I. 19 Février
On dépose sous la peau d’une grenouille y4 de centigramme de curare à 5h9m (A.)
Nous innoculâmes une autre grenouille avec une quantité égale: elle servira de témoin. (B).
5h25. Tout mouvement cesse.
5h28. On introduit la grenouille A dans l’appareil, où on la soumet à une décompression de 28 centimètres. On remarque aussitôt un mouvement dans la gorge, suivi d’un autre.
5h30. O11 revient à la pression normale et on fait descendre la décompression à 10 centimètres: l’animal exécute alors plusieurs moirvemeuts respiratoires.
O11 continue la respiration artificielle, qu’011 avait commencée après 5h30.
19 Février. La grenouille A est restée sujette à la respiration artificielle depuis 5h30 plus ou moins. On laisse fonctionner l’appareil toute la nuit.
20 Février. L’animal reste immobile jusqu’à lh0m P. M. Quelqu’un qui l’a vu, croit qu’il est mort.
Nous arrivons au laboratoire à 3h30 et nous trouvons que la grenouille
respire, se meut et peut sauter. Nous la faisons sortir de l’appareil: elle a 42 respirations par minute. Elle a certainement perdu beaucoup de son poids. Après quelques mouvements forts, les membres postérieurs tremblent un peu.
Enfin, quelques heures plus tard , la grenouille A était complètement rétablie.
La grenouille B resta abandonnée sons une cloche, à la pression normale. Elle resta immobile jusqu’au 25; alors commença la putréfaction, ce qui annonçait une mort certaine. On l’ouvrit cependant: le cœur ne battait déjà plus.
La grenouille A fut soumise à la respiration artificielle pendant presque 21 heures, au bout desquelles elle était guérie, tandis que l’autre, qui faisait l’office de témoin, mourut sans avoir abandonné un seul instant son immobilité.