à 10h du
Nombre de cochons d’Inde.
Poids.
365 gr.
11 Juin. Les cochons d’Inde 1,* 4* et 7* restent très tranquilles à l’intérieur de l’appareil; sans dyspnée, ils mangent avec appétit, et finissent la luzerne qu’on leur avait donnée.
20 Juin. Le cochon d’Inde N.° 3 qui sert de témoin se trouve très malsa respiration est irrégulière, très difficile. L’animal est faible, flaccide et très amaigri. Ses cris sont devenus rauques.
Le cochon d’Inde N.° 2 est un peu triste et sa respiration devient difficile.
Yoici ^a perte de poids de chacun des cochons d’Inde qu’on a observée le 20 Juin.
Numéro.
Poids le 11 Juin.
Poids le 20 Juin.
Différence.
Perte de poids pour chaque 100 gr.
365 gr.
350 gr.
1 II n’y eut que le cochon d’Inde N9 7 qui reçut ce bain.
1454. Il n’est pas facile d’arriver à une déduction vraiment sure: la perte du poids fut assez irrégulière. Des cochons d’Inde qui restaient dans l’air raréfié le N.° 7* ne perdit rien, mais le N.° 4* perdit plus que les témoins. Notons que le cochon d’Inde N.° 3, témoin, ne perdit que 3 gr. 8 p. 100, il a cependant déjà très accentués les symptômes de la tuberculose, taudis que les cochons d’Inde N.° 6, témoin, et les numéros 1* et 4,* ont perdu davantage et ne paraissent pas encore malades. Notons aussi que par suite d’une irrégularité dont nous parlerons ensuite, le cochon d’Inde N.° 7* n’a rien perdu de son poids.
1455. 21 Juin. Le cochon d’Inde N.° 3 est très malade, très maigre et triste, avec le poil tout hérissé. Le cochon d’Inde N.° 7 commence à être malade.
22 Juin. Le cochon d’Inde N.° 3 pèse 460 gr. et a perdu 60 gr. Le cochon d’Inde N.° 1* pèse 335 gr. et a perdu 30 gr.; il commence à être malade.
Le cochon d’Inde N.° 7 a le poil hérissé; il est très maigre et mange davantage que le N.° 3. Il reste immobile presque tout le jour.
24 Juin. Le cochon d’Inde N.° 7* paraît avoir plus d’animation et d’activité.
25 Juin. Le cochon d’Inde N.° 7* continue à s’améliorer, il court et s’agite à l’intérieur de l’appareil. Il essaye de cohabiter avec une femelle.
26 Juin. Le cochon d’Inde N.° 7* montre encore pins d’animation; il ne reste pas immobile un seul instant. Il passe le temps à mordre la grille, les tubes, etc.; on dirait qu’il est très content; sous la pression normale il est aussi très animé. Il mange avec appétit.
27 Juin. Le cochon d’Inde N.° 7* meurt. On lui fait l’autopsie et on rencontre des granulations tuberculeuses dans le poumon et dans le foie.
1456. Les deux autres cochons d’Inde qui étaient «dans l’air raréfié vont bien. On ne les soumet plus à aucun traitement et restent à l’extérieur depuis le 25, après avoir reçu 12 bains.
1457. Le résultat obtenu avait son importance; mais nous devions chercher une preuve encore plus convaincante, puisque la mort inespérée du cochon d’Inde N.° 7* nous fit concevoir quelques doutes; c’est alors que nous nous résolûmes à essayer l’action de l’air raréfié sur le cochon d’Inde N.° 3, qui fut le premier à sentir les atteintes de la maladie ? qui avait perdu jusqu’alors 103 grammes de poids, et qui paraissait sous tous les rapports être plus proche de la mort que les autres cochons d’Inde.
1458. 28 Juin. On introduit dans l’appareil le cochon d’Inde N.° 3. Il pèse 417 gr. et a perdu 103 gr. Pression 5. L’animal reste dans l’appareil jour et nuit.
29 Juin. Pression 5.10. Le cochon d’Inde témoin N.° 3 meurt. Autopsie: présence de tubercules. Mort du cochon d’Inde témoin N.° 2. On en fait l’autopsie, et on rencontre des tubercules dans le poumon et dans le foie.
1er- Juillet. Mort du cochon d’Inde témoin N.° 6; il avait des néoplasmes dans le péritoine, sur la face inférieure du diaphragme et dans le foie; il y en avait peu dans le poumon.
2 Juillet. Mort du cochon d’Inde N.° 1: tubercules dans le foie, le péricarde, etc., et très peu dans le poumon.
3 Juillet. Le cochon d’Inde N.° 3 continue sous l’action de l’air raréfié.
4 Juillet. Mort du cochon d’Inde N.° 4*: tubercules dans la plèvre, le péricarde et les poumons.
5 Juillet. Le cochon d’Inde N.° 3 est très mal.
9 Juillet. Mort du cochon d’Inde N.° 3: quantité de tubercules dans le foie, le lobule pulmonaire inférieur gauche, etc.
BEST JMÉ
1459. Les cochons d’Inde qui avaient reçu pendant 12 jours des bains d’air raréfié, ne sont pas morts plus vite que ceux qui servaient de témoins, ils ne donnèrent aucun indice d’avoir été attaqués avant les autres, et n’ont présenté aucun accident en entrant dans le bain, en y sortant, ou même pendant le bain.
1460. On a observé l’irrégularité du cochon d’Inde N.° 7 qui avait une quantité énorme de globules rouges et d’oxyhémoglobine, et qui n’avait rien perdu de son poids jusqu’au 20 Juin; sa maladie datait du 21, et il meurt le 27 après avoir été le jour précédent dans la plus grande animation et avoir montré grande activité: tout nous porte à croire qu’il y eut complication, et que la tuberculose se présenta chez cet animal sous une forme tout à fait rapide et grave, etc.
1461. Note. — Nous ferons remarquer que l’inoculation de la culture du bacille de Koch dans le poumon d’un cochon d’Inde le tue en 2 semaines. 1
1 Thoinot et Masselin. Précis de raicrobie 2ime édition. MDCCCXCIII, page 293.
1463. La seconde expérience se rapporte h deux cochons d’Inde:
Numéro. Poids. Globules rouges. Oxyhémoglobme.
3* 432 gr. 7 812 500 15.5%
On les inocule avec de la matière tuberculeuse prise dans le poumon du cochon d’Inde N.° 3 qui servit à l’expérience antérieure, le 9 Juillet 1894.
10 Juillet. On introduit dans l’appareil le cochon d’Inde N.° 3*; il est constamment soumis à l’influence de l’air raréfié. Pression: 5 centimètres. Le cochon d’Inde N.° 4 reste à l’extérieur.
12 Juillet. Pression: — 6.
14 Juillet. Pression: — 8.
18 Juillet. Pression: — 12.
20 Juillet. Le cochon d’Inde N.° 3* a perdu 42 gr de son poids. 11 a 7242750 globules rouges; il en a donc perdu près de 600000.
23 Juillet. Le cochon d’Inde U.° 4 pèse 237 gl-
30 Juillet. Le cochon d’Inde N.° 4 est très mal; il ne peut marcher, ses ganglions sont énormes. Le cochon d’Inde JST.° 3* commence à être malade.
l.° Août. Le cochon d’Inde N.° 4 est très mal; il est devenu très maigre, et c’est à peine s’il pent se mouvoir; il a le museau plein de mucosités; il meurt à 3h P. M. Tubercules dans le poumon et dans le foie.
3 Août. Le Cochon d’Inde N.° 3* est toujours malade et reste soumis à l’action de l’air raréfié. Il n’a que 5812500 globules rouges.
9 Août. Mort du cochon d’Lide N.° 3. Grande quantité de tubercules dans le foie, et très peu dans les poumons.
IRÆÎSTT MIÉ
1465. On a donc vu que les animaux tuberculeux supportent parfaitement bieu les bains d’air raréfié, les changements inévitables de pression qui se produisent en entrant dans l’appareil et quand on introduit les aliments, dans le cas où le cochon d’Inde reste constamment dans l’appareil; ils supportent aussi très bien la relégation relative où ils se trouvent et tous les autres inconvénients de leur permanence dans la chambre pneumatique. Il 11e se produit aucune hémoptysie dans les changements de pression, ou pour le moins nous ne l’avons pas observé et nous n’avons jamais vu qu’un animal meure subitement.
1466. L’expérience, nous venons de le voir, prouve que les cochons d’Inde soumis à l’influence de l’air raréfié vivent d’ordinaire plus longtemps: mais il faudrait par trop multiplier les expériences pour arriver à croire en la généralité et en la constance du phénomène.
1467. Mais pour prouver que l’air raréfié et sec n’est en aucune manière nuisible au phthisiques, nous croyons qu’il suffit d’un petit nombre d’expériences, parce que les conditions particulières où se place l’expérimentateur au cas où elles seraient défavorables, comme le supposaient les anciens, feraient sentir leurs effets aussi bien sur le premier que sur le dernier des animaux; c’est alors qu’auraient lieu l’anoxyhémie, l’hémoptysie, l’exacerbation de la fièvre, l’excitation nerveuse, et enfin la mort, qui surviendrait rapidement.
1468. Nous allons résumer notre opinion et protester contre toute exagération.
Opinion des auteurs de ce livre.
1469. Les bains clair raréfié et sec administrés dans un appareil pneumatique, ou la permanence constante dans l’air raréfié et sec ne sont pas nuisibles et ne portent aucun préjudice aux cochons d’Inde tuberculeux.
Opinions qu’on pourrait leur attribuer, mais qui n’ont d’autre fondement que la calomnie.
Les bains d’air raréfié et sec administrés dans un appareil pneumatique, ou la permanence constante dans l’air raréfié et sec, guérissent la tuberculose, ou bien prolongent la vie des animaux, ou bien font diminuer leurs souffrances.
L’air raréfié et son mode d’action sur la tuberculose pulmonaire humaine.1
1470. Les bases sur lesquelles notre théorie repose étaient en contradiction flagrante avec les théories d’alors; aussi, sa période d’évolution fut elle longue et difficile. Ce n’est point sans raison, d’ailleurs qn’011 acueil-
1 Memorias y Revista de la Sociedad Científica Antonio Alzate. Yol. X, pág. 98.
lit les nies nouvelles avec quelque méfiance. On ne saurait soutenir, en effet, que les hypothèses des climatologistes sur l’action de l’air raréfié comme agent thérapeutique dans le traitement de la tnberculose pulmonaire ne soient, pour la plupart, aujourd’hui condamnées. L’explication que nous mêmes donnâmes autrefois à ce sujet, doit, en partie, aussi, nous le reconnaissons, être considérée comme erronnée. Mais, il n’est pas douteux par contre, que si la vérité n’a pas été aperçue nettement dès le principe, un grand pas a été fait dans la voie qui doit nous permettre de la découvrir et que bientôt, enfin, elle brillera à tous les yeux.1
1471. — I. La décompression active la circulation de l’air dans le poumon, le dilate et oblige les parties paresseuses à fonctionner.
Jaccoud, le premier, a sostenu cette thèse et nos expériences personnelles ne nous permettent plus d’en douter.
1472. Si ou soumet un poninon frais, sain ou tuberculeux, à l’action de l’air raréfié, on observe, en effet, une dilatation énorme de cet organe, et si on le communique par la trachée avec un compteur à gaz, on observe une augmentation notable dans le volume de l’air inspiré.
1473. Pratiquez, à travers les parois du tronc d’une grenouille vivante, une incision qui permette d’établir une ouverture dans le plan musculaire; recouvrez ensuite cette ouverture d’une lame de verre de faible épaisseur, laquelle sera retenue dans cette position par la peau que l’on suturera ensuite par dessus le verre, en ne laissant qu’un petit espace cnadrilatéral de façon à pouvoir observer à travers le verre, comme par une fenêtre, les alvéoles pulmonaires si bien formés et si apparents chez la grenouille. Puis, placez l’animal sous la cloche pneumatique. Á mesure que s’opère la décompression, les vésicules pulmonaires se dilatent et le thorax augmente de volume. Maintenant, pour rendre le phénomène plus saisissant laissez pénétrer de coup l’air du dehors à l’intérieur de la cloche an moment où la dilatation atteint son maximum, c’est-à-dire rétablissez la pression normale. A ce moment, une rapide compression s’opérera, le tronc de la grenouille reviendra rapidement à ses dimensions ordinaires; de dilaté qu’il était avant l’introduction de l’air, on le verra s’émacier, se rider, se replier sur lui-même et, à travers la fenêtre ménagée de la manière indiquée plus haut, on verra diminuer de volume les vésicules pulmonaires. C’est là un effet dont il est facile de se rendre compte.
1474. Au surplus, qn’est-il, pour le prouver, besoin d’une grenouille? Observez ce phthisique an thorax amaigri. Voyez comme dans notre appareil, sous l’action de la décompression, se dilatent merveilleusement la poitrine et l’abdomen! Remarquez ce jeu extraordinaire des côtes! Notez
1 Voir § 1632. Influence de la sécheresse des altitudes sur la tuberculose. Influence in- - directe ou générale, sur les hémoptyses, sur les sueurs nocturnes, sur la diarrhée, sur les états ulcéreux.
ce va et vient de toutes les parois du tronc! Les omoplates s’élèvent de quatre à cinq centimètres, quelquefois plus, à chaque inspiration. Non, il n’est pas douteux que la décompression active la ventilation des poumons au moins autant que ne sauraient le faire les meilleurs exercices de gymnastique respiratoire. En outre, demandez à ce phthisique, au moment où, à travers les vitres, vous le voyez respirer le plus amplement, le plus rapidement, s’il ressent quelque fatigue. Il répondra qu’au contraire la fatigue qui l’opprimait a diminué, et qu’il respire plus librement. Curieux paradoxe, qui n’est point cependant pour nous surprendre; DONNER DE
mmm
L’OXYGENE, PRÉCISÉMENT EN SUPPRIMANT DE L’OXYGENE.
1475. Il n’est pas inutile de rappeler ici à ce sujet une opinion de Pe- . ter. “Les maladies du cœur, l’asthme, l’emphysème, disait ce célèbre clinicien, empêchent la tuberculisation pulmonaire: les sujets atteints de l’une ou de l’autre de ces maladies sont obligés d’utiliser la totalité de la superficie respiratoire; il n’est chez eux aucune vésicule qui ne fonctionne; la circulation de l’air dans les alvéoles pulmonaires et la circulation du sang dans les parois de ces alvéoles ont une activité plus grande et cette suractivité fonctionnelle s’oppose au développement du bacille de la tuberculose.
1476. — II. La décompression fait affluer aux poumons une plus grande quantité de sang.
On a observé, que l’air raréfié amène une congestion active aux superficies cutanée et respiratoire, en même temps qu’il se produit naturellement, de l’anémie dans le reste de l’organisme. C’est qu’eu effet, l’air raréfié agit sur les poumons, à la façon d’une ventouse.
1477. Cette action de l’air raréfie sur les vaisseaux se démontre par le moyen d’un appareil des plus simples qu’on trouvera représenté ci-contre.
1478. On fait communiquer un petit entonnoir (A) avec un tube de verre (B) et celui-ci avec un autre tube de caoutchouc ( C) de petit diamètre, de parois minces, et fermé à son extrémité (E).
On introduit le tube de caoutchouc dans une éprouvette fermée par un bouchon muni d’ouvertures, l’une laissant passage au tube de verre (B), tandis que l’autre permettra d’établir en (F) un moyen de faire le vide.
1479. Alors, on verse de l’eau dans l’entonnoir, en prenant soin de faire disparaître toute bulle d’air: autrement, on pourrait obtenir des résultats trompeurs. Ensuite on fait le vide en (F). On voit aussitôt le tube en
caoutchouc se dilater, pour revenir à ses dimensions primitives dès que l’air du dehors, rentrant dans l’éprouvette en (F) y viendra rétablir la pression.
1480. Eli bien! qu’on se représente cet appareil comme un capillaire du poumon plein de sang, avec une pression égale au poids de l’air et de la colonne d’eau mesurée depuis le niveau du liquide contenu dans l’entonnoir: il est évident que le poumon sera plus abondamment baigné. Et, il n’est que logique d’admettre, par suite, que la phagocytose, que l’action des antitoxines, les processus de cicatrisation et, en général, tous les moyens de défense de l’organisme, doivent, dans ces conditions, agir d’une façon plus efficace.
1481. La décompression fait affluer aux poumons, avons-nous dit, une plus grande quantité de sang et nous venons de faire ressortir ce que vaut en résistance, en force vitale, en santé pour le poumon, pour l’organisme, cette décompression dans l’air raréfié.
Le rétrécissement inné ou acquis de l’artère pulmonaire amène une diminution de vitalité dans le tissu pulmonaire et une telle lésion engendre presque infalliblement la phthisie. La mort lente du poumon, dit Rendu, est la règle, dans presque tous les cas de rétrécissement de l’artère pulmonaire.
1482. Une tumeur d’un lent développement, de quelque nature qu’elle soit, ganglionnaire, anévrysmale, etc., qui comprimerait le poumon ou intercepterait le libre passage du sang dans les branches de l’artère pulmonaire, produirait, aussi, le même résultat. Hanot a signalé, et, avec lui, Farre, Travers, Louis, C. Paule, Salmón, etc .... la fréquence de lésions caseuses du poumon chez les personnes atteintes d’anévrysme de la crosse de l’aorte.1
1483. Suivant tous les auteurs, la localisation des lésions tuberculeuses à certains endroits est rendue d’autant plus possible que la circulation est, à ces mêmes endroits, moins libre, et que la nutrition y est moins active.
1484. — LEI. La décompression en dilatant le poumon permet une distribution uniforme du sang, en régularise la circulation et, par cela même , combat la congestion.
C’est là un des effets les plus importants de notre traitement par la ra réfaction de l’air et la décompression qui en résulte. Et cependant, à raison sans doute, de la banalité de cette question, ce n’est que tout récemment que, pour la première fois, nous avons été amenés à y songer.
Cet effet de notre traitement, nous allons le démontrer:
1485. Découvrez la base du poumon d’une grenouille vivante que vous congestionnerez artificiellement, au moyen d’une pince, par exemple. Puis introduisez l’animal sous la cloche pneumatique — ou insuflez-lui de l’air par la trachée, ou encore donnez à la grenouille de légers coups jusqu’à ce qu’elle s’enfle — vous verrez comme disparaîtra la congestion aussitôt que se dilatera le poumon; le sang accumulé à l’endroit congestionnée
1 Grancher et Hutinel. Dictionnaire de Dechambre. Vol. 24, pages 564 à 668.
s’écoulera, se distribuera dans les parties anémiées. Sous l’influence de cette expansion du poumon les capillaires se séparent, l’endroit hépatisé artificiellement passe d’un rouge obscur à un rose uniforme. Maintenant, que le poumon revienne à ses dimensions naturelles, de nouveau réapparaît la tache ronge à l’endroit hépatisé. Il se passe alors ce que l’on a noté dans le cas d’un fleuve, ici plus large, là plus étroit: c’est là où le lit de ce fleuve est le plus encaissé que le niveau de l’eau atteindra la plus grande hauteur.
1486. Des résultats identiques sont obtenus par ces mêmes moyens sur le poumon d’un mammifère. Pour s’expliquer le mécanisme de cette action, il y a lieu de croire que la décompression dans les appareils à air raréfié opère nne dérivation du sang comme le ferait un vésicatoire ou une ventouse. Seulement, dans ce cas au lieu de se porter vers le tégument, le sang se porterait vers le poumon, des parties malades aux parties saines.
1487. Nous savons parfaitement que les poumons sont, en général, dans la phthisie granuleuse, le siège d’une certaine congestion. Dans la phthisie chronique la congestion provoque là où elle s’établit, des perturbations dans la nutrition qui favorisent considérablement le développement des lésions (Grancher). Chaque nucléus tuberculeux est toujours au début le produit d’une simple inflammation. Enfin, le caractère de la tuberculose pulmonaire est celui d’une inflammation chronique. Aussi, combattre la congestion, c’est combattre la tuberculose (Dujardin-Beaumetz). Si donc, nous diminuons l’inflammation par le moyen de bains dont la durée sera de deux ou trois heures par jour, nous devrons nécessairement obtenir quelque amélioration dans l’état du malade, de même qu’on obtient de l’amélioration au moyen des révulsifs. Et, en effet, cette amélioration, nous l’avons obtenue chez tous nos malades. Nous avons vu, dans tous les cas, la fièvre diminuer presque immédiatement, ainsi que la toux et les expectorations; dans tous les cas nous avons vu se corriger la dispnée. Ces modifications heureuses, sont, évidemment dues à une diminution de la congestion et, conséquemment, à une diminution de la phlegmasie et des produits de sécrétion. Grancher disait, “l’aflux du sang dans les vaisseaux détermine une transsudation séro-muqueuse qui ne diffère en rien du catarrhe bronchique ni comme origine, ni comme mode de production, ni comme symptômes.”
1488. C’est sur ces principes que nous nous appuyons pour croire que le traitement par l’air raréfié doit permettre de combattre avec succès certains cas de congestion pulmonaire.
1489. — IY. La décompression diminue la pression intrapulmonaire en général et la tension intravasculaire en particulier. — Qn peut, par ce moyen, combattre V hémoptysie.
Nous avons démontré expérimentalement qu’en produisant, par la décompression dans l’air raréfié, la dilatation des poumons, une quantité de sang plus grande se porte dans l’ensemble des vaisseaux pulmonaires; mais on doit admettre que le sang circule alors dans ces vaisseaux sous une pression moindre, c’est-à-dire que la tension intravasculaire se trouve diminuée comme l’est la tension à laquelle se trouve sujette, dans ces conditions, tout le parenchyme pulmonaire. Cette diminution de la tension intravasculaire dans les vaisseaux de la grande circulation a été démontrée: la tension devient moindre également dans les vaisseaux de la petite circulation puisque, nous le répétons, c’est là l’effet de la décompression sur tous les vaisseaux pulmonaires et il devient évident que doit diminuer aussi la pression des parties malades sur les parties saines, ainsi que sur les vaisseaux dans lesquels le sang circule avec plus de liberté.
1490. Maintenant qu’arrivera-t-il lorsque la tension atteindra son maximum? Les vaisseaux 11e pouvant plus résister une rupture se produira. L’hémorrhagie ne peut être expliquée d’uue façon satisfaisante, ni par une congestion simple, ni par une diapédèse des globules rouges. Même dans les cas de rupture d’anévrismes la tension intravasculaire augmentée jone un rôle considérable.
1491. Nous savons, il est vrai, qu’avant de s’oblitérer et de se réduire à l’état de simples cordons fibreux, les artères qui traversent une caverne opposent une sérieuse résistance (Toussaint, de Mexico). Il 11’est pas rare, cependant, lorsque les vaisseaux souffrent, dans leur périphérie, la compression des tissus congestionnés, malades, endurcis progressivement, lorsque tout aide à la formation d’un thrombus à l’intérieur de ces vaisseaux, de voir se produire une hémorrhagie qu’aura favorisée principalement l’augmentation de tension du sang. Que la décompression atmosphérique vienne maintenant permettre la dilatation de l’organe, alors la tension intra -thoracique diminuera; le sang retenu à l’endroit congestionné se distribuera dans les vides qu’aura produits la dilatation du poumon; les tissus malades seront entraînés dans ce mouvement général d’expansion; le sang rencontre un accès plus facile au réseau veineux; la circulation de retour pourra s’effectuer et alors le danger de voir se produire l’hémoptysie aura diminué ou disparu.
L’action bienfaisante do ce traitement nous parait d’autant plus importante qu’il existe une relation singulière entre la première hémoptysie et le développement subséquent de la maladie.
1492. — Y. Augmentation des globules rouges et des globules blancs.
Il est hors de doute que notre traitement n’ait une influence des plus salutaires sur la nutrition générale, sur les processus fagocy taires, et, d’autre part sur les forces naturelles dont dispose l’organisme et qui doivent permettre la cicatrisation et la régénération des tissus de l’organe tuber-
culeux. Les globules blancs se multiplient; le sang étant devenu plus concentré, les antitoxines peut-être s’y rencontrent en plus grande quantité, comme dans le cas d’une solution antiseptique plus concentrée.
1493. — -YI. Dessication des muqueuses.
Comme on le sait, le diète sèche, ou xérophagie, les purgatifs, d’abondantes évacuations, l’inanition, produisent directement ou indirectement une certaine concentration du sang, diminuant en même temps les sécrétions bronchiques et, en général, la sécrétion des muqueuses. L’air raréfié, ainsi que nous l’avons déjà dit, produit aussi une concentration du sang; il agit très utilement, nous l’avons vu, contre la congestion et, par cela même, contre les transsudations séro-muqueuses; enfin, il favorise l’évaporation au niveaii de la superficie respiratoire. (Expériences du Dr. Denison à Denver).
1494. On doit être convaincu, après tout ce qui vient d’être dit, de Futilité réelle, de l’excellence de ce moyen. On pourra recourir aux bains que nous recommandons avec d’autant plus de confiance qu’ils ne sont d’aucun danger possible.
1495. Il est facile de comprendre maintenant le mode d’action de l’air des montagnes sur les tuberculeux et la raison pour laquelle on conseille, depuis les temps les plus réculés, aux personnes atteintes d’anémie, d’hystérie, etc. le séjour à des endroits élevés dont l’altitude ait suffisamment amoindri la pression.
Jourdanet recommande aussi les voyages, le séjour dans les montagnes, comme un moyen efficace dans le traitement de ces mêmes maladies. Il a cru se devoir contredire une fois de plus, cependant, lorsque, agitant aux yeux du malade épouvanté le spectre de la anoxyhémie, il fixe à 2000m le terme, le jusqu'ici au delà duquel il n’y a plus pour lui que dangers en perspective. Mais le temps détruit toutes les hérésies et, aujourd’hui, en dépit des affirmations de Jourdanet, nous savons et, personne ne le dispute plus, que, à la condition toutefois que le froid permette l'existence, on doit attendre de l’habitation dans un endroit élevé des effets d’autant plus heureux que l’altitude sera plus grande.
1496. Dans un précédent travail (Ver g ara Lope. La anoxihemia barométrica, 1893) nons avons divisé en extrinsèques et intrinsèques les causes qui, selon nous, agissent à de hautes altitudes. Nous avons classé parmi les premières toutes celles qui sans relation avec l’organisme exercent, par elles-mêmes, une action directe sur l’agent morbifique (bacille de Koch). Ce sont: une lumière plus vive, la sécheresse de l’atmosphère et l’abaissement graduel de la température.*
1497. Dans les villes, la condensation de la population et une fonle de causes pathogéniques résultant de l’absence d’hygiène, viennent atténuer les effets de la lumière, de la sécheresse de F air et de la température: la tuberculose est moins mortifère, par exemple, à Mexico qu’à, Paris ou à Londres. A de hautes altitudes les formes cliniques de la tuberculose correspondent le plus souvent à une marche lente essentiellement chronique, de conséquences moins dangereuses. Dans de nombreux cas on y remarque l’invasion d’organes qu’en Europe on ne voit presque jamais attaqués. Yoir les articles relatifs à la tuberculose à Mexico, des Drs. R. Lavista, M. Toussaint et J. Prieto 1 et les Planches 108* et 1081? Ou bien on y remarque une aggravation et une généralisation des lésions qui n’est pas en rapport avec le cadre clinique d’une symptomatologie beaucoup moins alarmante.
1498. Ce sont là des effets: recherchons en les causes. La principale, celle qui peut produire l’immunité ou grâce à laquelle la maladie ne se traduit que d’une façon relativement bénigne c’est la diminution de la pression atmosphérique.
Nous avons vu que les compressions et décompressions succesives qui se produisent sur les malades soumis à nos bains, et, cela, à raison de la manière dont nous les administrons, non seulement ne sont pas suivies des hémoptysies a vacuo, que, théoriquement, il y aurait tant lieu de redouter: mais qu’au contraire, la décompression, par un mécanisme que nous nous sommes efforcés d’expliquer, a pour résultat de les empêcher.
1499. Mais, quelles ne furent pas nos craintes, quelle ne fut pas notre perplexité alors qu’il nous fallait encore, abondonnant la théorie, obtenir de ces faits une démonstration pratique! L’hémoptysie, cet accident si terrible, si souvent mortel, nos bains pouvaient la provoquer. Aussi, ne fut-ce qu’après de nombreuses expériences sur des animaux tuberculeux, que nous eûmes, ainsi que nous l’avons dit plus haut, l’hardiesse d’expérimenter sur l’homme tuberculeux.
1500. Une de nos malades, Mlle. A., et, nous en avons en plusieurs dans le même cas, était atteinte d’hémoptysie précisément au moment où elle nous fut présentée. Ses expectorations étaient constamment rougeâtres; elle ne crachait pas moins chaque jour, d’une à deux onces de sang. Elle avait une fièvre hectique continue. Sa température n’était jamais inférieure le matin à 38° et dépassait 39° F après midi. Les hémoptysies disparurent dès le premier bain, pendant la durée duquel elle n’eut aucun crachement; aussitôt après le deuxième bain la température commença à diminuer pour ne plus dépasser dorénavant 37.5 même durant le jour, alors qu’elle était le plus élevée.
1 Revista quincenal de anatomía patológica y clínicas médica y quirúrgica. México, 1. 1, núms. 1 al 9. «
Planche 108 a.
Pièce n? 320 du Musée Anatomo-pathologique de l’Hôpital de “San Andrés.”
Appareils.
1501. Nous disposons, pour nos bains d’air raréfié de deux chambres pneumatiques, toutes deux de foute et de forme cylindrique.
L’une, la plus grande, destinée aux anémiques, aux névropathiques, aux convalescents, aux diabétiques, etc., a deux mètres de diamètre et 2m50 de hauteur. L'antre a presque 3m de hauteur sur lm60 de diamètre; elle est réservée aux tuberculeux.
1502. La raréfaction de l’air s’opère dans l’une comme dans l’autre, au moyen d’une pompe pneumatique à vapeur. La succion de l’air s’effectue à la partie inférieure de l'appareil; de cette façon l’acide carbonique qui à, raison de sa plus grande densité occupe naturellement les couches inférieures, est facilement aspiré.
1503. Chaque appareil est muni à sa partie supérieure, d’un robinet pour l’introduction de l’air extérieur, dont on gradue l’ouverture de manière à permettre un courant constant de la partie supérieure à la base de
l’appareil.
Le degré de raréfaction s’obtient par la différence entre la quantité d’air introduite et la quantité d’air aspiré. 1
1504. Il est évident que la raréfaction ne doit pas être la même dans tous les cas; qu’il y a lieu de tenir compte des conditions spéciales de chaque malade. Pour les individus débiles la décompression ne devra pas dépasser celle qui correspond à une altitude de 4800 mètres; elle pourrait, si on la poussait plus loin, produire sur eux de légers évanouissements, des palpitations: seuls accidents à craindre d’ailleurs, et que nous n’avons observés qu’en de rares occasions. Pour les persoiñies de bonne constitution la décompression pourra être portée à 5500 ou 6000 mètres, sans crainte d’accident. Nous devons ajouter, qu’à 3800 mètres, la raréfaction produit déjà des effets très appréciables; dans quelques cas, cependant, nous avons dû 1 'augmenter jusqu’à 4800 et 5000 mètres.
1505. La décompression s’effectue dans un laps de temps variable entre 20 et 25 minutes, suivant le degré de raréfaction qu’on désire obtenir; le retour à la pression normale demande le même temps et, attendu que nous maintenons le malade pendant une heure, ou plus, sous l’action de la décompression maxiina.la durée totale du bain est donc d’environ deux heures.
1 Le local que nous occupons dépend de l’Institut médical, situé Plazuela de.la Candelarita N9 3. — Nous y entretenons la plus stricte propreté. On désinfecte avec soin deux fois par jour les appareils et la salle qui les contient.
1506. Au début, il nous fallut nécessairement tâtonner: les malades ne prennaient qu’un bain chaque deux jours; mais, nous ne tardâmes point à reconnaître que plus on en multipliait le nombre, plus on en pouvait attendre d’utiles effets. Notre opinion est, aujourd’hui, qu'un bain par jour, au moins , est nécessaire. Sans doute des cas se présenteront, tels qu'on 11e doive donner qu'un bain tous les deux jours et même les espacer davantage: l’organisation particulière, l’état de la personne en traitement, dicteront la conduite à suivre dans chacun de ces cas.
1507. Il est certaines considérations, aussi, qu’on ne devra point perdre de vue, lorsqu’on voudra appliquer notre traitement là où l’altitude est inférieure à celle du plateau sur lequel nous avons expérimenté, élevé de 2280 mètres au dessus du niveau de la mer. O11 doit observer, en effet, qu’ici à Mexico, les malades, au sortir de l’appareil, se trouvent encore daus un atmosphère sèche et considérablement raréfiée, plus propre ainsi que nous le savons, à arrêter le développement de la maladie qu’à le favoriser, tandis qu’à Paris, par exemple, les malades sortiront du bain pour rentrer dans ce milieu, dense, humide, dans lequel ils ont contracté la tnberculose et dans lequel la maladie naturellement, ne peut que progresser. On devra donc réagir contre l’influence du milieu, et, pour obtenir à des altitudes moindres les excellents résultats que nous-mêmes en avons obtenus ici, 011 devra augmenter la durée du bain d’autant plus que l’altitude du lieu sera plus faible.
1508. On 11e devra pas oublier, non plus, que les personnes habituées à l’atmosphère dense des pays bas, supporteront avec plus de difficulté 1111e atmosphère considérablement raréfiée. Il y aura lieu, par suite, de leur mesurer la décompression avec plus de parcimonie.
1509. C’est là justement où l’altitude est le plus faible que se fera le plus vivement sentir le besoin des chambres pneumatiques. Déjà il en existe à Dianabad, à Reichenliall, pour l’air comprimé, permettant de traiter en même temps 61 malades.
Il est évident que si ou établissait des chambres pneumatiques à air raréfié dans les sanatoriums des altitudes, comme à Davos, 011 obtiendrait chez certains malades une guérison plus rapide encore.
1510. Nous lisions dernièrement daus une étude fort complète, au sujet d’établissemeuts aérothérapiques, que les chambres pneumatiques pour l’air raréfié établies à Dianabad, Reichenhall, “11’avaient pas encore été employées à l’usage thérapeutique.” 1
Nous recoimaitrons sans difficulté qu’on 11e pèche point là bas par excès de précipitation. Mais quelles sont les causes de ce retard? Le travail auquel nous venons de faire allusiou ne donne aucune explication sur ce point.
1 Handbuch der speciellen Thérapie innerer Krankheiten. lena, 1894, vol. III, p. 72.
Planche 108 b
. xk,
V* . rA"
1511. A-t-on, tout simplement, craint que les bains d’air raréfié produissent l’hémoptysie ou l’anoxyhémie? Nos études, nos multiples expériences nous permettent d’affirmer avec quelque assurance que nos bains ne sont susceptibles de produire ni l’un ni l’autre des accidents qu’on a pu redouter, et que, administrés avec méthode et avec constance on en peut espérer, si ce n’est la guérison absolue, si ce n’est la guérison dans tons les cas, du moins, une atténuation considérable de la maladie. Nous n’avons jamais cru à l’infallibilité de ce traitement.
1512. Nous voudrions pouvoir maintenir nos malades dans l’air raréfié non pas seulement pendant deux heures, mais bien tout le jour et même la nuit; malheureusement cela nous est impossible faute d’une installation ad hoc. Qui sait, ce que des expériences poussées jusque là réservent de surprises? Ces expériences, on devra les tenter là où ou en aura le moyen. Alors, mais alors seulement, on obtiendra la mesure de l’efficacité maxiina de cette nouvelle thérapie.1
L’air, avant de leur entrée dans l’appareil devra être désséché par l’acide sulfurique, c’est là une précaution indispensable.
îfî V
1513. L’amélioration s’est traduite, en général, par une diminution ou disparition rapide de tous les symptômes. Dans presque tous les cas nous avons observé: augmentation dans le poids de l’individu; diminution de la fièvre, des sueurs, de la toux et dans l’intensité des névralgies. Dans le cas N.° 1 le bacille de Koch a disparu des crachats. '
1514. L’état de tous nos malades sans exception s’est considérablement amélioré et, ceux qui ont suivi le traitement à la lettre sont aujourd’hui en voie de guérison.
Résumé des observations physiologiques préliminaires.
1515. Nombre de personnes sur lesquelles on a expérimenté V action des bains d’air raréfié dans notre chambre pneumatique: Juan Casselli, Daniel Yergara Lope, Ricardo E. Cicero, Alfonso L. Herrera, Francisco Tenorio, Ernesto Sánchez de Tagle, Adolfo Tenorio, Manuel Moreno y Anda, M. Mier y Terán, Madame sa mère, Garçon de l’Hôpital de San Hipólito, Jesús Galindo y Yilla et José de Mendizábal. Total: 13.
1 Une malade du Dr. E. Liceaga s’est guérie de la tuberculose (2ème période) à la suite de la permanence continuelle à l'intérieur de l’appareil. (Mai 1898).
1516. Décompressions maxima: 3100, 3200, 3500, 3800, 4100, 4200, 4300, 5000, 5200.1
1517. Durée des expériences: lh30m, lh25m, 0h45m, lh0m, 0h40m. lh0m. 0h40m, 3h0m.
Nombre de pulsations et de respirations.
1518. R. E. Cicero.
Pression.
Pulsations.
Respirationsi
585mm
Daniel Yergara Lope.
585mm
Francisco Tenorio.
546mm
Alfonso L. Herrera.
546mm
Adolfo Tenorio.
586mm
22 (très amples).
1519. Des observations qui précèdent on peut tirer la conséquence suivante, à savoir, que l’air raréfié fait augmenter, en général, les pulsations et les respirations.
1 Quelques malades ont supporté parfaitement bien une décompression de 6100 mètres.
1520. Mouvement de gaz. Yoilà un des phénomènes les plus communs qui a lieu, en produisant une sensation soit dans l’épigastre, soit dans le reste de la cavité abdominale.
1521. Effets généraux. Grand bien-être, augmentation de l’appétit, facilité de la digestion, bon sommeil dans un cas où il j avait insomnie, légère oppression do l’épigastre et de la poitrine (dans un seul cas), malaise dans les oreilles, mentionné par tous les expérimentateurs, beau teint du visage en sortant de l’appareil.
1522. On rapellera que les alpinistes recommandent le jeûne quand il s’agit de faire une ascension aux montagnes. Cependant deux personnes entrèrent à la fois dans notre cloche, l’une d’elles en pleine digestion et l’autre avec l’estomac vide; la décompression arriva alors à 5200 mètres «t malgré cela, aucune d’elles n’eut à souffrir le moindre effet désagréable. Il ne faudrait cependant pas oublier que ces deux personnes restaient assises dans l’intérieur de l’appareil, tandis que les alpinistes font des efforts continuels dans leurs ascensions.
1523. Un autre des effets les plus ordinaires c’est une légère constipation. (Nous avons observé un cas de guérison de diarrhée par le moyen des bains d’air raréfié). Les lèvres se dessèchent aussi, et quelques personnes sentent un certain sec dans le nez.
Densité du sang et de l’urine*
1524. Adolfo Tenorio.
Presión.
Densité du sang.
Densité de l’urine.
2260 mètres
(celle de Mexico)
Ernesto S. Taole.
1525. Chez les anémiques nous
avons constamment observé une
mentation de la densité du sano1.
1526. Dos 13 personnes qui ont été soumises à l’action de l’air raréfié et d’un grand nombre d’autres malades qui ont été soumis h cette même action, aucun n’a ressenti les terribles malaises ainsi que les épouvanta-
bles et alarmants symptômes décrits par P. Bert1 qui éprouva des vertiges à 420mm tandis qu’à cette même pression nos bons amis et compagnons M.M. J. Galindo y Yilla et José Mendizàbal, donnaient des preuves évideutes de leur grande allégresse qui fait le fond de leur caractère.
1527. Paul Bert éprouvait le besoin d’inspirer fréquement de l’oxygène: nous autres, qui n’avons à souffrir d’aucune maladie, ainsi que les tuberculeux arrivés à la 3me période et qui étaient presque agonisants, nous n’avons jamais eu besoin d’en appeler à l’oxygène ou à tout autre air supplémentaire.
1528. Faudrait-il attribuer le cas à la mauvaise foi, ou au mauque de ventilation ou de capacité de l’appareil, le fait est que les expériences de P. Bert, qui ont eu des résultats si défavorables, ont empêché jusqu’à nos jours l’iisage des bains d’air raréfié pour le traitement et la guérison de certaines maladies. Combien de vies n’aurait-on pu sauver par ce moyen! Il existe donc des physiologistes (qui ont d’ailleurs obtenu le grand prix biennal décerné par l’Académie des Sciences de Paris) qui ont été plus funestes à l’humanité que les conquérants les plus sanguinaires.
1529. Ou a déjà dit que toutes les combustions s’opèrent avec une plus grande leutitude sur les hauteurs que dans les régions basses. Tyndall et Frankland ont prouvé que les bougies brûlaient de la même sorte et perdaient le même poids sur le sommet du Mont-Blanc et à Chamounix, “à cause de la mobilité plus considérable de l’air raréfié; les flammes y sont cependant plus pâles, comme cela a lieu avec la flamme d’un bec de Bunsen, quand on ouvre trop le robinet d’air.”
1530. Nous avons cru pouvoir refaire facilement ces expériences dans l’atmosphère tranquille de la chambre pneumatique. Nous avons fait brûler des allumetes d’un même poids dans l’appareil cité, à 4500, 4800, 4200, 4000, 3000 mètres et à la pression normale: elles ont brûlé, sans en excepter aucune, en 1 minute 3 secondes: la flamme cependant devenait plus pâle à mesur que la pression diminuait.
1531. Cependant, ceux qui ne croient pas en l’unité fondamentale des phénomènes biologiques et physico-chimiques ceux-là ne pourraient rien déduire de ces expériences pour la physiologie des altitudes.
1 Pression barométrique, page 750.
Exemples de malades sujets à l’action de l’air raréfié dans notre appareil.
1532. Felipe González, N.° 18 de la salle de thérapeutique de l’Hôpital de San Andrés.
1533. Diagnostic: auémie des mineurs et tuberculose.
21 Avril. Oxyhémoglobine Globules rouges.
Globules blancs.
Pulsations
Respirations
Température. ..
Densité du sang.
Excursion
. . . II 54 p. 100
De llh 10 à llh 30 il monta à 3800 mètres.
llb15 112 pulsations.
Respiration très facile et très ample à 3800 mètres.
Circonférence du thorax... 79.5.
Maxima 84.5.
JVlinima 74.0.
Excursion.. 10.5.
1534. L’excursion costale augmenta donc de 3 centimètres: ce phénomène nous l’ayons toujours observé chez les animaux. Il reste dix minutes sons la même pression.
Il sent plus d’animation et mange avec plus d’appétit.
1535. La densité du sang, immédiatement après le bain, était de 1042. Elle avait dont augmenté de trois unités. Il retourna à l’hôpital beaucoup plus animé, sans ressentir aucune fatigue. Il dit pendant la soirée “qu’il était déjà bien” et il veut retourner à son travail. (Tous les malades, on le sait, ont la plus grande aversion pour l’hôpital).
1536. Le jour suivant on examine le malade, et on rencontre la submatité au niveau des deux vertex, surtout sur celui de gauche; une diminution du murmure vésiculaire dans le même endroit, il est à noter qu’il avait certains points où l’on entendait parfaitement bien la respiration.
1537. Il y a résonnance de la voix et transmission des battements du
cœur. Le reste des deux poumons est sain et perméable. Il a une toux sèche et on entend quelques râles au moment où elle se produit; il n’y a pas d’expectoration.
1538. 22 Avril. La décompression commence à llh 10m, dont le maximum est de 4000 mètres. Le malade se sent très bien. Il s’endort avec la plus grande tranquillité et s’éveille 10 minutes après très animé. Il reste 20 minutes à 4200 mètres. La compression commence à 12h 20m. Le malade ne ressent aucun malaise, et il ne se plaint que du bruit de la pompe qui se transmet jusqu’à l’intérieur de l’appareil.
1539. La compression termine à 12h50. Le malade s’est endormi de nouveau. Densité du sang, 1026. On nç peut expliquer cette diminution: peut-être était-elle plus considérable avant d’entrer dans l’appareil.
1540. 24 Avril. La décompression commence à 4h 20“ et à 5h 45 P. M. elle atteint 4000 mètres. La compression commence à 6h et termine à 6h 25 P. M. Densité du sans*. 1040. Le malade se sent très bien. Il se mouilla les
pieds dans la matinée, de bonne heure: il ressentit aussitôt des douleurs dans tout le corps, et surtout une céphalalgie qui devint si forte à midi qu’il ne put prendre ses aliments. Quand il entra aujourd’hui dans l’appareil, la céphalalgie était encore très intense, mais elle commença par disparaître graduellement, suivant la décompression, jusqu’à cesser d’une manière complète. Il s’endormit avec la plus grande tranquillité dans l’appareil, où il resta eu cet état tout le temps que dura l’expérience. En sortant il n’éprouvait aucune douleur et il avait un grand appétit.
1541. 27 Avril. llh0“ à lh, 3900 mètres.
Il se sentait bien et avait un grand appétit. Il dit que les jours où il ne se baigne pas, il a très mal à la tête. Il prend 4 pillules do Rabuteau. Il affirme que quand il est dans l’appareil, sa respiration devient meilleure; cependant il s’assourdit un peu, mais le mal de tête disparaît. Il est très animé.
1542. 30 Avril. lih25m à lh0”, 3500 mètres. Il sort animé.
l.° Mai. Il1' à 12h30m, 3000 mètres.
Avant le bain. Après le bain.
Densité du sang 1040 1041
Oxyhémoglobine 13,20
On l'auscult-e: le poumon est perméable dans toutes ses parties; on entend le murmure vésiculaire; il tousse toujours, mais la toux ne produit aucun malaise chez le malade.
2 Mai. 10h0“ à llh0,n, 3200 mètres.
Densité du sang 1037.
4 Mai. Mr. le Dr. Martínez del Campo dit qu’on suive le traitement des bains, puisque le malade va très bien et qu’il a même changé de couleur.
5 Mai. 10h0m à llh33m, 4600 mètres.
Il va bien. A 4200 mètres on entend le bruit de la lame qui s’enfonce: le malade ne se réveille pas. Il a 20 respirations qui sont d’une amplitude vraiment extraordinaire. Le malade dort toujours d’un sommeil paisible et profond.
6 Mai. 10h0m à llh50m, 3500 mètres.
7 „ 9h15m à llh35m, 2900 „
Oxyhémoglobine, avant le bain 13,50.
9 Mai. 9h0m à llh50m, 6000 mètres.
Le malade affirme qu’il va bien; qu’il a eu hier mal à la tête et qu’il
aurait eu besoin de prendre un bain.
Oxyhémoglobine...: 13,65.
Il y a déjà 8 jours qu’il ne tousse plus.
Oxyhémoglobine, après le bain 14,5.
10 Mai. 8h35m à llh40m, 5800 mètres.
Il dit qu’avec les médecines qu’il prend à l’hôpital il n’avait ressenti aucune amélioration, pendant les jours qui précédèrent les premières applications de l’air raréfié, et qu’il a commencé à aller mieux aussitôt après avoir pris le premier bain.
11 Mai. 9h55m à llh45ra, 5500 mètres.
13 „ 9h50m à llh 50ra, 6000
14 9h 0m à llh 35m, 4200 „
16 „ ’9h34m à llh30m, 5200 „
Il dit qu’il va bien.
18 Mai. 9h45m à llh0m, 5000 „
Oxyhémoglobine 14,40%
Globules 3800000 (Plusieurs très petits).
Densité 1064
1543. Ce malade n’a jamais senti aucun malaise à l’intérieur de l’appareil. Au commencement il eut une diarrhée de peu d’importance.
1544. Ce qui est vraiment curieux, c’est qué tout le monde, en voyant un malade si exténué et si abattu, disait que c’était un cas désespéré, qu’on no devait pas commencer nos expériences avec des agonisants, et que si le succès couronnait nos efforts, il n’y aurait pas l’ombre d’un doute à nous objecter. Nous n’avions nous-mêmes aucune espérance de succès,
mais nous savions cependant qne le malade sentirait un adoucissement à ses maux, léger, il est vrai, mais évident.
1545. Après l’avoir guéri, nous disions tous qu’un senl cas 11e suffisait pas, pour qu’il y eût pleine et entière sûreté de succès. Il y a eu cependant un médecin qui a attribué la guérison de Felipe González, notre malade, à 4 morceaux de pain que nous lui donnions á l’Institut de médecine, 11111s par un sentiment de philanthropie ! 1
Rapport de Mr. Sanchez Montero.
1546. “Felipe González, âgé de 20 ans, célibataire, mineur, natif de Guanajuato, est entré à cet Hôpital le 18 Avril de la présente année.
1547. Comme antécédent héréditaire il dit que sa mère souffrait d’une maladie chronique de l’appareil respiratoire et digestif, dont elle mourut.
Il a eu 9 frères aillés, de très bonne santé et il 11’a jamais vécu en contact immédiat avec des personnes malades de l’appareil respiratoire.
1548. Pendant son enfance il a toujours eu une bonne santé, et ce 11’est qu’à l’âge de 19 ans qu’il sentit les atteintes d’une souffrance fébrile qui lui dura 14 jours, pendant lesquels il perdit une fois connaissance, après quoi il devint très débile et très maigre. Trois mois api'ès avoir repris ses travaux ordinaires, il observa que ses pieds s’étaient enflés, et l’enflure s’étant généralisée en huit jours, il se vit obligé d’abandonner ses occupations. Il entra à l’Hôpital de cette ville où il resta trois mois, après quoi il en sortit saiis les œdèmes; étant devenu malade de l’appareil digestif (dans une époque qu’il 11e précise pas) avec cinq évacuations tous les jours, il se rétablit parfaitement bien au bout d’un mois, sans .avoir pris aucun médicament. Il se livra de nouveau â ses travaux ordinaires, et, après avoir souffert plusieurs refroidissements dans les cours de ses occupations, il y a sept mois qu'il sentit tout à coup un violent mal de tête, des frissons qui durèrent une demi-lien re, et qui furent suivis d’une fièvre très forte qui dura une heure, et ensuite d’une copieuse sueur de tout le corps, après quoi il sentit des maux de tète, des douleurs musculaires dans presque tout le corps, une mauvaise saveur dans la bouche, un manque d’appétit et une très forte soif. Cet accès qui était bi-quotidien, (à midi et dans la soirée) revenait de la même manière pendant 2 mois. Il fut aussi attaqué en même temps d’une toux très fréquente, accompagnée d’une expecto-
1 Dans les pays situés au niveau de la mer, et surtout dans les régions humides, on devra peut-être prolonger les bains davantage qu'à Mexico: le climat n’aide en rien; au contraire c’est un grand ennemi. Les conditions ambiantes de notre ville, sa sécheresse et son Altitude (2280 mètres) tendent, de la même manière que le fait l’air raréfié de la cloche pneumatique, à concentrer le sang et à vivifier l’organe de l’hématose.
ration peu abondante qu’il ne remettait que très difficilement: cette toux augmentait quand il prenait une position horizontale. C’est en cet état qu’il entreprit le voyage à pied, et il arriva après trois semaines de marche. Après deux jours de voyage, il commit un excès d’alimentation, d’où il s’ensuivit une perturbation des fonctions digestives: il évacuait une dizaine de fois tous les jours, des matières tout à fait liquides. Il arriva à Mexico le l.° Avril, sans qu’il y eut aucune modification dans son cadre pathologique, état qu’il conservait encore quand il fit son entrée à l’hôpital le jour indiqué. Il y occupa le lit N.° 18 de la salle de Thérapeutique, et on commença l’étude de sa maladie.
1549. Il fut examiné par Mr. le Dr. Martínez del Campo et par M. Bosque; voici les données qu’obtinrent ces messieurs.
“Il représente l’âge qu’il dit avoir (20 ans); il est de taille moyenne, maigre et languissant; sa peau est très pâle, surtout les muqueuses buccale et oculaire.
1550. La percussion prouva l’existence d’un peu d’obscurité dans les deux vertex, et l’auscultation fit connaître une diminution du murmure vésiculaire, quelques râles subcrépitants disséminés et une expiration un peu prolongée. Les autres appareils paraissent conserver leur état normal.
1551. Après avoir établi la valeur des données acquises, on suppose que le malade examiné est sous l’influence de l’anémie des mineurs; que la souffrance fébrile qu’il avait apportée eu venant est d’origine paludéenne et que les signes indiqués par l’exploration de l’appareil respiratoire sont dfis probablement â un commencement d’infection par le bacille de Koch
1552. L’examen du sang fut négatif pour ce qui regarde le paludisme; on ne fit pas celui des crachats, â cause du manque presque complet de ce produit pendant tout le temps que le malade resta â l’hôpital.
1553. Le nombre de globules rouges, le 21 Avril, était de 2200000, et celui de globules blancs, de V500. Oxyhémoglobine 10°/0- L’accès fébril disparut après deux jours d’hôpital, et la toux, après 10 ou 12 jours. On lui fit prendre deux pilules de Rabuteau chaque jour, jusqu’au 3 Mai, jour où on les augmenta jusqu’à 4, ainsi que des cuillerées toniques toutes les deux heures. (Eau alcoolisée).
1554. Outre ce traitement, on soumit le malade aux bains d’air raréfié de M. M. Yergara Lope et Alfonso L. Herrera. Après avoir résumé le nombre de bains, le temps qu’il y resta, la pression, etc. nous pouvons dire:
Nombre total des bains, en commençant le 21 Avril et en finissant le IG Mai, avec 9 jours d’interruption, 17. Pression niaxima: 6000 mètres mínima: 2400; moyenne, 4,329, déduite de la formule:
73G00 (total des pressions).
17 (jours tle bain).
Résumé du temps où il resta sous la pression du bain:
Les phénomènes subjectifs dn malade, depuis le premier bain, fnrent des pins flatteurs: il dit avoir ressenti un bien-être très marqué, qui ne fit qu’augmenter à chacun des bains qui suivirent.
Les mouvements prirent plus d’énergie et son état devint des plus satisfaisants. •
Le nombre de globules ronges, augmenta progressivement, ainsi que. la quantité d’oxyhémoglobine: voici les chiffres respectifs qui furent obtenus le 19 Mai, jour où le malade fut congédié: globules rouges, 3800000. Oxyliémoglobine, 14,40°/0. Densité, 1064.
1555. Le malade se croit complètement guéri; ses forces et l’appétit sont revenus à leur état normal, bien qu’il soit encore un peu pille. Après avoir examiné à la date indiquée son appareil respiratoire, nous n’y avons reconnu aucune altération.”
Mexico, le 7 Juin 1896. — Angel Sánchez Montero.
1556. Dans un cas très intéressant de Melle A., certifié par le Dr. Icaza, on put observer la disparition des hémoptysies, et d’une manière générale, l’amélioration de tous les symptômes.1
Nous allons nous occuper maintenant d’un autre cas également notable, puisqu’il s’agit d’un malade arrivé déjà à la 3me période de la tuberculose, et en pleine cachexie. L’observation a pour nous d’autant plus de valeur, qu’elle a été certifié par le témoignage de Mr. le Dr. Carmona y Valle, le distingué Directeur de l’Ecole de Médecine. Observation N.° 25.
Malade N.° 3 de la salle de Clinique Interne de 5me année, à l’Hôpital de Jesús.
Médecin de la salle et Professeur de la Clinique: Mr. le Dr. Carmona y Valle.
Praticien chargé du malade: Mr. J. Sánchez Barquera.
Malade. — Cecilio Díaz, né à Iguala (Etat de Guerrero) âgé de 49 ans, maçon, veuf, entré à l’Hôpital de Jesús le 8 Juin 1896.
Antécédents héréditaires. Son père est mort de choléra; sa mère, malade de la poitrine, mourut asphyxiée d’une manière accidentelle; il ne peut donner aucun renseignement au sujet de ses frères, il a en plusieurs enfants qui sont morts de la rougeole. *
Passé pathologique. Etant encore enfant il fut attaqué par la vérole et la rougeole; il n’a jamais ou mal ni aux yeux, ni aux oreilles, ni la moindre éruption cutanée; à l’àge de 30 ans, vivant alors à Yautepec, il eut à souffrir d’une bronchite aigiie, par suite de plusieurs refroidissements, qui dura 8 jours; trois ou quatre ans après, pour la même raison, il ont à souffrir à Mexico d’une autre bronchite aigiie qui l’obligea à s’aliter pendant
1 Voir Revista de Anatomía patológica, 1896.
plus d’une semaine, et après un espace de temps à peu près égal, il tomba de nouveau malade à Puebla; le mal s’aggrava alors, et il se rappelle qne parmi les médecins qui le soignèrent, l’un deux dit qu’il s’agissait de tuberculose pulmonaire; il ne se rappelle pas cependant si alors il cracha du sang, par suite de la gravité de son mal; mais il est certain de n’avoir pas expectoré du sang pendant les deux époques où il fut attaqué de bronchite. Après cette dernière affection, qui fut probablement pulmonaire, bien qu’il parfit guéri, il lui resta cependant un reste de toux sèche ne le fatiguant pas, mais qui ne disparut jamais complètement.
Il dit que ses mœurs ont été morigérées.
Époque probable de la maladie et son développement.
1557. Au mois de Septembre 1895, il vivait à l’Hacienda de Colon, Matamoros Izúcar (Etat de Puebla). Il souffrit plusieurs refroidissements et commença à sentir les premières atteintes d’une toux sèche accompagnée d’une certaine difficulté de la respiration. Deux mois après, une fois qu’il toussa, il se mit à cracher en abondance du sang rouge et écumeux; l’hémoptysie se répéta plusieurs fois pendant cinq semaines, et pendant les trois premiers jours le sang expectoré fut si abondant que, d’après le calcul du malade lui-même, il aurait suffi à remplir (?) trois porcelaines. Cet accident l’obligea à entrer à l’hôpital de Matamoros. Pendant sa permanence ù l’hôpital, il eut aussi à souffrir d’une colite hémorrhagique. Deux mois après, il demanda son congé, mais il n’était pas entièrement guéri, puisque la toux et la difficulté de respiration persistaient; la colite, paraissait avoir disparu. Il alla s’établir à Atlixco, où il sentit une grande amélioration, et peu de temps après il partit pour Puebla. De nombreuses fatigues firent reparaître avec pins d’intensité qu’auparavant la dispnée et la toux; il se vit alors obligé d’entrer à l’hôpital de cette ville, où ¡un refroidissement accidentel fit aggraver la maladie: il ressentait des frissons et de la fièvre. Il sortit de l’hôpital un peu guéri et vint à Mexico et il entra plus tard à l’Hôpital de Jésus.
État du malade au commencement du traitement.
1558. 23 Juin 1896. — Examen physique. Constitution médiocrement vigoureuse, amaigrissement considérable, puisque pour une taille de lra70, il ne pèse que 46k543, au lieu de peser approximativement '68k-; pâleur des téguments, défaillance et débilité générales. Ongles hipprocratiques,
système pileux très développé. Toux fréquente avec expectoration mucopnrulente, épaisse et abondante; dyspnée que l’exercice fait augmenter d’une manière extraordinaire. Fièvre intermittente pendant la soirée, sans frisson ni sneur (36° à 36°5 le matin; 38° à 38°4 le soir).
Examen du thorax. Inspection. En état de repos le thorax ne présente rien d’extraordinaire, si ce n’est l’exagération de sa forme conique naturelle: la circonférence supérieure, est très étroite; la paroi antérieure est assez aplanie, déprimée, les creux supra et infra-claviculaires et suprasternaux, très marqués, en relation avec le degré d’amaigrissement.
En état de mouvement, on observe que le va-et-vient dn thorax est exagéré, aussi bien pour ce qui regarde le rhythme que pour l’énergie avec laquelle il est produit.
Palpation. Vibrations exagérées sur les deux vertex, surtout sur le côté droit.
Percussion. Sonorité normale sur la paroi antérieure du thorax correspondant aux poumons. Sur la partie postérieure, correspondant aux vertex, obscurité très notable, surtout sur celui de droite, excepté dans un endroit très limité qui se trouve au niveau de la fosse supra-spineuse; cette obscurité diminue presque uniformément depuis le vertex jusqu’à la base.
Auscultation. La stéthoscopie prouve une grande diminution dn bruit respiratoire dans le vertex gauche; dans le reste du poumon situé du même côté, l’inspiration est renforcée et l’expiration forte et prolongée; dans le vertex droit, au niveau de la fosse supra-épineuse, on entend très clairement tous les indices caractéristiques d’une caverne: souffle amphorique environné d’une zone de râles caverneuses, bronchophonie et pectoriloquie aphonique.
Examen des crachats. Les crachats examinés par l’interne M. Sánchez Barquera, sous la direction de M. le Chef de Clinique, Dr. José Terrés, permettent d’indiquer en toute assurance la nature de la maladie: le bacille de Koch y abondait.
Digestion. Anorexie, diarrhée peu abondante; trois évacuations tout au plus; d’ordinaire il n’y eu a qu’une chaque jour, de consistance pâteuse et un peu muqueuse.
Diagnostic. Par suite de l'histoire de la vie du malade, l’examen clinique et l’analyse des crachats, on diagnostique une tuberculose pulmonaire chronique eu sa troisième période. Caverne dans le vertex du poumon droit. Entérite chronique, probablement tuberculeuse.
1559. Traitement. On ne prescrit rien de spécial pour le traitement interne; le régime est à l’expectative; on se limite aux indications simplement symptomatiques, et comme la diarrhée est le phénomène qui offre le plus de difficultés on fait très souvent usage des substances anéxosmotiques.
Comme traitement spécial on a recours à l’aérothérapie; le malade prend son premier bain à l’Institut National de Médecine le 23 Juin.
Sons l’influence des bains d’air raréfié, il s’établit aussitôt une amélioration très apparente, bien que non rapide, de tous les symptômes. La température, excepté le 3 et le 5 Juillet, où elle s’éleva un peu (38° 1 et 39°9 respectivement) n’est pas remontée, et depuis le 9 du même mois, elle a toujours été normale.
Les forces sont revenues en partie. L’appétit est excellent et la digestion est presque régulière.
Après le 9ème- bain, au onzième jour du traitement, l’amélioration était assez perceptible; c’est d’ailleurs ce qu’a certifié, après examen, M. le Dr. Carmona.
Le poids du corps a aussi augmenté: voilà certes un signe inéquivoque de l’amélioration de la nutrition générale, et qui a d’autant plus de valeur qu’il s’agit d’une tuberculose en sa troisième période, qui a produit une cachexie déjà très avancée. Yoici le résultats des pesages faits à l’Hôpital de Jésus:
Kg. Gr.
21 Juin, deux jours avant le premier bain... 46 543
24 Juillet 46 774
8 Septembre 47 996
13 Octobre 49 338
Augmentation en moins de quaire mois 2Ks- 795
Cette augmentation fut plus notable au dernier mois, de Septembre à Octobre. Les mouvements du malade sont plus agiles, sa figure est plus animée, ses joues ont pris de la couleur, et, à la simple vue, la diminution de l’amaigrissement est très remarquable.
Le 20 Octobre, après que l’interne de médecine chargé de cette étude eût examiné le malade, on nous communiqua le rapport suivant, qui coïncide avec ce que nous avions nous mômes examiné. Yoici ce que dit M. Sánchez Barquera:
“La température n’a plus monté; elle est normale pendant les 24 heu- “res, depuis le 9 Juillet, tandis que pendant les jours qui passèrent depuis "le 8 Juin, date de son entrée à l’hôpital et le 23 du même mois où il prit "son premier bain d’air raréfié, la température s’élevait presque toujours "dans la soirée.
“La toux le fatigue beaucoup moins; l’expectoration a diminué considérablement, et son caractère purulent a presque disparu, étant devenue "beaucoup plus fluide et presque tout à fait muqueuse. La dyspnée a aus- "si diminué beaucoup. Les endroits où on notait un endurcissement mar- "qué, comme les vertex du poumon gauche et la base du poumon droit, se "sont rédnits considérablement; les râles qu’on entendait dans la partie
“postérieure des deux poumons out aussi diminué en grande partie; les “signes caverneux du vertex du poumon droit persistent encore.
“L’état des voies digestives n’est pas encore normal; ce n’est qu’en usant “des anéxosmotiques qu’on arrive à corriger la diarrhée, qui est très abondante: il n’y a, en général, qu’une seule évacuation semi-fluide, et quelquefois un peu muqueuse.”
Enfin, nous ajouterons qu’au cours de plusieurs analyses microscopiques du crachat (les dernières ayant en lieu le 20 et le 22 Octobre) nous avons observé une diminution si considérable dans le nombre des bacilles, que c’est à peine si on peut en rencontrer dans les diverses préparations que nous avons faites.
Discussion. Notre malade appartient à la classe prolétaire, et il a vécn dans des conditions très mauvaises d’hygiène, au milieu des fatigues propres de son métier. Il vint occuper un lit à l’Hôpital de Jesús lorsque sa maladie était déjà très avancée, et tout le monde sait que même dans un hôpital très soigné, comme l’est celui dont nous parlons, les conditions hygiéniques sont toujours défavorables.
Il ne faut pas oublier non plus que s’il est vrai que le malade prenait ses bains tous les jours avec la plus grande régularité, il n’en fut pas toujours ainsi, puisqu’il y eut des semaines où il n’en prenait qu’un seul. En outre, il faut tenir compte d’une autre circonstance, à savoir, que notre malade n’a été soumis à aucun antre traitement spécial, si ce n’est à celui de l’aérothérapie.
Pour ce qui regarde le diagnostic on peut assurer qu’il a été établi avec toute évidence, non seulement parce que l’examen du malade a été fait par un médecin aussi distingué comme l’est le Dr. Carmona, mais aussi parce qu’il a été confirmé par l’analyse microscopique des crachats, pratiquée par le Dr. José Terrés, chef de Clinique Interne.
Enfin, toute cette relation a aussi son importance, parce qu’on y observe la marche uniforme de toutes les modifications favorables, anssi bien de celles qui se rapportent à ramélioration de l’état général (augmentation du poids du corps, des forces et de l’appétit), comme aussi de celles qui prouvent avec toute évidence la régression des lésions purement locales.
L’amélioration, pour être lente, n’en est pas pour cela illusoire, puisqu’on a appliqué plus de 35 bains.
En général nous avons pu observer que ce sont les tnberculoses chroniques celles qui réactionnent de la manière la plus lente à notre traitement; l’amélioration apparaît cependant toujours de manière à ne laisser l’ombre d’un doute. Nous nous croyons donc pleinement autorisés pour affirmer, avec l’émiuent Directeur de notre Ecole Nationale de Médecine, que les résultats obtenus par le moyen de ce traitement dans un degré aussi avancé de phthise, font prévoir un succès beaucoup plus considérable dans des périodes moins graves.
Augmentation notable du poids du corps chez les malades anémiques et tuberculeux soumis au traitement de l’air raréfié.
1559 bis. Ce compte-rendu que lions présentons ici n’est qu’un résumé des résultats obtenus chez des anémiques et des tuberculeux que nous avons soumis dans notre Cabinet aérothérapique au traitement des bains d’air raréfié.
Nous ne rapporterons qu’une seule donnée de celles qui servent au clinique pour juger de l’état de ses malades; mais elle parlera assez d’ellemême pour n’avoir pas besoin de longs commentaires.
Le poids dn corps, voilà certes un moyen de ceux qui se prêtent le moins à l’équivoque pour juger de l’état de la nutrition générale, quand il s’agit d’un malade débile, cachectique ou très près de la cachexie.
Ce n’est que chez un homme adulte, sain et vigoureux qu’on peut dire que l'augmentation de la vigueur du corps et de la nutrition des éléments organiques ne marche pas toujours de front avec le poids du corps: c’est tout le contraire qui a lieu, puisque l’athlète aux muscles endurcis par la gymnastique, le soldat aguerri et l’indigène de nos campagnes qui résiste si bien à tout, joignent, dans la plupart des cas une forme svelte à un poids peu élevé; tandis que le sybarite sédentaire et chargé d' embonpoint pourra peser beaucoup, mais il n’en sera pas pour cela plus vigoureux, et sa nutrition ne s’effectuera pas plus rapidement. Mais quand nous mesurons le poids d’un malade débile, anémique, maigre, cachectique, quelle importance ne donnons nous pas à cette donnée! Quelle satisfaction n’éprouvons nous pas quand on voit que par le moyen d’un traitement suivi, notre sujet a augmenté d’une livre, de quelques ouzes, dans chacune des occasions où nous le pesons!
Nous avons pu enregistrer l’histoire clinique de 30 malades, parmi les 50 anémiques ou tuberculeux que nous avons traités dans notre Cabinet; toutes ces histoires il est vrai, ne sont pas parfaites, puisque nous n’étions que deux pour les faire, et voilà pourquoi nous n’avons pu observer les variations de poids que chez les 13 individus suivants:
Me“e M. A. Tuberculeuse, malade du Dr. Icaza, guérie, augmenta de 300 gr. chaque jour.
Mr. González, tuberculeux, malade du Dr. M. Gutiérrez; amélioration: il augmenta de 50 gr. chaque jour.
Rafael García, tuberculeux, presque guéri, malade du Dr. Cosío, augmenta de 66 gr. chaque jour.
J. M. Aguilar, tuberculeux, malade du Dr. E. Montano, excessivement anémique, amélioration notable: augmenta de 50 gr. chaque jour.
G. Platas, tuberculeux, malade du Dr. García, de Jalapa, amélioration très notable, augmenta de 250 gr. chaque jour.
A. Miranda, tuberculeux arrivé à la 3me période, cachexie très avancée, malade du Dr. M. Uribe, augmenta de 88 gr. chaque jour.
M“e DE R. scrofulense avec un commencement (?) de tuberculose, malade du Dr. Yega Limon, guérie, augmenta de 200 gr. chaque jour.
Cecilio Díaz, tuberculeux, cachexie très avancée, malade de. la clinique du Dr. Carmona, amélioration très notable, augmenta de 28 gr. chaque jour, pendant 4 mois de traitement.
Me!Ie F. R., tuberculeuse au 2me degré, malade du Dr. E. Montaüo, amélioration très notable, augmenta de 62 gr. chaque jour.
A. Ray ARRETE, tuberculeux au 3me degré, cachexie très avancée et pleurésie chronique avec adhérences pleurales très étendues, malade du Dr. Lavista, insuccès, perdit 222 gr. chaque jour.
MeUe M. R., tuberculose au second degré, malade du Dr. Mendoza Fernandez, aucun résultat, le poids ne changea pas.
Melle E. P., anémique, scrofuleuse et asthmatique, malade du Dr. Armendariz, amélioration très notable de l’anémie et des scrofules, guérison de l’asthme; augmenta de 75 gr. chaque jour.
Me!le M. G, scrofuleuse avec un commencement de tuberculose, malade du Dr. Icaza, amélioration très notable, angmenta de 80 gr. chaque jour.
Rous répétons que ces malades sont les seuls chez lesquels nous avons pu observer les variations de poids, (1897) mais nous sommes sûrs que chez la grande majorité des autres nous aurions rencontré les mêmes résultats.
Cette donnée a d’autant plus de valeur que nous ne devons pas oublier que sous l'influence de l’air raréfié, il j a une vraie densification de l’organisme produite par des pertes d’eau: tout individu soumis à l’action de ce bain, présente immédiatement après la session, une diminution quelquefois assez considérable, qui doit sans doute avoir certaine relation avec la perte de liquide.
CHAPITKE XI.
Sécheresse de l’atmosphère des altitudes. Conséquences physiologiques
et thérapeutiques.
1560. Variations de l'humidité avec l'altitude. Comme sur les altitudes la température n’est pas très élevée, la sécheresse de l’air y augmente, et l’air froid y est plus sec, dans certaines conditions, que l’air chaud. Mais il y a aussi d’autres causes qui, en faisant sentir leur influence, produisent le même résultat.
A Davos, la moyenne de l’humidité relative, à l’air libre, était de 87° pour 2°77 C. de température, au mois de Octobre 1875; à l’intérieur des habitations elle était encore moindre, puisqu’elle atteignait le chiffre de 57°6 pour 12°9 C. 1 de température. On ne doit pas oublier que nous avons déjà dit que l’air de Davos se distingue par son degré hygrométrique très élevé, puisque la moyenne y est de 85°; mais nous avons en soin alors d’ajouter que cet air contient une quantité absolue de vapeur d’eau très petite, 2gr428 au lieu de 6gr510 qu’il y à Pisa (Tacher).2
Le Dr. Denison dit que sur deux endroits élevés, Denver et Cheyenne, la moyenne de l’humidité relative y est de 0.501 et de 0.478, tandis que dans certaines régions basses, à Jackson ville et Charleston elle y at- * teint respectivement 774 et 803. Les différences dans le poids de vapeur d’eau par mètre cube, à une même température, y sont encore plus considérables:
Denver 4.44. Jacksonville 8.33
Cheyenne 1.30. Charleston 11.38*
1561. Enfin, on a observé que dans les régious chaudes du Mexique la moyenne de l’humidité relative variait entre 85.4 et 77; dans les régions tempérées, ou ce qui revient au même, entre 1000 et 2000 mètres, elle variait entre 77 et 60, et dans les ‘régions à 2000 — 2600 mètres, entre 67.5 et 48.4 C. On peut donc considérer comme humides les régions chaudes, comme un peu humides les régions tempérées, et comme excessivement sèches les régions froides. 4
] Dr. H. Weber. Cliraatothérapie. Paris 1886, page 167.
2 Arnould. Hygiène, page 210.
3 Denison. The préférable climate for consumption, page 5.
4 Orvañanos. Geografía Médica, pág. 26 y 27. — Apuntes para el estudio del clima de México. (Higrometría). Gaceta Médica de México. Vol. XIY, pág. 156.
Nous croyons qu’il ne sera pas nécessaire d’accumuler un nombre plus considérable d’exemples, puisque les observations d’un grand nombre d’années ont prouvé que la quantité de vapeur d’eau diminue avec la hauteur. Nous devons cependant faire remarquer que cette diminution n’est pas mathématiquement proportionnelle à la hauteur et que les exceptions à cette loi générale sont très nombreuses. C’est ainsi, par exemple, qu’à Guadalajara et à Mazatlan la moyenne de l’humidité est de 0.77 et cependant Mazatlan est situé au niveau de la mer et sur la côte, tandis que Guadalajara est à 1567 sur le niveau de la mer et à plus de 60 lieues de la côte: 1 les vents dominants, etc., font aussi sentir leur influence.
Influence de la sécheresse sur les pertes quotidiennes de l’eau de
l’organisme.
1562. L’influence de l’état hygrométrique de l’air sur la transpiration pulmonaire a été l’objet de recherches dignes du plus grand intérêt. "W. Edwards. (Influence des agents physiques sur la vie. Paris 1824 , pages 84, 91,121,312) a réalisé sur ce sujet une longue série d’expériences sur des animaux à sang froid et à sang chaud. 2 Les conclusions générales de son travail ont une très grande portée, bien qu’on ait reproché à cet auteur d’avoir confondu quelquefois la transpiration pulmonaire et la transpiration cutanée. Il s’est efforcé de prouver que la transpiration, c’est-à-dire l’exhalation d’eau qui s’effectue à la surface de la peau ou de la muqueuse respiratoire, doit être classée parmi les phénomènes physiques et peut être comparée à ceux que présentent certains corps poreux ( comme le charbon végétal) imprégnés d’eau et placés dans les mêmes circonstances où se trouvent les animaux. On conçoit, par conséquent, d’après les lois de la physique, que l’état hygrométrique de l’air ambiant doit faire que la transpiration soit d’autant plus faible que cet état est plus élevé, c’està-dire, que l’air est plus humide. Les expériences faites par W. Edwards sur des grenouilles, des crapauds, des salamandres, des lézards et des tortues d’une part, et d’une autre sur des mammifères et des oiseaux s’accordent à prouver l’exactitude de cette proposition générale. W. Edwards a cependant vu que la transpiration ne disparaît jamais entièrement, même dans une atmosphère extrêmement humide, mais elle peut être réduite à son minimum. La sécheresse extraordinaire provoque le maximum d’intensité de la transpiration: chez les batraciens, selon le degré de sé-
1 Orvañanos. Geografía Médica, pág. 26.
2 Longet. Traité de physiologie. Vol. I, page 689.
cheresse et la durée de l’expérience, la transpiration (cutanée et pulmonaire) était de 5 à 10 fois plus considérable que dans nn air saturé d’humidité; chez les lézards la transpiration était de 12 à 25 fois plus considérable dans l’air sec que dans l’air humide; chez les cochons d’Inde et les oiseaux cette augmentation, en moyenne, n’était seulement que six fois plus considérable, à peu près la même que chez l’homme
En outre ~W. Edwards a prouvé que l’air agité produit dans la transpiration une modification semblable à celle qui provient de la sécheresse de l’atmosphère.
Cet expérimentateur a compris toute l’importance qu’il y avait à ne pas confondre la transpiration pulmonaire avec la transpiration cutanée, au moins quand il s’agit d’animaux à sang chand. Chez enx la transpiration pulmonaire est produite à une température fixe, qui est celle dn corps, et les conditions hygrométriques extérieures ne sont évidemment pas celles qni existent dans les cellules pulmonaires. L’élévation de la température h laquelle l’air est sujet quand il parcourt les chemins aériens tend à diminuer son degré hygrométrique, et par conséquent, laisse de faire sentir ses effets sur les superficies respiratoires, comme le ferait un air plus sec que l’air ambiant, c’est-à-dire, qu’il peut quitter de nouvelles quantités de vapeur d’eau; en ce cas il y aura une augmentation de la transpiration pulmonaire, indépendamment de l’état hygrométrique, sous l’influence des différences de température entre l’animal et le milieu ambiant. Toutes les fois que celles-ci existent, la transpiration ne reçoit aucune modification, si ce n’est sons l’action complexe de la température extérieure et de l’état hygrométrique de l’atmosphère: ces deux causes physiques, en effet, déterminent réellement l’état hygrométrique de l’air qui circule dans l’appareil respiratoire.
1563. Yoici la manière dont le Dr. Denison a fait l’application de ces connaissances: 1
Two divisions of calculation were made:
1. Différence in vapor transpiration between a warm moist (Jacksonville, Florida), and a warm dry climate (Yuma, Arizona). These two signal stations were chosen, and for the autumn of 1883 because tlieir temperatures were the saine, /, e., 71°3F. An ordinary sized man was assumed to breathe eighteen times in a minute (Quételet), and to expire, when at rest5 twenty cubic inches at each breath (Hutchinson, Flint, and others), and tliat the loss of breathing — i. e., the used up atmosphère from 1 /70to 1 /50, in volume (Davy and Currier), is made up by the expansion of the air in the lungs throngh its being raised from 71°3 to the heat of the body. The calculation resulted, in the following table:
1 The préférable climate for consumption, p. 4.
Yuma. JacksonviUe.
1564. Mean température 71°3 71°
Grains of vapor in saturated air per cubic foot at given tempera-
ture (Glaisher) 8. 33 8. 33
Mean relative humidity 0.428 0.774
Cubic feet of air breathed in 24 hours 300 300
Grains of vapor exhaled with deiw point at94° 5007 5007
Grains of vapor inhaled 1070 1934
Vapor exhaled more than inhaled 3937 3073
Excess of Yuma over Jacksonville 864 grains a day.
This is the moistnre thrown off froin the lungs in a given dry climate in excess of that in tlie ratlier moist one of the same température and no exercice taken. When one makes allowance for the increased respiratory activity dne to exercise, he is enabled to realize the still greater différence in transpiration as shown by Dr. Edward Smith’s calculation, tliat “one at sea level, walking at the rate of three miles an hour, consumes three times as much air as when at rest.” Ordinary every day.exercise of a man would inake this différence in transpiration under the given conditions, equal to about a gilí in twenty-fonr hours.
2.° It is when we make this calculation for places of different tejnperatures and élévation that the argument becomes still more conclusive, for coid is probably the most important factor in the production of dryness, (?) and élévation is not fcir inferior, because in turn produces coid as well as expansion in the volume of the air. It is just to allow for élévation an équivalent to the proportionate raréfaction of the air i. e. if the pressure is one fifthless (twelve pounds to the square inch) at Denver than at Jacksonville, then one-fifth more air will be breathed at the former station. In this calculation we will assume a good sized man, thirty years oíd as breathing, in both Denver and Jacksonville twenty breaths a minute and thirty cubic inches per breath (Dr. Gréhant), ordinary exercice included, and for the same season as that used before. The resnlt is as follows:
Autumn, 1838. Denver. Jacksonville.
1565. Mean température 50° 4 71° 3
Grains of vapor per cubic foot at saturation for given températures 4. 44 8. 33
Mean relative humidity 0.501 0.774
Quantity of air breathed in 24 hours, cubic inches 1.062800 884.000
Or cubic feet 615 492
Amount of vapor inhaled at the given humidity and température, grains 3.364 3.162
Vapor exhaled above that inhaled in 24 hours, grains.. . 8.900 4.939
Vapor exhalaled at dew point (94°), saturation being 16.69 grains per cubic foot (Gaisher) grains 10.264 8.111
Excess of transpiration in favor of Denver, 3961 grains, or over eiglit ounces, or two gills in 24 hours.
There are two important considérations which wonld further add to this différence in évaporation of moistnre froin the lungs in favor of the high altitude station.
1. The expansion of the air in being raised in the respiratory tract froin the lower température of the atmosphère to the higher température of the body.
2. The increased amount of exercise naturally indulged in at the higher station, etc. (?)
For the purpose of still further comparison it is instructive to take a cold, dry place in winter (Cheyenne, Wyoming) and a warm, moist one in suinmer (Charleston, South Carolina, on the saine basis (though Cheyenne is a little more elevated than Denver.) The calculation is as following:
Cheyenne. Charleston.
Winter 1883. Summer 1883.
1566. Mean température 23. 2 81. 2
Weight ofvaporat saturation for given température, grains 1. 30 11. 38
Mean relative humklity 0.478 0.803
Amount of air breathed in 24 hours, cubic feet< 615 492
Weight of vapor inhaled, grains 3.83 4.496
Weight of vapor exhaled, dew point 94°, saturation being