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LES PLATEAUX DE L’ASIE

5. Nous donnons le nom de Haute-Asie à la partie centrale du continent limitée an Nord par le système de montagnes du Thian-chan, et au sud par l’Himalaya,2 le quel contient dans ses ramifications intérieures les cimes les plus éleveés de la Terre, mesurées jusqu’à présent. Au N. de l’Himalaya, sont marquées sur nos cartes deux autres chaînes: le Karakorum et le Kuenlun, dont le développement est en général parallèle à l’Himalaya.

De même qu’au N. il n’y a qu’un système de montagnes, le Thian-chan, de même un seul système, celui de l’Himalaya comble tout l’espace compris entre le Turkestan oriental et l’Inde: aussi devons nous considérer le Karakorum et le Kuenlun comme appartenant à l’Himalaya, et n’attribuer par conséquent ces noms qu’aux chaînes secondaires sépareés entre elles par des plateaux étendus, comme il arrive pour le Thian-Chan. Le trait caractéristique des cordillères de l’Asie centrale consiste en ses grands plateaux et non en crêtes formées de sommets élevés. Tels sont la dépression de la rivière Tarum qui se déverse dans le lac Tarym-gol ou Lop Coor, ou le pays que nous appelons Turkestan oriental ou Ili par les chinois, et de plus le Thibet3 et Cachemire (petit Thibet), parce qu’ils ue sont que de grands plateaux du système de l’Himalaya. Celui-ci se prolonge au N. O. et à l’O. en deux cordillères qu’on avait aussi considérées comme indépendantes: telles sont le Hindu-Kuch à l’O., qui sépare la dépression fluviale de l’Amou-Daria des rivières Afgan et Pamir, qui depuis le Puclit-i-Kahr (dos d’âne), groupe situé au N. O. do Karakorum où il se réunit avec l’Hiudu-Kuch, s’étend vers le N. jusqu’au Thian-chan. L’Hindu-Kuch et le Pamir forment pour ainsi dire un angle ouvert vers le N. O. et peuvent se représenter dans leur relation avec l’Himalaya comme un Y couché (fx ); l’angle compris entre les deux bras supérieurs de l’Y est la région du haut Amou-Daria qui baigne le Turkestan oriental où sont les pays de Wakhan,Bada-Chan ou Badagshan et Kunduz; au S. de l’Hindu- Kucli, le Citral et le Kahiristan, et au point de recontre le pays des Dards.

1 Nous prenons les renseignements nécessaires pour notre objet dans l’ouvrage: La Tierra y el Hombre, por Federico de Helhvald, traduction du Dr. Manuel Aranda y San Juan. — Barcelonne, 1887. T. n, pages 315 et suivantes. Voyez E. Reclus, Les Continents, Paris, 1868, pages 141 à 154.

2 Ou Himalaya.

3 Ou Thibet.

Les chaînes du Tliian-clian forment une division entre la Dzoungarie et le Plateau du Turkestan oriental, où un conquérant asiatique fonda jadis un puissant empire.

6. Entouré partout de hautes montagnes, l’Issik-Kul, situé à l,523m au dessus du niveau de la mer et occupant une aire de 5,781 kil. car., est un vaste lac alpin.

7. Entre la chaîne Koh-Kijia (5,100m) et le Temurtu-Dagh, il faut traverser dans toute sa largeur le dos du système de Thian-chan. Ce dos est un plateau vaste et étendu dont la plaine s’étend à une altitude absolue considérable, et d’oii s’élèvent des sommets et des chaînes isolées. Ces murailles intermédiaires superposées divisent tout le terrain en beaxicoup de plateaux, dont les plus importants en largeur et en longueur, celles des vallées de Haryu et de l’Aksai (celui-ci court de O. à E. ), sont considérés comme la plaine la plus étendue du Thian-chan.

Au S. de ce grand système de montagnes s’étend le Turkestan oriental (ou Thian-chan-nan-lu, et aussi Ivashgarie comme on l’appelle du nom de sa capitale), grand plateau de 1,300 à l,400m d’élévation, 631,302 kil. car. et 725,000 habitants. La ville de Kashgar occupe une grande étendue, et possède une population d’environ 80,000 habitants. Plus grande encore est Yar-Kand qui contient 120,000 habitants; et comme grande cité industrielle, on cite Chotan ou Itchi, avec 40,000 habitants.

8. Une grandiose région de plateaux porte le nom de Pamir: les kirghizes qui erreut au travers l’appellent avec propriété à cause de sa hauteur, Bam-i-dumiah ou toît du monde: ce territoire renferme un grand nombre de lacs. Le Karateguin, pays de 21,536 kil. car. avec 800,000 habitants, se trouve sur les racines méridionales des grandes chaînes qui limitent le Pamir au Y. Dans la partie méridionale de la chaîne de l’Altaï (5,790 à 6,000m) s’étend le plateau de l’Altaï ou Dacht-i-Alciï , de 2,430m de hauteur, qui se prolonge vers l’E, et présente dans cette direction l’aspect d’une steppe plane et interminable qui s’élargit entre les montagnes et va augmentant de plus en plus; au S. se voient les montagnes du Translaï (6,500 î\ 7,600m.)

9. La région de l’Indus supérieur forme le royaume de Gliolab-Singh ou Cachemire: elle embrasse une grande variété de climats, de monuments physiques et de races, puis qu’elle s’étend des brûlantes plaines du Pendjab jusqu’aux incommensurables glaciers et aux neiges éternelles des plus hautes cimes de l’Himalaya, et contient des habitants d’origine aryenne et ouralo-altaïque, à croyances mahométanes, bouddhistes et brahmaniques. Le pays est en général tellement montagneux qu’on ne peut comprendre comment il y a en lui de la place pour sa population. En plus du Jamu et de Cachemire le royaume du Maharadjah comprend les pays de Le ou Ladack, ou Ladak, du Baltistan , ou petit Thibet avec sa capitcde Iskard, et de Gilgit : en tout 170,000 kil. car., avec 1.531,000 habitants. Les cimes les

Planche 1 bis.

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