiques leur sont contraires.” Dans ces lignes se trouve résumée l’opinion de Jourdanet, qui assure qu’au Mexique, au Tliibet et à la Nouvelle Grenade la population est faible et augmente peu à cause de l’anoxyhémie.

Notre opinion est distincte: les conditions de hauteur n’influent pas d’une manière défavorable sur la densité de la population; il n’y a pas de rapport inverse entre la diminution de la hauteur et l’augmentation du nombre d’habitants.

669. Nous croyons indispensable d’établir une comparaison entre les localités d’un même pays. Si on compare successivement Pékin avec Londres, avec Quito et même avec la Hollande, on arrivera à démontrer la théorie la plus absurde au sujet de l’influence de l’altitude. Il y a plus d’un facteur à considérer et la discussion dos données démographiques n’est pas aussi facile que Jourdanet veut bien la supposer.

L’altitude et la population.

D’après le Dr. A. Battandier:1 “Si on arrive, par exemple, h cette conclusion, que les communes les plus élevées s.ont les moins hygiéniques, on ne serait pas fondé à mettre sur le dos de l’altitude les défectuosités que l’on y rencontrerait et qui no sont que le produit de la saleté et de la négligence .... La direction de statistique italienne vient de publier une étude comparative de la population eu la rapportant il l’altitude .... Elle nous dit, par exemple, “que la proportion des naissances s’élève avec l’altimétrie, tant que cette dernière n’atteint pas la côte de 1400, point auquel la courbe commence à redescendre. En forme de compensation, les décès augmentent avec l’altitude, et c’est seulement au-dessus de la côte 1400 qu’ils redescendent de façon à être inférieurs à la mortalité relevée dans

1 Cosmos. 15 Octobre, 1892, page 338.

la basse région. ... A mesure que la population se tient dans des régions plus élevées, la stature générale semble diminuer, et les conscrits exemptés pour insuffisance de taille sont de plus en plus nombreux. Les réformes pour autres infirmités sont, au contraire, d’autant plus nombreuses que les conscrits appartiennent à une altitude moins élevée, etc.” On ne peut donc déduire des conclusions d’une statistique qui a négligé les conditions essentielles du problème à examiner, et cette réserve est la seule conclusion qui s’impose.” (!!)

Il y a des villes qui se trouvent à la même hauteur 1 et qui n’ont pas le même nombre d’habitants. Il 11e devrait pas en être ainsi, d’après la théorie de Jourdanet, au moins les différences 11e devraient pas être bien notables.

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