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— Expériences de Marey: I Transformation générale de l’amplitude, de 1a forme menee du pouls sous l’ipfluence de vêtements de plus en plus chauds — II A. pouls B. pouls dans l'après midi.
ces dans notre chambre pneumatique. — III. Transformation générale de l'amplitu-
• de la fréquence du pouls sous l’influence des décompressions atmosphénaue-
' — L'appareil (sphygmographe 4 transmission ) n’a pas changé de plac
plus grands. — L'appareil (sphygmographe 4 transmission ) n’a pas change de place ite la durée de l’observation et la pression de l'instrument sur l'artère, est pendant
observe rarement une ligne peu ondulée ou droite, et quelquefois elle apparaît aussi avec un dicrotisme bien marqué; nous avons même vu très souvent, à 4 centimètres, quand les ondulations commeiiceut, d’après Marey, à devenir perceptibles, qu’elles arrivent aussi à leur maximum. Quelle signification pouvons nous tirer de ce phénomène? Cela veut dire que la moindre pression exercée sur tout le corps rend plus facile le flux du sang, parce que les tissus et les vaisseaux se compriment moins entre enx; et si le sang arrive jusqu’à eux avec moius de pression, par contre il y passe plus souvent par minute, il est plus concentré et plus riche en principes nutritifs, et surtout, il rencontre dans ces tissus une porte plus grande par où passer sans difficulté aucune — pour exercer sa vigoureuse irrigation.
Mais il est hors de doute que quand n’importe quelle compression s’oppose accidentellement à la libre circulation, celle-ci s’interrompra plus facilement quand la tension intravasculaire s’amoindrit, et un bandage mal placé, etc., occasionneront à Mexico plus tôt qu’à Paris, la gangrène du membre qu’ils emprisonnent; un phlegmon produira les mêmes effets: dans tous ces cas on n’aura besoin que d’un effort moins considérable pour causer toute une série de perturbations dans la nutrition des éléments anatomiques.
Voici un exemple de l’utilité de cette étude: Monsieur A — , domicilié à Querétaro, a la diabète; l’excrétion du sucre éliminée avec l’urine est très considérable; la polyurie est très abondante (plus de 7 litres en 24 heures); en un mot, la débilité générale de son organisme est en relation avec ces pertes énormes. Il lui vient à l’idée d’aller à Mexico, contre l’opinion de plusieurs médecins; mais il croit qu’à la capitale de la République il rencontrera plus facilement un facultatif qui l’arrache à la mort; il se met donc en route. Il suffit d’un changement de résidence pour que sa santé s’améliore notablement: la quantité d’urine baisse en 4 jours jusqu’à trois litres de moins qu 'auparavant, sans qu’il ait subi le moindre traitement médical. Aussitôt le Dr. Altamirano, en se fondant sur les résultats que nous avions obtenus dans nos chambres pneumatiques, sur les études que nous avions faites au sujet de la tension sanguine et sur la relation qu’elle garde avec la production de l’urine et la concentration des humeurs, etc., se fit cette question: la cause de cette amélioration ne se trouverait-elle pas dans la décompression qu’il expérimenta en montant de Querétaro à Mexico? On pensa alors à chercher l’état de la tension sanguine du malade, et nous trouvâmes qu’elle était très-haute; à 20 centimètres de pression les ondulations étaient encore très marquées. Nous n’avions donc pas à hésiter, et nous lui donnons un bain d’air raréfié. Le succès couronna nos espérances: l’urine pendant les 2 heures qui suivirent le bain jusqu’au jour suivant, diminua d’un peu plus d’un demi-litre; le sucre a disparu presque entièrement et le malade, qui depuis huit mois pouvait à peine dormir, repose déjà tranquillement. Ce cas offre le plus grand intérêt sous le point de vue de la patho-
génie des diabètes; il peut se faire que le sucre ait diminué à conséquence des conbustions considérables dans l’air raréfié et de la diminution de la tension dans le réseau vasculaire de la glande hépatique. Cet exemple nous conduit à un autre fait qui montre l’importance du sujet que nous traitons pour la clinique médicale. Supposons que le médecin qui assiste ce malade nous demande que nous déterminons sa tension sanguine, pour aider an diagnostic et au traitement à suivre. Qu’aurions-nous dû répondre, si nous nous en étions tenus à ce que nous dit à ce snjet renseignement européen? Tout simplement que la pression était .... normale.
Telle est en effet la réponse que donnent depuis plusieurs années quelques analyseurs d’urine et d’autres produits organiques; ils ignorent que sur les hauteurs, û cause de la diminution de la pression atmosphérique, l’urine, les sécrétions lactées, le sang, etc., changent de densité et n’ont plus la même proportion dans les principes qui les constituent.
Globules rouges eî densité du sang.
1087. Commençons l’étude des points les pins importants de la physiologie de l’habitant des altitudes. L’augmentation du nombre des hématies, entrevue par Paul Bert, qui la considérait comme l’unique facteur qui pût contrebalancer l’action de l’air raréfié des altitudes, est un fait acquis par la science moderne et qui repose sur le témoignage scientifique de plusieurs savants euroj>éens; nous avons pu nous-mêmes, et d’une manière presque simultanée, prouver à Mexico ce fait important. Au moment où le Dr. Viault descendait des hauteurs de Morococlia (Pérou) avec le secret qu’il venait d’arracher du sein de la nature féconde et prévoyante, nous publions nous-mêmes à Mexico, connue membres de la section de Physiologie de l’Institut de médecine, nos observations personnelles sur l’augmentation du nombre do globules rouges chez les lapins de la Vallée de Mexico. Nous interprétâmes alors ce nouveau fait comme un facteur de plus qui compensait la raréfaction de Vair de nos altitudes.
1088. Nous sommes arrivés à cette déduction par un pur effet du hasard. Nous étions en train de nous exercer au maniement de Y hématimètre de Hayem avant d’en faire usage sur l’homme, et nous avions pris, comme sujets de nos expériences, des animaux qu’on entretient à l’Institut pour les expériences du laboratoire. Nous vîmes bien vite que les résultats que nous obtenions étaient toujours plus grands que ceux qu’assignaient les auteurs européens; et ce ne fut pas sans la crainte et la réserve que nous inspirait notre propre inexpérience, que nous présentâmes la nouvelle interpréta-
tion des résultats que nous avions obtenus devant l'honorable assemblée des professeurs do cet Institut.
1089. Nous fîmes bientôt nos expériences sur l’homme; de nouvelles observations dénotant cette augmentation renforcèrent bientôt notre conviction intime, qui allait se fortifiant de plus en pins, à mesure que nous faisions usage de divers instruments qui nous donnaient toujours les mêmes résultats. Les instruments dont nous fîmes usage furent l’hématimètre de Hayem, le compte-globules de Malassez, la pipette de Potain, le compte-globules d’Abbe-Zeiss et celui do Reichert.
Après avoir employé tous ces instruments en maintes occasions, nous avons donné nos préférences à deux seulement: à la pipette de Reichert , pour prendre la petite goutte de sang et en faire la dilution, et à la chambre de Vhématimètre de Hayem, pour compter les hématies. La première a l’avantage des dimensions, qui permettent qu’on le manie plus facilement: son tube capillaire applati et non circulaire laisse voir, avec toute la clarté possible, le niveau supérieur de la colonne de sang, et permet ainsi de le mesurer avec beaucoup plus de précision qu’avec n’importe quelle autre pipette. Cet avantage de l'instrument mérite d’être considéré, surtout quand on doit analyser du sang très épais, comme l’est d’ordinaire celui des habitants des altitudes, duquel on ne doit prendre qu’une ou trois divisions de la pipette.
1090. Nous ne-cesserons jamais de recommander un instrument d’une si grande utilité. La chambre do Hayem l’emporte eu clarté sur toutes les autres chambres connues; la projection de la craticule est parfaite et par le fait même d’être au-dehors de la chambre, elle empêche que ses profils ne s’altèrent par l’usage, au détriment de la clarté de l’image.
1091. Avant d’aller plus loin, nous donnerons un avis très important: pour mesurer avec plus de facilité et de précision la colonne de sang dans le capillaire de la pipette, il est très utile, surtout quand on n’a pas l’habitude de ces manipulations, de placer dans l’intérieur du tube de caoutchouc avec lequel on opère la succion, un petit bouchon do coton, qui diminue la violence do transmission de cette succion et fait monter le liquide par le capillaire avec une lenteur qui favorise la précision nécessaire à la détermination de la limite où l’on veut s’arrêter.
Nous avons employé pour faire la dilution du sang le sérum artificiel A de Hayem:
Eau distilée 200gr-00
Sulfale de soude 5 00
Chlorure de sodium 1 00
Bieldóme de mercure 0 50
1092. Eu 1884, le Dr. Miguel Cordero (de Mexico), présenta à notre Académie Nationale de Médecine, un Mémoire où il est fait mention de la
moyenne de globules ronges contenus dans le sang de quelques mexicains. Le chiffre moyen rencontré chez dix hommes adultes fut de
5948900 par millimètre cube.
Chez un jeune homme vigoureux, il en compta
Dernièrement le Dr. Fernando Zárraga 1 et le Dr. Angel Hidalgo 2 se sont occupés à compter le nombre d’hématies contenues dans le sang de femmes enceintes.
Les résultats qu’ils obtinrent furent bien différents:
20 femmes d’après Zàrraga 5111000
46 ,, „ Hidalgo 3985000
1093. La pratique que nous- avons de plusieurs instruments, nous met à même de résoudre le cas. Le Dr. Zárraga fit usage de l'instrument do Zeiss-Abbe, tandis que Hidalgo employa celui de Malassez. La chambre de Malassez a, comme on le sait, des ressorts et une grappe d’acier qui comprime le couvre-objet sur les extrémités de trois vis sortants qui donnent la hauteur de cette chambre. Malgré tout le soin qu’on peut mettre à l’opération la niasse liquide reçoit nue secousse qui disperse les globules d’une manière très irrégulière; daus plus d’un cas, la plus grande partie des globules restent près de la phériphérie de la cellule, où il n’y a pas de craticule pour les compter, tandis que vers le centre, où a lieu précisément le calcul, ils diminuent dans des proportions plus ou moins grandes. Cette cause d’erreur était connue du Dr. Hidalgo, et il est tout naturel qu’il ait fait son possible pour l’éviter; mais nous le répétons, il est très difficile do corriger ce défaut, pour ne pas dire impossible; et nous croyons que Y erreur par défaut se répète souvent, quand on fait usage de cet instrument. II suffira do rappeler que même eu Europe, tandis que Hayem donne pour moyenne de globules, le chiffre 5000000, Malassez n’en rencontre que 4300000. Nous croyous qu’il est logique de penser que c’est au défaut de construction de son instrument que Malassez doit avoir rencontré une moyenne moindre que celle de Hayem.
1094. Mr. Juan María Rodriguez, nous fit l’honneur d’intervenir dans ce cas, pour voir si nos résultats ôtaient conformes à l’un ou à l’autre. Nous fîmes notre examen comme nous l’avons déjà dit, avec la pipette de Rei-
1 F. Zárraga. Contribución al estudio de la sangre de las mujeres embarazadas. México, 1892.
2 A. Hidalgo. Algunas consideraciones sobre la numeración de las hemacias. Thèse, Mexico, 1894.
cliert et la chambre de Hayem. Le résultat obtenu des trente numérations pratiquées à l’Hospital de la Maternidad de Mexico, fut de:
5060000 globules rouges par mm. c-
Ce nombre s’approche beaucoup de celui qui fut rencontré par le Dr. Zárraga; il est supérieur à celui que les médecins Européens signalent pour la femme enceinte. Nous n’avons encore que très peu fait des observations de ce genre: voilà pourquoi nous ne les présentons pas avec tous leurs détails.
Yers la fin de l’année 1889, le Dr. Viault se dirigea vers les hauts plateaux du Pérou pour étudier exclusivement l'influence de l’air raréfié sur la composition du sang de l’homme et des animaux acclimatés à ces hauteurs.
1095. Il resta près de trois semaines à l’endroit où il fit ses expériences, à Morococha, possesion minière du district de Yauli (Pérou), située à 4392 mètres d’altitude et sous une pression moyenne de 455mm-
Il fit nsage du compte-globules de Malassez, pour supputer le nombre d’hématies qu’on rencontre sur ces hauteurs; il en rendit compte à Lima,1 et le 15 Décembre 1890 il confirmait son rapport devant l’Académie des Sciences de Paris.2
Dans le rapport qu’il fit devant l’Académie péruvienne, il y a des chiffres de globules rouges de beaucoup supérieurs à ceux qu’il présenta en France. Comme on doit supposer que le rapport fait dans ce dernier pays, est celui qui contient les corrections et les rectifications (?) qui sont certainement la cause de la différence qu’on note entre les deux, nous nous en servirons do préférence pour notre étude comparative.
1096. Yoici le tableau des observations faites par Yiault à Morococha:
1. A Lima, 4 Octobre 1889 (la veille de se mettre en voyage aux Cordillières des Andes), le sang de Yiault avait
une ricliese globulaire de *5000000