‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 199 sur 268 · Lama, mâle · texte numérisé non relu

Lama, mâle

1 Crónica Médica de Lima. Janvier, 1890.

2 Compt-Rend. 15 Décembre 1890 et 2 Février 1891.

1097. Le Dr. Yiault nous avertit que les chiffres des observations 9 et 10, lui ont été fournis, l’une par le sang d’un jeune homme de 20 ans, attaqué de paludisme, ayant des symptômes très marqués d’anémie ; l’autre,

«, par celui d’un italien qui vit à “La Oroya,” (à 3712 mètres) et qui tombe malade de sorroche, quand il traverse la cordillière.

1098. Si nous choisissons les chiffres marqués dans le tableau antérieur avec le signe *, nous pourrons obtenir une moyenne de six personnes acclimatées et en bonne santé: cette moyenne est égale à 7650000 globules rouges par millimètre cube.

Les recherches de Yiault ont été l’origine de plusieurs autres expériences en Enrope, et toutes n’ont fait que confirmer cette augmentation.

Egger a rencontré à Arosa (à 1800 mètres sur le niveau de la mer) cette augmentation du nombre des globules, aussi bien chez l’homme de bonne constitution que chez le malade; il a vu ce nombre s’élever jusqu’à un 10 % sur la normale des endroits bas. Des recherches faites sur les lapins produisirent de semblables résultats; ces recherches furent faites en prenant du sang des grosses artères centrales. L’augmentation se manifeste quand on monte dos vallées anx hauts-plateaux, d’abord d’une manière rapide, et ensuite avec plus de lenteur.1 2

1099. Wolff et Kôppe ont fait des recherches analogues, à Reiboldsgrtin, localité située à 700 mètres, et ont rencontré eux aussi cette augmentation, qui devenait plus notable surtout chez les tuberculeux.3

La moyenne que nous ont donné les 38 premiers calculs faits avec du sang de l’homme sain,3 a été de 6762236 globules par millimètre cube. Ceux que nous avons faits chez 50 Gendarmes de l’armée nous ont donné une moyenne de 6456000, très semblable à la première. Nous pouvons donc fixer la moyenne générale physiologique de l’habitant de la ville de Mexico:

6500000 globules par mm. c.

1100. Nous dressons le tableau suivant avec les données fournies par Moeller dans son étude sur Davos, eu ajoutant celle qui nous est person-

nelle:

A Christiania, au niveau de la mer, (Laache). . 4970000

,, Paris à 78 mètres (Hayem) 5000000

,, Golürgen ,, 148 ,, (Sehaper) 5225000

,, Tübingen „ 314 ,, (Reinert) 5322000

,, Ziirich ,, 412 ,, (Stierlin) 5752000

,, Anerbaek ,, 400 à 450 mètres (Wolfï et Koppe) 5748000

,, Reiboldsgriin ,, 700 mètres ( ,, ,, ,, ) 5970000

„ Arosa ,,1800 „ (Egger) 7000000

,, Mexico ,, 2280 ,, (Herrera et Vergara L.) 6500000

,, Morococha ,, 4392 ,, (Viault) 8000000

1 Deutsche Medicinische Wochenschrift. N.° 19, 1893, p. 453.

2 Ibid.

3 Vergara Lope. La Anoxihemia barométrica. Thèse, 1893.

1101. Comme on le voit, exception faite de la donnée fournie par Egger qui nous paraît nu peu exagérée, nous avons une proportion qui croit avec l’altitude. La proportion de quelques uns de ces chiffres avec la pression barométrique, ou ce qui revient an-même, avec la tension partielle de l’O. dans le même endroit, est vraiment digue d’être remarquée. En voici un exemple:

Pression à Paris

Pression à Mexico. . .

Pression à Morococha Globules à Paris. . .

Globules à Mexico. . .

Globules à Morococha

75 cent. P 58 „ F 45 „ P" 5000000 „ R 6500000 „ R' 8000000 „ R"

Puisque la différence dans le premier groupe équivaut à 50000, dans le second, à 300000, nous pouvons ne pas faire cas de ces différences, pour établir la proportion suivante:

1102. Et quelle cause pouvons donc assigner à cette augmentation proportionelle des globules? A première vue, la réponse qui se rapproche le plus de la vérité est celle-ci: l'augmentation do l’hématopoièse se vérifie d’une manière exagérée dans ces cas, mais il peut très bien se faire qu’il n’en soit pas ainsi, et que cette augmentation ne soit qu’apparente. Ne pourrait-on pas l’expliquer par l’action de l’air sec des altitudes? Les pertes aqueuses de l’organisme, en augmentant sur les altitudes par effet de plusieurs causes, vont toujours grandissant à proportion de l’altitude, et par conséquent, il se produit une augmentation apparente de la partie solide du sang, c’est-à-dire, des globules, par suite de l'épaississement. Les expériences de Yiault lui-même, celles de Müntz et de Regnard, prouvent que la densité du sang augmente réellement; cependant, Egger à Arosa et Miescher à Bàlo n’ont pas rencontré cette augmentation de la densité, qui se conserve, d’après eux, au même degré, et cela nous porterait à croire qu’il j a une augmentation réelle par suite de l’exagération de l’hématopoièse.1 Où donc est la véritable explication? Un peu plus loin nous mettrons en discussion ces idées d’une manière spéciale.

1103. Pour ce qui regarde la relation qu’il j a entre les globules blancs et les globules rouges, Robin signale Vsco, Pury 1/m Moleschot y^- Fara-

1 Hématopoèse, scion Littré.

beuf 7500, Hirte 1/1736 ; c’est donc l’anarchie la pins complète qni régne snr ce point. Nous antres, nous avons rencontré la relation de 1 blanc pour 500 ronges. Yoici la grossenr des globales ronges des mexicains, d’après les données dn Dr. Cordero:

Chez 10 hommes adultes Sju 6

Chez 10 femmes adultes 6/j 2

Chez 10 enfants des deux sexes 6/j 0

Moyenne générale. 5/t 9

1104. Grosseur des globules blancs d’après le même auteur:

Chez les hommes adultes 9/j 8

Chez les femmes adultes 9/j 3

Chez les enfants 7 ju 6

Moyenne générale 8/j 9

1105. Si lions établissons une comparaison entre ces chiffres et ceux que donnent Robin (6à-7/j pour les rouges et 8 à9,u pour les blancs),1 Prévost et Dumas (7/j 5 pour les rouges) et Schultze (8 à 9/j pour les blancs)/ il s’ensuit que la dimension des leucocytes est la même au Mexique; mais nous ne pouvons pas en dire autant des globules rouges. S’il en est ainsi, pourrait-on affirmer que la petitesse du globule rouge est en raison de sa plus grande activité, fait démontré dans plusieurs cas? Le volume des globules est en raison inverse de la supériorité des êtres et de l’âge des embryons. (Herrera, 1897).

Pour ce qui nous regarde, nous n’avons pas pu confirmer l’assertion du Dr. Cordero, puisque nos observations nous ont toujours montré des globules rouges dont les dimensions variaient entre 6 et 7/j et nous en avons même vu de gigantesques, et cela très-souvent, dans le sang des indigènes. Hous ferons cependant observer qu’on aperçoit plus communément des quantités considérables de globulins dans les préparations.

(d). Analyses chimique et colorimétrîque du sang.

1106. En étudiant dans un autre chapitre l’acclimatement des animaux dans les hautes régions, nous avons déjà vu comment la quantité d’oxygène et d’acide carbonique n’avait pas changé, tandis que les matières fixes avaient augmenté. Les observateurs Viault, Müntz et Regnard rencontrèrent que la capacité d’absorption pour l’oxygène, c’est-à-dire, la capacité

1 Küss et Du val. Physiologie. Paris, 1883, pages 171 et 173.

2 Yiault et Jolyet. Physiologie. Paris, 1889, pages 45 et 48.

respiratoire du sang avait considérablement accru, aussi bien chez les animaux des sommets des Andes, que chez les animaux transportés sur la partie la plus élevée du Pic du Midi.

Peut-on dire aussi que la quantité d’hémoglobine a également augmenté? S’il faut en croire les observations de Wolff et de Kœppe, il y a plutôt diminution; d’après les expériences de Yiault, Müntz, Egger et les nôtres, elle aurait augmenté bien que dans une proportion beaucoup moins considérable que les globules. Il est probable que ces différences ne proviennent que de l’altitude de Reiboldsgriin (700 mètres), qui est à 1100 mètres plus bas qu’Arosa (1800 mètres), et par conséquent encore beaucoup plus que Mexico et Morococha; elles peuvent aussi dépendre des circonstances au milieu desquelles les observateurs ont dû faire leurs expériences, ainsi que des instruments et de la manière d’observer, en un mot du modus faciendi.

1107. Dans l’analyse colorimétrique nous avons suivi la méthode d’Hénocque pour évaluer la quantité d’oxyhémoglobine. La moyenne rencontrée en France par Hénocque est égal à 14 p. °/0. Nous avons déjà vu qu’au Mexique ce chiffre s’élève jusqu’à 15,26 p. °/o? comme résultat de 93 observations.

Parmi les expériences confirmatives pratiquées en Europe, il n’en est peut-être aucune qui ait donné d’aussi brillants résultats que celles qui furent faites par le physiologiste Regnard au laboratoire de la Sorbonne.

Reguard comprit qn’on pouvait objecter aux observations de Yiault et de Müntz, que les animaux examinés sur les grandes altitudes vivaient à l’air libre, au froid et sous l’action de l’air gelé des amoncellements de neige, et que par conséquent, toutes ces circonstances réunies augmentaient leur appétit, la nutrition générale, et d’une manière médiate leur hémoglobine, grâce à la richesse de leur alimentation.1

1108. Il détermina donc faire ses investigations à Paris, dans son laboratoire, en soumettant quelques animaux à l’action unique de la décompression continuée pendant an espace de temps suffisant pour obtenir la manifestation claire et évidente des modifications qui suivent ce traitement.

L’appareil dont il fit usage et que nous présentons dans la Planche 97, était composé d’une cloche (B), placée sur un seau d’eau (A); dans la cloche il y a un panier de fil de fer qui contient l’animal qu’on va soumettre aux observations.

1109. L’air do la cloche est absorbé par le moyen d’une trombe d’eau (R), mise eu communication avec l’intérieur de la cloche par un tube (C); cet air est constamment remplacé par celui qui pénètre par un autre tube (T) qui le conduit à l’atmosphère au travers d’un régulateur (D E). Le ré-

1 M. P. Regnard. Mémoires de la Société de Biologie. Séance du 28 Mai, page 470, 94mesérie, tome IV. — Vergara Lope. La anosihemia barométrica, thèse, 1893.

gulateur consiste en nue lame de enivre divisée en deux compartiments, un inférieur qui communique directement avec le tube (T) de la cloche et un supérieur qui communique avec l’atmosphère par l’ouverture (i). L’air reçu par ce compartiment passe au récipient inférieur (E), au travers d’un orifice cylindro-conique où il ajuste une soupape (S) de la même forme. Cette soupape ferme l’orifice plus ou moins, et on peut graduer cette clôture par le moyen d’une barre divisée en degrés (V), sur laquelle on peut faire glisser un contrepoids (P). En approchant ce contrepoids vers l’extrémité libre de la barre, on approche aussi la soupape qui resserre l’ouverture, et par conséquent, l’air aspiré par la trompe passe plus difficilement à l’intérieur de la cloche, dans laquelle s’opère forcément la raréfaction de l’air. La partie supérieure du cylindre (D) est formée d’une membrane de caoutchouc bien tendue, au centre de laquelle passe une baguette qui unit la soupape et la barre graduée; cette baguette est aussi solidement fixée (à la membrane, à l’endroit même où celle-ci la traverse.

1110. Il est très facile de comprendre le fonctionnement de cet instrument aussi simple qu’ingénieux. L’animal introduit sous la cloche, ne souffre en ce cas que l’action de l’air raréfié, et cette action peut se prolonger pendant un mois et même davantage, si on a soin de changer l’animal toutes les 24 heures, à une autre cloche qu’on aura disposée afin de poursuivre l’expérience. On lave ensuite avec grand soin la cloche désoccupée pour la désinfecter, et on peut s’en servir le lendemain.

1111. Ce changement toutes les 24 heures, ainsi que la désinfection de l’instrument ont pour objet d’empêcher que l’animal ne s’empoisonne avec ses propres excrétions; et s’il est vrai que pour opérer cette manœuvre, on expose l’animal pendant quelques moments à la pression ambiante, il ne s’ensuit aucun préjudice à l’expérience, puisque cette exposition ne dure que quelques instants.

Le régulateur que nous avons décrit sert il maintenir, par le moyen de la tension de la membrane de caoutchouc, une ouverture de la soupape en relation avec la rapidité du courant de la veine liquide qui fait fonctionner la trompe, et il pouvoir conserver constamment la même dépression dans la cloche, quand bien même il y a variation dans la pression de l’eau contenue dans les tubes conducteurs.

1112. Le Dr. Regnard conserva pendant un mois à l’intérieur de l’instrument, le cochon d’Inde qui lui servait de sujet d’expérience. Dans de telles conditions, il ne souffrait ni l’action du froid, ni l’action de l’air vivifiant des montagnes; son appétit diminua un peu, et pendant tout le mois son poids n’augmenta que de 17 gr. La dépression était l’unique cause en jeu qui pouvait faire sentir ses effets sur le résultat final, et était égale à celle qu’on éprouve dans la gorge du Mont St. Bernard ou à Santa Fé de Bogota (à près de 3000 mètres).1

1 P. Regnard. Op. cit., loc. cit.

OBSERVATIONS

DEasrSITE ITOK3VE^.I,E] IDTT S-A-ÏnTGS- A MEXICO.

Tableau N.° 10.

cj

ZtsTOI&ÆS.

AGE

Ernesto Sanchez de Tagle

23 ans.

Francisco Ochoa.

Manuel Marin

Jesús Galindo y Villa

Amado Martinez

Mariano Lozano y Castro

Trinidad Vera

Leopoldo Carrasco

Francisco Martínez

Lucio Flores

Ascencio Pineda

Daniel Vergara Lope

Juan Casseli

José Sánchez

Ricardo E. Cicero

Carlos A González

Mariano Salas

José Angel

Cesáreo Díaz

35 ans.

Julio Martínez

Crescendo Martínez

Joaquín Cosío

Francisco Sánchez de Tagle

Antonio Cervantes

Gilberto Hernández

Antonio Virey

Alfonso L. Herrera

Adolfo Tenorio

Miguel Moreno

José Cauz y Cervantes

José María Horta

Rafael Salgado.

Miguel Cervantes

Manuel Colín

Pedro Vera

Joaquín Flores

Gilberto Hernández

Carlos Vera

Pablo Guérard

Juan Nava

Modesto González

José María Ortiz

Margarita Sepúlveda

Teófilo Hernández

Adolfo García

Manuel Pérez

Miguel Castro

Henro de l'obscrvntioii.

Heures nprès le repas.

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Globules blancs en 1 1 relation avec les rouges.

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Dyspepsie.

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