‹ La vie sur les hauts plateauxChapitre 245 sur 268 · II. 21 Février · texte numérisé non relu

II. 21 Février

On exposa pendant 7 minutes jusqu’à 4h33 nue grenouille adulte aux vapeurs du chloroforme.

4h35. Elle est entièrement flaccide, sans aucune manifestation vitale.

4h41. Commencement de la respiration artificielle.

5h. La grenouille commence à se mouvoir.

5h15. Respirations plus nombreuses et amples; l’animal ouvre la bouche.

6h30. On le retire de l’appareil parfaitement vivant et agile.

22 Février , à 3h45. La grenouille va parfaitement bien. Elle fut soumise à la respiration artificielle pendant lh49m.

III. On choisit deux grenouilles adultes, ayant le même poids, puisqu’elles se font équilibre sur la balance. On les introduit sous un cristallisateur oii on les soumet à l’anestliésie produite par de l’éther, dont on a imprégné un peu de coton qu’on a placé sous la cloche. — 10h30 A, snjeb B , témoiu.

10h37. La respiration artificielle commence, et le sujet A commence aussi à respirer.

10h0. Le sujet A respire très bien à la pression normale. Il a 44 respirations profondes par minute.

Le témoin B reste comme inerte: il n’a que 7 respirations très faibles par minute.

Un peu plus tard A a 40 respirations à la pression normale, 48 à l’air raréfié.

llh15. La grenouille A ouvre les yeux; nous la retirons du flacon; elle exécute quelques mouvements; il y a des réflexes dans ses yeux. La grenouille B reste immobile; elle a 12 respirations par minute. On la soumet alors à l’action de l’air raréfié: le nombre des respirations monte aussitôt à 40 et 44 , et quand on la remet à la pression normale, le nombre de respirations le plus bas qu’elle a est de 39.

Planche 1 1 1

Spirophore de Woillez.

llh30. La grenouille A va très bien, elle est entièrement remise. La température extérieure est de 19° C. On relève la température de ranimai par le moyen d’un thermomètre qu’on introduit dans la cloaque jusqu’à ne plus varier: 20°5 C. On obtient encore 20°5 C la seconde fois qu’on remet le thermomètre.

Au moment où on retire la grenouille B (avant plus faible que AJ de l’appareil pneumatique, sa température est de 21° C. La grenouille B va très bien.

On change alors la suite de l’expérience: la grenouille B reste de nouveau au-dehors de l’appareil, sous une pression normale, et la grenouille A est soumise à l’action de l’air raréfié, depuis llh45 jusqu’à 12h16. Température extérieure, 18°. Température de la grenouille A, 21° C. Température de la grenouille B, 19° C.

Cette expérience a son importance: elle démontre comment la respiration artificielle par le moyen décrit, active d’une telle manière les fonctions des animaux, qu’il suffit de 23 minutes de respiration artificielle, pour que le sujet A se remette, tandis qne le sujet B , abandonné à lui-même, reste immobile, 45 minutes après avoir respiré les vapeurs de l’éther.

Un phénomène tout extraordinaire eut lieu pendant cette expérience: l’air raréfié réveille l’activité respiratoire quia langui sous l’influence d’un poison. Cette excitation est tellement énergique que même la température du corps s’élève d’une manière notable.1

Respiration artificielle obtenue chez l’homme par des compressions et des décompressions alternatives. Spirophore. (Planche 111).

1660. Il sera bon de signaler, à propos de la compression et de la raréfaction appliquées à l’extérieur du corps, le parti que Woillez a su tirer de ces deux effets opposés, quand on les fait suivre l’un à l’autre d’après un rhytrne déterminé, pour rétablir la respiration en cas d’asphyxie.

Le spirophore est un appareil très ingénieux qui comprend un cylindre de fer fondu ouvert par Tune de ses extrémités (Yid. la Planche 111) et pourvu d’un verre pour pouvoir observer ce qui passe à l’intérieur de l’appareil (A). Ce cylindre communique par le tube C avec un puissant soufflet D que fait mouvoir un levier et qui aspire Tair et l’injecte d’une manière alternative. Une tige mouvante faisant l’office d’indicateur monte et descend à l’intérieur d’un tube fermé B et repose sur la poitrine du malade: les mouvements de cette tige correspondent à ceux de la poitrine. La personne asphyxiée reste enfermée dans le cylindre: celui-ci est sépa-

1 Ici s’applique la théorie du mouvement du protoplasma par le dégagement de CO2. A. L. Herrera. Bulletin Soc. Zool. France, 1898.

ré de l’air extérieur par un diaphragme bieu adapté autour du cou, et la tête reste ainsi hors de l’appareil. On fait alors fonctionner le soufflet, qui peut contenir 20 litres d’air; l’air du cylindre se dilate ainsi que la poitrine du patient. Quand l’air du cylindre se comprime, les gaz sortent aussitôt par le nez et la bouche du patient. C’est ainsi que l’air entre et sort alternativement du poumon, et c’est alors que s’établit la respiration avec le rythme normal: on obtient alors de 16 à 18 respirations par minute, en Europe et dans les régions basses.

Cet appareil fut présenté à l’Académie de Médecine de Paris. (Bull, de l'Académie de Médecine, 1875. Arcli. de méd. navale, 1875, t. XXIV, p. 305); ou lui opposa plusieurs objections. Le Roy de Méricourt fit remarquer qu’on y soustrait le patient à l’action des moyens propres à le chauffer et à exciter sa sensibilité, pendant qu’il était enfermé dans l’appareil. Celui-ci est très gênant et très peu portatif. En outre, les expériences pratiquées sur des animaux n’ont pas été très satisfaisantes. ( Fonssagri ves. Traité d’hygiène navale, 2ème- édition, p. 609)1

Nous croyons qu’il faudrait étudier cet appareil avec plus de détention, avant d’en proclamer l’inutilité. Il conviendrait tout d’abord que les décompressions et les compressions fussent produites par un moyen entièrement mécanique, par un procédé semblable à celui que nous avons mis en pratique pour obtenir la respiration des petits animaux. Il faudra étudier cette méthode en la comparant à d’antres qui ont déjà prêté des services importants. Pour ce qui regarde l’objection de Le Roy de Méricourt (à savoir qu’on soustrait le patient aux moyens propres à le chauffer et à exciter sa sensibilité), il est bon de ne pas l’oublier, précisément pour la correction de ce défaut, correction que nous croyons possible. En outre, il faut faire observer que l’accord sur ce point ne règne pas entre les divers auteurs. M. M. Perrin (1867), Robin (1866) et Paul Bert (1871) ne recommandent nullement qu’on réchauffe les asphyxiés; le premier ne mentionne pas même les moyens employés à cet effet; Robin assure que la chaleur d’origine externe est plutôt nuisible qu’utile, quand on n’a pas encore rétabli la respiration. Le Conseil de Salnbrité de Paris, dans ses instructions de 1835, recommande formellement de ne pas élever à plus de 17 degrés la température du local où on traite les asphyxiés. Paul Bert ne veut pas qu’on chauffe les asphyxiés: il se base sur ce fait, à savoir: que les chats noyés dans l’eau à différentes températures, meurent d’autant plus vite que l’eau est plus chaude. Enfin, M. Le Bon put rendre la vie à des animaux qu’on avait noyés dans un bain d’eau qui avait une température de 48 degrés, assez haute relativement.1 2

1 Fonssagrives. Traité de matière médicale. Paris 1885, pages 21 et 22. Voyez l’article de Woillez dans Comptes-Rendus Acad. Sc. Paris. Vol. LXXXII, page 1447.

2 Le Bon. La vie. Paris, 1874, page 406.

L’électricité, les tractions rythmiques de la langue peuvent s’employer même pendant un traitement dans le spiropliore.

1661. Quand il y a obstruction des conduits aériens par des mucosités la méthode ancienne doit être préférée, a priori. Cependant, Piorry recommande l’air raréfié et sec comme un des moyens propres à éviter l’asphyxie lente due à raccumulation des mucosités dans les bronches.1 Pour y arriver, il faudrait traiter le malade dans un appareil pneumatique spécial, où l’on pourrait placer le patient.

1 Fonssagrives. Hygiène alimentaire, page 566.

ISTOTES.

PAGE 140, § 257. — “Quant aux poissons,” ajoutez: parmi les vértebrés,

Page 195. — Au lieu de “Ses muscles présentent, lisez: Ses cuisses présentent.”

Page 221, § 445. — Acclimatation du Chat. “On voit ordinairement un chat aux environs du pied de la dent du Midi, non loin de Salanfe. Il vient à la rencontre des alpinistes qui s’apprêtent à faire l’ascension de la montagne, et les suit comme un chien; il les accompagne jusqu’au sommet (3185 mètres), puis redescend avec eux. Comme de juste, ce singulier promeneur bénéficié des reliefs des provisions emportées par les touristes humains auxquels il se joint. Il n’y a pas qu’aux Pyrénées que l’on trouve des chats excursionistes. Il n’est pas rare de voir aussi en Suisse les chats suivre les pensionnaires des hôtels comme le feraient des chiens, gravir et descendre des montagnes et revenir fidèlement au logis.” (La Nature , 9 Octobre 1897, j>age 73).

Page 261. — Le Romerolagus Nelsoni de Merriam est bien une espèce de Lagomys, et il n’y a point d’intérêt. (Voir A. L. Herrera. Observaciones acerca del Romerolagus Nelsoni. La Naturaleza, t. III, 2éme Serie, 1898).

PAGE 333. Stations météorologiques à haiite altitude.

Voir: E. S. Holden. Mountain Observatories in Amérique and Europe. Washington, 1896. Smithsonian Miscellaneous, Collections, 1035.

Planche 96 b. — Au lieu de disposition de l’expérience pour enregistrer la pression dans les vases de la main, lisez: Disposition de l’expérience pour enregistrer la pression dans les vaisseaux de la main.

Page 447, ligne 9, au lieu de 78 (Planche 84) lisez: 28 (Planche 84).

RESUMI

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