‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 237 sur 268 · grains per cubic foot, grains · texte numérisé non relu

grains per cubic foot, grains

Vapor exhaled above that inhaled in 24 hours 9.881 3.615

Excess of respiratory évaporation in favor of Cheyenne in winter over Charleston in Summer, 6266 grains, or thirteen ounces.

Les données précédentes prouvent que par la transpiration ou perd le double d’eau à Denver (à 5350 pieds au-dessus du niveau de la mer) que dans une région basse. Si l’on admet que dans la plaine on perd en 24 heures 635 grammes d’eau,1 à la hauteur de Mexico la perte sera un peu moins de 1270 grammes, c’est-à-dire de 635 grammes plus qu'au niveau de la mer, pour la seule raison de la sécheresse de l’air. En 10 années de vie la perte monte à 2317750 kgrs.

La sécheresse des altitudes n’est pas la seule cause de ces différences qui doivent encore être plus grandes, si on considère que l’évaporation est d’autant plus active que la pression extérieure est plus basse. Yeraguth a rencontré “une augmentation dans la quantité d’eau que l’expiration (sur les altitudes) extrait de la superficie pulmonaire.”2

“Quelquefois même l’organisme, au lieu de perdre par évaporation "dans de l’air saturé de vapeur aqueuse, augmente de poids: car ce qui “arrive pour les gaz do l’atmosphère peut se produire aussi pour les valeurs, et il peut y avoir à la surface respiratoire absortion d’eau au lieu "d’exhalation. ...” Une des circonstances dont les aéronautes se plaig-

1 D’après Barrai, qui a déterminé ce chiffre par la méthode de Boussingault.

2 Revue des questions scientifiques. Bruxelles (2) Vol. V, page 392.

nent lorsqu’ils s’élèvent à des hauteurs considérables dans l’atmosphère, est le déssechement du gosier, le soif et la difficulté de la déglutition1 symptômes qui dénotent une activité insolite dans l’exhalation dont l’organisme est le siège. Un des symptômes les plus constants dont parlent les voyageurs est un soif ardente, et presque tous se plaignent aussi de la gerçure de la peau du visage. M. Boussiugault, il est vrai, combat cette opinion, en se fondant sur ce que l’air est souvent très chargé d’humidité sur les hautes pentes neigeuses. Mais, lors même que l’air y serait à l’humidité extrême2 cela n’empêcherait pas la transpiration pulmonaire d’y être considérablement augmentée. Eu effet, dans ces régions élevées, l’air est toujours très froid et ne peut renfermer, par conséquent, qu’une très petite quantité pondérale de vapeur aqueuse; mais, en pénétrant dans nos poumons, cet air prend une température de 35 à 37 degrés, et la proportion d’eau qui y existait est alors bien loin de suffire pour le saturer d’humidité. On sait aussi, par les expériences sur l’évaporation à la surface des corps inertes, auxquelles de Saussure s’est livré durant une de ses ascensions au Mont-Blanc, que sous une faible pression atmosphérique, la production de la vapeur est activée par l’élévation de la température bien plus que parla sécheresse de l’air. Ainsi, au col du Géant, c’est-à-dire à 3426 mètres au-dessus du niveau de la mer, il trouva que les effets de la chaleur sur l’évaporation étaient trois fois plus considérables que dans la plaine et, à mesure que l’on s’élève davantage, la différence se prononce de plus en plus. La transpiration qui s’effectue à la surface libre des organes du corps de l’homme et des animaux à sang chaud, dont la température est d’environ 36 degrés, doit donc y être au moins trois fois plus forte que dans la plaine.3

1567. La perte d’eau par la peau est sans aucun doute encore plus grande. W. Edwards dit que chez les animaux soumis à la décompression dans une machine pneumatique, le sang s’accumule sur la périphérie, mais que le système capillaire atténue en partie, par une abondante transpiration aqueuse, Veffet de l’afflux sanguin.4

La sécheresse fait augmenter l’évaporation par la peau, tandis que l’humidité la fait diminuer.5

Cliossat et Richet ont démontré que la perte de poids dans l’inanition, n’est autre chose qu’une perte d’eau. M.Lewina observé que cinq individus perdaient pendant la nuit 1500gr- de poids total, desquels 1200 étaient d’eau.6 C’est ce qui passe dans les conditions normales de l’humidité du milieu;

1 Gay-Lussac. Relation d’un voyage aérostatique. Ann. de chimie, t. LU, page 75.

2 Voir l’expérience de Regnard.

3 Milne-Edwards. Physiologie et Anatomie Comparée. Vol. II, pages 611—618.

4 Longet. Physiologie. Vol. 1, page 556.

5 Weber. Climatothérapie, page 176.

6 Richet. L’inanition chez les animaux. Revue scientifique. 264me année, page 642.

voici, d’après Edwards, les résultats obtenus quand il n’y a pas de variation de la température extérieure (13°) et que l’état hygrométrique varie seul. (Expériences sur des oiseaux).

air sec. air humide.

Poids.

Perte.

Temps.

Poids.

Perte.

20gr 3

Jgr 2

4 heures.

21gr 5

Or 7

23gr 2

4gr 5

24gr 7

1568. Voilà qui ne laisse pas l’ombre d’un doute: les animaux qui pésaient le plus sont ceux qui perdirent le moins dans l’air humide. Mr. Valentin a fait des expériences fort intéressantes qui confirment celle du Prof. Edwards sur les variations de poids des animaux eu invernation. Il a vu que les marmottes placées dans une atmosphère humide perdent à peine de leur poids, qui augmente même quelquefois. Dans une expérience très curieuse, Valentin plaça une marmotte dans l’air humide:

Elle pesait 596 grammes le premier jour. Après avoir dormi 15 jours sans interruption, elle pesait 596,65: elle avait donc gagné 0,65, c’est-à-dire 0,003 par kgr. et par heure.

Une autre marmotte a aussi dormi 15 jotirs sans interruption et a passé de 833,70 à 834,10: elle a gagné 0,4 à 0,0014 par kgr. et par heure.

Dans l’air sec, au contraire, une autre marmotte a passé de 589,55 à 570,10 en 10 jours; une autre, de 807,97 à 803,65, en 10 jours. Perte par kgr. et par heure dans le premier cas, 0,137; dans le second cas, 0,021 (Richet).2

1569. Influence dans le sang de la plus grande perte d’eau sur les altitudes. Nombre de globules. Densité. Hématopoïèse.

On sait que l’augmentation des éléments qui composent le sang est un des phénomènes des plus importants et des plus constants parmi ceux qui ont lieu chez les habitants des altitudes. Il faut donc rechercher le plus tôt possible l’explication d’un fait riche en applications pratiques. Tout le monde sait qu’il n’y a qu’une seule explication qui se présente de prime abord, et c’est l’activité* qu’acquiert l’hématopoïèse sur les altitudes. Voilà un phénomène encore tout entouré de ténèbres. On a encore beaucoup de doutes au sujet des centres de l’hématopoièse; nous n’avons pas encore pu pénétrer le mystère de la formation des globules, pour pouvoir, à un moment donné, affirmer la plus grande ou la moins considérable activité de cette formation; personne, ni même Erlich, oserait l’assurer.

1570. U existe une certaine franchise scientifique que nous devrions tous avoir pour le plus grand bien du progrès général: confesser tout simplement notre ignorance, et convenir que nous ne savons pas si les glo-

1 Pietra-Santa. Essai de Climatologie. Paris, 1865, page 174.

2 L’inanition chez les animaux. Revue scientifique. Vol. XVII, page 643.

bules se forment toujours dans la moelle des os,1 ou dans le sang même ou bien encore dans la glande pinéale (!) Il n’existe pas de données pour savoir si cette formation des hématies est activée ou empêchée par un grand nombre de circonstances; nous devrions aussi confesser que nous ignorons si, l' épaisissement du sang produit par une cause extrinsèque, active sur les altitudes la fonction de l’hematopoïèse. Et pourquoi n’en serait-il pas ainsi? Nous verrons un peu plus loin que quand les globules rouges augmentent, en apparence, par la concentration du sang produite par un purgatif, il y a aussi une augmentation dans l’énergie des combustions et de la nutrition générale; il pourrait se faire que l’excellence de l'hématopoïèse fût en raison directe de l’excellence des conditions. Après la transfusion, selon Hayem, la rénovation du liquide sanguin et de tons ses composants est produite à un liant degré de perfection.

Ainsi donc, pendant très longtemps encore, il va être très difficile de séparer des autres conditions et des autres résultats l’influence isolée de l’air raréfié ainsi que le résultat de cette influence sur la fonction de l’hématopoïèse.

1571. De notre part nous nous reconnaissons incapables de démontrer que:

L’air raréfié active l’hématopoïèse, ou que:

L’air raréfié n’active pas l’hématopoïèse.

En attendant qu’on démontre l’exactitude de l’une de ces deux propositions, nous allons discuter une nouvelle théorie qui paraît plus accessible aux moyens de confirmations dont nous pouvons disposer aujourd’hui et qui exclue l’autre hypothèse.

Cette théorie 2 peut se résumer dans les quelques mots suivants:

1572. Le sang perd plus d'eau sur les altitudes, il y est aussi plus épais, et par conséquent il y a une augmentation fictice de tous ses composants. En réalité le nombre de globules est le même; mais on dirait cependant qu’il a augmenté à cause de la diminution de l’eau. On sait, eu effet, que la numération des hématies ne se fait pas par l’examen de toute la niasse du sang, mais qu’on se contente d’en examiner une partie très minime; par conséquent le nombre des globules paraît d’autant plus grand que cette petite partie a moins d’eau. Les analyses se rapportent toujours ou presque toujours à la proportion des composants pour un poids ou pour un volume déterminé de sang et non pour un poids ou pour un volume déterminé de partie solide. Becquerel et Rodier disent qu’à peine le sang est-

1 Eu particulier dans la moelle on observe toutes les formes de transition entre les cellu- ]ee-pâles et les globules rouges. Landois. Physiologie, page 27. Il est impossible de concevoir l’action directe de l’air raréfié sur la moelle des os!

2 Elle été émise avant 1895. Voir. “La atmósfera de las altitudes y el bienestar del hombre,” por A. L. Herrera y D. Yergara Lope. Memorias de la Sociedad Alzate (1895-96). Yol. IX, pág. 189.

il sorti de la reine et abandonné à l’air libre, qu’il est soumis à une évaporation aqueuse continue qni est en raison directe de l’extension de la superficie, de la température et dn degré d’humidité de l’atmosphère; et comme cet effet est constant, il en résulte que la quantité d’eau diminue, et par conséquent les parties solides se concentrent davantage: de là naissent des différences notables dans les chiffres obtenus. 1 On dit aussi que dans les analyses complètes du sang les chiffres qui représentent les matières solides de la partie aqueuse n’ont aucune valeur absolue, et qu’il n’y a de comparable en cela que la relation de l’eau et de ces mêmes chiffres: on doit donc analyser séparément la partie aqueuse après la coagulation. 2

1573. Il faut nécessairement savoir en premier lieu si l’eau peut varier indépendamment des globules et si la diminution de celle-ci coïncide toujours avec l’augmentation réelle ou fictive de ceux-là.

l.° Il existe une relation inverse entre la quantité cl’eau et la quantité de globules du sang.

Selon l’âge. M. Denis a démontré que chez les nouveau-nés, depuis les deux premières semaines jusqu’au 5me mois, la proportion d’eau augmente, tandis que la proportion de globules diminue. Depuis le 5me mois jusqu’à 40 ans la proportion d’eau diminue et la proportion de globules augmente.

1574. De 40 à 70 ans la proportion d’eau augmente de nouveau, et les globules diminuent.3 Lecanu et Popp ont obtenu des résultats semblables et dans tous ces cas la proportion d’eau a diminué en raison directe de l’augmentation des globules; Polli est arrivé à reconnaître que la densité dn sang est plus considérable chez l’adulte que chez l’enfant.4

Selon le sexe. Denis, Lecanu, Becquerel et d’autres auteurs ont trouvé que le sang de la femme contenait plus d’eau et moins de globules que celui do riioinme; il est aussi moins dense. (1055,5 au lieu de 1060,2}.

Denis signale 0,758 d’eau pour le sang de l’homme et 0,785 pour le sang de la femme; Lecanu donne 0,791 et 0,821; Becquerel et Rodier 0,780 et 0,791, Parchappe 0,763 et 0,767. Schmidt avait aussi trouvé que la partie aqueuse du sang existe dans une proportion de 90% chez l’homme et de 91 chez la femme.5

D’après l’espèce

1575. Homme

Singe

Cheval

Chat

Cochon d’Inde

Pigeon

Lotte (poisson)

Grenouille

1 Compt-Rend. Acad. Sci. Paris, XXII, page 832.

2 Ibid., page 833.

3 Pelouze et Frémy. Traité de Chimie. Vol. VI, page 509.

4 Longet. Physiologie. Vol. II, page 53.

5 Ibid., page 52.

Eau. Globules dans 100 parties de sang.

Il y a quelques irrégularités: le sang du chat et celui du pigeon sont semblables pour la proportion d’eau, mais ils différent quant à, la proportion de globules. Cependant la loi générale reçoit ici sa confirmation, surtout si on compare entre eux les sangs de la lotte et de la grenouille, qui contiennent beaucoup d’eau et peu de globules, avec celui du singe qui contient peu d’eau et beaucoup de globules.

1576. Selon l'état de vacuité ou de gestation. Pendant la première et la dernière période de la grossesse, les globules diminuent ainsi que l’albumine et la densité du sang, tandis que la quantité d’eau augmente, d’après l’opinion de Becquerel et Rodier.1

1577. Autres modifications. On trouve dans diverses analyses des données confirmatives. Nous citerons quelques-uns des résultats obtenus par M. Lecanu:2

Eau.

Globules.

Eau.

Globules.

D’après Andral et

Gravarret:3

Eau.

Globules.

Eau.

Globules.

1578. Variations dans divers états pathologiques. D’après les ;

Becquerel et Rodier faites avec le

sang de divers malades:4

Eau.

Globules.

Eau.

Globules.

Sang de diabétique, d’après Muller:

Eau

Globules.

Yoilà certes une donnée très curieuse; on rencontrera rarement un chiffre d’eau aussi bas.

Andral et Gravarret, après avoir examiné le sang de 200 malades et le sang de 360 saignées, ont trouvé que les globules variaient entre 185 et 21%; l’eau, entre 915 et 725, les matières solides de la partie aqueuse, entre 104 et 57. Dans les phlegmasies l’eau variait entre 771 et 840; chez les phthisiques de toutes les périodes il y a augmentation de plasma et diminution de globules, et l’eau a varié entre /84 et 845; il y a aussi d autant plus d’eau que la maladie est plus avancée.

1 Compt. Rend. Ac. Sc. Paris. Vol. XIX, page 1083.

2 Pelouze et Frémy. Traité de Chimie. Vol. VI, page 510.

3 Ibid, page 513.

4 Ibid., page 512..

1579. Les globules diminuent dans quelques hydropisies; dans la chlorose l’eau augmente en raison directe de la diminution des globules.

Dans la cachexie aqueuse des vaches, l’eau augmente beaucoup, puisqu’il y a 930 d’eau pour 1000 de sang; le chiffre de globules a baissé de 101 à 30,25, et même à 14.1

Dans le scorbut, au dire de Becquerel et Rodier il y a diminution de globules et augmentation d’eau, et le sang est moins dense.2 M. Audral cite les résultats d’une analyse de sang d’un malade de scorbut: eau, 874; fibrine, 4; globules, 44; matières solides du sérum, 76. Ce sang présentait une particularité tout à fait notable, à savoir, qu’il y avait une graude diminution de globules et une proportion très élevée d’eau.3

1580. Variations par suite de la section des pneumogastriques. Expériences de M. Clément sur un cheval.4

Avant l’opération.

Après.

Eau

Globules

Albumine et sels

Fibrine

Ce qui frappe l’attention dans ce cas, c’est qu’il existe une proportionnalité quelque peu exacte entre la diminution de l’eau et l’ augmentation des globules:

Variations pendant le frissonnement de la fièvre intermittente. Negro et Balp ont observé que dans ces circonstances diminuent- -l’hémoglobine et les globules; pendant la période de chaleur, quand la température est très haute, la richesse hémoglobinique du sang va en diminuant, tandis que la richese globulaire augmente; quand la température desceud, l’une et l’autre diminuent. Balp et Negro expliquent ce phénomène en supposant que pendant le frissonnement il y a comme une sorte de rétention d’eau dans l’organisme et voilà pourquoi il s’y produit nue dilution plus considérable du sang: dè là provient une hypoglobulie relative ainsi que la diminution apparente de l’hémoglobine. D’après les mômes auteurs, il y a certains états où l’eau s’accumule dans l’organisme en plus grande quantité qu’à l’état normal, par- suite d’une élimination défectueuse, pendant le frissonnement, par exemple.5

1 Compt.-Rend. Acad. Sc. Paris. Mai 1842, page 628.

2 Ibid. Vol. XXIV, page 1090.

3 Ibid. Vol. XXIV, page 1136.

4 Ibid. Vol. XXXI, page 290.

5 G. Bizzozero et Ch. Firket. Manuel de microscopie clinique. Paris, 1885, page 108.

1581. Hyperglóbulie instantanée et neurasthénie vasculaire. Le Dr. P. Chéron dit que quand on fait une injection de sérum artificiel le plus simple, de 5 à 10 cent, cubes d’eau salée à 1 °/0 sur une personne anémique et neurasthénique, après avoir compté le nombre de globules, fixé la proportion de l’hémoglobine et mesuré la tension artérielle, on observe: l.° une élévation notable de la tension artérielle; 2.° une augmentation, considérable quelquefois, des globules, qui augmentent d’un tiers, selon les cas. Et comment expliquer d’une manière plausible ce phénomène? Sous l’influence du stimulant que communique l’injection hypodermique à tout l’appareil circulatoire, par le moyen du système nerveux central, le système vasculaire se contracte, et par conséquent sa capacité diminue: la masse liquide du sang comprimée avec force, s’échappe vers les tissus périphériques, et les globules rouges, baignés dans une quantité de liquide beaucoup moindre, paraissent être plus nombreux dans un espace donné. Tel est le mécanisme de l’hyperglobulie instantanée provoquée pendant l’expérience précédente. Cette expérience est de la plus liante importance sous le point de vue de la pathogénie et du traitement de l’anémie. Un grand nombre d’aglobulies dépendent de cette ptosis de l’arbre circulatoire qu’on doit appeler neurasthénie vasculaire. 1 2

“A la suite de la transfusion la formation de la lymphe augmente rapidement, le sérum est consommé dans l’espace d’un ou deux jours, l’eau est excrétée principalement par les reins, l’albumine est en partie transformée en urée (Landois). Aussi à ce moment le sang est il relativement plus riche en globules rouges. (Pansnm, Lesser, Worm-Müller). Dans tous les cas on peut observer pendant le mois qui suit l’opération, un excès de globules rouges qui n’ont pas encore été détruits (Tschirjew). L’augmentation des globules rouges est remarquable (jusqu’à 8820000 par centimètre cube), dans les affections organiques graves du cœur qui donnent lieu à des engorgements considérables et dans lesquelles l’eau transsude à travers les vaisseaux. De même dans l’hémiplégie le nombre de globules est- plus considérable du côté paralysé où se produisent des phénomènes d’engorgement.”

1582. Variations observées dans les cas de diabète. — Nous avons fait mention d’une analyse de Millier où le sang des diabétiques n’apparaît qu’avec une petite quantité d’eau et surchargé de globules. Il y a, en effet, plusieurs symptômes de diabète qu’on explique par le fait d’une plus grande concentration du sang, c’est-à-dire, par le fait des changements endosmotiques qui s’opèrent alors- entre le sang et les tissus; ou sait, par exemple, que l’eau prise par un diabétique, pour éteindre la soif, ne sera pas éliminée de la même manière qu’elle ne le serait chez un individu sain

1 Boletín de Higiene del Estado de México, 29 afio, pág. 84.

2 Landois. Physiologie, page 11.

son passage à l’uriiie est beaucoup plus lent; quand le diabétique boit, l’eau absorbée dilue le sang, mais comme les tissus ont dû céder au milieu intérieur concentré par suite de leur état hyperglycémiqne, nue partie de son eau, ils quittent alors, par extraction endosmotique au sérum du sang la quantité d’eau qu’ils avaient perdue auparavant. Yoilà pourquoi la dernière, c’est-à-dire, l’évacuation abondante de l’urine, n’a pas lieu chez le diabétique après qu’il a bu de l’eau, aussi rapidement que chez un individu sain. 1

1583. Hyperglobidie dans le choléra. — On l’observe, d’après Bizzozero et Firket: elle y est tout simplement produite par les pertes d’eau et la concentration sanguine qui les suit.

Hyperglobulie dans l'inanition. Louis Reyne a étudié la variation du nombre de globules rouges et blancs. (De la crise hématique dans les maladies aigues à défervescence brusque. Thèse. Paris, 1887 ). Il a prouvé tout d’abord que l’inanition chez un chien soumis à un jeûne absolu, fait augmenter le nombre relatif de globules rouges, ce qui veut dire tout simplement que l’expoliation de l’eau du sérum fait que les globules se trouvent en plus grande abondance. C’est ainsi que le nombre de globules * rouges qui montait au commencement de l’expérience à 5300000 par mili, cube, atteignait 7700000 (!), après 16 jours d’inanition. Cependant, durant les derniers jours de l’inanition, la richesse globulaire diminue. 2

1584. Le Dr. Brouardel3 est arrivé à de semblables résultats. Lester Curtis dit avoir analysé le sang d’un individu qui avait jeûné pendant 45 jours: les globules allaient en diminuant en grandeur, mais ils augmentaient en nombre. Cet investigateur admet que pendant le dernier jour, le nombre de globules fut très grand, bien que le patient ne bût pas une goutte d’eau; ce qui a eu lieu peut-être à cause d’une plus grande concentration du sang. 4

Chossat a observé un phénomène semblable chez les batraciens. 5

1585. L’inanition chez les enfants se manifeste par une diminution de poids et par un fait curieux qui a été étudié par M. Lépine, à savoir, l'augmentation des globules du sang. Cela ne veut cependant pas dire qu’ils aient augmenté en nombre, mais cela signifie simplement qu’ils ont augmenté relativement à l’ean. L’inanition produit de telle sorte la déshydratation du sang, et si on compare deux enfants, dont l’un est en bonne santé et l’autre en état d’inanition, chez celui-ci le nombre de globules est plus grand. M. Lépine a trouvé 6000000 de globules par mili, cube de

1 Kiàss et Duval. Physiologie. Art. absorption. Paris, 1879.

2 Revue Scientifique. Juill. à Janv., 1882, page 764.

3 Bull, et Mém. Soc. Méd. des hôpitaux de Paris. 1876 (2). Vol. XIII, page 177.

4 Le sang dans un jeûne de 45 jours. Revue Scientifique. Janv. à Juill. 1882, page 717.

5 Recherches sur la concentration du sang chez les batraciens. Arch. de Phys et Pathol. Paris, 1868. Vol. I, 358, 507; 1869, II, 78-96.

sang chez l’enfant à l’état d’inanition, et 5000000 chez l’enfant à l’état normal. 1 2

Un individu, appelé Cetti jeûna pendant dix jours: il pouvait boire de Veau. Il perdit 6k350gr; 635gr chaque jour; 0gr47 par kgr. et par heure. “Le nombre de ses globules rouges augmenta, en passant de 5250000 par mili, cube à 6830000.” 3

Deux des faits que nous avons cités antérieurement sont des plus intéressants pour nous. Le premier est le cas où Curtis dit que le diamètre des hématies à diminué. On se rappellera que plusieurs physiologistes affirment qu’ils ont observé un phénomène semblable dans le sang de l’homme des altitudes; voilà certes une coïncidence vraiment étrange, et dont nous devons prendre compte, parce que de cette observation on peut en déduire que les dimensions des globules diminuent môme au niveau de la mer, au cas où ils doivent laisser échapper une grande quantité d’oxygène, etc.3

L’autre fait intéressant c’est que le jeûneur Cetti pouvait boire de l’eau et réparer les pertes de liquides et qu’il y eut cependant concentration de son sang: il ne buvait probablement pas, comme nous le verrons plus loin, la quantité suffisante d’eau, pour ne pas augmenter les pertes des tissus ♦ (courant efférent qui enlève les déchets).

1586. Enfin, on ne doit pas oublier nou plus que la perte de poids pendant l’inanition est dûe surtout à la dissecation et à la perte d’eau par déshydratation respiratoire. 4

Ces faits sont d’une importance tellement capitale pour prouver notre théorie, que nous ne craignons pas d’interrompre un peu l’ordre expositif que nous avions proposé, pour pouvoir établir le parallèle suivant:

A l’état d’inanition.

1587. Il y a perte de poids.

Cette perte est dûe surtout à la déshydratation respiratoire.

Il y a, par conséquent, concentration du sang et augmentation apparente des globules rouges.

Cette augmentation persiste, même quand le sujet peut boire de l’eau, parce qu’il ne prend qu’une quantité insuffisante de liquide.

Dans l’air sec.

Il y a perte de poids (Edwards).

Cette perte est dûe à la déshydratation respiratoire (exhalation pulmonaire) qui est exagérée.

Il y a, par conséquent, concentration du sang et augmentation apparente des globules rouges.

Celte augmentation persiste, même quand le sujet peut boire de l’eau.

1 L’inanition chez l’homme. Revue Scientifique, 26ème’ année, page 802.

2 Ibid., page 804.

3 Voir Landois. Physiologie, pages 16 et 33.

4 Ch. Richet. L’inanition chez les animaux. Revue Scientifique, 26è“c' année, page 642. Malassez a remarqué de-puis longtemps qu’une grande quantité de boissons ingérées donne une diminution de la richesse globulaire, en rapport avec la dilution du sang. Dr. A. Urcelay. De la résistance des globules rouges. Paris, 1895, page 27.

Nous prouverons un peu plus loin par des expériences, les appréciations précédentes au sujet de l’influence de l’air sec.

1588. Hyperglobulie venant après des évacuations abondantes , expon tanées ou provoquées par un purgatif.

L’augmentation de globules rouges a aussi lieu quand les évacuations sont liquides et abondantes; mais ce n’est qu’une augmentation illusoire due à la concentration du sang.

Le même phénomène a lieu dans le choléra, 1 nous l’avons déjà dit. Pour ce qui regarde l’influence des purgatifs, ils produisent 'aussi l’augmentation des hématies. 2

Quand on avale une dissolution concentrée d’un purgatif salin (on une dissolution diluée, quand il n’y a que très peu de liquide dans l’intestin), il disparaît une grande quantité de sérum, et par conséquent, le nombre des globules sanguins souffre aussitôt une augmentation relative de 5000000 à 6700000 par millimètre cube. Cette variation n’est que passagère. '(Et comment n’en serait-il pas ainsi si la cause qui la produit est elle-même passagère?) Quelques heures après avoir absorbé les solutions purgatives, concentrées ou non, on a observé une concentration sanguine secondaire, moins marquée que la première, et qu’on pourrait attribuer à la diurèse provoquée par les sels absorbés.3

Les drastiques, en général, les évacuants, dit le Dr. Berdinel, 4 produisent les pertes de l’eau du sang, et obligent celui-ci à s’emparer des liquides des épanchements, etc. Il croit aussi à l’influence des diapliorétiques sur la concentration du sang.

1589. En résumé, il existe une relation inverse entre la quantité d’eau et la quantité de globules du sang.

Il existe une relation inverse entre la quantité d'eau et la quantité de globules du sang.

Il y a moins d’eau et plus de globules. Il y a plus d’eau et moins de globules.

1 G. Bizzozero et Ch. Firket. Manuel de Microscopie Clinique. Paris, 1S85, page 104.

2 Brouardel. De l’influence des purgations et de l’inanition sur la proportion des globules rouges contenus dans le sang. Bull, et Mém. Soc. Méd. des hôpitaux de Paris, 1876 (2) Vol. XIII, page 177.

3 Revue Scientifique, 1884, page 20.

4 Conséquences cliniques de la déshydratation du sang. Thèse de Paris, 1S78. Gazette Médicale de Paris, 15 Février 1879.

Depuis les 5 mois jusqu’à 4 ans.

Chez les nouveau-nés, jusqu’à 5 mois.

Depuis les 40 jusqu’aux 70 ans.

Dans le sang de la femme.

Chez les herbivores.

Chez les animaux à sang froid.

Dans le sang de l’homme.

Chez les carnivores.

Chez les animaux à sang chaud.

Il y a moins d’eau et plus de globules.

A l’étal de vacuité.

Il y a plus d’eau et moins de globules.

A l’état de grossesse.

Dans la diabète.

Dans la phthisie.

Dans quelques hydropisies.

Dans la chlorose.

Dans le scorbut.

Après la section des pneumogastriques d’un cheval (Clément).

Pendant le frissonnement de la fièvre intermittente, quand la température est élevée.

Pendant le frissonnement de la fièvre intermittente, quand la température baisse.

Dans le choléra.

Dans l’inanition.

Par suite des évacuations abondantes.

1590. Avec ces données lions pouvons établir une proposition générale:

La soustraction de Veau du sang par le moyen de la déshydratation

respiratoire, (à Vétat d'inanition), par le moyen des diaphor étiques (?), des purgatifs, ou des évacuations abondantes, produit une augmentation fietice dans le nombre des globules rouges.

Nous allons démontrer maintenant que le même phénomène a lieu à cause de la déshydratation respiratoire, surtout lorsqu’elle est activée à l’air pur; mais nous devons auparavant étudier les cas où cette affinité du sang pour l’eau est détruite et où le sang abandonne le sérum malgré l’affinité qu’ont pour lui les globules et l’albumine.

1591. Circonstances où le sang perd une partie de son eau. C’est ce qui se vérifie très facilement, quand la perte n’est pas très considérable. Pour cela il suffit de l’évaporation qui a lieu dans le poumon. Nous avons déjà dit que dans l’inanition les pertes principales se font surtout par évaporation pulmonaire. Ce phénomène est confirmé par l’analyse comparative du sang veineux et du sang artériel et par un grand nombre d’autres moyens.

La quantité d’eau contenue dans le sang veineux peut, sans difficulté, l’emporter d’une manière manifeste sur celle que contient le sang artériel. Pour le prouver, il suffit de présenter l’analyse, non pas du sang veineux de la jugulaire (qui par le seul fait de venir de plusieurs organes différents, résume, pour ainsi dire, la composition du sang), mais de la veine porte d’un animal qui a beaucoup bu.1

1592. Quand les pertes d’eau sont très considérables, le sang se concentre aussi, et alors il se produit certains phénomènes vraiment curieux qui prouvent la facilité avec laquelle le sang cède son eau dans certaines circonstances, et s’empare ensuite d’une autre, comme pour se remettre de

1 Béclard. Physiologie, page 400.

ses pertes, en la quittant aux tissus et aux autres organes qui ont une grande affinité pour ce liquide.

Il y a eu effet, un tissu, celui du cristallin, qui nous fera comprendre l’influence que peut exercer le degré de dilution du sang, c’est-à-dire, la concentration du milieu intérieur due à la perte d’eau ou à la dissolution dans le plasma d’un excès de sel ou de tout autre substance. Rien n’est plus facile que l’observation de ce phénomène: on introduit dans le tnbe digestif d’une grenouille une forte dose de sel marin ou de sucre, assez pour que l’absorption produise la concentration excessive du sang; le cristallin devient vite opaque parce qu’il cède une partie de son eau au sérum du sang ; le sang a cédé son eau aux sels ou aux autres substances introduites dans l’organisme. Aussitôt qu’on remet l’animal dans les circonstances nécessaires pour que le sang reprenne son ean normale et rende au cristallin celle qn 'il lui avait prise, l’opacité de la lentille disparaît aussitôt.

1593. On observe un phénomène analogue dans la symptomatogie des diabétiques, c’est-à-dire, chez les hyperglycémiqnes: on l’appelle cataracte diabétique }

Nous avons observé nous-mêmes que le nombre de globules rouges augmente considérablement chez une grenouille qui a pris une grande quantité de sucre, et nous avons pu alors compter jusqu’à 1000000 de

globules.

1594. Le sang se concentre quand V exhalation pulmonaire est activée par un air sec. Nous avons dit que d’après W. Edwards, les animaux perdent plus de leur poids à l’air sec qu’à l’air humide, et on ne peut attribuer cette perte qu’à une déshydratation plus active.

R. G. Curtiu assnre que l’air humide produit des effets fort nuisibles, puisqu’il accélère la marche de certaines nlcérations et aussi parce qu’il liquéfie le sang et les sécrétions. Au contraire, l’air sec diminue la fluidité du sang.2 Nous ne connaissons pas les preuves qui confirment cette assertion, mais à notre avis elle n’est que l’expression exacte des faits. Yoici les expériences que nous avons préparées pour observer les modifications du sang:

Expériences relatives à l’influence de l’air sec sur la concentration du sang et sur l’augmentation des globules sanguins.

1595. Avant de concevoir la théorie que nous sommes en train de discuter, nous avions voulu étudier l’influence de l’air raréfié et des décompressions intenses, successives et nombreuses sur le chiffre de globules

1 Küss et Durai. Physiologie. Art. absorption. Paris 1879. Le cristallin devient opaque parce que les liquides de l’œil renfermant du sucre lui enlèvent de l’eau. (Kunde, Heubel).

2 Annual ofthe Universal Medical Sciences. Sajous. 1890. D. S.

rouges du sang. Et pour donner aux résultats obtenus une valeur de laquelle on 11e puisse douter, nous avons pensé qu’il conviendrait déterminer le nombre d’hématies chez un même individu plusieurs fois pendant un même jour, ensuite pendant plusieurs jours et pendant un même mois; et enfin déterminer les variations qui pourraient survenir dans le nombre de globules d’un animal maintenu dans des conditions d’existence toujours les mêmes, autant que possible. Si après avoir déterminé cette variation, avec son maximum et son minimum et même avec son maximum niaximorum du nombre des globules, on. trouvait qu’ils augmentaient après un bain d’air raréfié, il 11’y arait plus l’ombre d’un doute.

Nous choisîmes un poulet jeune, vigoureux, qui restait toujours attaché au même endroit et qui 11e mangeait que du maïs: il 11e lui manqua jamais ni les aliments, ni l’eau.

1596. On compta les globules en

6 Juillet -j 4625000

^ 3800000 Maximum: 4625000

12 „ 4062500 Minimum: 3187500

6 Septembre 3881125

Moyenne 3814354

12 Septembre, après 24 heures de bain d’air raréfié à— 7.5 centimètres 4578750

14 ,, ,, 4 ,, 30 minutes de bain d’air raréfié à — 7 — 18—21 5692625

1597. Le 25 Septembre 011 introduisit ce poulet dans la chambre qui nous avait servi pour l’étude de l’air raréfié sur les cochons d’Inde tuberculeux. Il y avait au fond de l’appareil 3 vases très amples avec de l’acide sulfurique destiné à l’absorption de l’humidité; il y avait aussi en grande abondance de la poudre de plâtre calciné. Une trompe opérait la ventilation, et l’air qui était introduit à l’appareil passait auparavant par divers tubes et par un flaçon remplis de pierre ponce imprégnée d’acide sulfurique. On avait mis du maïs dans un vase, et dans un autre on avait placé de l’eau, afin que l’animal put boire. L’appareil était entièrement fermé, et il n’y pénétrait que de l’air sec aspiré par la trombe. On en tira le poulet le 27 Septembre; comme d’ordinaire on prit du sang sur la crête et on procéda â la numération des globnles avec tout le soin possible: il y avait 6493500 globules rouges par millimètre cube.

On refit la numération le 29 Septembre; nous ferons remarquer que le poulet était resté dans l’appareil dans une atmosphère un peu moins sèche, parce qu’il y pénétrait assez d’air qui n’avait pas été séché auparavant. Et malgré cela, le nombre de globules ronges par millimètre cube fut de 4937500.

1598. Pour ce qui regarde notre propre conviction, pour nous qui som-

mes sûrs d’avoir pris toutes les précautions possibles pondant ces expériences, nous croyons que la partie est gagnée: nous savons aussi quel est le nombre des globules du poulet qui nous servait de sujet d’expérience et quelle est la variation dans les conditions ordinaires, et nous avons trouvé qu’après un bain d’air sec, les hématies doublent leur nombre, et quand bien même on opérait dans de mauvaises conditions, alors que notre poulet respirait un air quelque peu humide, le nombre des globules n’en a pas moins été anormal et très élevé.

1599. Ce résultat est tout à fait notable, parce que notre poulet pouvait boire toute l’eau qu’il voulait, et qui il y eut, malgré cela, concentration du sang. ,

Les conditions d’alimentation, de lumière et d’exercice n’avaient presque rien varié, et la première avait été entièrement la même.

On n’a jamais vu, pas plus en Europe qu’à Mexico, qu’un poulet ait une si grande richesse d’hématies; pour que la proportion de ces éléments arrive à 6493500, il faut nécessairement que l’animal vive à une altitude considérable.

II. On introduit dans l’appareil un cochon d’Inde du poids de 515 gr. Globules rouges, 6800000; hémoglobine, 16 %•

Dans l’appareil il y a de l’acide sulfurique qui absorbe l’humidité et du plâtre calciné en abondance. La trompe y fait passer de l’air sec qui traverse, avant de pénétrer dans l’appareil une couche épaisse de pierre ponce imprégnée d’acide sulfurique. II y a aussi de la luzerne et de l’avoine en abondance.

23 Septembre. Globules rouges par millimètre cube:

Hémoglobine: 16.5 p. %.

On n’a jamais trouvé un chiffre aussi élevé dans aucun cochon d’Inde à l’état normal, si ce n’est après un bain très prolongé d’air raréfié.

24 Septembre. Le cochon d’Inde pèse 420 gr.; il en a perdu 95. Il se réveille très malade, et il a des convulsions ; il est cyanosé. Après être resté quelques heures à l’air libre, il revient à son état normal.

1600. Cet accident a été causé par la difficulté qu’éprouvait l’air extérieur pour passer à l’intérieur de l’appareil: c’est alors que l’acide carbonique s’accumulait et que le cochon d’Inde fut tout près de s’asphyxier. L’asphyxie lente aurait encore pu durer quelques heures.

Ce fait produit chez nous des doutes au sujet d’une expérience deEalk, qui affirme “que dans l’air sec les animaux meurent par suite de convulsions.” Pas plus W. Edwards que nous autres, personne n’a observé ce phénomène, quand la ventilation est suffisante. Les hommes et les animaux meurent-ils donc sur le sommet du Popocatepetl où l’atmosphère est extraordinairement sèche?

1601. III. 25 Septembre. Ou introduit dans l’appareil qu’on a eu soin de préparer comme pour l’expérience précédente un cochon d’Inde adulte, qu’on a inoculé -avec de la matière tuberculeuse de vache, le 25 Février 1894. L’inoculation fut faite sous la peau du ventre. Il existe maintenant, à l’endroit même de l’inoculation, une grande ulcère, de la grandeur de la tête du cochon d’Inde, très humide et indolente. Les ganglions axillaires et inguinales sont malades. La voix est rauque et discordante. Poids 620 gr.

(L’inoculation sous la peau ne donne pas des résultats constants et peut être aussi la tuberculose chez le cochon d’Inde affecte, au Mexique, une marche plus lente).

26 Septembre. On fait la numération des ¡globules, après avoir pris le sang qui pouvait être contenu dans trois des divisions de la pipette de Reicliert: on voit aussitôt au microscope un nombre énorme de globnles. Le Dr. Armendariz se charge de les compter, ce que nous faisons nous mêmes de notre côté: il y avait 10156500 globules rouges (!), presque le double du nombre normal.

1602. Le cochon d’Inde pèse 602 grammes; il en a donc perdu 18.

L’ulcère paraît être moins humide qu’auparavant.

27 Septembre. Globules: 8343750. Oxyliémoglobine: 16 p. °/o

Il a beaucoup de luzerne à l’intérieur de l’appareil.

28 Septembre. Globules: 7992000. Oxyliémoglobine: 16 p. %.

29 Septembre. Globules: 9218750. Oxyhémoglobine: 16.5 p.%.

1603. IV. On introduit dans une boîte mal fermée, remplie en partie de plâtre calciné et de chaux vive, un cochon d’Inde adulte et très timide; avant l’expérience il avait 6250000 globules. Après être resté 5 heures dans une atmosphère sèche, depuis 8h A. M. jusqu’à lh on compta:

8616375 globules.

Oxyhémoglobine 16 p. %•

On recommence l’opération eu ne prenant que deux divisions de la pipette. On compta 8500000 globules.

Le jour suivant, à 9h30, il y en avait:

On met alors l’animal à l’air libre pendant quelques heures et on lui introduit de l’eau par la bouche. On compte aussitôt les globnles. Il y en avait:

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