Sur certaines études de distribution hypsométrique
Nos adversaires en entreprenant cette investigation au sujet de l’influence de l’air raréfié sur les animaux, se proposent:
207. l.° Démontrer la généralité de l’influence anémiante des hauteurs.
2. ° Appliquer quelques uns des résultats à la physiologie humaine.
3. ° Expliquer un certain nombre de phénomènes observés chez l’homme, par ce qui s’observe chez les animaux.
Nos efforts tendent aussi à découvrir quelque principe dont la connaissance soit utile à l’homme; nous nous proposions aussi, en entreprenant ce travail, quelques autres fins plus ou moins en rapport avec ce premier but:
1. ° Démontrer la généralité de l’adaptation parfaite aux conditions des hauteurs.
2. ° Appliquer quelques uns des résultats à la physiologie humaine.
3. ° Expliquer plusieurs phénomènes observés chez l’habitant des hauteurs par ce qui serait observé chez les animaux.
4. ° Eclaircir quelques points sur l’influence du milieu, l’adaptation, la géographie zoologique.
5. ° Découvrir les relations possibles entre l’altitude des pays et le succès des entreprises zootechniqnes.
Nous prions le lecteur de faire attention que nous parlons d’intentions, de désirs, peut être irréalisables, et que nous ne prétendons pas voir accomplis par nos efforts personnels.
Nous diviserons ce chapitre en quatre parties, à savoir:
D-e Partie. — Distribution verticale des animaux.
208. Nous réunissons un certain nombre de documents qui nous intéressent au sujet de la faune des hauteurs, de ses relations, de son origine et de ses caractères au point de vue de la chorologie. Toutes ces données sont indispensables: l.° pour pouvoir juger de la richesse de la population animale; 2.° pour savoir quelles sont les espèces les plus propres pour l’étude des influences mésologiqnes, et 3.°, enfin, pour observer si l’adaptation est restreinte à certains groupes d’êtres, si elle est commune à tous les groupes ou à la plupart de ces groupes.
2S Partie. — L’adaptation aux conditions des hauteurs est nécessaire.
209. Nous avons acquis la certitude que, très souyeut, les animaux souffrent plus ou moius à cause d’un changement brusque de niveau et qu’ils ne sont pas toujours en aptitude de déployer la même vigueur dans un pays élevé, au moment de leur arrivée. Nous avous étudié les symptômes du mal des montagnes chez les animaux, la hauteur à laquelle il se présente et ses caractères principaux; nous combattons certaines assertions qui manquent de fondement et nous montrons l'injustice avec laquelle on a attribué certains faits particuliers, observés chez les animaux, à l’insuffisance de la pression de l’air. Ce genre d’étude était indispensable, à notre avis. Il fallait démontrer tout d’abord si l'influence mésologique est réelle et constante.
3® Partie. — L’adaptation existe.
210. Pour le démontrer nous cherchons des preuves de bien des côtés. La taille, la couleur, les phanères, la vigueur physique des animaux, leur longévité, leur fécondité, etc., ont été considérées afin de découvrir si les espèces des hauteurs présentaient quelque infériorité organique qui put s’attribuer au manque d’adaptation. Dans cette partie nous présenterons plusieurs exemples d’acclimatation de races et d’espèces plus ou moins domestiques. Le contingent des expériences sous cloches pneumatiques vient confirmer les résultats obtenus par l'observation.