‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 155 sur 268 · ETATS · texte numérisé non relu

ETATS

Superficie en myriares.

Population.

Campeche

Yucatán

Territoire de la Basse-Californie

Colima

Ta basco

Territoire de Tepic

1 L. c., page 314.

2 Voyage. II, page 142.

679. 2èmc- Tableau. États dont le territoire tout entier se trouve entre

1000 et 3000 mètres.

Superficie

ETATS. en myriares. Population.

Durango 98470 288511

Zacatecas 64138 526966

Aguascalientes 7644 121926

Guanajnato 29458 874073

Querélaro 9215 213525

México 23957 599209

La densité de la population est de 2 habitants par myriare si on considère 6 États mexicains situés entre 0 et 1000 mètres, sur un total de 350357 myriares et 821799 habitants; elle est de 11 habitants par myriare, plus de 5 fois plus grande, si on considère 6 États mexicains situés entre 1000 et 3000 mètres, sur un total de 232882 myriares et 2624210 habitants.

680. Dans le Tableau de Toner que nous avons transcrit en parlant des plateaux, nous trouvons que dans l’État du Colorado, dont l’altitude moyenne est de 6500 pieds, la densité de la population (0.38 par mille carrée) est supérieure à celle du Dakotah, à 1850 pieds (0.09 par mille carrée).

L’affirmation contraire peut être fondée aussi si on compare:

Maine 375 pieds 17.91 par mille carrée.

Wyoming 7200 ,, 0.09

Densité de population diverse à égale hauteur:

Missouri 8002 pieds 6.34 par mille carrée.

Michigan 800 ,, 20.97 ,, „

New-York 800 „ 93.25 „

Ohio 700 ,, 66.69 ,, ,,

Virginia ; . 700 ,, 31.95 ,, ,,

Illinois 625 ,, 45.84 „

New-Hampshire 625 ,, 34.30 ,,

Tenessee 600 „ 27.60 ,, ,,

Vermont 600 ,, 32.37 ,, ,,

Kentucky.. 600 ,, 35.33 ,, ,,

Arkansas 300 ,, 9.30 ,, ,,

Connecticut 300 ,, 113.15 ,, ,,

681. Nous savons bien qu’il se trouvera encore quelqu’un qui soutienne que les différences de pression atmosphérique influent sur le nombre d’habitants, choisissant, bien entendu, ce qui lui sera favorable et taisant les exceptions il cette règle générale; ce quelqu’un parviendra peut-être aussi il démontrer que c’est ainsi que se font les études démographiques et que si nous arrivons à des résultats différents, ce n’est point sur le témoignage des faits mais parce que nous sommes anoxyhémiques!

Yoici le résumé des données précédentes. Nous répétons que nous pourrions les avoir multipliées et que nous les multiplierons s’il est nécessaire.1

1 Voir la carte de la densité de la population en divers pays du monde: Meyers. Konversations Lexicón. Leipzig und Wien, 1890. Zweiter Band, page 850-1; on peut la comparer avec la carte altimétrique de Foncin.

Augmentation périodique de ia population des altitudes.

683. Jourdanet émet des opinions contradictoires sur un sujet aussi important: “Il n’y a pas de raison, dit-il, qui appuie les idées généralement admises au sujet de la supériorité des altitudes au point de yne des progrès de la population;” et pins loin: “Mais sans aspirer à ce progrès extraordinaire lions avons des raisons pour rester satisfaits si nous considérons que, les nombreuses et incessantes calamités, dont ce malheureux pays (le Mexique) a été affligé, n’ont pu empêcher un accroissement annuel de 1.80 pour 1000 habitants, à partir de la fin du siècle dernier jusqu’à nos jours. Tous les pays d’Europe n’arrivent pas à ce résultat et on sait que la France, malgré ses nombreuses ressources et les efforts déployés en faveur du bien-être de toutes les classes sociales, obtient seulement un progrès annuel d’environ 5 pour 1000 habitants. L’état de choses, à ce point de vue, n’est pas à déplorer sérieusement et ou peut espérer qu’en des circonstances plus normales et sous l’influence d’un régime administratif satisfaisant la population du Mexique augmentera plus rapidement.” 1

684. A cet endroit, Jourdanet paraît être satisfait de l’accroissement de la population, mais dans plusieurs autres il opine tout le contraire. Nous allons tâcher de démontrer qu’il se trompe dans ce dernier cas.

Selon notre manière de voir, nous croyons qu’il existe autant de relation entre l’accroissement de la population et les différences barométriques qu’entre une formule chimique et une course de chevaux.

1er fait. — La partie du territoire des Etats Unis qui se trouve à un niveau très bas voit ordinairement accroître sa population beaucoup plus vite que n’importe quel autre pays, de haut ou de bas niveau, du monde civilisé.

2. ° fait. — L’accroissement de la population est bien plus rapide en Suisse qu’en France. L’altitude moyenne de la Suisse dépasse cependant de beaucoup celle de la France.2

3. ° fait. — La population du Mexique, malgré la hauteur, s’accroît plus vite que celle de la Belgique (7 pour 1000) et que celle de la France. Selon Arnould, l’accroissement de la population dans ce pays est de 3.5 et non de 5 pour 1000 comme affirme Jourdanet. L’accroissement est aussi plus grand au Mexique qu’en Italie (7 pour 1000) presque égal à celui que l’on a observé en Autriche-Hongrie (8 pour 1000) et en Bavière (8 pour 1000). Enfin, si nous tenons en compte que Jourdanet ne donne pas le chif-

1 L. c., page 153.

2 Ch. Richet. Dans Cent Ans. Revue Scientifique. XLVIII, page 739.

fre 7.80 comme exact, à cause de l’insuffisance de la statistique, pensant qu’il peut même s’élever jusqu’à 10, nous trouverons que la population du Mexique, pays élevé, augmente plus rapidement que celle des Pays-Bas, la région la plus basse de l’Europe (8.2 pour 1000).

685. D’un autre côté, si la population du Mexique n’augmente pas aussi vite que le désirerait Jourdanet, nous serions bien curieux de savoir quelle est l’influence que peut exercer sur l’accroissement de la population “un régime administratif satisfaisant”? Nous voulons bien croire, en effet, que personne ne peut se soustraire aux influences anémiantes, pas plus le riclie que le pauvre, celui qui jouit d’un grand bien-être que celui qui se trouve dans la plus affreuse misère. Au moins Jourdanet n’exclut personne et ne parle pas' même de la probabilité de l’existence d’un remède pour les anoxyliémiques obligés de séjourner sur les hauteurs. Un bon gouvernement pourra tout au plus donner la paix, la richesse et une bonne hygiène, mais il ne pourra jamais augmenter la pression atmosphérique d’une ville, de la ville de Mexico par exemple.

686. Eu parlant des Chiens de Chihuahua, Jourdanet nous dit que lorsqu’ils sont conduits sur les hauteurs de l’Analiuac “ils perdent le goût de la reproduction;” peut-être en est-il de même chez l’homme, ce qui nous donnerait l’explication de sa lente reproduction. Bien que ce raisonnement ne soit pas de notre auteur, il n’en est pas moins juste, car il nous a dit ailleurs que les taureaux, les chiens et plusieurs autres animaux subissent les mêmes influences que l’homme et de la même manière. Il est bien naturel d’ailleurs que des individus qui sout incapables d’aimer, de penser et même de se mouvoir, à cause de l’anoxyhémie, affaiblis dans tout leur être et à tout moment, soient moins féconds comme les animaux mal nourris . . .

Faits relatifs â la population du Mexique.

687. Il est prouvé, que le centre de la civilisation et du commerce a toujours été sur les parties du plateau qui s’élèvent à 2000 mètres, depuis l’époque où commença à fleurir l’empire des mexicains, vers l’an 1409, jusqu’à nos jours. Pondant quatre siècles donc, s’est maintenue sur les hauteurs du Mexique une population considérable et qui l’était plus encore peut-être avant l’arrivée des “conquistadores.”

La capitale actuelle de la République et les villes les plus importantes pour leur population, etc., se trouvent situées à une grande hauteur.

Dans le Bulletin de la Section de Statistique du “Ministerio de Fomento,” nous trouvons les données qui appuient notre assertion:

Villes de 100000 habitants et au-dessus:

La Ville de Mexico. . . . 2268 mètres.

Villes de 50000 habitants et au-dessus:

Puebla 2152 mètres. Guanajualo 2069 mètres.

San Luis Potosí 1857 ,, Guadalajara 1810 ,,

688. Il n’y en a pas une au-dessous de 1800 mètres; toutes se trouvent à la hauteur à laquelle, selon Jourdanet, on observe l’anoxyhémie barométrique. A certaine époque, la population de Mexico n’aurait elle pas été plus considérable?

“Lorenzo Surio, se rapportant à certains documents qui se trouvaient dans les Archives royales de Charles V, dit que la ville de Mexico comprenait 130000 maisons.”1 En supposant la moyenne, bien minime, de 5 habitants par maison, nous aurions un total de 650000 habitants.

“Torquemada, qui s’appuie surSaliaguu et plusieurs historiens indiens, compte douze mille maisons et ajoute que chacune contenait do 4 à 10 habitants.

“Selon le “Conquistador Anónimo,” cette ville de Teuoxtitlan doit avoir plus de deux lieues et demie do circuit; la plupart de ceux qui l’ont visitée disent qu’elle ne contient pas moins de 60000 familles; ce chiffre, adopté par Gomara et Herrera, me semble le plus rapproché do la vérité.”2 “Depuis la découverte du Mexique jusqu’à nos jours le nombre des indiens est allé en décroissant. Sans parler des centaines de mille qui périrent pendant la première épidémie de la petite vérole, importée en 1520, et pondant la guerre avec les Espagnols; plus de 800000 moururent pendant la peste de 1545 et plus de 2000000 pendant celle do 1576, et cela dans les seuls diocèses de Mexico, Puebla, Michoacan et Oaxaca.”3

689. Le fait suivant, qui se rapporte aux Etats-Unis, détruit tout à fait la théorie du nouveau Malthus. Le recensement se fait aux Etats Unis avec uno précision que devraient envier toutes les autres nations; un seul recensement a suffi pour remplir trois énormes volumes; ou peut donc se fier des résultats:

“Dans la partie du territoire située entre 4000 et 6000 pieds, l'accroissement de la population a dépassé le 100 %-”4 Et cependant, à 1900 mètres l’anoxyhémie produit ses déplorables effets: loin d’occasionner une diminution dans la population elle aurait donc contribué à la doubler en peu do temps.

690. Le Dr. Juan de Dios Carrasquilla a eu l’amabilité de mettre à

1 Clavigcro. Historia Antigua de México. México, 1853, pág. 417.

2 Ibid.

3 Ibid., page 419.

4 Statistics ofthe Population ofthe United States. Tentli Ccnsus, Washington, 1883. Yol. I,

p. LU.

notre disposition nne bonne série de documents snr la Sabana de Bogota, dont l’altitude moyenne est de 2600 mètres. Pour ce qui regarde l’accroissement de la population il n’y a pas de motif pour en être mécontent, car il atteint le 1.5 °/0 et il faut remarquer que “parmi les gens de la campagne, règne une faim constante ou chronique, car ils ne consomment pas même le tiers de l’aliment nécessaire pour qu’une personne menant une vie nous ne dirons pas laborieuse mais oiseuse, ne tombe pas peu à peu et irrémissiblement dans l’inanition. D’un autre côté, le défaut de moyens de subsistance pour notre peuple fait diminuer le nombre de mariages; comme l’augmentation de ces derniers détermine pour l’avenir l’augmentation de la population, il s’ensuit que le bien-être alimentaire delà classe ouvrière est, en termes généraux, avantageux pour la masse de la population, tandis que le défaut de ces moyens lui est tout à fait défavorable.”1 Le Dr. Restrepo confirme ces assertions.

1 Dr. Manuel Cotes. Régimen alimenticio de los jornaleros de la Sabana de Bogota'. Anales de la Academia de Medicina. Yol. I. Entrega primera. Bogota, 1893, pág. 132.

691. TABLEA U du nombre d’habitants , des naissances et des décès de quelques villages de la Sabana de Bogota, année 1892.

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